26/08/2015

Le magicien de Whitechapel - tome 2 - vivre pour l'éternité

le magicien de whitechapel,benn,dargaud,humour,diable,londres,paris,xixè,082015,710le magicien de whitechapel,benn,dargaud,humour,diable,londres,paris,xixè,082015,710Scénario et dessin : Benn

Editeur : dargaud

64 pages

date de sortie : 21 août 2015

genre : humour, fantastique

 

 

 

 

L'inconsolable magicien qui avait perdu son mentor dans le tome 1, a passé un pacte avec le diable lui assurant immortalité et succès. Mais ce contrat tient-il vraiment la route ? Il n'en est pas vraiment sûr et doit en vérifier la teneur. La peur au ventre il organise donc sa propre mort en provoquant un gros bourgeois qui le tuera lors d'un duel. Le soir même, il se réveille d'entre les morts et se retrouve aux côtés de son diable d'ami, Rabouin. Celui-ci ne prend pas ombrage du manque de confiance de Jerrold et lui offre la possibilité de voyager facilement en empruntant les chemins sataniques des cimetières. Notre bon magicien est rassuré et va sur le champ arroser ça à Paris. Il y rencontre Céleste, une jeune gourgandine qui tente de lui faire les poches. Mais Jerrold voit en elle un grand potentiel et met en scène un tour à sa façon pour qu'elle devienne son assistante. De retour à Londres, le duo infernal se voit proposer de se produire devant la Reine pour célébrer son jubilé. Jerrold se rapproche des portes de la célébrité et prépare avec Céleste le plus grand tour de magie jamais monté pour le jouer devant sa gracieuse Majesté.

 

"Désolé de vous décevoir, Rabouin. Mais pour le simple mortel, le doute est un sentiment naturel..."

 

Deuxième acte de cette trilogie diabolique mais néanmoins drôle et fine concoctée par Benn. Il nous avait mis tellement en appétit avec la fin truculente du premier tome que je redoutais que le soufflé ne retombe trop vite. Mais tout va bien, la recette prend et ce deuxième tome tient la route. Benn a eu la bonne idée de transformer le duo d'enfer en trio diabolique et de maintenir le rôle de belzébuth au même rang que celui du magicien. Ceci nous vaut des scènes vraiment drôles aux dialogues incisifs où les jeux de mots ne sont pas en reste. Entre préparatifs du tour le plus hallucinant du siècle et visite guidée dans l'antre de Lucifer, on se réjouit de suivre Jerrold qui se joue de la mort et se venge des puissants. Les dialogues bien ciselés coulent de source et rendent attachant tous ces personnages. Entre rocambolesque et fantastique, cette histoire ne lasse jamais et l'on se demande quelle tournure elle finira par prendre. Car évidemment, Benn surprend à nouveau tout son monde en nous réservant à la fin un rebondissement d'enfer !

 

Me voilà à nouveau charmé par cette histoire à l'humour fin et noir à la fois, dans l'attente du troisième et dernier acte de cette infernale affaire.

 

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Loubrun

 

 

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20/08/2015

Drones - tome 1 - le feu d'Hadès

drones,runberg,louis,daviet,le lombard,anticipation,fiction,guerre,drones,710,082015drones,runberg,louis,daviet,le lombard,anticipation,fiction,guerre,drones,710,082015Scénario : Sylvain Runberg

Dessin : Louis

Éditeur : Le Lombard

48 pages

date de sortie : 21 août 2015

genre : anticipation

 

 

 

Résumé (éditeur)

Deux femmes, deux ennemies. Louise Fernbach et Yun Shao. La militaire européenne contre la terroriste catholique chinoise. Et depuis que cette dernière a causé la mort de soldats du vieux continent, Louise veut sa peau. A tout prix. Louise ne connaît pas la pitié. Louise est pilote de drone. Pour elle, la guerre est un jeu vidéo auquel elle joue depuis son QG de Stockholm, tandis que Yun Shao affronte un robot. Bienvenue dans la guerre moderne...

 

"Et qu'avez-vous à répondre aux ONG qui dénoncent l'utilisation massive des drones de combat et leurs victimes civiles ?"

 

Sylvain Runberg est en passe de rejoindre les auteurs prolifiques et talentueux. Pas moins de 9 albums à son actif depuis janvier. Il continue ici d'explorer le registre SF après l'avoir brillamment abordé dans la série Orbital (6 tome parus) et plus récemment Warship Jolly Roger (2 tomes parus).

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Cette nouvelle série aux accents d'anticipation, nous plonge en pleine guerre entre une grande puissance high-tech et un groupe d'autonomistes radicaux usant de méthodes terroristes pour se faire entendre. Cela ne vous rappelle rien ? Bien sûr que si. Cela nous renvoie quasiment en pleine actualité ou du moins aux événements qui se sont déroulés au proche et moyen Orient ces dix dernières années. Sauf qu'ici nous sommes en 2037, que la superpuissance n'est pas américaine mais européenne et que les terroristes ne sont pas des islamistes, mais des catholiques chinois radicaux.

 

Si cette manière de transposer l'actualité brûlante dans une fiction d'anticipation semble assez originale, elle n'en reste pas moins un peu dérangeante lorsque l'on entend tous les jours les atrocités commises par l'organisation État Islamique notamment à l'encontre des Chrétiens d'Orient, ou des Yazidis. J'ai d'abord trouvé ça un peu gros de faire jouer le mauvais rôle à des Chrétiens alors qu'ils se font aujourd'hui massacrer en toute impunité par des criminels se réclamant de l'Islam.

 

Mais une fois passé ce petit malaise, je me suis vite aperçu que là n'était pas le sujet et que le récit de Sylvain Runberg n'avait rien de manichéen. Il n'y a ni bon ni mauvais rôle dans son histoire. Il y a deux groupes qui s'affrontent, dont les motivations et les méthodes semblent, dès ce premier tome de mise en place, sujettes à discussion et contestation. Du coup, on ne peut pour l'instant s'attacher à aucun des personnages. D'un côté les 3 pilotes Européens font la guerre à distance et deviennent complètement déconnectés du monde réel. La vision de la réalité à travers un écran et une machine les empêchent de percevoir cette réalité. La guerre n'est pour eux qu'une sorte de jeu vidéo grandeur nature et la relation fusionnelle qu'ils ont avec leurs drones les rendent à la fois pathétiques et exécrables.

De l'autre côté, Yun Shao la rebelle catholique terroriste – dont on ne sait pas pour l'instant si elle est vraiment une terroriste - en lutte dans son pays contre un parti politique autoritaire et corrompu. Sa cause semble juste, mais les moyens qu'elle emploi sont parfaitement contestables.

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Enfin, le vrai sujet, n'est-il pas tout simplement une critique de ces guerres hyper technologiques qui déshumanisent encore plus les soldats parce que la distance supprime la gravité de la guerre. L'usage des drones sert à éviter les pertes humaines mais déconnecte complètement les pilotes de la réalité, créant de nouveaux traumatismes pour ceux qui les téléguident. A la différence des pilotes d'avions classiques qui quittent la zone après avoir mener une opération, les pilotes de drones voient tout. Comme à la télé. Comme dans un jeu vidéo. C'est sûr, ils ne risquent pas de mourir d'un tir ennemi, mais il ne risquent pas non plus de sortir indemne de ces missions distantes et certaines cicatrices psychiques sont bien plus difficiles à refermer que des cicatrices physiques. Les américains le découvre depuis quelques années.

 

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Bref, la guerre, derrière un écran ou sur le terrain reste terrible et ce récit d'anticipation est affreusement crédible.

Le dessin de Louis est comme le scénario : il ne prend pas parti et ne tombe pas dans la facilité de la caricature du bon et du méchant, renforçant un peu plus l'absence d'empathie pour les protagonistes. Les planches sont dynamiques et le tout est rudement efficace autant dans les scènes d'action que dans les scènes plus posées.

 

Sylvain Runberg nous livre là une nouvelle série qui démarre fort, où la politique fiction se mêle au récit d'anticipation et donne au lecteur l'occasion de prendre du recul sur une actualité internationale très sombre.

Une BD où action, réflexion et psychologie devraient faire bon ménage.

 

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Loubrun

 

 

 

 

 

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14/08/2015

Prométhée - tome 12 - Providence

prométhée,providence,bec,raffaele,soleil,fantastique,science fiction,apocalypse,710,072015prométhée,providence,bec,raffaele,soleil,fantastique,science fiction,apocalypse,710,072015Scénario : Christophe Bec

Dessin : Stefano Raffaele

Éditeur : Soleil

54 pages

genre : science-fiction, fantastique

 

 

 

 

Résumé (éditeur)

Venus des mers et des océans, les vaisseaux extraterrestres lancent une attaque massive contre l’humanité : 99,9% seront méthodiquement exterminés !
Seule une poignée de survivants, parmi lesquels Jeff Spaulding ou encore Kellie Lambert, arrivent à se cacher… jusqu’à quand ?

 

 

12ème et quasi ultime album de la série à suspense et à succès créée par Christophe Bec. 12 albums pour 12 jours de catastrophes qui ébranlèrent la planète à 13h13 précise. Si l'on sait depuis quelques albums déjà que ces évènements sont le fruit d'une civilisation extraterrestre beaucoup plus développée que les humains, la surprise fut de taille lorsque l'attaque à surgit non pas du ciel mais du fond des océans. L'attaque est massive et globale. Tout est détruit et tout être vivant est voué à l'extermination. Ne survivront qu'une toute petite poignée d'individus, qui vraisemblablement auront la mission de tout reconstruire. Histoire de repartir sur de bonnes bases.

Et si l'humanité n'était que le jouet d'une civilisation extraterrestre ?

 

Débutée en 2008, cette série ne devait compter initialement que 6 albums. Christophe Bec a construit un scénario très intrigant dés le début plaçant cette série fantastico SF parmi les meilleures du genre. Le succès étant au rendez-vous, Christophe Bec a pu développer son intrigue sur un plus grand nombre d'albums. Dans une histoire très dense avec un grand nombre de protagonistes, on ne pouvait que se réjouir de cette rallonge. Sauf que ... au fil du temps, on a quand même le sentiment que l'intrigue a un peu trop trainé en longueur et que tout cela aurait pu se finir un peu plus tôt.

 

Ceci étant dit, ne crachons pas trop dans la soupe ! Prométhée reste, je le répète, une des meilleure série du genre que tout amateur de SF se doit de posséder. Le thème principal y est finalement assez classique (rencontre et domination extra terrestre), mais Christophe Bec y a insufflé ce qu'il faut de dramaturgie et de réalisme permettant au lecteur de se projeter littéralement dans l'histoire. Une histoire pourtant complexe et pas toujours facile à suivre ! Mêlant récit SF pur, théorie du complot et mythologie des dieux Grecs, il faut s'accrocher pour ne pas être largué et comprendre les métaphores. Comme dans un puzzle, tout se met parfaitement en place révélant au final la trame de toute cette histoire.

Ce 12ème album révèle enfin, dans une apothéose destructrice, les intentions des extra-terrestres et les erreurs et manquement des humains.

 

Graphiquement, le dessin est assuré depuis le tome 6 par Stefano Raffaele. Dans un style hyper réaliste et un sens de la mise en scène parfait, il a donné au récit son identité visuelle et une dimension encore plus terrifiante.

 

Cet album clôt cette série – ou arc narratif, comme l'auteur se plait a le dire dans ses remerciements - de si belle manière que l'on pardonnera facilement à Christophe Bec d'avoir fait trainer si longtemps le suspense.

Mais est-ce vraiment la fin ? Un tome 13 est annoncé pour janvier 2016 avec au générique une flopée de dessinateurs dont Denis Bajram, Thierry Démarez, Ronan Toulhoat ....

Il semblerait que Christophe Bec ait encore envie de faire trépigner ses lecteurs ...

 

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Loubrun

 

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13/08/2015

Letter 44 - tome 1 - vitesse de libération

letter 44,soule,albuquerque,glénat comics,science-fiction,trhiller,politique,anticipation,710,082015letter 44,soule,albuquerque,glénat comics,science-fiction,trhiller,politique,anticipation,710,082015Scénario : Charles Soule

Dessin : Alberto J. Albuquerque

Editeur : Glénat Comics

150 pages

date de sortie : juin 2015

genre : science-fiction, anticipation

 

 

 

Résumé (éditeur)

Dure journée pour Stephen Blades, le 44e président des États-Unis. Au premier jour de son investiture son prédécesseur, Francis T. Carroll, lui laisse un courrier qui va changer non seulement son propre destin, mais très probablement la face du monde. Depuis 7 ans, la Nasa a détecté une construction extraterrestre sur la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Mais la rencontre du troisième type n’a pas encore eu lieu. Dans l’expectative de devoir combattre une invasion d’outre-espace et de pouvoir défendre l’humanité, Carroll a envoyé les troupes américaines sur tous les fronts, inlassablement, ce qui l'a rendu pour le moins impopulaire. Avait-il finalement raison de préparer la nation au désastre imminent ? Et quel sera le rôle de l’équipage du Clarke, le vaisseau d’observation envoyé vers l’« ennemi » voici trois ans déjà ?

 

" le plus grand secret d'État de l'histoire tient dans une enveloppe"



Si ma dernière lecture SF de chez Glénat Comics m'avait quelque peu échaudé, je me félicite d'avoir persisté dans le genre et d'avoir accepté ce service presse. Letter 44 est un pur récit d'action et d'aventure dans lequel se mêlent habilement intrigues politiques et thriller d'anticipation. Charles Soule (Swamp thing) prend son temps pour poser son univers, et mettre en place tous les personnages à tel point que pour l'instant personne – à par le Président des États-Unis - ne se détache vraiment du lot pour figurer comme personnage principal.

Mais l'attention du lecteur est attirée avec une narration faite d'allers retours équilibrés entre intrigues politiques et aventure spatiale. Les deux facettes du récit son passionnantes à suivre et c'est là la vraie force de ce récit.

En complète immersion dans les coulisses du pouvoir ou dans les coursives du vaisseau spatial, le lecteur participe tantôt à l'angoisse du nouveau Président qui veut tout mettre en œuvre pour aider l'équipage du Clarke à accomplir sa mission, tantôt à la vie pesante en huis clos d'un équipage qui ne sait pas vraiment vers quoi il va.

Comme dans les séries TV américaines, les rebondissements de fin de chapitres sont d'une efficacité redoutable et font à chaque fois avancer un peu plus l'intrigue. Bref, on devient vite accroc !

 

Les dessins sont assurés par l'Espagnol Alberto Jiménez Albuquerque – connu aussi sous le pseudo de AJA ( les fugitifs de l'ombre, Elle, dieu des cendres)– qui nous livre ici des planches dans le pur style comics US : un découpage dynamique ajoutant du rythme à un récit très bavard, des gros plans et des décors fouillés.

 

Ce premier tome démarre vraiment bien et me donne envie de poursuivre l'aventure.

 

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Loubrun

 

Le site de Charles Soule :  https://charlessoule.wordpress.com/

Le site de Albuquerque : http://ajaalbertojimenezalburquerque.blogspot.fr/

 

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