31/03/2016

Moses Rose - Tome 2 - La mémoire des ruines

Moses Rose T2.jpgmoses rose,galland,cothias,ordas,bamboo,grand angle,western,fort alamo,610,032016Scénario : Patrice Ordas et Patrick Cothias
Dessin : Christelle Galland
Éditeur : Bamboo
48 pages
sortie : mars 2016
genre : western

 

 

Présentation de l'éditeur

Seize ans après la célèbre bataille dont il fut le seul survivant, Louis « Moses » Rose est en route pour Alamo pour tenter de prouver qu’il ne fut pas un déserteur. Accompagné d’une troupe hétéroclite à la recherche d’un hypothétique trésor, il échappe de peu aux Comanches. Mais un danger bien pire guette. Les bandits siciliens dirigés par le terrible Masseria et commandités par certains sénateurs de Washington sont prêts à tout pour empêcher Moses de retrouver, dans les ruines d’El Alamo, son honneur perdu.

 

"- La dernière fois qu'un homme dans cette tenue m'a prise par la taille, il a pris aussi ma main dans la figure !

- La dernière fois qu'une demoiselle m'a dit ça, je l'ai laissé tomber comme une bouse ! "

 

Mon avis

Deuxième opus, sur trois prévus, de ce western original où se côtoient indiens, mafieux et vétérans de la bataille d'Alamo sur fond de chasse au trésor et quête de vérité. Patrice Ordas et Patrick Cothias nous livrent un bon récit d'aventure au rythme soutenu et animé d'une intrigue haletante multidirectionnelle. Comme dans le premier tome, les pistes sont nombreuses et quelque peu confuses. La quête de vérité et la chasse au magot initiés dans le tome 1 sont rapidement noyées par une succession d'évènements qu'on a toujours du mal à relier entre eux. Mais finalement on se laisse plaisamment bringuebaler sur toutes ces pistes effleurées et l'on se surprend même à apprécier les personnages principaux, sans doute parce qu'ils prennent ici plus d'épaisseur que dans le précédent tome.

Côté dessin, Christelle Galland est restée solidement campée sur le chemin du classicisme de bonne facture mais sans surprises. On la sent plus à l'aise que sur le premier tome, et les petites maladresses de cadrages et de mise en scène ont disparu, donnant des planches agréables à lire.

Voilà un western qui ne révolutionnera pas le genre mais qui a malgré tout sa petite touche d'originalité et dont on espère que le dernier acte lèvera le voile sur les nombreuses pistes ouvertes.

 

 

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Loubrun

 

voir le tome 1 : ICI

24/03/2016

Les seigneurs de la terre - Tome 1 - L'appel de Cérès

les seigneurs de la terre,rodhain,malisan,pierre rabhi,glénat,saga familiale,agriculture,032016les seigneurs de la terre,rodhain,malisan,pierre rabhi,glénat,saga familiale,agriculture,032016Scénario : Fabien Rodhain
Dessin : Luca Malisan
Éditeur : Glénat
48 pages
sortie : février 2016
genre : saga familiale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

1999. Florian, jeune avocat, est le fils d’un puissant agriculteur en sud Rhône-Alpes, président de la coopérative régionale. Alors qu’il n’y connait rien (ou presque) au travail de la terre, Florian accompagne son père pour un voyage d’études au Mexique, financé par un fournisseur de pesticides. Sur place, il est frappé par la misère et l’impact désastreux de l’agriculture occidentale industrialisée sur la population locale... et sur le monde. Cette épreuve est un choc pour Florian, qui sent alors retentir en lui l’appel irrépressible de la terre. À son retour, impossible de résister : le jeune homme deviendra paysan. Mais contrairement à son père, il privilégiera une agriculture écologique et responsable. Anne, sa fiancée, voit d’un mauvais œil ce revirement de carrière... Et que dire de son père, qui incarne l'agriculture productiviste, censée " nourrir la planète " à grand renfort de technologie et de chimie !

 

Mon avis

Toute ressemblance avec des personnes ou des firmes existantes est purement fortuite …enfin presque.

Engagé pour la protection de l'humanité et de l'environnement, Fabien Rodhain est un auteur aux multiples facettes qui signe ici sa première bande dessinée. C'est avec l’œil du spécialiste et la caution de l'agroécologiste, paysan et écrivain Pierre Rabhi, qu'il a écrit ce scénario dans lequel il aborde le problème mondial de l'agriculture hyper productiviste censée nourrir l'humanité. Cette agriculture qui se laisse empoisonner par des multinationales déversant leur chimie depuis des décennies sur toute la planète. Par le prisme d'une saga familiale où l'on sent poindre dans ce premier tome conflit intergénérationnel et querelles de couples, Fabien Rodhain dénonce à demi-mots la folie mortifère d'une agriculture irraisonnée. Pour les besoins de la fiction il change les noms de la firme et des marques incriminées (Misaint et Roundown), mais le lecteur aura tôt fait de trouver de qui il s'agit.

Mais son propos ne se résume pas à une charge contre Monsanto et les pratiques quasi mafieuses des grands groupes agricoles en Amérique latine pour récupérer des terres. L'auteur tient à apporter une lueur d'espoir incarnée par la jeunesse qui prend conscience de la dérive. Une jeunesse prête à sacrifier son confort et à renier ses origines pour remettre l'agriculture entre les mains des paysans.

Côté dessin, Luca Malisan nous gratifie d'une mise en image réaliste sans folie mais aux décors détaillés bien mis en valeur par une colorisation chaleureuse et maitrisée.

Sur un scénario malin et bien ficelé qui mêle fiction et documentaire, ce premier tome met en place une saga qui s'annonce rythmée et qui invitera tout un chacun à considérer d'un autre œil le contenu de son assiette.

 

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Loubrun

 
 

Les dérives de l'agriculture productiviste

  • Seulement 43 % des ressources alimentaires produites dan le monde servent à nourrir des humains.
  • Chaque année, 3 millions de personnes sont intoxiquées aux pesticides.
  • 1/3 des sols dégradés par la pression humaine.
  • la production d'un kilo de steak nécessite 15000 litres d'eau + la quantité de céréales qui nourrirait une personne pendant un mois.

 

 

 

23/03/2016

La ville copiée

La ville copiée.jpgLa ville copiée_pl2.jpgScénario et dessin : Matthias Gnehm
Éditeur : Urban China
60 pages
sortie : 18 mars 2016
genre : chronique sociale

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Leo Lander mène une vie très calme. Peut-être même un peu trop : sa carrière d’architecte est au point mort et sa femme ne manque pas de le lui reprocher. Alors quand un de ses anciens camarades, devenu un véritable magnat de l’immobilier en Chine, lui propose de venir l’aider à construire une copie exacte de la ville de Zurich à Kunming, il saute sur l’occasion. Mais cet environnement inconnu lui réserve bien des surprises…

 

"Si ça continue, Xiao et Hans vont recouvrir toute la Chine de villes Suisse."

 

Mon avis

 

Parallèlement à sa carrière d'architecte, Matthias Gnehm se livre de temps à autre à la réalisation d'albums de bande dessinée. Après Bouffe et Châtiment, Mort d'un banquier et La Conversion, La ville copiée est son quatrième album. Il prend ici l'architecture comme toile de fond à un récit intimiste où se mêlent business et magouilles immobilières.

Durant les 60 pages, on suit les déconvenues d'un homme prêt à tout pour mener la carrière d'architecte qu'il rêvait d'avoir. Il se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui dans un univers complètement déshumanisé et pourtant familier. Il retrouve en effet à Kunming tout son environnement familier de Zurich puisqu'il est chargé de participer à la construction de la copie exacte de la ville Suisse. D'ailleurs, le logement qu'il occupe est la copie conforme de celui qu'il a laissé en Suisse.

Dans un découpage strict et sans surprise, Matthias Gnehm tente de nous montrer la place qu'occupent la ville et l'urbanisme dans nos quotidiens en plaçant son histoire au cœur des projets architecturaux délirant des Chinois. On les savait champions du monde de la contrefaçon et de la copie, mais pas au point de reproduire des villes européennes entières !

Le dessin, réalisé vraisemblablement aux pastels gras, est morose et angoissant, comme le sont l'histoire et le personnage principal. Néanmoins, l'histoire reste intrigante même s'il manque un de peu de peps pour la rendre fascinante.

 

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Loubrun

 

 
Des reproductions de villes européennes au milieu de la Chine

 

15/03/2016

La peur géante - Tome 3 - La guerre des abysses

la peur géante,lapierre,arnaiz,ankama,stefan wul,science-fiction,écologie,mer,710,022016la peur géante,lapierre,arnaiz,ankama,stefan wul,science-fiction,écologie,mer,710,022016Scénario : Denis Lapierre
Dessin : Raul Arnaiz
Éditeur : Ankama
50 pages
date de sortie : 26 février 2016
genre  : science-fiction

 

 

présentation de l'éditeur

L’heure de l’ultime confrontation a sonné : en décryptant le langage Torpède et en créant les Méduses, des submersibles capables de résister aux attaques électriques, l’équipe militaire de Bruno pense pouvoir atteindre le point d’émission du flux qui brouille la structure moléculaire de l’eau et qui menace l’humanité d’une extinction finale. Cette dernière frappe contre les Torpèdes sera décisive, mais c’est une mission-suicide dont la plupart ne reviendront sans doute pas…

 

 

"Cet affrontement est notre dernier espoir, Bruno. Si nous ne gagnons pas , il restera de la vie sur terre, mais elle ne sera plus humaine."

 

Mon avis

Suite et fin de ce triptyque aquatique, adaptation du quatrième roman de Stefan Wul. La fable écologique du début de l'histoire se transforme ici en combat ultime entre l'espèce humaine et les créatures super intelligentes des fonds marins. L'espèce humaine menacée a finalement su trouver les ressources pour survivre mais au prix de nombreux sacrifices. Si l'humanité est sauvée, l'histoire ne se termine pas pour autant en happy-end. Les combattants ne reviendront pas tous, les Torpèdes payeront un lourd tribut et pour certains, la victoire sera bien amère.

La narration de ce troisième volume est menée tambour battant et Denis Lapierre ne donne pas beaucoup de temps au lecteur pour reprendre son souffle entre deux plongées. L'action est au cœur du récit avec une mise en scène cinématographique qui nous en jette plein la vue. C'est très efficace même si ce dernier tome ne déborde pas franchement d'originalité, tant sur le fond que sur la forme. La narration est linéaire et les situations sont toutes assez prévisibles. Mais on ne s'ennuie pas un instant, et on se laisse volontiers engloutir dans la bataille, happé par les belles planches de Raul Arnaiz qui a pris la suite de Mathieu Reynès. Avec un style un peu moins fin que celui de Reynès, Arnaiz s'en sort assez bien et réussit à conserver l'esprit du design initié dans les premiers albums.

La peur géante reste une bonne œuvre de SF, offrant à la fois un bon moment de divertissement et quelques pistes de réflexion sur l'humanité.

 

A noter que 4 autres romans de Stefan Wul sont en cours d'adaptation : La mort vivante par Olivier Vatine et Alberto Varanda ; Odyssée sous contrôle par Dobbs et Stéphane Perger ; Terminus 1 par Serge Le Tendre et Jean-Michel Ponzio ; et L'orphelin de Perdide. Ce dernier a fait l'objet d'une adaptation en dessin animé sous le titre Les maitres du temps au début des années 80, par René Laloux sur des dessins de Moebius.

 

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Loubrun

 

voir les tomes 1 et 2 : ICI