13/02/2017

Duke - tome 1 - la boue et le sang

duke,la boue et le sang,hermann,yves h.,le lombard,western,610,012017duke,la boue et le sang,hermann,yves h.,le lombard,western,610,012017Scénario : Yves H.
Dessin : Hermann
Éditeur : le Lombard
54 pages
Date de sortie :  janvier 2017
Genre : western

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Duke est un homme tourmenté. Shérif adjoint d'une petite bourgade, convaincu par la dimension morale de sa mission, il est aussi un tireur d'élite habitué à la violence. Quand un conflit se déclare entre mineurs et propriétaires terriens, Duke doit quitter sa neutralité. Et recourir à ce qu'il connaît le mieux et redoute le plus : ses armes.

 

 

 

Mon avis

Je suis toujours très hésitant devant les albums de Hermann père et fils. En effet, leurs derniers albums m'ont tellement déçu qu'à la sortie d'une de leur nouveauté, j'y vais soit à reculons, soit pas du tout. Mais j'aime beaucoup le dessin de Hermann qui a le chic pour créer des personnages aux gueules réalistes qui sentent l'authentique et desquels transpirent littéralement toute la souffrance et la misère du monde, qui révoltent tant ce grand dessinateur. Et puis j'aime aussi les westerns pour toutes les images qu'ils véhiculent : l'aventure ; les héros et anti-héros ; l'expression de l'orgueil de l'homme dans son désir de conquête de territoires vierges, d'exploitation à outrance de ressources naturelles ; la domination des plus forts sur les plus faibles ; l'émergence de micro-sociétés qui naissent dans la violence et la douleur, et cette soif de justice sans cesse en lutte avec les plus vils instincts de vengeance que, peut-être nous portons chacun en nous.

 

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Pour ces deux raisons, je me suis penché sur Duke et ce premier tome d'une nouvelle série western signée Hermann. Le ton de la série est donné avec le titre de cette entame : la boue et le sang. Misère, désespoir et violence. Sur une trame ultra-classique, voire simpliste, Yves H. nous propose de suivre un personnage peut-être plus complexe qu'il n'y parait. En tout cas c'est ce qu'il nous laisse supposer dans ce premier tome qui pose les bases du personnage pour la suite de l'aventure. Adjoint au Shériff dans une petite ville minière corrompue et sous la coupe d'un despote sans scrupules, on ne sait rien de lui sinon qu'il a une soif inextinguible de justice mais qu'il peut être capable de méthodes expéditives.

Si l'on sent dans son personnage principal un potentiel intéressant pour la suite de la série, le scénario d'Yves H. est ici vraiment trop simple à mon goût. On a l'impression d'avoir lu cette histoire mille fois, et, mises à part deux ou trois surprises dans le scénario, on connait toute l'histoire dès le premier tiers de l'album.

 

La lecture n'en reste pas moins agréable et divertissante et les planches en couleurs directes sont d'une grande beauté, notamment les séquences dans les paysages enneigés.

Ce premier tome, sans être franchement bon ni franchement mauvais, place en orbite un personnage qui servira de fil rouge à cette série qui sera vraisemblablement constituée de one-shot. Souhaitons qu'Yves H. sache exploiter au mieux ce filon du personnage ambigu. Parce qu'en la matière, et particulièrement dans ce genre, la concurrence est rude.

 

Loubrun

 

 

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08/02/2017

Stern - tome 2 - la cité des sauvages

stern, maffre, dargaud, western, croque-mort, aventure, 01/2017, 7/10stern, maffre, dargaud, western, croque-mort, aventure, 01/2017, 7/10Scénario : Frédéric Maffre
Dessin : Julien Maffre
Éditeur : Dargaud
74 pages
Date de sortie : janvier 2017
Genre : western

 

 

 

Résumé

Le placide et taciturne croque-mort est confronté dans cette deuxième aventure à une terrible déconvenue. Véritable addict de la lecture, le voilà privé de matière première parce que le fournisseur du "general store" local a fait faillite. Plus aucun bouquin à se mettre sous la dent ! C'est le drame, et les addicts ou anciens addicts au tabac ne me démentiront pas : quand on est en manque, on est prêt a tout pour satisfaire son vice. Le moyen pour Elijah, c'est d'aller dans la grosse ville de Kansas city. Sauf qu'Elijah semble avoir de bonnes raisons pour ne pas y aller. Il ira quand même, finalement c'est pas le bout du monde une journée de cheval, et puis c'est juste pour une journée. Sauf que ... il arrive trop tard, la librairie ferme sous son nez et ne rouvrira que le lendemain. L'attente jusqu'au lendemain va être mouvementée et il n'évitera pas les rencontres qu'il voulait justement éviter.

 

"Trois cents saloons dans cette ville et évidemment je tombe sur toi. Merci Kansas city."

 

Mon avis

Eljah Stern est en passe de devenir le plus attachant des anti-héros de l'ouest. Après une première aventure très réussie dans laquelle les frères Maffre ont posé les bases d'un western où se réunissent à merveille à la fois classicisme et nouveauté, ils récidivent ici en conservant ce qui a fait le succès du premier tome et y apportent encore son lot d'originalité, faisant de ce western une œuvre du genre un peu décalée.

A contre courant des grands westerns traditionnels où l'aventure et les histoires compliquées sont de mise, ici il y a une histoire simplissime qui porte un personnage principal dans une grande ville de l'ouest, à la rencontre de personnages tous plus ou moins barrés, donnant lieu à des situations souvent cocasses. Parce que même si ça castagne pas mal, l'humour est bien présent dans ce tome, tant dans les dialogues que dans les situations à rebondissements que subit Elijah. Au passage, les frères Maffre nous révèlent quelques maigres détails du passé de Stern : il est marié, et il a fréquenté des types peu recommandables.

 

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Julien Maffre au dessin est aussi à l'aise dans les décors urbains que dans les villages poussiéreux et les grandes plaines. Ses personnages aux traits semi-realistes ont des vrais trognes dignes de celles qui peuplent les westerns spaghetti des années 60, et pourtant on n'a pas le sentiment de tomber dans une surenchère caricaturale. Tout aussi habile à mettre en scène des épisodes mouvementés que des périodes de calme, ses planches sont toutes agréables à l’œil.

Dans un registre différent, ce deuxième tome est aussi bon que le premier et ce croque-mort tient la dragée haute à son homologue Jonas Crow de la série Undertaker.

A noter que la pagination sur ce tome est augmentée de 12 pages, ce qui permet aux auteurs de prendre leur temps pour raconter ce qu'ils ont à raconter, et de nous livrer un récit dynamique ponctué de temps forts en action et d'autres plus contemplatifs, le tout dans un parfait équilibre.

Et maintenant, je suis bon pour agrandir l'espace western de ma bibliothèque ...

 

Loubrun

 

 

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 Le tome 1

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 A lire aussi : Undertaker


 

07/02/2017

Lucky Luke (vu par...) - tome 2 - Jolly Jumper ne répond plus

Jolly Jumper ne répond plus.jpgJolly Jumper ne répond plus_PL.jpgScénario : Guillaume Bouzard
Dessin : Guillaume Bouzard
Éditeur : Lucky Comics
48 pages
Date de sortie : janvier 2017
Genre : western, humour

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Jack Dalton (ou William ? – qui, au fond, sait différencier les deux frères du milieu ?) entreprend une grève de la faim en prison. Lucky Luke est appelé à la rescousse pour résoudre cet énième problème lié aux Dalton. Mais il doit aussi faire face à une autre situation, celle-là inédite et gravissime : Jolly Jumper est boudeur, il fait la tête et ne lui répond plus. Lucky Luke tente désespérément de renouer le dialogue avec son fidèle destrier...

 

"- Mais... est-ce que quelqu’un sait pourquoi il fait cette grève ?
- Heu .. bah du coup, non ... il refuse de parler ...
- On peut pas savoir ce qu'il a alors ...
- Voilà !
- Un peu comme Jolly Jumper !"

 

 

Mon avis

 

Guillaume Bouzard fait suite à Matthieu Bonhomme dans la série hommage à Morris et à son célèbre cowboy à chemise jaune et foulard rouge (ce détail a son importance). Bien que Bouzard réfute ce terme d'hommage puisqu'il considère son album plus comme une appropriation de l'univers créé par Morris et de toutes les images fortes qui en ont fait le succès, ce Lucky Luke (vu par...) ne laisse aucun détail de l'œuvre sur la touche et est un beau cadeau pour continuer de célébrer les 70 piges du célèbre cowboy. On y retrouve donc entre autres, des tas de petits clins d'œil à l'ensemble de la série, les Dalton bien sûr, mais aussi l'ombre de Lucky luke, quelques célèbres personnages secondaires (et à bien y regarder ils ne sont pas si secondaires que ça et occupent parfois plus d'espace que Lucky Luke lui-même) et le cheval le plus rapide, le plus bavard et le plus philosophe de l'ouest.

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Sauf qu'ici le bougre de canasson ne décroche plus un mot, ce qui pose bien du tracas à Lucky Luke. Les personnages de second plan seraient-ils en rébellion ? Voilà que Jack Dalton fait une grève de la faim et demande à voir au plus vite ce cher Lucky Luke. Ce dernier va donc devoir résoudre ses problèmes de couple et les problèmes des Dalton.

S'ensuivent une succession de gags totalement débridés et tous plus désopilants les uns que les autres. Dans une fausse irrévérence, Bouzard s'amuse de tous les codes de la série mère. Il commence par dézinguer le politiquement correct qui a forcé Lucky Luke à remplacer la clope par une brindille. Mais dieu merci, il a arrêté cette vilaine addiction qu'est le mâchouillage de brindille, même si c'est jamais gagné car, comme il le fait justement remarquer : "quand je passe devant un champ, j'ai toujours envie de brouter".

 

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Bref, tous les codes sont passés à la "moulinette Bouzard" et sont prétexte au gag et à la farce : le caractère de chaque Dalton, les codes vestimentaires immuables depuis 70 ans, la soi-disant rapidité de l'homme qui tire plus vite que son ombre (à moins que cela ne soit depuis le début qu'un malentendu scénaristique et qu'il s'agisse tout simplement de l'homme qui s'tire plus vite que son ombre ...), et j'en passe ... Je ne vais pas vous dévoiler tous les gags, d'abord parce que chaque dialogue en est un à lui tout seul et qu'il faut bien vous en laisser la surprise.

On se délecte, on rit à chaque page de tous ces clins d’œil qui se moquent de cette œuvre majeure de la bande dessinée. Mais comme des vieux potes qui aiment à se chambrer, Bouzard bouscule tout ce petit univers avec beaucoup d'affection et sans méchanceté aucune.

 

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Les esprits tatillons reprocheront à Bouzard un dessin approximatif et trop loin de l'image que l'on se fait d'un Lucky Luke. La comparaison avec Morris et son successeur Achdé n'est pas de mise et n'a absolument pas lieu d'être. Le propos dans cet album n'est pas de répondre à un cahier des charges graphique pour "faire du Lucky Luke". Bouzard ne cherche pas à faire du Morris. Il fait du Bouzard. Un style "gros nez" jeté et pas très esthétique c'est vrai, plus proche du dessin de presse que de la BD. Mais un style très efficace dans ce registre de l'humour débridé. Cela dit, les connaisseurs de Morris reconnaîtront les allusions graphiques à l’œuvre originale : les célèbres aplats de couleurs vives sur les fonds de cases et sur les personnages tout entiers.

 

Et Jolly Jumper dans tout ça ? Eh bien, sa petite bouderie lui aura fait passer l'aventure la plus chevaline de sa carrière : il n'aura fait que brouter et transporter sur son dos son bon maître. De tout le reste, il s'en bat la crinière ! Une vraie vie de cheval quoi.

 

Galopez vite chez votre libraire vous procurer ce bijou d'humour. Et si vous passez devant débit de brindilles, vous seriez bien aimables de m'en rapporter 3 bottes !

 

Loubrun

 

 

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Alena

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Dessin : Kim W. Andersson
Éditeur : Glénat
138 pages
Date de sortie : janvier 2017
Genre : horreur, fantastique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La vie d’Alena est un enfer. Depuis qu’elle est entrée à l’internat, elle se fait harceler tous les jours par Filippa et les filles de sa bande. Mais Joséphin, sa seule amie, n’a pas l’intention de la laisser subir ce calvaire plus longtemps. Puisqu’Alena ne rend pas les coups, puisqu’elle ne peut pas compter sur l’aide du conseiller d'orientation ou du directeur de cette maudite école, Joséphin va devoir prendre les choses en main elle-même. Mais il y a un problème : ça fait un an que Joséphin est morte.

 

 "Parfois la meilleure défense, c'est l'attaque, Alena. Faut pas que tu les laisses te faire chier"

 

Mon avis

Récompensé en 2012 par le plus prestigieux prix de bande dessinée Suédois, le Adamson Award, Alena est une fausse BD horrifique. Derrière cette couverture sanguinolente aux accents inquiétants, se cache une histoire d'adolescente déboussolée, sans repères et en quête d'une identité propre, se débattant tant bien que mal au milieu d'une basse-cour de donzelles écervelées et pourries par un milieu social plus qu'aisé.

Le point de départ de ce chamboulement hormonal et psychologique chez la jeune Alena, c'est la mort sous ses yeux de sa meilleure amie et sans doute amante, Joséphin. Joséphin, c'était la forte en gueule, celle qui s'affirme, qui n'a pas peur de montrer ses différences et de donner du coup de poing pour se défendre. Sa disparition laisse donc un grand vide autour d'Alena qui subira un harcèlement terrible. Cette dernière trouve la force de se défendre en invoquant Joséphin, invocations qui iront au delà de ses espérances et la dépasseront complètement.

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Ayant pour thématiques le harcèlement, l'homosexualité, le rejet de la différence et la quête d'identité, ce récit est malheureusement plus énervant que dérangeant. Hésitant entre drame psychologique et social, conte fantastique et récit horrifique, l'auteur nous donne le sentiment de ne jamais aller au bout des choses. Au final, on retient davantage les séquences de harcèlement bêtes et méchantes que l'aspect intimiste du récit, qui à mon sens aurait dû prendre le dessus. A la lecture, on a juste envie de donner une bonne paire de claques à toutes ces pouffiasses, et on en oublie les vrais problèmes graves aux quels se confronte Alena.

Au dessin, Kim W. Andersson est dans la veine du comics US : gros plans et plans serrés, peu de décors, un découpage fluide et efficace. Par contre, son trait expressif est parfois exagéré dans certaines attitudes qui en deviennent un peu ridicules. Sans grande surprise ni grands effets, le dessin reste néanmoins correct et en adéquation avec le récit.

Ce roman graphique ne restera pas dans les annales de la BD horrifique ; gageons que son adaptation au cinéma soit plus réussie et plus efficace.

 

Loubrun

 

 

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 le trailer du film sorti en 2015 - VO