26/10/2017

Là où naît la brume

là où nait la brume, gaultier, perrissin, galopin, rue de sèvres, chronique sociale, terre neuve, voyage, dépression, introspection, 08/2017,5/10là où nait la brume, gaultier, perrissin, galopin, rue de sèvres, chronique sociale, terre neuve, voyage, dépression, introspection, 08/2017,5/10Scénario : Christian Perrissin
Dessin : Christophe Gaultier
Éditeur : Rue de Sèvres
72 pages
Date de sortie :  août 2017
Genre : chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Un road movie intimiste, dans lequel Josh affronte son passé et finit par se trouver lui-même. Josh, petite trentaine baroudeuse et tatoué, a récemment quitté la marine. Sac au dos, il trace sa route à travers la campagne de l’île de Terre-Neuve. Le climat y est rugueux, comme la vie sur place. Il part à la recherche de son père qui s'y est installé et a disparu, à défaut d’affronter ses fantômes. à moins que Ruthie-Jane, qui semble plus douée pour la vie que lui, ne le pousse à se rechercher lui-même. Mais les brumes sont tenaces en Terre-Neuve, et la route toujours tentante.

 

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Mon avis

De la grisaille de Fécamp au froid glacial de Terre-neuve, le ton brumeux de ce récit intiatique crépusculaire, et un peu glauque, ne quitte pas un instant les pages et finit par nous foutre le moral à zéro !

On éprouve peu voire pas de sympathie ni empathie pour ce personnage dont on dirait qu'il se complait dans sa dérive. Pas facile il est vrai de grandir et se construire sereinement quand vous avez eu un père qui vous a appris à nager à coup de rame dans la gueule ! La poisse est tombée sur Josh quasiment dès le berceau, et même peut-être avant. Josh trouvera ce qu'il cherche, et même ce qu'il ne cherche pas. Mais au final il restera le même, enfermé dans sa tristesse et se refusant le droit d'accéder au bonheur. Enfin, c'est comme ça que j'interprète ce voyage introspectif qui laisse assez peu de place à l'espoir.

Le dessin charbonneux de Christophe Gaultier contribue a enfoncer le lecteur dans une déprimante mélancolie. Tout est triste, lourd, pesant, sombre, humide et froid. De ce point de vue, on peut dire qu'il est bien raccord avec le récit. Toujours est-il que la lumière a vraiment du mal à entrer dans cet album et l'horizon semble obstinément bouché.

 

Sinon, le scénario est bien construit, bien équilibré, les séquences s'enchainent bien, la lecture n'est pas déplaisante, bien que très rapide, mais l'invitation au voyage habituelle chez Perrissin ne donne ici qu'une envie, celle de rester chez soi et de ne voir personne.

Un conseil quand même : si vous êtes dépressifs ou d'humeur maussade, n'ouvrez pas ce livre.

 

Loubrun

 

 

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24/10/2017

Streamliner - tome 2 - all-in-day

streamliner, fane, rue de sèvres, western mécanique, voitures, moto, courses automobiles,8/10,9/2017streamliner,fane,rue de sèvres,western mécanique,voitures,moto,courses automobiles,810,92017Scénario : Fane
Dessin : Fane
Éditeur : Rue de Sèvres
125 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : action, aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Ça passe ou ça casse !

Parmi les quarante enragés alignés au départ : Billy Joe, le chef du gang des Red Noses ; Nikky ‘The Head’ le miraculé ; Calamity, l’extravagante star du rock ; les mystérieux frères Jarret ; William Boney dit ‘le Kid’ ; la sulfureuse Sue, du gang des Black Panties ; et enfin, au volant de la mythique Black Widow, la jeune Cristal… Tous sont prêts à en découdre… Les médias se sont emparés de l’événement, les autorités, dépassées, n’ont pu contenir le flux de centaines de curieux venus assister au run du siècle. Tout le monde est là, les yeux rivés sur les drapeaux. Les moteurs chauffent, la tension monte… Le vieil O’Neil a parié : la station Lisa Dora est en jeu…

 

"- Je te dis tout ça pour que tu te préserves de nous, pour te donner une chance d'en sortir en vie !... Mais tu ne passeras pas le repère quatre... !

- Sale con ... Nous verrons bien!..."

 

Mon avis

Le premier tome nous avait laissé sur un cliffhanger des plus insoutenable après avoir fait monter la pression durant 158 pages. Heureusement, l'attente fut de courte durée !

On rentre donc ici dans le vif du sujet et les chevaux sont lâchés pour la course de la mort qui déchire tout ! Il n'y avait pas beaucoup de finesse dans le premier tome, il y en a encore moins ici. C''est du brutal ! Mais pas de soucis, parce que la finesse ça n'est pas franchement ce qu'on attend dans cette histoire et Fane en a bien posé les jalons dès le début. On veut de l'action, du bruit, de la fureur, des odeurs d'essence, d'huile et de poudre !

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Eh bien nous voilà servis ! Le final de ce diptyque est littéralement explosif et jouissif à souhait ! C'est très violent, gore, speed et les amateurs y trouveront les références qui vont bien : du Mad Max pour les bagnoles de dingues et les fous furieux qui les conduisent, du Tarantino – clin d’œil à son film le plus gore, Boulevard de la mort, du cinéma des frères Coen pour les personnages bien allumés, du Star Wars pour la course qui fait clairement penser à la course de Speeders, du Easy Rider pour le vent de liberté qui souffle sur ce western mécanique, de la Fureur de vivre pour le côté rebelle des protagonistes et ce besoin de vivre à 200 à l'heure.

Donc, Fane se lâche totalement tant au niveau narratif que graphique. Le scénario et la narration sont simplissimes, voire simplistes. Mais encore une fois, le but ici n'est pas de nous faire réfléchir mais plutôt de nous servir une espèce de défouloir libérateur d'énergie. Ceci étant, il y a quand même un vrai scénario, une vraie histoire et une fin qui offre son petit lot de surprises.

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Le graphisme quant à lui est une explosion de dynamisme. Les scènes sont vivantes, on voit quasiment les véhicules bouger grâce à un trait nerveux, des effets simples et très efficaces et un découpage entremêlant grandes et petites cases, ainsi que panoramiques et effets de loupe et gros plans. On prend en pleine face toute l'énergie déployée dans les coups de crayons de Fane.

Entre les chapitres, quelques fausses pubs offrent une pause au lecteur et lui permettent de reprendre son souffle avant de replonger dans l'enfer mécanique. C'est bien vu et graphiquement agréable à l’œil.

Enfin, cerise sur le gâteau, Fane nous offre 24 pages de bonus et nous présente les personnages, leur véhicules, une brève bio et quelques scènes coupées.

Une excellente série B, qui vous reposera bien les neurones après une semaine de boulot !

Loubrun

 

 

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Le tome 1

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17/10/2017

Journal d'un enfant de lune

journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017Scénario : Joris Chamblain
Dessin : Anne-Lise Nalin
Éditeur : Kennes Editions
56 pages
Date de sortie :  11 octobre 2017
Genre : chronique sociale, témoignage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Avec Journal d'un enfant de lune, Joris Chamblain, le scénariste de la série best-seller Les Carnets de Cerise et de Sorcières Sorcières, propose un récit fort véhiculant des valeurs positives pour un public ado-adulte. Journal d'un enfant de lune a pour thème une maladie rare (l'hypersensibilité de la peau au soleil). Il est scénarisé par Joris Chamblain et dessiné par Anne-Lise Nalin.

 

journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017

 

Mon avis

Les parents de Morgane, une jeune ado de 16 ans, emménagent dans une nouvelle maison. Difficile pour une ado de changer de vie, de perdre ses copines et de se rerouver dans un nouveau lieu avec pour seul horizon ses parents et son petit frère. Elle râle beaucoup, elle claque les portes et envoie balader un peu tout le monde. Elle est cependant loin de se douter que ce déménagement va changer sa vie, et peut-être même lui faire mettre un premier pied dans le monde adulte.

En déballant ses cartons elle trouve un journal intime caché derrière un radiateur. C'est celui de Maxime, âgé de 17 ans. Il y raconte sa maladie, la Xeroderma Pigmentosum, une de ces maladies génétiques orphelines, appelées maladies rares, qui font doublement souffrir d'une part parce que la maladie en elle même est une souffrance et d'autre part parce que ces maladies orphelines sont difficiles à prendre en charge du fait de la rareté des cas.

Cette maladie interdit à Maxime de s'exposer au soleil sans quoi sa peau serait irrémédiablement détruite par les UVA. Il est donc obligé de se cacher des rayons du soleil en enfilant des combinaisons lourdes, incommodes et inconfortables et n'a pour seul espace de liberté totale que la nuit et lueur de la lune.

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Morgane est tout de suite bouleversée par ce journal plein de noirceur et la description touchante que Maxime fait de sa maladie. Elle veut retrouver l'auteur du journal et le lui rendre. Sa petite enquête la mènera au sein d'une association d'aide aux enfants de la lune où elle y fera du bénévolat durant un été. Cette expérience montrera à Morgane que la vie, faite de peines et de joies, réserve tous les jours son lot de surprises et que l'espoir est un formidable moteur pour avancer et franchir les obstacles.

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Voilà une très belle histoire, touchante, émouvante, intelligente, sensible et utile que nous raconte le scénariste des Carnets de Cerise, Joris Chamblain. Joliment illustré et chaleureusement mis en couleur par Anne-Lise Nalin, ce récit nous fait découvrir avec simplicité cette maladie rare qui bouleverse la vie non seulement de ceux en sont atteint mais aussi de tout leur entourage. Imaginez-vous un instant sortir de chez vous affublé d'une combinaison de spationaute entièrement étanche aux UV. Imaginez les transformations à faire dans votre maison pour chasser les UV : ampoules électriques spéciales, filtres sur les vitres, hectolitres de crème solaire protectrice ... Difficile à imaginer si on y est pas confronté. Sans verser dans le pathos et la sensiblerie larmoyante, nous découvrons avec beaucoup d'émotion le quotidien de ces gens pas comme les autres qui essayent de vivre comme tout le monde.

C'est en partenariat avec l'association "Enfants de la lune" que les éditions Kennes ont mené ce projet éditorial. Plus qu'une mise en lumière – si j'ose dire – de cette maladie rare, cet album a vocation à venir en aide à l'association par le reversement d'une partie des recettes de l'album afin d'aider à la recherche mais aussi et surtout à venir en aide aux familles notamment par l'achat des coûteux équipements.

Une BD belle, intelligente, bouleversante et utile qui touchera les lecteurs de tous âges et qui devrait faire prendre un peu de recul aux ados qui pleurnichent quand ils n'ont plus de wifi...

 

Loubrun

 

le site de l'association Enfants de la Lune

 

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journal d'un enfant de lune, Chamblain, nalin, kennes editions, enfants de la lune, témoignage, maladie orpheline, xeroderma pigmentosum, chronique sociale, 8/10, 10/2017

 

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Corto Maltese - tome 14 - Equatoria

corto maltese t14.jpgcorto maltese t14_pl.jpgScénario : Juan Diaz Canalès
Dessin : Ruben Pellejero
Éditeur : Casterman
76 pages
Date de sortie :  septembre 2017
Genre : aventure

 

 

 

Présentation de l'éditeur

1911, entre Venise et les jungles d'Afrique équatoriale, Corto recherche le « miroir du prêtre Jean », un mystérieux objet rapporté des croisades. Sur sa route, il croise trois jeunes femmes aux destins étrangement complémentaires : Aïda, journaliste entreprenante, Ferida, exploratrice en quête de son père disparu, et Afra, ancienne esclave.

 

"- Je ne vois aucun intérêt à devenir un héros de papier!

- Pauvre Corto ! Comme si on pouvait choisir ... "

 

 

Mon avis

Juan Diaz Canalès et Ruben Pellejero remettent le couvert deux ans après la reprise des aventures de Corto Maltese et leur beau premier album Sous le soleil de Minuit.

S'attaquer à ce mythe de la BD et prendre la succession d'Hugo Pratt n'est pas une chose facile tant le personnage de Corto est devenu une icône même au delà du monde de la BD. Le succès du premier album des deux auteurs Espagnols montre qu'ils ont abordé avec une grande intelligence ce défi éditorial. On peut aussi toutefois relativiser ce succès en le mettant sur le compte de la curiosité. Bah oui ! Un nouveau Corto écrit et dessiné 20 ans après la mort de Pratt, forcément ça suscite la curiosité. On pourrait donc penser que ce premier tome a bénéficié d'un engouement hors norme dû au statut particulier de Corto et de Pratt dans l'univers de la BD.

C'est donc sur le deuxième tome de la reprise – le quatorzième de la série – que l'on va commencer à pouvoir juger du succès ou non de la poursuite des aventures de Corto Maltese par le duo espagnol.

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Prenant le parti dès le départ de la continuité du style originel de la série, autant dans la narration que dans les histoires racontées et dans le graphisme, l'éditeur et les auteurs n'ont pas forcément choisi la voie la plus facile.

Pourtant, avec ce volume ils transforment l'essai de fort belle manière en apportant leur patte personnelle tout en mettant encore un peu plus leurs pas dans ceux du Maître. Dans ce récit d'aventures nonchalantes (il n'y a pas de grandes scènes d'actions ni de grand souffle épique, juste un héros flegmatique qui va où le porte son aventure) on retrouve le ton des premiers albums de la série, notamment La ballade de la mer salée ou Les Ethiopiques.

Il y a de l'aventure bien sûr, mais aussi de la poésie, une once de fantastique et de mystique, des drames humains, quelques bastons avec coups de feu, le tout sur une toile de fond historique puisque Corto Maltese se retrouve ici au centre de tous les trafics du colonialisme et de l'esclavagisme et qu'il va croiser la route d'éminents personnages tels que le jeune politicien Winston Churchill, le trafiquant Henry de Monfreid, ou encore l'esclavagiste Tippo Tip.

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Comme toujours Corto a son idée en tête : la quête d'un trésor improbable (pour Corto la quête est plus importante que le trésor). Quête qui le mène de Venise à Zanzibar et sur le lac Victoria en passant par l’Égypte après avoir frôlé son île natale de Malte. Et Comme souvent, ses plans seront modifiés, contrariés, et il se retrouvera mêlé à des histoires qui à priori ne le concerne pas.

Aventurier, séducteur, pirate, trafiquant, Corto peut tout être tant que c'est lui qui décide de se laisser porter par un vent de liberté qu'il chéri plus que tout.

 

Cet album est une réussite, dans la veine des plus beaux albums de Pratt. Il y aura bien des esprits chagrins pour n'y voir là qu'une bonne mais pâle copie cherchant à appliquer soigneusement une recette ou a suivre un cahier des charges, comme dans la reprise de Blake et Mortimer. Un cahier des charges, il n'y en a pas, comme le révèle le directeur éditorial de Casterman Benoit Mouchart dans le tout nouveau numéro des Cahiers de la BD : "Ni l'ayant droit ni Casterman n'a souhaité imposer un style graphique ou une chronologie dans laquelle l'action doit se dérouler." J'y vois moi en effet un des plus beaux hommages qui soit, en continuant à faire vivre ce héros de papier en l'intégrant de plain pied dans l'univers créé par Hugo Pratt et dont on finit par se demander s'il n'est pas finalement fait aussi d'un peu de chair et de sang.

 

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Ruben Pellejero, qui était déjà bon sur l'album précédent, donne l'impression ici de se glisser dans la peau de Pratt. On n'est pas dans la copie du style – il suffit pour s'en convaincre d'ouvrir en parallèle les premiers albums de Pratt – mais plus dans la reproduction et la réinterprétation d'une ambiance. Il y a bien sûr des attitudes du marin ou des profils qui donnent une impression de "à la manière de", mais à y regarder de près et notamment dans les décors, on s'aperçoit que Pellejero fait bien du Pellejero et ne cherche pas à imiter Pratt. Cet habile mélange de précision et d'épure donne aux planches de Ruben Pellejero une puissance évocatrice assez proche de ce que l'on ressent à la lecture des planches d'Hugo Pratt.

Les puristes préfèreront sûrement la version noir et blanc qui délivre encore plus de force. Ceci étant, la version colorisée ne démérite pas. Les couleurs sont douces, chaleureuses et lumineuses et ne mangent jamais le trait permettant d'en apprécier quand même la puissance évocatrice.

Voilà donc une relance de série très réussie et dont je risque d'attendre avec frénésie chaque nouveau tome.

 

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la version noir et blanc

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