24/03/2017

Moses Rose - tome 3 - El Deguello

Moses rose T3.jpgmoses rose T3 pl.PNGScénario : Patrice Ordas, Patrick Cothias
Dessin : Christelle Galand
Éditeur : Bamboo Édition
48 pages
Date de sortie :  1er mars 2017
Genre : western

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Louis « Moses » Rose est victime d’un procès truqué. Condamné à mort, il parvient à s’évader grâce à ses compagnons. Pourtant, les politiques qui ont ourdi l’affaire depuis Washington décident de calmer un jeu risquant de se retourner contre eux. Mais Masseria, leur homme de main sicilien, a des intérêts personnels à défendre et poursuit Moses et ses compagnons jusque dans les ruines de l’Alamo. Tout y a commencé. Tout doit y finir au cours d’un ultime affrontement au terme duquel disparaîtra une certaine idée de l’Amérique et des hommes qui l’ont faite.

 

"Le lieutenant Rose est de ceux qu'il faut tuer plusieurs fois, Général"

 

 

Mon avis

 

Dernier acte de cette curieuse trilogie qui se termine à peu près comme elle avait commencé, c'est à dire dans un imbroglio d'intrigues aux liens pas toujours évidents à cerner. L'originalité du thème abordé et de l'évènement historique évoqué n'auront pas suffit à élever ce western ni à lui donner ce souffle aventureux que l'on attend sur ce genre de récit. Pourtant les rebondissements ne manquent pas ! Mais peut-être justement y en a-t-il trop, mêlant trop de personnages aux intérêts divergents ou convergents – on finit par ne plus trop savoir – empêchant le lecteur d'avoir une quelconque empathie pour qui que ce soit. Même le pauvre Rose, victime d'une sombre machination et d'un procès truqué, ne provoque la moindre émotion chez le lecteur.

Christelle Galland ne s'en tire pas trop mal avec un dessin qui, sans être renversant, aura progressé sur les trois albums. Les maladresses du début ont quasiment disparu et l'on peut noter le soin apporté aux expressions des visages et aux mises en scènes.

Au final, à vouloir trop en faire ou en dire, il semble que sur cette série les auteurs soient passés à côté de leur scénario nous offrant une histoire aux allures alléchantes mais finalement assez décevante.

 

Loubrun

 

 

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Les autres tomes

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21/03/2017

Espace vital - volume 1

espace vital, bollée laurent-frederic, LF Bollée, meddour, glénat, fantastique, angoisse, huis clos, 02/2017, espace vital, bollée laurent-frederic, LF Bollée, meddour, glénat, fantastique, angoisse, huis clos, 02/2017, Scénario : LF Bollée
Dessin : Fabrice Meddour
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie :  22 février 2017
Genre : fantastique, thriller

 

 

 

Présentation de l'éditeur
Cela commence par une sensation étrange : Garth Sneebs, 43 ans, se réveille dans un lit et une chambre qui ne sont pas les siens. Machinalement, il se lève, se rase, s’habille et rejoint un salon où cinq inconnus l’attendent. Ils parlent la même langue, mais sont tellement différents... Aucun point commun a priori, si ce n’est de s’être tous réveillés dans cet hôtel mystérieux, sans explication. Comment sont-ils arrivés là, dans ce lieu qui semble hors du temps et de l’espace ? De quel jeu pervers sont-ils les victimes ?

"ne serait-ce pas la couleur qu'aperçoivent tous ceux qui sont en train de mourir ? Vous savez, le long couloir et la lumière au bout..."

 

Mon avis

Si vous vous êtes déjà réveillé un matin sans trop savoir ou vous êtes, c'est que que vous avez soit pris une sérieuse cuite la veille, soit pris un coup un peu trop fort sur la tête parce que vous ronfliez trop, ou alors ce sont les prémices d'Alzheimer qui vous guettent. A moins que vous ne soyez devenu malgré vous le héros d'une aventure écrite par Laurent Frédéric Bollée ou Stephen King !

Dans un huis-clos intriguant à défaut d'être totalement angoissant, l'auteur plonge ses protagonistes dans une espèce de prison qui, derrière ses allures de prison dorée se révèle être un piège mortel. Pourquoi sont-ils là, enfermé dans ce château étrange ? Ni eux, ni nous pauvre lecteur, ne le savons. Tout au plus avons-nous droit à des bribes du passé des prisonniers, mais les indices restent maigres. Donc, les 6 reclus s'interrogent, se découvrent, se révèlent, se disputent, se méfient... et forcément discutent beaucoup, notamment sur la mort et l'au delà. Une chose est sûre, entre les ravitaillements qui apparaissent comme par enchantement tous les matins, les trous béants qui se forment inopinément, les planchers qui vibrent, et le mur invisible qui entoure tout ça, ce manoir à l'air d'être animé par de puissantes forces très énigmatiques, voire obscures !

Vous l'aurez compris, nous ne saurons rien dans ce premier tome et le mystère reste entier. Évidemment, le cliffhanger final invite obligatoirement à poursuivre l'aventure dans le deuxième tome annoncé pour avril. Ça va, l'attente ne sera pas trop longue.

Fabrice Meddour installe une ambiance assez pesante sans avoir recours à de grands effets. Il multiplie gros plans et plans serrés et donne à ses personnages un spectre d'expressions allant de l'interrogation à la terreur en passant par la colère, l'angoisse, l'incompréhension. C'est plutôt bien fait même si l'ensemble donne une impression un peu trop figée.

Affaire à suivre donc dans les deux prochains tomes pour savoir si cette bonne mise en bouche tiendra ses promesses. En attendant on ne peut s'empêcher de penser à de nombreuses références qui apparaissent dans cet album, comme les films Cube, Shining, Les Autres, et puis aussi les nombreux mangas survival.

Loubrun

 

 

 

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15/03/2017

The last contract

the last contract, ankama, brisson, estherren, polar, thriller, tueurs, réglement de comptes, 5/10, 03/2017the last contract, ankama, brisson, estherren, polar, thriller, tueurs, réglement de comptes, 5/10, 03/2017Scénario : Ed Brisson
Dessin : Lisandro Estherren
Éditeur : Ankama
112 pages
Date de sortie :  3 mars 2017
Genre : polar, thriller

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Après une vie passée comme tueur à gages, un vieil homme profite d’une retraite paisible en compagnie de son chien. Mais lorsque la liste de ses contrats pour un boss mafieux est révélée par un mystérieux maître-chanteur, il est obligé de faire face aux démons du passé et de revenir aux affaires. Alors qu’il se bat pour survivre et protéger ceux qui sont exposés par cette liste, le vieux tueur fait tout pour découvrir l’identité du maître-chanteur, sans se soucier de ce qui l’attend au bout du chemin.

 

 

 

"Encore ? J'en ai ma claque de voir des gens sortir des flingues."

 

 

 

Mon avis

 

Après avoir écrit des récits de science-fiction ou d'anticipation (Sheltered, Comeback, Cluster), Ed Brisson, qui a commencé sa carrière d'auteur de BD comme lettreur freelance, se met au bon vieux thriller noir. Mélangeant road trip et histoire de vengeance, cet album est loin de révolutionner le genre mais reste très efficace grâce à une dynamique narrative soutenue, un rythme endiablé et des dialogues bien piquants. Pas un instant de répit n'est accordé aux protagonistes et au lecteur. Les balles fusent, le sang coule allègrement et les actes de violences deviennent quasiment la norme ... Comme dans les films de Tarantino ou de Scorcese, Ed Brisson ne s'embarrasse pas et n'a pas l'intention de faire dans la dentelle. Après tout, c'est bien logique, nous avons affaire à des tueurs de la pire espèce qui même après 20 ans de retraite ont gardé leurs vieux réflexes.

Dommage que dessin et couleur ne soient pas à la hauteur. Le trait approximatif de Lisandro Estherren n'est pas des plus attirants et donne une impression trop brouillonne. Les couleurs blafardes enfoncent le clou et font penser à une BD des années 80 ... Pas top !

The last contract, c'est une histoire de papy flingueur efficace et sanguinolente qui aurait bien supporté une mise en image plus chatoyante.

Loubrun

 

 

 

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the last contract, ankama, brisson, estherren, polar, thriller, tueurs, réglement de comptes, 5/10, 03/2017

 

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28/02/2017

La cire moderne

la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi, la cire moderne, de radiguès, cuvellier, casterman, religion, foi, Scénario : Vincent Cuvellier
Dessin : Max de Radiguès
Éditeur : Casterman
160 pages
Date de sortie :  janvier 2017
Genre : chronique sociale

 

 

 

 

Résumé

 

Sam et Manu sont des jeunes qui ne semblent ni inquiets ni préoccupés de leur avenir. En pleine campagne, ils vivent au jour le jour, d'amour, de baise et de beuh fraiche. Le facteur va mettre un terme à cette palpitante existance en apprenant à Manu que son oncle vient de mourrir. Le passage chez le notaire lui apprend qu'il hérite d'une usine de cierge, du stock qui reste et d'un vieux combi Volkswagen. Les deux tourtereaux ont bien une idée de quoi faire du combi, mais pour le reste ... c'est une autre histoire. Heureusement, Jordan, le frère de Sam qui pense parfois à autre chose qu'au cul, utilise son savoir acquis à son bac pro force de vente et va les aider à mettre sur pied un business plan du feu de Dieu pour écouler le stock. Et voilà les 3 glandeurs partis faire la tournée des monastères pour vendre du cierge et financer leur vacances.

Ce road trip estival et commercial ne les portera pas dans les coulisses du CAC 40, mais offrira à Manu de nouveaux horizons l'amenant à revoir sa conception de l'existence.

 

 

 

«Arrêtez, j’ai des techniques de vente trop mortelles. Je vais te les embrouiller moi les curés»

 

 

Mon avis

 

Drôle de titre, drôle d'histoire et drôle d'héritage ! Vincent Cuvellier nous présente une jeunesse en totale déshérence qui semble à priori perdue pour elle-même et pour la société. Mais c'est compter sans les voies du seigneur qui, comme chacun sait, sont impénétrables. Les trois lascars qui n'y entendent rien à la religion (comme à tout un tas d'autres choses par ailleurs), et sont gavés comme un grand nombre de leur semblables, de clichés et autres stéréotypes à son encontre, ne sont pas de mauvais bougres et acceptent cet héritage en le prenant simplement comme une occupation passagère et momentanée. Cette occupation leur fait lever le nez de leur nombril et de leur petits plaisirs et conduit Manu vers forme de spiritualité dont il sera le premier surpris.

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C'est avec beaucoup d'humour, de légèreté et de réalisme que Vincent Cuvellier nous parle de religion. Mais bien plus que de religion, il est ici question de foi et de quête de spiritualité. Sans faire de prosélytisme ni avoir de discours moralisateur ou incantatoire, l'auteur nous met en position de témoin d'une conversion.

C'est drôle, léger, parfois un peu vulgaire mais c'est pour donner du réalisme aux personnages. Les personnages sont par ailleurs assez attachants, même Jordan à qui on a souvent envie de foutre des claques.

Max de Radiguès donne à cette histoire originale une tonalité très épurée grâce a un dessin simple voire simpliste. Le trait un peu naïf donne l'impression d'avoir à faire à une histoire pour enfants. Mais avec quelques traits bien placés il arrive à rendre expressifs et vivants ses personnages.

Pour son premier scénario de BD, Vincent Cuvellier a eu raison de se battre* pour se faire publier et réussit plutôt bien à faire ce qu'il voulait faire, c'est à dire de "parler de foi, et de religion, de façon décomplexée, décontractée, sans faire de prosélytisme, enchainer une scène de cul et les vêpres du matin en deux pages, sans que personne ne soit ni choqué, ni pas choqué. Bref, parler de religion comme d'un sujet normal."

Une façon aussi de montrer que la religion et la foi ne font pas que porter le glaive et l'épée et peuvent être compatibles avec le monde moderne. Et l'on comprend alors la symbolique du titre.

 

Loubrun

 

 

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 * La cire moderne c'est aussi une drôle d'aventure éditoriale, comme nous le raconte ici Vincent Cuvellier : https://www.facebook.com/vincent.cuvellier/posts/10211900...