07/11/2014

Un long silence - tome 1 - le pink flamingo

un long silence,le pink flamingo,stalner,xixème,états-unis,immigration,new york,ellis islandun long silence,le pink flamingo,stalner,xixème,états-unis,immigration,new york,ellis islandScénario et dessin : Eric Stalner

Editeur : Glénat (Graphica)

48 pages

date de sortie : octobre 2014

 

genre : aventure

 

 

 

A la fin du XIXème siècle et jusque dans les années 50, New York est la porte d'entrée des États-Unis pour des millions de migrants qui quittent la vieille Europe en quête d'une vie meilleure. Ellis Island est un passage obligé pour ces migrants. C'est là qu'il subissent l'inspection médicale dont le verdict dira s'ils sont aptes ou non à rentrer sur le territoire américain. Terrible et humiliante épreuve où les mieux portants et les plus malins obtiendront le sésame pour tenter leur chance sur cette nouvelle terre.

C'est le cas d'une jeune Irlandaise et de son jeune fils Will Campbell, qui, malgré les facéties de ce dernier se voient octroyer le droit de fouler le sol américain. La chance sera de courte durée. A peine débarqués, Will voit sa mère mourir dans un attentat. Traumatisé, il se mure dans un silence total qui lui vaudra d'être placé pendant 10 ans dans un établissement spécialisé pour sourd et muet.

Devenu adulte, il se met en quête de découvrir les circonstances de la mort de sa mère. Sa détermination et son mutisme deviendront ses meilleures armes pour affronter les milieux interlopes de New York. Les gens ne se méfient pas de ce "sourd", et parlent sans retenue en sa présence.

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Avec ce premier tome, Eric Stalner (le roman de malemort, Vito, la zone, ils étaient dix ....) entame là une fresque sociale avec comme toile de fond les grandes migrations et la révolution industrielle de la fin du XIX siècle. Sur un fond d'histoire assez classique – la recherche d'un meurtrier - Stalner y apporte cette pointe d'originalité qui permet de capter l'attention du lecteur. Un peu à la manière des super héros américains, le personnage principal transforme un traumatisme en arme lui permettant d'être plus fort. C'est plutôt bien vu, même si les lecteurs de comics auront une sensation de déjà vu.

 

Les bases du récit et les personnages sont bien posés pour inviter le lecteur à poursuivre l'aventure dans les tomes à suivre. Le récit gagne en densité au fil des pages et la narration en voix off du personnage principal permet d'installer une intensité dramatique qu'il aurait été difficile de retranscrire par le seul dessin.

 

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Côté dessins, Eric Stalner est pour moi un des meilleurs dessinateurs réalistes. En intérieur ou en extérieur, et quelles que soient les époques, il réussit toujours à mettre en place des ambiances au rendu parfait grâce à son trait précis et détaillé. Les expressions des visages, les décors, les mises en scènes, rien n'est négligé, tout est maitrisé. Les planches sont riches, dynamiques et très expressives.

 

Ce premier volume de Un long silence est une très bonne entrée en matière et laisse augurer de bons présages pour la suite.

 

Ma note : 8/10

Loubrun

 

 

06/11/2014

Un grand Bourgogne oublié

un grand bourgogne oublié,guillot,richez,guiloteau,bamboo,grand angle,enquête,vins,vignerons,vignoble,bourgogne,crus,millésimesun grand bourgogne oublié,guillot,richez,guiloteau,bamboo,grand angle,enquête,vins,vignerons,vignoble,bourgogne,crus,millésimesScénario : Hervé Richez et Manu Guillot

Dessin : Boris Guilloteau

Editeur : Bamboo - Grand angle

108 pages

date de sortie : septembre 2014

genre : fiction, enquête,

 

 

Propriétaire d’un domaine, Manu a une obsession, comme son père avant lui : faire un grand vin. C’est pour ça qu’il loue la parcelle du clos de la Molle Pierre, convaincu qu’un grand terroir a été oublié sur cette hauteur de Cruzille, dans le Mâconnais. Aujourd’hui, le rêve de Manu prend forme, le clos est à vendre.
C’est alors qu’un ami de Manu trouve un lot de bouteilles anciennes sans étiquette, hormis une belle inconnue née en 1959. À la dégustation, l’émotion de Manu est énorme. C’est le plus grand vin qu’il ait jamais bu. Manu a une évidence qui vire à l’obsession : il doit retrouver ce qu’était cette bouteille !
C’est avec les pieds de vigne qui ont permis ce prodige qu’il veut replanter la Molle Pierre, en l’honneur de son père disparu. Commence alors plus qu’une enquête, une quête vitale...

 

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Les lobby viticoles ne seraient-ils pas en train d'orchestrer une OPA sur le monde de la BD ? Après la série manga fleuve les Gouttes de Dieu, l'album initiatique de Davodeau (les ignorants), ou encore la saga familiale de Corbeyran (Château Bordeaux), voici une nouvelle histoire se déroulant entre caves et cépages. Cap est mis cette fois sur la Bourgogne et ses grands crus aux noms aussi évocateurs que séduisants. Bienvenue donc sur les terres et dans les caves des plus grandes appellations de la côte de Nuits, côte de Beaune et Mâconnais.

Hervé Richez et Manu Guillot lèvent le voile sur les coulisses de l'univers des vignerons mais aussi sur l'univers des collectionneurs de grands crus et de grands millésimes.

 

Cette histoire se lit comme une enquête policière. Sans succomber au style très tendance du reportage BD, les auteurs n'en oublient pas pour autant de nous livrer forces détails et informations sur les vins et leurs terroirs. Le côté assez technique et parfois mystique des séances de dégustation est atténué par une mise scène très imagée. Les bouquets d'arômes qui s'échappent des bouteilles sont joliment représentés par des volutes de fruits et fleurs submergeant d'un coup les pages. Les fragrances deviennent palpables faisant disparaitre les décors, et chamboulant les mises en pages... Impossible pour le lecteur de ne pas saisir l'importance que revêtent ces séances qui, ici, ne tournent jamais au cérémonial.

 

 

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Car même si l'on touche du doigt des millésimes dont les prix atteignent des sommets, l'ambiance est a la simplicité. On sent les personnages plus proches de la terre, de son histoire que des salons mondains ou des salles de vente.

Outre les noms des vins et des lieux, les noms des personnages sont réels conférant à cette fiction une base des plus crédible. D'ailleurs, Manu, le héros de cette enquête, n'est autre qu'Emmanuel Guillot, co-scénariste et propriétaire d'un domaine viticole dans le Mâconnais.

Cette histoire se lit avec délice et on se laisse absorber par cette quête de la bouteille fantôme comme un gosse dans une chasse au trésor.

 

Le traitement graphique monochrome dans les tons gris n'est pas sans rappeler les ignorants de Davodeau. Je ne saurai dire si c'est voulu mais à mon avis il est délicat de renvoyer dos à dos ces deux albums. Sous deux angles différents ils explorent tous deux avec beaucoup de talent, l'univers du vin. Quand l'un l'explique, l'autre en raconte l'histoire.

En tout cas, avec Un grand Bourgogne oublié, nous avons un grand album instructif et divertissant.

Un seul regret : qu'il n'y ait pas quelques échantillons livrés avec l'album !

 

Ma note : 8,5/10

Loubrun

 

04/11/2014

Sam speed - tome 4 - poule position

sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014Scénario : Eric Maltaite et Stéphane Colman

Dessin : Batem

Éditeur : Hugo BD

48 pages

date de sortie : octobre 2014

genre : humour motard

 

 

 "Ratomoto, le seul journal des tarmos"

 

Sam speed fait partie de la rédaction du magazine moto Ratomoto. Entouré de quelques personnages haut en couleur, il y est journaliste et essayeur. Le boulot de rêve de tout passionné de moto. Être payé pour sillonner les routes au guidon des dernières nouveautés ! Le pied !

 

Tous les motards amateurs de BD ne jurent que par le Joe Bar Team. C'est donc très difficile de rivaliser avec cette série devenue culte (mais a y regarder de près, tout les JBT ne sont pas si bon que ça). Pourtant, Sam Speed sans être un chef d’œuvre, n'a pas à rougir de la comparaison. Bien qu'ils soient pour la plupart éculés, les gags fonctionnent et s'ils ne font pas rire aux éclats, ils arracheront tout au moins un sourire. Sur 32 pages de gags où caricatures et exagérations sont de mise, on apprécie la précision du trait de Batem qui permet – aux connaisseurs – d'identifier à coup sûr toutes les motos représentées.

 

"Évidemment que ça passe à fond à la ferme blanche... Vous me faites pitié, les dinosaures !"

 

L'album se termine par un "petit guide des tarmos" présentant les différentes espèces de motard avec une bonne dose d'autodérision : le sportif et ses dents de requin prêtes à rayer l'asphalte ; le routard et sa vieille BM qui pisse de l'huile ; le biker au gros bide et tatouages flétris, qui ne sait même pas qu'il roule sur un tas de ferraille américain fabriqué en Inde ; le néo-rétro-vintage, espèce de bobo en voie d'apparition qui a maintenant les moyens de se payer des jouets grandeur nature.

Et puis, sur un ton toujours humoristique, nous avons droit à un petit panel des courses de motos mythiques : le Tourist Trophy** de l'île de Man, la course la plus dingue de tous les temps – et la plus meurtrière aussi - ; le bol d'or ; le Paris Dakar et les Motos GP...

Bref, sans être révolutionnaire, Sam Speed tient plutôt bien la route et peut côtoyer sans rougir les JBT et la série Même pas peur de Satô.

 

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

** Venez vous faire une petite frayeur pour voir à quoi ressemble le Tourist Trophy  :


 


 

 

 

 

29/10/2014

La chute d'un ange

la chute d'un ange,daeninckx,mako,casterman,polar,moeurs,meutres,occupation,6.510,102014la chute d'un ange,daeninckx,mako,casterman,polar,moeurs,meutres,occupation,6.510,102014Scénario : Didier Daeninckx

Dessin : Mako

Editeur : Casterman

80 pages

date de sortie : août 2014

genre : polar noir

 

 

Printemps 1948 à Gagny en grande banlieue parisienne, Patronage de l’enfance orpheline. Le cadavre d’un enfant fugueur d’une douzaine d’années est retrouvé dans une carrière qui jouxte le parc de l’établissement. En apparence, une chute accidentelle est à l’origine du décès. Mais les marques d’une sévère correction sur le corps du gamin posent question…
Peu de temps après, à Paris, Philippe Crélard, patron de l’un des plus grands quotidiens du pays, est assassiné chez lui. Tout indique un crime de rôdeur. La pompe de ses funérailles, en présence de la quasi-totalité du gouvernement, souligne l’influence exceptionnelle du défunt, homme de pouvoir et de réseaux. « Enseveli avec son cortège de qualités et pas le poids d’un défaut dans le cercueil : un ange », comme le fait remarquer un peu cyniquement un policier.
Personnellement prise en main par le commissaire Pasquet, l’enquête de routine sur la mort de Crélard laisse néanmoins entrevoir l’envers de ce portrait flatteur : un passé pour le moins trouble durant la période pas si lointaine de l’Occupation et des questions troublantes dans le domaine des mœurs… Alors qu’on s’arrange pour faire endosser la responsabilité du crime à un lampiste, bon pour la guillotine, on s’apercevra presque par hasard que les deux décès que rien ne semble relier, celui de Gagny et celui de Paris, entretiennent en fait bien des correspondances.

 

Voilà le romancier Daeninckx et le dessinateur Mako de nouveau réunis pour un polar sombre aux relents pour le moins nauséabonds. Le climat de l'immédiat après guerre est encore lourd des ombres de l'occupation. Certains aimeraient bien effacer rapidement de la mémoire collective quelques actes qui pourraient bien entacher leur histoire personnelle.

Mêlant intrigue politique, affaire de mœurs et règlement de compte post occupation, Didier Daeninckx nous concocte là un récit où l'ambiance est divinement pesante. La narration volontairement lente, les dialogues percutants mis en scène par un dessin réaliste charbonneux confèrent à ce polar un côté sordide qui plaira certainement aux amateurs du genre.

Pour ma part, même si je me suis laissé surprendre par le dénouement, je n'y vois là rien de plus qu'un bon roman noir somme toute assez classique.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun