02/07/2015

Un petit livre oublié sur un banc 2/2

un petit livre oublié sur un banc, jim, mig, bamboo, grand angle, comédie romantique, bookcrossing,7.5/10,06/2015un petit livre oublié sur un banc, jim, mig, bamboo, grand angle, comédie romantique, bookcrossing,7.5/10,06/2015Scénario : Jim

Dessin : Mig

Éditeur : Bamboo

54 pages

date de sortie : mai 2015

genre : comédie romantique

 

 

 

Résumé (éditeur)

Depuis qu’elle a mis la main sur ce livre oublié sur un banc, Camélia s’est retrouvée dans un petit jeu du chat et de la souris… La souris c’est elle, mais qui est le chat ? Qui est ce mystérieux amoureux qui lui écrit des messages dans son livre ? Et surtout, comment expliquer qu’une autre femme a le même livre ? Et si elle avait un message à l’intérieur, elle aussi ?

Portrait d’une femme perdue dans une vie qui l’ennuie, en quête d’une vraie passion amoureuse.

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Suite et fin tant attendue de cette enquête romantique imaginée par Jim, le spécialiste des histoires de couple en BD.

La jolie Camélia tient une piste pour démasquer l'inconnu du petit livre oublié sur le banc. Mais surprise ! Il y a un deuxième livre qui circule et qui contient le même genre de messages ... La surprise de Camélia se transforme en déception ; elle qui se voyait au centre d'une grande histoire romanesque s'aperçoit qu'elle n'est pas la seule visée et qu'elle est peut être victime d'une drôle de machination. Comme elle ne peut compter sur son compagnon pour la réconforter, elle continue de plus belle son enquête.

De vraies fausse piste en désillusion, sa traque aboutira sur une drôle de surprise.

 

J'avais bien apprécié le tome 1, mais j'avais trouvé l'intrigue un peu lente et la mise en place un peu longue pour une histoire prévue en deux tomes. J'avais par ailleurs regretté que cette histoire ne se déroule pas sur un seul album avec une pagination plus dense. Ce deuxième volume confirme mon impression de n’avoir eu a faire qu'a une mise en place dans le tome 1 et que tout aurait pu tenir dans un seul gros volume. 

Dans cette deuxième partie, Jim accélère les choses et nous montre une Camelia un peu bringuebalée dans son enquête, mais ayant beaucoup plus d'entrain et beaucoup plus active. Ce livre trouvé sur un banc lui aura finalement servi de détonateur pour prendre en main son destin. En habile conteur des relations humaines, Jim a construit une belle histoire fraiche et romantique dans la quelle il fait une critique à peine déguisée de cette société de plus en plus nombriliste et (dé)connectée. Avec des dialogues qui sonnent juste, des personnages et des situations un peu caricaturales mais crédibles, Jim embarque facilement le lecteur dans cette comédie romantique, jusqu'au dénouement inattendu et surprenant.

Le dessin épuré agrémenté de couleurs chaleureuses contribue à passer un bon moment de lecture en compagnie de Camelia et de son enquête.

Cette seconde partie gomme ma déception ressentie sur le premier volume, et j'ai bien apprécié cette histoire dans son intégralité, en la lisant comme un one shot.

 

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Loubrun

 

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01/07/2015

Un long silence - tome 2 - que la fête commence !

un long silence,stalner,glénat,aventure,new york,règlement de compte,vengeance,immigration,7.510,052015un long silence,stalner,glénat,aventure,new york,règlement de compte,vengeance,immigration,7.510,052015Scénario et dessin : Eric Stalner

Éditeur : Glénat

56 pages

date de sortie : mai 2015

genre : aventure

 

 

 

Résumé (éditeur)

Will sait à présent que l’attentat dans lequel sa mère a disparu n’a pas été perpétré par un groupuscule anarchiste. Il cacherait des raisons beaucoup moins... idéologiques. C’est en tout cas ce que lui a révélé Charly, agonisant, avant d’ajouter une chose : le véritable responsable est bien au Pink Flamingo. Mais qui exactement ? Profitant de son « pouvoir » de sourd-muet, Will mène l’enquête en toute discrétion. Sauf que les membres du cabaret commencent à se méfier... Et s’il n’était qu’un simulateur ?

 


" En Irlande déjà, je me réfugiais dans le silence pour me mettre à l'écart du monde"

 

Eric Stalner conclut ici son diptyque de fort belle manière. Son héros sourd et muet use plus que jamais de son pouvoir pour démasquer les responsables de l'attentat ayant coûté la vie à sa mère.

L'auteur plonge le personnage et le lecteur dans une quête de vérité effrénée, où vengeance et trahisons sont de mise. Nous assistons à une sorte de course poursuite ou l'action occupe une place prépondérante et ou rebondissements et surprises maintiennent le lecteur en haleine. Bénéficiant d'une pagination plus importante que le premier tome, ce volume est plus enlevé et beaucoup plus rythmé. Je mettrai juste un bémol sur le choix du diptyque. Stalner aurait pu faire durer le plaisir en développant son histoire sur trois tomes, lui permettant ainsi d'étoffer un peu plus certains personnages. Néanmoins, il arrive quand même à distiller quelques infos permettant de lever le voile sur des interrogations qui se posaient dans le premier volume.

 

A propos du dessin, il n'y a pas grand chose à ajouter par rapport au tome 1. Nerveux, précis, son style réaliste, allié à des cadrages et découpages dynamiques, donne un souffle épique et toujours aussi flamboyant à chaque page.

Voilà un bon diptyque divertissant et magnifiquement mené, jusqu'au dénouement qui réserve son petit lot de surprises.

 

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Loubrun

 

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Maggy Garrisson - tome 2 - l'homme qui est entré dans mon lit

maggy garrisson,trondheim,oiry,dupuis,policier,londres,7.510,042015maggy garrisson,trondheim,oiry,dupuis,policier,londres,7.510,042015Scénario : Lewis Trondheim

Dessin : Stéphane Oiry

Éditeur : Dupuis

48 pages

date de sortie : tome 1 - mars 2014 / tome 2 avril 2015

genre : polar

 

 

Je vais frapper deux coups en un avec cette chronique et rattraper un double retard. Alors qu'en avril 2015 sort le tome 2 de Maggy Garrisson, je m'aperçois que le tome 1 sorti lui, en mars 2014, n'a pas été chroniqué sur Samba BD. Grave erreur, car cette série lancée par Lewis Trondheim est tout simplement d'excellente facture.

Pour nous faire pardonner ce petit ratage, je me fend donc d'un double résumé.

 

Dans le tome 1

Par un beau jour pluvieux Londonien, Maggy Garrisson entame la première journée de son nouveau boulot. Sans emploi depuis un moment, elle a finit par dégoter un job chez Anthony Wight, détective privé. A peine franchi le seuil de sa nouvelle boite, elle trouve son patron avachit sur son bureau, entouré de vapeurs éthyliques. 5 jours plus tard, il est passé à tabac et, de son lit d'hôpital, demande à Maggy de lui apporté fissa son portefeuille. Pas de quoi fouetter un chat ! Pourtant, Maggy est suivie, et le contenu du portefeuille n'est peut être pas si anodin que ça. Son contenu la mènera jusqu'à Brighton en compagnie de bien drôles de loustics.

Dans le tome 2

Maggy, qui n'avait pas le sou, est revenue de Brighton avec un joli pactole en poche. 15 000 livres qu'il va falloir cacher pendant un certain temps pour ne pas éveiller les soupçons. C'est en tout cas ce que lui conseille Alex, son compagnon de fortune. Elle continue donc à mener sa petite vie de détective en menant une enquête sur une sombre histoire de bijoux disparus. L'affaire, plus délicate que prévue, l'oblige à faire appel à Alex et lui fera même remettre les pieds chez son ancien patron.

 

 "Déjà, c'est une pinte pour écouter ton histoire."

 

Cette nouvelle série lancée par Lewis Trondheim en 2014 nous emmène dans l’Angleterre pluvieuse sur les pas d'une espèce d'anti-héroïne des plus attachantes. Maggy Garrisson n'est pas de ces créatures top model qui peuplent nombre de BD ; elle n'est pas non plus dotée de super pouvoirs ou d'un QI supérieur à la moyenne. Elle est juste normale et juste un peu plus maline que les autres. Amatrice de bières, d'un tempérament faussement nonchalant mais affirmé, elle n'a pas la langue dans sa poche et affiche une désinvolture teinté de cynisme face aux événements qu'elle vit. Bref, elle ne s'en fait pas; ou du moins elle ne s'en fait plus.

 

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Les enquêtes qu'elle mène ne rentreront pas dans les annales du polar, mais son rôle à contre emploi la rend plutôt attachante. Lewis Trondheim a créé là un personnage authentique lui faisant vivre de manière ordinaire des situations extraordinaires.

L'authenticité est renforcée par des dialogues incisifs entrecoupés de longs silences qui en disent tout autant que les répliques percutantes des protagonistes.

La narration est par ailleurs remarquable. Usant d'un gaufrier classique hyper séquencé, Trondheim et Oiry nous offrent un découpage cinématographique insufflant du rythme dans une histoire ou action, coup d'éclat ou coup de feu son quasiment absent.

Au final, on a là un polar décalé et drôle dont l'intérêt principal réside plus dans le comportement de l'enquêtrice que dans l'enquête elle même.

 

 

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Loubrun

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26/06/2015

Vin gloire et bonté

vin gloire et bonté .jpgvin gloire et bonté,bunisset,liotti,glénat,reportage,bordeaux,viticole,vin,510,062015Scénariste : Isabelle Bunisset

Dessinateur : Giuseppe Liotti

Éditeur : Glénat

136 pages

date de sortie : juin 2015

genre : satire sociale, reportage

 

 Des médocs dans le Médoc

 

Annabelle de la Poisse est une jeune, riche et jolie journaliste Parisienne dont la vie n'est pas qu'un long fleuve tranquille. En instance de divorce, et en proie à deux adolescents épousant parfaitement les formes du canapé, elle est un brin névrosée, accro à la psychanalyse et tient le coup grâce aux médocs. A propos de médoc, son père qui est à la tête d'un gros hebdomadaire et se trouve être son patron, l'envoi dans le vignoble Bordelais afin de réaliser un dossier de 50 pages. Annabelle n'y connait rien, mais ça n'est pas grave car le dossier portera non pas sur le vin, mais sur le milieu viticole. La voilà partie en immersion dans un milieu assez particulier.

 

 

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Bienvenue dans le monde merveilleux de la vinocratie Bordelaise ! Isabelle Bunisset est critique littéraire au journal Sud ouest et chroniqueuse viticole au Figaro magazine. Elle a écrit quelques ouvrages sur le vin et semble avoir ses entrées dans le milieu assez fermé du vin et particulièrement du côté de Bordeaux.

 

Elle nous invite à la suivre dans son reportage immersif sur la bourgeoisie viticole Bordelaise et nous livre sur un plateau une satire sociale parfois drôle et souvent acide sur un milieu qui, d'après ce qu'on en voit dans cet ouvrage, ne gagne pas trop à être connu ! Dans toutes ces grandes familles de propriétaires viticoles, l'hypocrisie et le paraitre sont des valeurs sûres dont il vaut mieux maitriser les règles si l'ont veut avoir sa place. Chaussée de ses Louboutins, la jeune journaliste Parisienne débarque la dedans un peu comme un chien dans un jeu de quille et n'a pas l'air très en phase avec ce milieu. Quoique. Faussement candide, elle en comprend vite les règles, et prend plaisir à jouer. Les journalistes en prennent d'ailleurs aussi pour leur grade. Ils jouent le jeu de cette aristocratie vieillotte et hypocrite, et profitent du système à coup de flatteries et cirage de pompes. Finalement personne n'est dupe, tout le monde accepte ces règles du jeu absurdes et l'on en vient à plaindre ceux qui travaillent vraiment la terre et font le vin, si proches et si loin de ce monde factice et superficiel.

 

 

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J'ignore jusqu'à quel degré de caricature Isabelle Bunisset pousse sa critique, mais la satire est plutôt bien vue et sent le vécu, permettant d'y accorder un crédit certain. Y compris le personnage d'Annabelle, parisienne un peu bobo, surbookée et surlookée, dont les traits proposés par Giuseppe Liotti ne sont pas sans évoquer le physique de l'auteure.

 

J'émettrai toutefois quelques réserve à propos de la narration. Trimballé entre château , expos vinicoles et mondanités, le lecteur ne fait qu'assister aux sarcasmes des protagonistes et doit supporter les multiples réflexions pensées de la journaliste. L'effet de ces bulles de pensées omniprésentes rend la lecture pesante, et la mignonne Annabelle un brin agaçante ... Au final, je ne me suis pris de sympathie pour aucun des personnages et me suis demandé si tout ce barnum n'est pas mis en place uniquement pour servir de toile de fond à une banale histoire d'une névrosée parisienne.

On sent bien qu'Isabelle Bunisset fait là ses premiers pas en BD et qu'elle n'en maitrise pas tous les codes. A mi chemin entre le reportage satirique et la fiction documentée humoristique, ce livre à du mal à se situer, et le lecteur finit par s'ennuyer ferme. Les ficelles sont un peu grosses, comme tous ces noms qui se veulent drôles : de la Poisse, de la Taigne, château Lafoire, château Sournois ...

 

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Vin gloire et bonté ne vous apprendra rien sur le vin, et pas grand chose d'intéressant sur un milieu ou l'argent occupe un peu trop les esprits. A moins d'être de la caste de la vinocratie Bordelaise, ou de la bobocratie Parisienne, et d'avoir un minimum le sens de l'autodérision, je ne vois pas trop à qui cette BD peut s'adresser.

 

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Loubrun

 

 

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