19/05/2017

Les maitres saintiers - tome 3 - bénie entre toutes les femmes, 1884

les maitres saintiers T3.jpgles maitres saintiers T3_pl.jpgScénario : Laurent-Frédéric Bollée
Dessin : Serge Fino
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : Histoire, saga familiale, ésotérisme

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Printemps 1884. David, fils cadet des Rochebrune et héritier de la fonderie familiale de Châtellerault, monte à Paris pour rencontrer M. Bizot dans le cadre d’un projet hors-norme. Pour célébrer le centenaire de leur indépendance, les États-Unis ont commandé au génie français une gigantesque cloche de 200 tonnes et de plus de 6 mètres de haut : la plus grande du monde ! Impressionné par l’ampleur de la tâche, David ignore à quel point cette mission particulière va changer son destin à tout jamais...

 

"- De quoi tu parles ?

 

- Du carnet secret de ta famille ! J'ai tout déchiffré et j'ai tout compris !"

 

Mon avis

 

Nous voilà rendu à la fin du XIXè siècle et l'ont peut dire beaucoup d'eau à déjà coulé sous les ponts de cette saga familiale. Laurent Frédéric Bollée s'est inspiré de sa propre famille, dont certains de ses ancêtres étaient fondeurs de cloches, pour nous raconter cette intrigue familiale sur fond d'artisanat. Les deux premiers tomes étaient assez prometteurs mais n'ont visiblement pas rencontré le succès escompté puisque de 7 tomes prévus, la série se voit ramenée à 4 tomes. Ceci explique sans doute l'accélération du rythme de la narration et la multiplication des petites intrigues.

 

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Dans ma chronique du tome 1, j'avais exprimé une petite inquiétude quant à la tournure trop ésotérique que risquait de prendre le scénario. Inquiétude qui se confirme dans ce troisième tome où l'héritier de la maison Rochebrune consacre plus de temps à résoudre une improbable énigme contenue dans le carnet de ses aïeux plutôt que de faire tourner la boite (d'ailleurs, cette énigme est bien rapidement résolue). La petite pointe de mystère entretenue dans les deux premiers tomes se transforme donc ici en grosse ficelle qui se délite bien vite quand on tire dessus. C'est d'autant plus dommage qu'il y a un potentiel dans ce scénario dans lequel LF Bollée a la bonne idée de faire se croiser Bartholdi, Jules Verne, le Tsar de Russie, de mettre en scène la statue de la liberté et une petite page de l'Histoire qui lie la France et les États-Unis. Plutôt qu'une orientation ésotérique, une petite uchronie aurait été plus sympathique et aurait peut-être séduit un plus large public.

Reste le magnifique dessin de Serge Fino, tout en finesse et en détails, dont les planches sont un ravissement, particulièrement dans les ambiances sombres et pluvieuses.

Allez, on prend quand même rendez-vous pour l'ultime tome, parce que celui-ci se termine sur un bon petit cliffhanger des familles !

Loubrun

 

 

 

 

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Les autres tomes

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16/05/2017

Streamliner - tome 1 - Bye-bye Lisa Dora

streamliner, 'fane, rue de sèvres, moto, courses automobiles, voitures, vintage, 04/2017,8/10streamliner, 'fane, rue de sèvres, moto, courses automobiles, voitures, vintage, 04/2017,8/10Scénario : Fane
Dessin : Fane
Éditeur : Rue de Sèvres
158 pages
Date de sortie :  avril 2017
Genre : aventure, action, western mécanique

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Quelque part au cœur de l’Amérique, début des années 60. Dans leur station service paumée au milieu d’un gros morceau du désert continental, Cristal et son père, Evel O’Neil, vieille gloire de la compétition automobile vintage de longue date rangé des bagnoles, se sont longtemps crus seuls au monde. Jusqu’à ce que surgisse un jour une sorte de baroudeur armé d’une Winchester, Billy Joe. Un peu abrupt, mais pas déplaisant. Et avec en tête un projet très précis : profiter de l’isolement de la Lisa Dora Station pour y ressusciter, quelques jours durant, l’esprit streamliner, ces courses automobiles extrêmes et presque sans règles qui ont fait la gloire des bolides d’antan et de leurs pilotes, à l’orée des années 50. Les circonstances amèneront le père et la fille à accepter le défi. Et conduiront même Cristal à prendre elle-même le volant de la Black Widow, bolide de légende qui fut naguère la voiture de son père, à l’époque où on le surnommait le Duke…

Évidemment, la course elle-même connaîtra une tournure inattendue ...

 

 

 " ... tu n'y es pas, beau gosse. Il s'agit bien de ta petite course... mais on n'a pas fait tout ce chemin pour jouer les pom-pom girls, vois-tu ..."

 

Mon avis

L'auteur de Joe Bar Team délaisse les blagues de motards potaches et met les mains dans le cambouis pour nous entrainer dans une aventure qui sent bon l'essence, l'huile, le cuir, le sable chaud et le rock'n roll.

Il n'y a guère de place pour la finesse dans ce récit brut de décoffrage, où le but de chacun est de rouler plus vite que son voisin, ou sa voisine. Pas de message non plus de la part de l'auteur qui, sans complexe et de manière tout a fait assumée, a fait avancer son histoire en même temps qu'il la dessinait. Un peu à la façon d'un morceau de rock où les instruments entrent en scène les uns après les autres, pour finir en une apothéose sonore orgasmique, les personnages arrivent ici au fil de l'eau, tous plus barrés les uns que les autres, ayant tous le même objectif d'en découdre à plus de 200 à l'heure dans ce coin de désert sans foi ni lois. Le désert entourant la Lisa Dora Station se rempli donc d'une bande de filles à moto, amazones du 20ème siècle, d'un groupe de hard rock , d'un tueur psychopathe en cavale, d'une nuée de médias en manque de scoop, et des fédéraux qui viennent foutre la merde ... autant de grains de sables qui vont perturber la gentille petite course que voulait organiser Billy Joe.

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Durant 8 chapitres bien balancés à tous points de vue – narration fluide et équilibrée entre flashbacks et scènes au présent, dialogues vifs et piquants, découpage cinématographique – , 'Fane entraine sans retenue le lecteur dans ce western mécanique de folie qui fleure bon l'influence Tarantinesque.

Le dessin est comme l'histoire, brut, limite crasseux, et offre ce ton particulier à l'album qui donne l'impression de prime abord d'avoir entre les mains un album bâclé. Il n'en est rien, bien entendu, 'Fane ayant adopté le style qu'il voulait pour cette histoire, un style sans artifices, qui va à l'essentiel et qui restitue à merveille l'ambiance souhaitée et le caractère bien trempé des personnages. Une particularité à noter : il n'y a pas une seule onomatopée pour le bruit des moteurs. Toute la fureur des V8 et autres engins en échappements libres est symbolisée par des traits et lignes de fuite. Ce stratagème pour éviter la surabondance de Vraoom sur toutes les pages fonctionne vraiment bien !

Ce premier tome qui se termine juste avant le départ du run du siècle est littéralement envoûtant, et laisse le lecteur dans un état de tension absolue, comme peuvent l'être les pilotes avant de lâcher les chevaux.

Alors vite ! Qu'on les lâche ces chevaux !

Loubrun

 

 

 

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08/05/2017

Infinity 8 - tome 3 - l'évangile selon Emma

infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017Scénario : Lewis Trondheim ; Fabien Vehlmann
Dessin : Olivier Balez
Éditeur : Rue de Sèvres
90 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : science-fiction, space-opéra

 

 

Cette série suit un fil conducteur unique et chaque album est une ramification émanant de ce fil conducteur. Les histoires de chaque tome n'ont pas de lien direct entre elles et peuvent se lire indépendamment les unes des autres. Toutefois, vous trouverez à la fin de cette chronique les résumés des tomes 1 et 2.

 

Présentation de l'éditeur

Reboot à bord de l’Infinity 8 ! Détournées de leur mission pour sauver le vaisseau au bord de la destruction, Yoko Keren et Stella Moonkicker ont malgré tout rapporté de leur exploration des informations cruciales : Kornaliens nécrophages et aspirants nazis sont désormais neutralisés ; le champ est libre pour activer une nouvelle trame temporelle et un nouvel agent.
Ce sera le Marshall Emma O’Mara : pacifiste, pieuse, respectueuse de la hiérarchie et des traditions, cette véritable légende des forces de l’ordre puise sa détermination et sa redoutable efficacité dans sa foi. Mais les convictions les plus sincères sont parfois les plus dangereuses…

Sous sa couverture d’agent irréprochable, Emma attend son heure : à la 3e boucle, elle le sait, le Capitaine la choisira pour la procédure 8. Alors elle fera ce qu’elle doit pour empêcher le prochain reboot. Car cette trame temporelle doit rester la dernière : quelque part parmi les sépultures se trouve le dernier évangile de Tholman, le fragment manquant d’écriture sacrée qui unira enfin les adeptes du prophète et mettra fin à la Guerre Sainte.
Mais la nécropole regorge de trésors, et les pilleurs de tombes auxquels Emma s’est associée pour financer son expédition ont leurs propres motivations…

 

 

 "- Vous faites quoi Marshall ? C'est la trappe aquatique pour que le capitaine regagne ses quartiers.

- Je la scelle."

 

Mon avis

Série concept par excellence dans la forme et dans le fond, Infinity 8 est une série SF conçue par Lewis Trondheim côté scénario et Olivier Vatine pour la direction artistique. Sans chercher à renouveler le genre, ils ont voulu a travers ce projet insuffler un air de fraicheur et de légèreté au genre SF en donnant à ce space-opéra un air résolument pulp et kitsh. L'esprit pulp de ces récits, c'est de privilégier le fun et l'action et de ne pas se prendre trop au sérieux. Dans la forme, le côté pulp est marqué par la publication des deux premiers tomes en fascicules de 32 pages distribués en librairie sous forme de feuilleton à la façon des comics américains. La série comptera 8 albums, avec 8 dessinateurs différents à chaque fois et parfois l'adjonction de quelques scénaristes.

 

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Le concept du récit est très simple et suit un fil conducteur unique : l'Infinity 8 est un vaisseau spatial qui voyage en direction de la galaxie d'Andromède. Ce voyage est brutalement interrompu par un amas d'artefacts de la taille d'un système solaire, constitué de nécropoles en tout genre et de toutes époques. Le capitaine doit alors envoyer des agents hors du vaisseau pour examiner la situation. Ce capitaine à une particularité, et c'est là tout l'intérêt du récit : il a la capacité d'ouvrir une fenêtre temporelle et d'y explorer pendant 8 heures ce qu'elle recèle. A l'issu du délai, deux options s'offrent à lui. Soit il fait un reboot général le ramenant à la configuration de départ, soit il continue l'exploration de la trame temporelle. Il peut répéter ce processus jusqu'à huit fois.

Reboot, ou restauration système, les informaticiens connaissent bien le principe et en apprécient les avantages quand après avoir testé un scénario qui ne fonctionne pas, ils s'aperçoivent qu'il vaut mieux revenir à la version précédente et repartir de zéro.

 

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Nous en sommes ici au deuxième reboot ouvrant la troisième trame temporelle, scénarisé par Fabien Vehlman aux côtés de Trondheim, et mis en image par Olivier Balez. Ce troisième volume marque déjà une rupture par rapport aux deux précédents qui sont là pour mettre en place le concept et bien faire comprendre le processus (à chaque reboot sa nouvelle mission, sa nouvelle héroïne, ses nouveaux enjeux). Là, la routine est perturbée par l'agent Emma O’Mara qui semble obéir à d'autres intérêts que ceux du capitaine. Elle n'apparait pas si pieuse et pacifiste qu'elle n'en a lair, et fera tout pour que cette boucle temporelle soit la dernière.

Tout en gardant l'esprit pulp et déjanté du récit, Fabien Vehlmann apporte un peu de fond à l'histoire en introduisant la religion et les dérives extrémistes qui y sont liées. Il aborde quelques thèmes qui font écho à l'actualité comme les manipulations de masse, le fanatisme religieux, le complot, et même l'intelligence artificielle à travers le personnage d'un robot amené à prendre des décisions en fonction exclusivement de critères statistiques qu'il doit analyser. Tout cela dans un rythme endiablé, sans une seconde de temps mort, ponctué de multiples rebondissements et retournement de situations.

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De côté du dessin, après Domique Bertail pour le tome 1 et Olivier Vatine pour le tome 2, c'est olivier Balez qui s'y colle. Comme ses prédécesseurs, mais dans un autre registre graphique, il donne au récit son identité visuelle kitsh et pulp saupoudrée de quelques notes psychédéliques, en employant un trait épais, des couleurs franches, des décors simples, des costumes originaux (et il y en a des costumes !) et des personnages aux traits facilement reconnaissables. Il se fend même d'un petit clin d’œil aux deux agents spatio-temporels les plus célèbres de la BD. Visuellement, le tout m'a fait penser à une certaine SF des années 60 et 70 comme la Barbarella de Jean-Claude Forest.

Il semble que la SF ait à nouveau le vent en poupe ces temps-ci. Cette nouvelle série est assurément à suivre par les adeptes du genre. Pour l'instant, les trois tomes parus sont d'un niveau égal, avec un petit plus pour ce troisième opus qui offre un scénario un peu plus riche.

Loubrun

 

 

 

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infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017

 

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les autres tomes parus

le tome 1

infinity 8, trondheim, balez, vehlmann, rue de sèvres, science-fiction, voyage spatio temporel, religion, sectes, fanatisme, robots, 8/10, 03/2017Scannant sans vergogne les mâles de toutes espèces à la recherche du géniteur qui lui offrira descendance de compétition et retraite anticipée, Yoko Keren prend son travail d’agent un peu par-dessus la jambe. C’est pourtant sur elle que tombe l’honneur de se voir confier par le Capitaine de l’Infinity une mission qui initiera la mythique procédure 8 : un amas d’artefacts de type inconnu bloque l’avancée du vaisseau ; l’agent Keren dispose de 8 heures pour en découvrir la source. À l’extérieur, sarcophages éventrés, mausolées géants, morceaux de planètes mortes… une véritable décharge pour Yoko, mais un extraordinaire garde-manger pour la seule espèce nécrophage de l’Infinity ! Surexcités par les milliers de cadavres flottants qui entourent le vaisseau, un groupe de Kornaliens échappe à tout contrôle et s’élance dans l’espace, condamnant derrière eux tous les sas de sortie…

 

le tome 2

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Premier reboot à bord de l’Infinity 8 ! Les informations cruciales transmises par Yoko Keren (T1) au QG ont décidé le Capitaine à lancer une nouvelle trame temporelle et activer un second agent : l’impulsive Stella Moonkicker, qui ne disposera à son tour que de 8 heures pour réunir un maximum de renseignements. Flanquée de Bobbie, son assommant robot de probation, elle est assignée à la sécurité d’un groupe de nostalgiques du nazisme, dont ils ne comprennent pas les dangers. Mais quand ils retrouvent dans le mystérieux mausolée la tête cryogénisée d’Hitler et réussissent à la réactiver, la menace d’un IVe Reich imposé à l’Infinity 8 se fait très sérieuse. Stella et Bobby vont affronter le Führer, car si le Capitaine est tué, aucun reboot ne pourra avoir lieu, et l’avènement du IVe Reich deviendra la seule trame temporelle à avoir jamais existé…

 

 

04/05/2017

Guy de Maupassant - Une vie

guy de maupassant,une vie,variety art work,soleil manga,adaptation littéraire,littérature,xixème,032017guy de maupassant,une vie,variety art work,soleil manga,adaptation littéraire,littérature,xixème,032017Scénario : Variety Art Work
Dessin : Variety Art Work
Éditeur : Soleil Manga
192 pages
Date de sortie :  mars 2017
Genre : adaptation littéraire

 sens de lecture : français

 

 

Présentation de l'éditeur

La France au XIXe siècle. Jeanne, fille unique d’un baron, vient d’avoir 20 ans et sort du couvent pour aller vivre avec ses parents dans leur demeure des Peuples. Là, on lui présente un jeune vicomte qu’elle épouse, et elle semble continuer de vivre dans un conte de fée ; mais la réalité ne cesse de la rattraper dans toute sa cruauté… Ce mariage était-il une erreur ? Un chef-d’œuvre de la littérature naturaliste, exposant une vérité sans fard.

 

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Mon avis

Écrivain français de la fin du XIXe siècle, Guy de Maupassant est surtout connu pour ses nouvelles, notamment le Horla ou Boule de suif. Une vie, est le premier des 6 romans qu'il a écrit entre 1883 et 1890. Son œuvre se caractérise par deux registres récurrents : le réalisme dans la description de la vie quotidienne et le fantastique qui lui permet d'aborder le thème de la folie, folie dans laquelle il sombrera à la fin de sa courte vie. Ces deux registres entrent parfois en résonance et donnent à l'ensemble de l’œuvre de Maupassant une dimension dramatique et assez pessimiste de la société et du genre humain.

 

Une vie est une peinture naturaliste décrivant les désillusions d'une jeune femme issue de la bourgeoisie de cette fin de XIXe siècle. Cette jeune femme naïve et rêveuse qui croira découvrir l'amour dans son mariage avec un beau Vicomte, découvrira finalement la méchanceté humaine et passera une grande partie de sa vie à subir la violence d'un mari égoïste, vénal et brutal, ainsi que l'hypocrisie d'une société fermée ayant peu de considération à l'égard des femmes.

Cette histoire est dure, cruelle, injuste, violente .... comme parfois l'est la vie.

Derrière cette romance dramatique, Maupassant aborde de nombreux thèmes comme entre autres l'adultère, l'éducation, la religion, la famille, l'amour, la mort.

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L'adaptation en bande dessinée d'une œuvre littéraire classique est un exercice périlleux. Comment restituer la puissance et la force du texte original tout en conservant les spécificités du support bande dessinée que sont les ellipses et la dynamique du récit animé par le dessin ? Comment éviter le simple copier coller du texte original couplé à des images illustrant ce texte, sans risquer de dénaturer le travail de l'écrivain, ou comment réécrire l’œuvre ... sans la réécrire !

Bref, ça passe ou ça casse et sans doute que certaines œuvres s'y prêtent plus ou moins que d'autres. (cf. Les misérables).

Là, l'histoire est assez fidèlement restituée dans l'esprit du roman. On y retrouve bien tous les personnages principaux et leur caractéristiques, ainsi que l'inexorable détresse et l'insupportable soumission de Jeanne. Il y manque toutefois quelques scènes emblématiques du roman, comme la mort du deuxième enfant de Jeanne le jour où son mari se fait tuer, les ennuis de santé de son fils et la scène très violente où le curé tue, devant des enfants, une chienne en train de mettre bas. On peut comprendre auteurs et éditeurs qui auront voulu préserver un jeune lectorat. Mais moi j'y vois plutôt une forme et de dénaturation de l’œuvre et d'aseptisation des propos de l'écrivain.

Au final, si ce manga se lit bien, j'ai du mal à voir quel public sera séduit. Les amateurs de Maupassant ne retrouveront évidemment pas sa plume ; ceux qui ont lu le roman trouveront le manga un peu léger ne faisant qu'effleurer les thématiques et proposant des dialogues simplistes (peut-être encore une fois pour ne pas effrayer le lecteur) ; quant aux amateurs de manga, ils ne trouveront rien de transcendant dans le dessin qui nous propose le minimum syndical.

Bref, je ne suis pas du tout convaincu que ce genre d'ouvrage puisse pousser les jeunes lecteurs de BD vers le roman, et inversement attirer les lecteurs de roman vers la richesse que peut proposer par ailleurs le média bande dessinée.

 

 

Loubrun

 

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