03/12/2012

LA MARQUE JACOBS, une vie en bande dessinée.

174196_c.jpg174196_pla.jpgDessin : Louis Alloing - Scénario: Rodolphe

Editions Delcourt

Collection Mirages

Sortie : 14/11/2012

112 pages

Prix conseillé : 16,95 €

ISBN : 9782756024769

Biographie, Edgar P. Jacobs

 

 

Résumé (de l’éditeur): Né le 30 mars 1904 à Bruxelles, Edgar P. Jacobs est très tôt fasciné par le dessin et par la musique. Tantôt baryton, tantôt illustrateur, il est choisi par Hergé comme collaborateur officiel sur les albums de Tintin avant de voler de ses propres ailes en créant les mythiques aventures de Blake et Mortimer et sa Marque jaune, qui restent à jamais gravées dans les esprits et dans le monde du 9e Art.

Capitol, La marque Jacobs, Alloing, Rodolphe, Delcourt, Mirages, 7.5/10, biographie, Edgar P. Jacobs, 11/2012.

Mon avis : On a beaucoup parlé de cet album juste avant sa parution dans les journaux mais plutôt à la rubrique « judiciaire » qu’à la rubrique « littérature ». Dargaud et son propriétaire « Média-participations » ont plaidé en référé devant le Tribunal de Paris (la loi est plus restrictive en France) pour « plagiat » et « emprunts graphiques non autorisés » contre la couverture de cet album. « Média-participations » demandait le retrait de la couverture donc indirectement du livre qu’il aurait fallu mettre au pilon et rééditer avec une nouvelle couverture… Le Tribunal a rejeté la demande. Le scénariste, Rodolphe et aussi auteur chez Dargaud, était choqué de ne pas avoir été averti ou contacté avant d’engager l’action en justice. Enfin, l’album a pu sortir à la date initiale avec sa couverture initiale et un bon coup de publicité en prime pour les éditions Delcourt…Sur ce coup là, Dargaud aurait pu être plus proactif en lançant un tel projet lui-même avant qu’un autre éditeur y pense. Dargaud a peut-être été un peu vexé de se faire couper l’herbe sous le pied !

Capitol, La marque Jacobs, Alloing, Rodolphe, Delcourt, Mirages, 7.5/10, biographie, Edgar P. Jacobs, 11/2012.

Mais revenons à l’album en lui-même. On n’y raconte pas la vie in extenso de Jacobs mais des épisodes marquant de sa vie : sa prime enfance, la première guerre mondiale à Bruxelles, ses premiers dessins, sa carrière de chanteur lyrique à Lille, son retour en Belgique, sa collaboration avec Hergé, la seconde guerre mondiale, le début du journal Tintin,la création de Blake et Mortimer,…Il ne s’agit donc pas d’une somme complète et définitive mais une suite de tableaux très explicites qui résument bien le cheminement de cet immense auteur. Ceux qui voudront en savoir plus par le détail se rabattront sur l’autobiographie de Edgar P. Jacobs intitulée : « Un opéra de papier », parue en 1981 et rééditée en 1996.

Capitol, La marque Jacobs, Alloing, Rodolphe, Delcourt, Mirages, 7.5/10, biographie, Edgar P. Jacobs, 11/2012.

Le dessin d’Alloing est très proche du graphisme de Jacobs et c’est voulu. Il s’agit d’une ligne claire très classique et réaliste qui ne va certainement pas perturber le lectorat habituel de Blake et Mortimer. La composition des planches est très classique également voire un peu austère.

Capitol, La marque Jacobs, Alloing, Rodolphe, Delcourt, Mirages, 7.5/10, biographie, Edgar P. Jacobs, 11/2012.

Cet album se laisse lire avec facilité et reste un événement de cette fin d’année 2012. Sans être exceptionnel, il est cependant d’une bonne qualité générale et rempli un vide. Il a sa raison d’exister. Il reflète un phénomène qui va aller en s’amplifiant. Jacobs est de plus en plus reconnu comme un monument de la bande dessinée et non plus comme un collaborateur talentueux d’Hergé. A noter qu’en fin d’album, une interview de Rodolphe et un petit dossier graphique intitulé « by Jove », viennent ponctuer cet album. Pour tous les amateurs du Centaur club de Londres…

 

Graphisme :   7,5/10

Scénario :     7,5/10

Moyenne :     7,5/10

 

Capitol.

Capitol, La marque Jacobs, Alloing, Rodolphe, Delcourt, Mirages, 7.5/10, biographie, Edgar P. Jacobs, 11/2012.

30/11/2012

LES DRUIDES - Tome 7: Les disparus de Cornouaille.

Couv_172933.jpgPlancheA_172933.jpgDessin : Jacques Lamontagne - Scénario: Jean-Luc Istin

Editions Soleil

Collection Soleil Celtic

Sortie : 24/10/2012

48 pages

Prix conseillé : 13,95 €

ISBN : 9782302023611

Aventures celtiques

 

Résumé (de l’éditeur): Un forgeron est retrouvé mort en Cornouailles. Eventré, les entrailles dévorées. Le druide Corann fait appeler Gwenc’hlan et Taran, nos héros, pour qu’ils enquêtent sur ce meurtre et la mystérieuse disparition de sa famille.
De plus, il semble que cette disparition ne soit pas un cas isolé, d’autres se sont produites dans la région. Une nouvelle enquête par le désormais célèbre duo druidique, Gwenc’hlan et Taran.
 

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Mon avis : Le tome 7 de la série est sorti en librairie. Nos deux druides sont devenus des enquêteurs appelés dès qu’un mystère apparaît dans le monde celtique. Avec ce tome commence un nouveau cycle, une nouvelle enquête. C’est toujours aussi passionnant et autant bien torché.

Le scénario d'Istin est bien construit et a le chic de nous laisser en fin d’album sur un trou béant et une énorme question sans réponse. Qu’allons-nous faire pendant tout ce temps dans l’attente du tome 8 ? C’est insoutenable… Le scénario est bâti comme un film. Une première séquence qui plante le décor, ensuite, page 9, le titre de la série et de l’épisode lance définitivement l’album. Gwenc’hlan, le druide,  une sorte de Sean Connery des temps celtiques arrive et va s’atteler à découvrir le fin mot de l’histoire… Des Saxons, une bête sauvage, un phénomène supranaturel ? Son assistant, Taran, est là pour le seconder.

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Le dessin de Lamontagne est toujours au top. C’est un réel plaisir à la lecture. Quelques planches valent le détour et sont des chefs d’œuvre. Regardez le rêve de Taran (les pages 42 et 43), le dessin et le découpage y sont extraordinaires

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Cette série ne m’a pas encore déçu. Que du contraire, à chaque tome, c’est un plaisir renouvelé. Il est possible de lire le tome 7 sans avoir lu les tomes précédents mais ce serait vraiment dommage de se passer du début de cette formidable série de la collection « Soleil Celtic ».

 

Graphisme :   8,0/10

Scénario :     8,0/10

Moyenne :     8,0/10

 

Capitol.

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27/11/2012

INTERVIEW DE BAUDOUIN DEVILLE.

 

interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.« Rider on the storm », édité par Paquet dans la collection Carénage, sort en librairie le 21 novembre 2012. SambaBD a eu le privilège de discuter de l’album avec le dessinateur de la série, Baudouin Deville.

 

 

SambaBD: Qui est à l’origine du projet et de votre collaboration ?

interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.Baudouin Deville : En fait, je travaillais pour un magazine français « Moto Revue Classic ». Je publiais tous les mois des planches sur l’histoire de grands pilotes qui ont fait la légende du « Continental Circus ». A un moment donné, cette maison d’édition à Paris m’a dit : « on va en faire un album! ». Et en fait, je n’ai jamais signé le contrat. Je ne sais pas pourquoi…Enfin, c’est une chance car quelques jours après que j’aie reçu la proposition de contrat pour l’album, Pierre Paquet m’a téléphoné et m’a dit qu’il lançait une collection qui allait s’appeler « Carénage »et qui était dédié à l’univers de la moto. Donc, il m’a demandé si les planches prépubliées dans « Moto Revue Classic » étaient disponibles. C’était pour moi une chouette proposition donc j’ai accepté de publier l’album « Continental Circus » qui est sorti en 2011, l’année passée, chez Paquet. C’était le début de la collaboration et dans la foulée il m’a demandé de m’occuper de cette collection. J’étais surchargé de travail mais comme cela m’amusait bien, j’ai accepté. Après avoir fait « Continental Circus 1 », un second est en discussion pour le moment mais je ne vais pas sans doute le réaliser moi-même parce que je suis parti sur d’autres projets. J’avais plutôt envie de faire une fiction et ne pas faire que de la BD historique. J’ai conçu avec le scénariste Géro la trilogie « Rider on the storm » qui va se passer dans trois villes européennes différentes Bruxelles, Londres et Milan. Je raconte les déboires d’un jeune d’une vingtaine d’années qui vit à Bruxelles, a envie de faire de la course et se trouve mêlé à une sombre histoire.

SambaBD : Pouvez-vous m’en dire plus sur Géro qui est un scénariste que je ne connais pas ?

interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.Baudouin Deville :  Non, c’est son premier album, c’est normal. Le scénariste, je peux vous dire qui c’est  puisque c’est mon fils aîné. Il est juriste de formation et avait envie d’écrire un scénario de fiction. Comme j’avais fini un one-shot, je lui ai proposé de concevoir un scénario sur 2 albums, au départ.

SambaBD : On fait tout en famille chez vous !

Baudouin Deville : C’est pratiquement tout en famille.

SambaBD : Vous dirigez la collection « Carénage ». Avez-vous des projets eninterview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012. vue ? Allez-vous engager d’autres dessinateurs ?

Baudouin Deville : Deux projets sont en cours dont un a déjà été signé. Il va s’appeler « double 2 » réalisé par le scénariste Pascal Davos et par un dessinateur extraordinaire qui s’appelle Daniel Gonzalez, il est uruguayen. L’album va sortir fin de l’année prochaine.

SambaBD : Vous aviez déjà eu une expérience en Bd avec la série « l’inconnu de la Tamise » dans les années ’80. Qu’est-ce qui a fait que vous avez arrêté pendant un certain temps la BD ?

interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.Baudouin Deville : Après l’inconnu de la Tamise, j’ai publié deux albums chez Dargaud fin des années ’80, début des années ’90.A ce moment, il y a eu une sorte de séisme dans la bande dessinée qui a fait que mon éditeur Dargaud était en très mauvaise posture financière et a commencé à vendre ses contrats à gauche et à droite. C’était une période un peu trouble. Dargaud a revendu mon contrat à un éditeur suisse « Alpen publisher » sans me demander mon avis. J’ai vraiment senti que le vent tournait et que ce n’était plus une bonne période. J’ai décidé d’arrêter la BD à ce moment là et de me lancer dans l’activité publicitaire. J’ai créé une société qui a travaillé pour les agences de publicité ici en Belgique. J’ai travaillé avec un associé. Et puis de là, j’ai vraiment développé un bureau de graphisme qui existe d’ailleurs toujours. J’ai abandonné complètement la BD mais je continuais à dessiner parce que je travaillais dans le milieu publicitaire. Et puis il y a 3 ans, j’ai eu envie de recommencer. Je me suis dit que j’aimais bien la moto et que je ferai bien quelque chose là-dessus. J’ai commencé à raconter l’histoire de grand pilote des années ’60 et ’70 et puis je les ai proposé à des magazines. C’est ainsi que c’est reparti…

 

interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.

 

SambaBD : Vous êtes le dessinateur et pourtant j’ai l’impression que vous êtes partie prenante dans le scénario. Comment fonctionne votre collaboration avec Géro ?

Baudouin Deville : On a travaillé ensemble. Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’a pas connu les années ’70. Il a un peu plus de 30 ans. Il a conçu l’intrigue générale et moi je lui ai beaucoup parlé, je lui ai donné beaucoup de sources de manière à faire un travail documenté. Quand il ne savait pas quelque chose, il me le demandait. C’est quand même une période que j’ai vécue et cela permettait de faire comme une partie de ping-pong, de se renvoyer la balle régulièrement, de densifier progressivement nos sources.

SambaBD: L’action se passe en 1974, vous aviez 18 ans, si je ne me trompe. En plus de cela le titre de la série s’inspire d’un single des Doors et on retrouve beaucoup de références musicales au fil des planches. J’aurais voulu savoir quelle est votre approche de la musique en général et par rapport à cet album ?

interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.Baudouin Deville : J’aime la musique, toute les musiques. Pas que le rock pop des années ’70. J’ai écouté énormément de musique, je suis passionné par ça mais ce n’est pas un hasard si j’ai choisi la période des année ’70 plutôt que celle des années ’80 ou ’90. C’est la maturité des grands groupes de rock anglais qui sont vraiment au sommet de leur art à ce moment là. On parle de Pink Floyd, des Who, des Stones, Led Zep et toute la bande, Genesis,... Vraiment une chouette période d’ailleurs qui est toujours autant écoutée aujourd’hui,  sauf peut-être un peu par les jeunes. C’est des gens qui on aussi inventé des sons. Pink Floyd, on ne va pas remonter toute leur carrière. Ils ont vraiment un passé incroyable. J’aime bien de parfumer ainsi l’histoire de petites références à la musique de cette époque là car  c’est une chouette musique.

SambaBD : Dès les premières planches, on comprend de suite le choix du titre. C’est enlevé et plein d’action. Cela relève d’ailleurs plus du polar que du sport motocycliste. La moto est plutôt le ressort qui fait avancer le héro, Gaspar Sarini. Est-ce voulu ? N’est ce pas aussi une marque de fabrique « Paquet ». Mélanger les genres alors que le carénage n’est que le fil conducteur ?

Baudouin Deville : Vous avez parfaitement analysé la chose. On n’avait pas envie que de faire que des courses de moto dans les années ’70. C’est amusant de développer toute une intrigue dans plus ou moins l’univers de la moto. Elle est toujours plus ou moins présente, parfois très présente, parfois elle ne l’est pas du tout. Mais cela enrichi l’histoire plutôt que d’être vraiment concentré pur et dur sur la moto. J’aime bien mélanger cela et vous avez raison. Dans « cockpit », il y a le même principe de mélanger la fiction avec des faits réels. Si on voit la série du « Grand Duc », c’est une série d’aviation mais derrière il y a tout le second conflit mondial. C’est amusant et cela élargi la narration.

 

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SambaBD : Vous décrivez beaucoup Bruxelles. La ville est-elle facile à dessiner ? Avez-vous dû réunir de la documentation ? Avez-vous fait des repérages photographiques ?

Baudouin Deville : Beaucoup de repérages photographiques, des archives. J’ai une amie qui est documentaliste, qui m’a aidé, qui m’a fourni beaucoup de visuels qu’elle allait chercher sur internet. La ville est très difficile à dessiner. Bien sûr on ne parle pas de la Grand Place qui est une horreur à dessiner, que j’ai soigneusement évité (Rires). Mais bon, je n’y couperai peut-être pas. J’aurai bien voulu mettre l’Atomium mais l’Atomium est très compliqué à utiliser aussi. Ils ont accepté de la voir en petit sur la couverture sans contrepartie. Comme je viens de travailler pour eux pour une campagne de pub, peut-être que dans le tome deux on aura un petit passage à l’Atomium.

 

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SambaBD : Comment dessinez-vous ? Fonctionnez-vous toujours avec le papier ou bien avec une tablette graphique ?

Baudouin Deville : C’est un mélange des deux. Crayonner sur papier. Ensuite, scanner, corriger puis il y a le travail de la colorisation sur une tablette graphique. Il arrive fréquemment que j’arrive à rajouter des choses sur les planches à la palette graphique. Parfois il m’arrive de remettre des personnages si j’ai envie d’en rajouter un. Je ne passe alors plus par le papier.

SambaBD : Une autre caractéristique de l’album, ce sont les personnages et leur langage très « couleur locale », une petite pointe d’humour, d’autodérision, vous jouez à plein sur les clichés, est-ce que vous avez été payé par l’office du tourisme de Bruxelles pour réaliser l’album ?

Baudouin Deville :  Bien sûr ! Cher même ! (Rires) Non, non, non ! Si on fait un album sur Bruxelles, il faut qu’on puisse entendre des gens qui parlent le bruxellois. Il y en a encore quelques uns, un peu moins, mais il y a toujours des expressions qui sortent de ci de là, quand on est dans un magasin, on entend jurer quelqu’un en bruxellois. Je trouve que cela donne plus de couleurs aux personnages. Quand je suis allé présenter le bouquin à Paris chez l’éditeur, Ils avaient été très étonnés par les expressions et ils se demandaient vraiment ce que c’était. Donc, je leur ai expliqué le principe du dialecte bruxellois, un mélange de français et de flamand. Ils trouvaient ça très amusant et très savoureux. D’ailleurs ils ont pensé à un moment de faire de la communication rien que sur ces répliques des bruxellois.

 

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SambaBD : Les planches concernant les motos sont vraiment le point fort de l’album, le dessin est très précis et détaillé. Pour vous, est-ce la crème sur le gâteau ou faut-il vraiment aller au charbon pour réaliser ces planches ?

Baudouin Deville : C’est certainement une difficulté mais c’est un plaisir aussi. Quand je parle avec d’autres dessinateurs, illustrateurs, ils me disent : « mais tu es complètement fou de dessiner des motos de route car c’est ce qu’il y a de plus dur, parce qu’on voit le moteur, en plus le moteur est extérieur ». Mais moi, j’aime bien. Je pense que je vais assez vite. J’ai fait une affiche pour l’album. J’ai fait une belle Kawasaki 750. Je me suis rendu compte que j’ai été très vite et elle en jette beaucoup parce qu’elle est pleine de chromes, pleines de « trucs ». J’aime dessiner les motos de cette période, elle sont vraiment très amusantes à dessiner. Je crois que j’ai pris un peu de pratique avec l’album précédent et je pense qu’elles seront même encore mieux dessinées dans le tome 2. C’est la pratique mais ce n’est pas du tout rébarbatif.

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SambaBD : Et vous, par rapport à la moto, est-ce que vous êtes un passionné, un collectionneur, un ancien compétiteur, un simple spectateur ?

Baudouin Deville : J’ai été longuement pratiquant. J’ai eu vraiment beaucoup de motos. Beaucoup de japonaises. Des petites, des grosses. Puis à un moment donné, je me suis tourné vers la moto ancienne. J’ai acheté une vieille Kawasaki des années ’70. Je me suis bien amusé avec elle puis je l’ai revendue. J’ai suivi beaucoup la compétition quand j’étais jeune. En fait, je la suis encore maintenant. Je vais voir de temps en temps une compétition un motoGP, une course du championnat du monde. Je vais beaucoup les événements « classic », sur circuit avec des motos de grand prix des années ’50, ’60, ’70, ’80 où des grands pilotes viennent rouler.

SambaBD : Votre livre m’a permis aussi d’apprendre certaines choses. J’ai appris qu’il y avait même des courses de côte à Val-Dieu. Je pensais qu’on n’y faisait jamais que de la bière ! Mais il y a un détail dans l’album qui m’a fait franchement rire,  c’est page 23, vous donnez la recette du poulet à la cannette de bière « Jupiler 5 ».Est-ce qu’on peut vraiment vous faire confiance sur cette recette là ?

Baudouin Deville : Oui tout à fait, c’est une recette un peu trash. Je ne sais pas comment la peinture de la cannette réagit mais c’est une recette que Géro le scénariste a trouvé. C’est rigolo et puis voilà…Normalement, cela se fait au barbecue, pas dans le four, avec les moyens du bord, avec pas grand-chose…

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SambaBD : J’ai une dernière question à vous poser. Dans les préliminaires de votre album, j’ai lu que le projet a bénéficié d’une bourse de « doctoring de projet BD » de la SCAM Belgique. Pouvez-vous m’en parler en quelques mots ?

Baudouin Deville : La SCAM Belgique, c’est la société des auteurs multimédias dont je fais partie. On a vu qu’il y avait un appel à projets pour des scénarios. Et notre scénario a été retenu, il y a un an environ. On a bénéficié d’une bourse de relecture du scénario. Géro a pu travailler avec un scénariste professionnel dans le cinéma, Dominique Standaert, qui a relu le scénario, qui a fait ses commentaires et nous a aidé, comme c’était le premier tome, à écarter les mauvaises idées et à garder les bonnes. Il a resserré le récit, il a enlevé des personnages. Il y en avait un peu trop dans le premier tome. C’était vraiment un travail de suivi par un autre scénariste qui avait beaucoup plus de métier que nous.

SambaBD : J’ai trouvé en effet que le scénario était très cinématographique. L’album est une réussite et j’attends le tome 2 avec impatience…

interview,baudouin deville,géro,paquet,rider in the storm,112012.Baudouin Deville : Géro m’a remis les 10 premières page du scénario du tome 2 « Londres ». Je travaille dessus…il y a une dizaine de planches storybordées et  trois qui sont finies en couleurs, voilà. L’album est prévu pour l’année prochaine. Tout dépend de la vitesse à laquelle je vais avancer dans le travail. Je vais aller beaucoup plus vite car l’univers est crée, les personnages sont là. J’ai l’expérience d’un album en plus.

Interview réalisée par Capitol pour SambaBD. Remerciements à Baudouin Deville pour sa disponibilité et sa bienveillance.

Le blog de Baudouin Deville:  http://baudouin-deville.blogspot.be/

 

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RIDER ON THE STORM - Tome 1: Bruxelles.

 

Couv_176634.jpgPlancheA_176634.jpgDessin : Baudouin Deville - Scénario: Géro

Editions Paquet

Collection carénage

Sortie : 21/11/2012

48 pages

Prix conseillé : 13,50 €

ISBN : 9782888905080

Motocyclisme, polar.

 

Résumé (de l’éditeur): Bruxelles, octobre 1974, Gaspard Sarini, un jeune homme de 20 ans ayant fait l'essentiel de son éducation dans des internats, caresse le rêve de devenir pilote professionnel. La distance affective qui le sépare de ses parents ne le gène pas, il a appris à faire avec. Mais leur désapprobation de ses ambitions professionnelles est source de tensions, contraignant ce dernier à travailler dur pour s'offrir sa moto, une Suzuki GT 750 surnommée "la bouillotte", avec laquelle il fait plusieurs courses de côte...Puis c'est le drame. La descente en enfer commence le jour ou Gaspard, poursuivi par des tueurs qui viennent d'abattre froidement ses parents, échappe de justesse à la mort au terme d'une course épique qui se termine dans le canal de Bruxelles... Recueilli par Jo, un garagiste au grand coeur et ancien pilote, avec qui il a déjà travaillé par le passé, Gaspard va progressivement reprendre le guidon, sous un faux nom cette fois, car il se sait en danger...

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Mon avis : Paquet a lancé la collection « Carénage » centrée sur le monde de la moto. Après un premier album intitulé « Continental circus », l’éditeur sort une nouvelle série prévue en trois tomes intitulée « Rider on the storm ». Il s’agit en réalité d’un polar qui se déroule à Bruxelles en 1974 pour le premier tome. Le personnage principal, Gaspar Sarini, passionné de motos et de compétitions motocyclistes, est poursuivi par des tueurs qui viennent d’abattre froidement ses parents. Il passe à la clandestinité en attendant de démêler l’écheveau.

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Dès le départ, le lecteur est plongé au cœur du sujet. Gaspar Sarini passe à travers une fenêtre pour échapper à des tueurs et s’engage une course poursuite à moto à travers Bruxelles. Le décor est planté.

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 Le dessin est de Baudouin Deville (Continental Circus, l’inconnu de la Tamise,…). Il est précis et très « ligne claire ». Le découpage est rythmé, les cadrages recherchés et très cinématographiques. Cette recherche graphique donne ainsi un réel plaisir de lecture. Quelques cases auraient pu être un peu fignolées (par exemple au niveau des mains) mais le résultat global est de très bonne qualité. Je vous conseille aussi de bien regarder dans certaines cases, parfois vous y trouverez des petits détails amusants.

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Au niveau du scénario de Géro, un nouveau venu, c’est réellement une découverte. Non seulement, il s’agit d’un polar à la sauce motocycliste bien emmené mais en plus, il nous permet de découvrir Bruxelles, ses gens et leur « parler vrai ». Les expressions « brusseleer », les clins d’œil à la musique (très présente dans l’album) foisonnent. « Rider on the storm » est d’ailleurs inspiré de la chanson des Doors sortie en 1971.Dès que vous aurez lu les premières planches, vous aurez compris le rapport avec l’histoire et la petite musique qui s’en dégage. Mais ce n’est pas uniquement un polar, une histoire sombre, il en ressort aussi un humour décalé de bon aloi. Le caractère belge et bruxellois qui s’en dégage est prononcé.

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Au final, j’ai découvert une nouvelle série très agréable à lire et qui a de l’âme et du punch. Il ne s’agit pas seulement de parler « moto ». Elle est le fil d’Ariane de la collection mais elle n’est pas le sujet monomaniaque. Cette série policière va intéresser d’autres publics que les fans de la moto. Paquet sait y faire avec ses collections thématiques et ne va pas se cantonner seulement sur la course moto mais va par son entremise explorer bien d’autres sujets proches ou plus éloignés.

Et maintenant pour clôturer, chantons ensemble : « Rider on the storm… »

 

Graphisme :   8,0/10

Scénario :     8,0/10

Moyenne :     8,0/10

 

Capitol.

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