04/11/2014

Sam speed - tome 4 - poule position

sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014sam speed,poule position,batem,maltaite,colman,hugo bd,humour,moto,6.510,102014Scénario : Eric Maltaite et Stéphane Colman

Dessin : Batem

Éditeur : Hugo BD

48 pages

date de sortie : octobre 2014

genre : humour motard

 

 

 "Ratomoto, le seul journal des tarmos"

 

Sam speed fait partie de la rédaction du magazine moto Ratomoto. Entouré de quelques personnages haut en couleur, il y est journaliste et essayeur. Le boulot de rêve de tout passionné de moto. Être payé pour sillonner les routes au guidon des dernières nouveautés ! Le pied !

 

Tous les motards amateurs de BD ne jurent que par le Joe Bar Team. C'est donc très difficile de rivaliser avec cette série devenue culte (mais a y regarder de près, tout les JBT ne sont pas si bon que ça). Pourtant, Sam Speed sans être un chef d’œuvre, n'a pas à rougir de la comparaison. Bien qu'ils soient pour la plupart éculés, les gags fonctionnent et s'ils ne font pas rire aux éclats, ils arracheront tout au moins un sourire. Sur 32 pages de gags où caricatures et exagérations sont de mise, on apprécie la précision du trait de Batem qui permet – aux connaisseurs – d'identifier à coup sûr toutes les motos représentées.

 

"Évidemment que ça passe à fond à la ferme blanche... Vous me faites pitié, les dinosaures !"

 

L'album se termine par un "petit guide des tarmos" présentant les différentes espèces de motard avec une bonne dose d'autodérision : le sportif et ses dents de requin prêtes à rayer l'asphalte ; le routard et sa vieille BM qui pisse de l'huile ; le biker au gros bide et tatouages flétris, qui ne sait même pas qu'il roule sur un tas de ferraille américain fabriqué en Inde ; le néo-rétro-vintage, espèce de bobo en voie d'apparition qui a maintenant les moyens de se payer des jouets grandeur nature.

Et puis, sur un ton toujours humoristique, nous avons droit à un petit panel des courses de motos mythiques : le Tourist Trophy** de l'île de Man, la course la plus dingue de tous les temps – et la plus meurtrière aussi - ; le bol d'or ; le Paris Dakar et les Motos GP...

Bref, sans être révolutionnaire, Sam Speed tient plutôt bien la route et peut côtoyer sans rougir les JBT et la série Même pas peur de Satô.

 

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

** Venez vous faire une petite frayeur pour voir à quoi ressemble le Tourist Trophy  :


 


 

 

 

 

29/10/2014

La chute d'un ange

la chute d'un ange,daeninckx,mako,casterman,polar,moeurs,meutres,occupation,6.510,102014la chute d'un ange,daeninckx,mako,casterman,polar,moeurs,meutres,occupation,6.510,102014Scénario : Didier Daeninckx

Dessin : Mako

Editeur : Casterman

80 pages

date de sortie : août 2014

genre : polar noir

 

 

Printemps 1948 à Gagny en grande banlieue parisienne, Patronage de l’enfance orpheline. Le cadavre d’un enfant fugueur d’une douzaine d’années est retrouvé dans une carrière qui jouxte le parc de l’établissement. En apparence, une chute accidentelle est à l’origine du décès. Mais les marques d’une sévère correction sur le corps du gamin posent question…
Peu de temps après, à Paris, Philippe Crélard, patron de l’un des plus grands quotidiens du pays, est assassiné chez lui. Tout indique un crime de rôdeur. La pompe de ses funérailles, en présence de la quasi-totalité du gouvernement, souligne l’influence exceptionnelle du défunt, homme de pouvoir et de réseaux. « Enseveli avec son cortège de qualités et pas le poids d’un défaut dans le cercueil : un ange », comme le fait remarquer un peu cyniquement un policier.
Personnellement prise en main par le commissaire Pasquet, l’enquête de routine sur la mort de Crélard laisse néanmoins entrevoir l’envers de ce portrait flatteur : un passé pour le moins trouble durant la période pas si lointaine de l’Occupation et des questions troublantes dans le domaine des mœurs… Alors qu’on s’arrange pour faire endosser la responsabilité du crime à un lampiste, bon pour la guillotine, on s’apercevra presque par hasard que les deux décès que rien ne semble relier, celui de Gagny et celui de Paris, entretiennent en fait bien des correspondances.

 

Voilà le romancier Daeninckx et le dessinateur Mako de nouveau réunis pour un polar sombre aux relents pour le moins nauséabonds. Le climat de l'immédiat après guerre est encore lourd des ombres de l'occupation. Certains aimeraient bien effacer rapidement de la mémoire collective quelques actes qui pourraient bien entacher leur histoire personnelle.

Mêlant intrigue politique, affaire de mœurs et règlement de compte post occupation, Didier Daeninckx nous concocte là un récit où l'ambiance est divinement pesante. La narration volontairement lente, les dialogues percutants mis en scène par un dessin réaliste charbonneux confèrent à ce polar un côté sordide qui plaira certainement aux amateurs du genre.

Pour ma part, même si je me suis laissé surprendre par le dénouement, je n'y vois là rien de plus qu'un bon roman noir somme toute assez classique.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

21/10/2014

Le vieil homme et la mer

le vieil homme et la mer, le vieil homme et la mer, Scénario et dessin : Thierry Murat

Adaptation du roman d'Ernest Hemingway

Éditeur : Futuropolis

date de sortie : 9 octobre 2014

128 pages

 

 

 

Santiago, vieux pêcheur cubain expérimenté, n'attrape plus rien depuis plusieurs semaines. Tous les soirs, il rentre au port la barque vide. Le voilà relégué au rang de "salao", le malchanceux, le poissard. Dans l'univers rude des pêcheurs, c'est la pire des insultes. Seul le jeune Manolin - à qui le vieil homme a tout appris de la pêche - continue de le fréquenter, même si ses parents lui interdisent de l'accompagner en mer, lui préférant un bateau plus chanceux.

La tristesse ronge le cœur des deux pêcheurs. Un jour, le vieux pousse sa barque plus loin que d'habitude, bien décidé à ramener un gros poisson. Il attrapera un énorme spécimen contre lequel il luttera courageusement et avec noblesse durant trois jours et trois nuits.

De retour au port, il croisera malheureusement la route des requins.

Ce combat homérique lui aura redonné de la dignité et lui revaudra le respect de ses pairs.

 

le vieil homme et la mer,

 

Immense classique de la littérature, Le vieil Homme et la mer a été adapté plusieurs fois au cinéma, mais à ma connaissance jamais en BD. Ce récit intemporel raconte le combat d'un homme humble, déterminé à ne pas perdre sa dignité. Il montre aussi que l'homme n'est pas grand chose au milieu des forces de la nature, même s'il gagne souvent ses combats. En fait, chacun a sa place pourvu qu'il respecte ce - ceux – qui l'entoure. Le courage et la détermination rendent l'homme à la fois plus fort et plus humble face à l'adversité.

 

Adapter un des textes les plus lus au monde est un exercice assez délicat. Le défi est magistralement relevé par Thierry Murat (elle ne pleure pas, elle chante ; au vent mauvais) qui réalise là un rêve qu'il a en tête depuis de longues années.

Tout en respectant le rythme et le style du texte original, Thierry Murat le sublime par son graphisme épuré et contrasté révélant ainsi la grandeur de la nature et la fragilité de l'Homme. D'une force attractive incroyable, les images sont envoutantes et nous plongent au cœur du récit. Murat réussit à créer une tension palpable et un suspense presque insoutenable empêchant le lecteur de s'arrêter avant de connaitre l'issue du combat entre l'homme et le poisson.

 

le vieil homme et la mer

 

Les grandes cases, aux teintes tantôt chaudes tantôt froides, aux traits d'un noir profond, invitent à l'évasion et à la contemplation.

Une adaptation magnifique qui permettra de découvrir ou redécouvrir une œuvre majeure de la littérature.

Superbe !

 

le vieil homme et la mer, Ma note : 9/10

Loubrun

 

 

le vieil homme et la mer

15/10/2014

Le cadavre et le sofa

le cadavre et le sofa,tony sandoval,paquet,fable,fantastique,initiation,adolescence,6.510le cadavre et le sofa,tony sandoval,paquet,fable,fantastique,initiation,adolescence,6.510Scénario et Dessin : Tony Sandoval

Editeur : Paquet

date de sortie : août 2014 (réédition)

92 pages

fable fantastique

 

 

 

"Les défauts rendent les choses plus intéressantes"

 

Par une belle journée d'été, Polo erre tout seul dans la campagne. Pour passer l'ennui, il observe les choses qui l'entoure. Il croise alors Sophie, belle comme une nuit ténébreuse, avec qui il va partager des moments intenses, notamment la découverte du corps de Christian, disparu depuis quelques jours. Ils passeront l'été ensemble à observer la décomposition du cadavre depuis un vieux sofa trouvé dans la campagne.

A cette contemplation et autour de la mort mystérieuse de Christian, se mêleront des cauchemars effrayants, un étrange voisin, puis de drôles d'histoires de loups garous ...

 

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Les éditions Paquet rééditent le one-shot de l'auteur mexicain Tony Sandoval (le serpent d'eau), paru initialement en 2007 dans la collection Discover.

Cet auteur autodidacte fait parti de ces artistes atypiques qui développent leur propre univers tant graphique que scénaristique. Mêlant le fantastique, la poésie et l'onirisme, ses histoires ont souvent un relent de conte psychanalytique aux ambiances un peu lugubres.

 

Les 92 pages se lisent assez rapidement, et c'est quelque peu déconcerté que l'on referme ce livre.

Hésitant entre univers enfantin et adulte, le lecteur ne sait plus ou situer le récit ni les personnages. Avec un physique de 12 ans et des comportements d'adolescents de 16 – 17 ans, certaines scènes laissent perplexe et sont parfois dérangeantes.

On se laisse néanmoins prendre au jeu de cette fable initiatique mise en relief par une pointe de fantastique.

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Le traitement graphique se rapproche davantage de l'illustration que du dessin BD traditionnel, donnant l'impression d'un décalage entre le propos et sa mise en image. L'auteur use de procédés colorés pour retranscrire les émotions des personnages permettant de les rendre presque palpables. Il change de style aussi, en alternant les planches colorées au trait souple assez épuré et les planches en bichromie au trait plus strict, hachuré, renforçant par là l'ambivalence du récit.

 

Entre conte fantastique et fable sociale, cet album hors normes se lit avec intérêt mais  laisse à la fin un goût amer suscité par tant de sentiments contradictoires parsemant le récit.

 

Ma note : 6,5/10

Loubrun

 

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