04/09/2017

Outcast - tome 4 - sous l'aile du diable

outcast, kirkman, azaceta, breitweiser, delcourt, épouvante, horreur, possession, 8/10, 06/2017outcast, kirkman, azaceta, breitweiser, delcourt, épouvante, horreur, possession, 8/10, 06/2017Scénario : Robert Kirkman
Dessin : Paul Azaceta
Éditeur : Delcourt
144 pages
Date de sortie :  juin 2017
Genre : horreur, épouvante

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Kyle Barnes subit les contrecoups des secrets le concernant lui, ses proches, et son passé… En revanche, Kyle et Sydney ont une conversation décisive où des réponses sont apportées… Une conversation qui va TOUT changer. Et en réalité, Kyle n’a jamais été autant en danger que maintenant… Parviendra-t-il à échapper à ce qu’il vit comme une malédiction depuis des années ?

 

"je crois qu'on a tous un peu du diable en nous... T'es pas d'accord ?"

 

 

Mon avis

La tension est à son comble dans ce quatrième épisode. Kyle est retenu prisonnier par Sydney, ce dernier tentant d'en faire son allié. Pourquoi ? Le mystère subsiste même si des bribes d'infos sont distillées dans ce volume 4. Kyle semble être indispensable aux desseins et au destin de Sydney et de la communauté des possédés. Mais au fait ! Sydney est-il vraiment le diable ? Kyle et le révérend ont-ils vraiment le pouvoir d'exorciser ? Quels est la nature des liens qui semblent indéfectibles entre Kyle "le banni" et Sydney "le démon" ? Au fur et à mesure que le voile se lève furtivement sur ces étranges évènements de possession de masse, on se rend compte que Kirkman nous emmène soit sur des fausse pistes soit dans des impasses. Assailli de doutes et de questions sur les desseins des protagonistes, le lecteur est alors encore plus en proie aux frissons et à l'angoisse que procure cette histoire démoniaque.

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Ce genre, thriller horrifique, n'est pas facile à aborder en BD. Parce que, comme au cinéma, la BD montre les choses. A la différence du roman où chaque lecteur imagine son propre univers, la BD impose des images avec lesquelles le lecteur doit composer. Or, tout l'art du genre consiste à suggérer plus qu'a montrer pour mettre les nerfs du lecteur en pelote. Ça, Robert Kirkman et Paul Azaceta le font avec brio. L'ambiance est toujours pesante, l'angoisse transpire de chaque case, et l'alternance entre calme et violence extrême est savamment dosée. Pas de surenchère de monstres ou d'effets spéciaux. Toute l'ambiance étouffante repose sur les dialogues, les attitudes et les comportements des personnages. Le style graphique de Paul Azaceta est à ce titre sublime. Il s'en tient à l'essentiel, montre juste ce qu'il faut et sa mise en scène ponctuée de petites vignettes carrées faisant le focus sur les réactions des personnages ou un détail de la scène, donne un relief intéressant à la narration.

Finalement, je crois que c'est Kirkman le diable en personne et qu'il est train de tous nous posséder avec Outcast !

 

Loubrun

 

 

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Les autres tomes de la série

 

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31/08/2017

Chito Grant - Intégrale

chito grant, intégrale, Djian, Etien, EP éditions, paquet, western, 6/10, 05/2017chito grant, intégrale, Djian, Etien, EP éditions, paquet, western, 6/10, 05/2017Scénario : Jean-Blaise Djian
Dessin : David Etien
Éditeur : Eléonore Paquet Editions
144 pages
Date de sortie :  mai 2017
Genre : western

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le borgne Chito Grant a un vieux compte à régler avec la ville qui lui a enlevé son père adoptif, sa seule famille. Et ce n'est pas la pulpeuse Texas, la reine de cette ville, qui va l'impressionner. Seulement, notre héros ne se doute pas qu'en pénétrant sur les terres de cette femme richissime, c'est son passé qu'il va rencontrer.

 

Mon avis

Publié initialement en 3 tomes de 2004 à 2008 chez EP Editions, ce western classique écrit par Jean-Blaise Djian et dessiné par David Etien refait surface 9 ans plus tard sous forme d'intégrale. Entre temps, de l'eau à coulé sous les ponts. Les éditions EP (EP pour Emmanuel Proust) sont devenues Editions EP (EP pour Eléonore Paquet) en intégrant le groupe Paquet. Subtile hein ! Le nom change tout en restant le même. Toute cette petite cuisine éditoriale ne change pas grand chose pour le lecteur, mais explique le pourquoi de cette intégrale : il y a un fond à faire vivre.

Jean-Blaise Djian a écrit là un chouette western (si on aime le western, et si on est bon public) tout ce qu'il y a de plus classique mêlant vengeance, corruption, pillage de banque, bande organisée et secrets qui refont surface. Tout ça dans un village mené à la baguette par une matrone qui possède tout et "protégé" par un pseudo shériff-barman (ça, j'avais jamais vu) pleutre et lâche comme pas deux.

Rien de bien nouveau sous le soleil, d'autant que depuis, le revival du western en BD nous a délivré quelques belles pépites. Du coup, cette intégrale souffre clairement de la comparaison avec les dernières productions du genre.

Mais qu'a cela ne tienne, si on aime le western on apprécie ici les situations simples et prévisibles ainsi que les dialogues percutant qui sonnent juste tout au long de ces trois tomes, même si l'on peut déplorer un dénouement ultra rapide dans le troisième volume, comme s'il avait fallut vite finir.

C'est en revanche un peu plus compliqué pour le dessin. Très anguleux et assez approximatif quant aux visages des protagonistes, ce dessin ne donne vite plus envie. D'agréable au début avec notamment une colorisation plutôt douce dans des tons pastels, il devient limite supportable dans le tome 3 à cause d'un trait plus grossier et de couleurs criardes à en foutre la migraine à un non-voyant ! On est vraiment à mille lieues des belles planches de la série Les quatre de Baker Street que David Etien a produit par la suite.

C'est là le revers de la médaille des intégrales. On lit tout d'un coup, donc les différences, les évolutions ou régressions nous sautent aux yeux, les fins précipitées se révèlent. Ce qui peut passer en lisant 48 pages tous les deux ans ne passe pas quand on lit 144 pages d'un coup. Pour ça, l'intégrale est impitoyable.

Je vous le disais, de l'eau a coulé sous les ponts.

 

Loubrun

 

 

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chito grant, intégrale, Djian, Etien, EP éditions, paquet, western, 6/10, 05/2017

 

chito grant, intégrale, Djian, Etien, EP éditions, paquet, western, 6/10, 05/2017

 

chito grant, intégrale, Djian, Etien, EP éditions, paquet, western, 6/10, 05/2017

26/08/2017

Ni terre ni mer - tome 1/2

ni terre ni mer, megaton, genzianella, ricard, dupuis, mer, amitié, drame, horreur, thriller, 07/2017ni terre ni mer, megaton, genzianella, ricard, dupuis, mer, amitié, drame, horreur, thriller, 07/2017Scénario : Sylvain Ricard ; Olivier Mégaton
Dessin : Nicola Genzianella
Éditeur : Dupuis
56 pages
Date de sortie : juillet 2017
Genre : thriller, angoisse

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Au large des côtes normandes, une tempête projette sur les récifs une voile en perdition. À son bord, Alex, Thomas, Ève, Hélène et Julie, cinq anciens amis surpris par le brusque changement de houle, se retrouvent échoués sur un îlot où se dresse un phare aux lueurs erratiques. L'atmosphère oppressante qui pèse sur ce refuge de fortune ne tient pourtant pas qu'aux conditions météorologiques. Entre les portes closes et le gardien austère, les appareils électroniques défectueux et les étranges protocoles qui interdisent aux bateaux de secours d'accoster, tout porte à croire que quelque chose, ou quelqu'un, refuse que les jeunes gens quittent ce rocher battu par les vents.
Alors, sitôt que la mort s'ajoute à la partie, plus de doute possible : le naufrage était prémédité. Mais par qui ? Et pour quelle raison ? Il semblerait que tous ici détiennent de lourds secrets...

 

" - Et Hélène ?

- Hélène !

- Putain, mais c'est pas vrai !

- Vous l'auriez laissé crever, salopes ! "

 

Mon avis

Les équipes marketing ont bien bossé chez Dupuis. Le tout petit sticker sur la couverture marqué "par le réalisateur de Taken 2 et Taken 3" a bien attiré mon attention. Associé à une couverture assez anxiogène avec cette main sortant de l'eau qui semble appeler vainement à l'aide et les deux petites silhouettes se détachant sur un ciel de feu, me voilà ferré, en train de feuilleter l'album. Le feuilletage continue de me convaincre, et je passe en caisse.

 

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Nous avons donc affaire à une BD-qui-fait-peur et, comme dans les films du même acabit nous avons droit à un déluge de ces petites incohérences qui font le sel de ce genre de films, vous savez, tous ces trucs qui dans la vraie vie ne peuvent absolument pas arriver, en tout cas pas à nous. Comme par exemple emmener ses amis faire du bateau alors qu'une grosse tempête est annoncée ... ou encore laisser deux passagers se baigner en pleine mer autour du bateau, sans surveillance. Ok, il y a un bout qui traine dans l'eau pour pouvoir remonter à bord. Mais s'il se décroche ? ... tiens, il s'est décroché...

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Bref, un ensemble de petits détails énervants mais qui pourtant ne nuisent pas à l'efficacité du scénario dont le but est de nous faire frémir d'angoisse. Force est de constater que ça marche assez bien. En usant du procédé du flashback, l'auteur capte le lecteur très vite et révèle, avec parcimonie mais de façon régulière, le passé chaotique de ce groupe d'amis en même temps qu'il met en place les étranges évènements qui se déroulent dans le phare.

Le dessin sombre, froid et parfois un peu figé de Nicola Genzianella (Bunker, Dampyr) répond parfaitement à l'objectif du scénario : foutre la trouille. Franchement, on a pas envie d'en être de cette croisière, et pourtant on y est jusqu'au cou tellement la mise en scène et le découpage sont immersifs. Sans mauvais jeu de mot !

Prévu en deux tomes, ce thriller étouffant tiens bon les flots et plonge le lecteur dans un maelstrom angoissant où tout n'est que manipulations, mensonges, obsessions ... à suivre à l'automne prochain.

Loubrun

 

 

Si vous prenez la mer :

1 – assurez-vous des compétences du skipper;
2 – regardez la météo, même si le skipper l'a fait;
3 – méfiez-vous des phares sur les îlots en pleine mer, surtout s'ils sont habités.

 

 

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24/08/2017

Shelton & Felter - tome 1 - la mort noire

Shelton et Felter T1.jpgShelton et Felter T1_pl.jpgScénario : Jacques Lamontagne
Dessin : Jacques Lamontagne
Éditeur : Kennes Editions
56 pages
Date de sortie :  23 août 2017
Genre : policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Boston, États-Unis, 1924. Isaac Shelton est un ex-boxeur, jeune journaliste à la plume encore mal dégrossie, qui traque le fait divers à la recherche du scoop qui pourrait booster sa carrière. Thomas Felter est quant à lui un libraire d'un certain âge, vivant seul avec ses chats, grand amateur de littérature policière et qui a aiguisé à travers ses lectures un esprit analytique hors du commun. Quand Shelton rencontre Felter, le premier convainc le second de l'aider à résoudre les grands mystères de la ville, ce qui lui permettra de pondre l'article qui fera de lui un journaliste reconnu.
 

" En fait, je pense que ce respectable monsieur est décédé dans ce commerce, là-bas, au second étage."

 

Mon avis

Voilà 10 ans que le Canadien Jacques Lamontagne essaye de faire vivre ce duo de personnages aussi sympathique qu'improbable. Après plusieurs faux départs et une tentative graphique avortée, il saisi la main tendue par les Editions Kennes et se met seul au charbon. Il donne ainsi vie à ses personnages dans un style semi-réaliste et se fend même de réécrire son scénario après être tombé par hasard sur une émission relatant un épisode dramatique survenu à Boston en 1919 : la grande innondation de mélasse. Curieuse histoire que celle de cette citerne de mélasse qui explosa et répandit ses 9 000 000 de litres de sirop dans la ville et provoquant une vingtraine de morts. Ce fait divers surréaliste inspira Jacques Lamontagne qui décida de s'en servir de base pour l'intrigue du premier tome de Shelton & Felter.

 

Qui sont donc ces deux lascars ? Prenez un zeste de Sherlock Holmes, une once d'Hercule Poirot, une grosse louche de Columbo, ajoutez un duo improbable et parfaitement complémentaire, mixez le tout et vous obtenez une équipe de détectives surprenante, drôle et redoutablement efficace.

Isaac Shelton, ancien boxeur en reconversion dans le journalisme, grand gaillard costaud que rien n'effraie, et Thomas Felter, libraire de son état, amateur de romans policier, amis des chats, hypocondriaque, doté d'un sens aigu de l'observation frisant parfois l'extra lucidité. Deux personnages anonymes que tout semble opposer et qui vont se révéler au grand jour par leur complémentarité.

shelton & felter, lamontagne, kennes, policier, humour, 8/10, 08/2017

 

Jacques Lamontagne joue sur l'association de deux personnages que tout oppose. C'est classique mais ça fonctionne à merveille et très rapidement on s'attache à ces deux détectives en herbe qui réussissent à nous épater, nous charmer, nous faire rire et nous faire jouer nous-même à l'enquêteur. Car le petit Felter est très fort, et comme lorsque l'on regarde un Columbo, on se prend au jeu de chercher les indices et de les trouver avant lui. Les plus aguerris à l'exercice y arriveront sans trop de mal, mais le scénario est suffisamment bien ficelé pour maintenir le lecteur en haleine jusqu'au dénouement de l'intrigue. Les détails ne manquent pas et les surprises sont de mise.

Le dessin est tout aussi parfait et je me réjouis même de l'abandon des premiers essais réalisés par Denis Goulet, dont on a un aperçu dans le cahier graphique en fin de volume. Avec un style gros nez et un trait rond, le ton et la cible de cette histoire n'auraient assurément pas été les mêmes. Là, avec ce style semi-réaliste passe partout, Jacques Lamontagne s'adresse plus facilement à tous, tout comme avec le scénario : petits pour le côté comique du duo (aspect qui pourrait même être plus poussé à l'avenir) et grands pour le côté enquête policière et recherche des indices. On ajoute à ce dessin aux décors fouillés une mise en couleur chaleureuse très réussie, et l'on obtient un polar léger et rythmé vraiment plaisant à lire dont on a hâte de retrouver les protagonistes.

shelton & felter, lamontagne, kennes, policier, humour, 8/10, 08/2017

Cette nouvelle série démarre très bien et ce premier tome très engageant et prometteur la fait rentrer directement dans la cour des grands.

 

Loubrun

 

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