27/06/2013

La différence

la différence,Mako,daeninckx,casterman,polar,western,rivages noirs,510,062013la différence,Mako,daeninckx,casterman,polar,western,rivages noirs,510,062013Scénario : Daeninckx

dessin : Mako

adapté du roman de Charles Willeford

Editeur : Casterman

Collection : Rivages/Casterman/noir

date de sortie :avril 2013

104 pages

genre : western

 

Résumé (éditeur)

XIXe siècle, quelque part dans le sud des Etats-Unis, non loin de la frontière mexicaine. Johnny Shaw, dix-neuf ans, est un très jeune homme blond tout juste sorti de l’adolescence, et il est en fuite. Le clan des Reardon est sur ses talons afin de venger la mort du plus jeune des fils Reardon, Onyx, que Johnny affirme avoir descendu « à la régulière ». Difficile pourtant de discerner le vrai du faux, dans cette histoire sans témoin que vient encore obscurcir un conflit foncier jamais réglé entre feu le père de Johnny et les Reardon. Traqué, seul contre tous, le jeune homme reçoit l’aide inattendue de Dover, un ancien tueur à gages devenu maréchal-ferrant, qui lui enseigne les subtilités du maniement des armes et l’art de la survie à tout prix. Mais comment être sûr que Johnny, impétueux, violent et immature, ne va pas se laisser griser par le nouveau pouvoir dont il se sent investi ?

 

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Adaptation d’un roman de Charles Willeford  par Didier Daeninckx dans la belle collection Rivages / Casterman / Noir, la Différence est un mélange de western et de polar. D’après le pitch de l’éditeur.

Autant le dire tout de suite, ma curiosité avivée par ce curieux mélange des genres n’a pas été rassasiée.

 

Le côté western de ce récit est des plus banal : un conflit à propos d’un terrain, une vendetta, un règlement de comptes, un vieux truand rangé qui transmet son savoir, un gamin qui a tout perdu, qui apprend vite et qui tourne mal, bref, toutes les recettes et ficelles du genre sont là. Le problème ce sont les personnages. Ils manquent totalement de profondeur et aucun d’eux ne donne envie de le suivre. Leur psychologie  n’est pas développée et on tourne les pages comme celles d’un album photos, juste en regardant les images.

Images qui par ailleurs n’ont rien de transcendant. Beaucoup de gros plans et quasiment pas de grands espaces, comme si les auteurs avaient voulu faire l’économie des décors. A moins que cette histoire ne corresponde pas au format de cette collection.

 

Pour le côté polar…. hé bien, j’ai beau chercher, excepté le côté noir et violent du jeune Johnny, je n’en vois pas l’ombre d’un cheveu … .

 

Je ne connaît pas le roman de Charles Willeford, mais j’ai le sentiment que cette adaptation ne fait que survoler l’œuvre originale en se contentant de juxtaposer des scènes pour répondre au pitch du récit. Or, l’intérêt des polars réside davantage dans la description de la psychologie des personnages que dans la simple exposition des faits.

Amateurs de polars, passez votre tour sur cet album. Amateurs de westerns, vous y trouverez peut-être votre compte si vous aimez les histoires brutales et sans surprise.

Ce qui est sûr, c’est que la collection Rivages/Casterman/Noir nous a habitué à mieux.

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Ma note : 5/10

Loubrun


25/06/2013

Les Cosaques d'Hitler - T1 - Macha

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Dessin : Olivier Neuray

Couleurs : Ruby

Editeur : Casterman

Date de sortie : mai 2013

48 pages

genre : Historique

 

En Mai 1945, alors que la Seconde guerre mondiale touche à sa fin, deux jeunes officiers de l’armée britannique sont affectés dans un camp de prisonniers de la Wehrmacht, situé à Lienz en Autriche. Leur surprise est de taille quand ils constatent que le camp est ouvert, que geôliers et prisonniers fraternisent et que les prisonniers ne sont pas Allemands mais Russes et plus précisément Cosaques. L’incompréhension est totale et leur vision manichéenne du conflit est mise à mal. Considérant en premier lieu ces prisonniers comme des traîtres à leur pays et aux alliés, ils découvriront au fil du temps et avec l’aide de la belle Macha, les raisons de l’engagement de ces Cosaques aux côtés des troupes Hitlériennes.

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Valérie Lemaire et Olivier Neuray nous présentent un pan méconnu de la Seconde guerre mondiale : le ralliement de troupes cosaques à l’Allemagne nazie pour combattre Staline et leur abandon par les alliés à la fin de la guerre.

Historiquement Les Cosaques furent l’armée d’élite du Tsar. Lors de la victoire des troupes de l’armée rouge en 1917, grand nombre d’entre eux ont fuit la répression Bolchévique et s’exilèrent en Europe et notamment en France. On les appelait les Russes blancs. Chassés de Russie ou contraint à l’exil, ils vouaient une haine farouche au communisme et plus particulièrement à Staline.

Au lendemain de la guerre, Staline promit l’amnistie et le pardon à tous les Russes exilés. Nombre d’entre eux répondirent à son appel, sans se douter du piège mortel qui leur était tendu. Staline ne leur pardonnera rien et en enverra une grande partie pourrir dans les goulags de Sibérie.

Les prisonniers du camp de Lienz sont pris entre deux feux. Les motivations qui les ont poussés à combattre aux côtés d’Hitler n'empêcheront pas les alliés de les sacrifier sur l’autel de la géopolitique.

Ils savent le sort qui les attends s’ils tombent entre les mains des Soviétiques. Aussi, leur libération se transforme-t-elle en un véritable drame.

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Sur un scénario simple et didactique, le récit se déroule de manière très fluide et Valérie Lemaire réussit à intégrer parfaitement la petite histoire dans la grande.

Toutefois on peut regretter que l’émotion ressentie ne soit pas à la hauteur du drame vécu par les Cosaques et les soldats britanniques. Bien qu’expressif, le trait style ligne clair d’Olivier Neuray est sans doute trop lisse et trop figé pour donner une dimension un peu plus épique a cette tragédie.

Il n’empêche, Les Cosaques d’Hitler, en soulevant le voile sur un pan méconnu de l’Histoire, a le mérite de révéler la complexité de ce conflit et de contribuer au travail de mémoire de ses  innombrables victimes.

 

Ma note : 7/10

Loubrun

21/06/2013

Erik le rouge - T1 - le sang des vikings

Erik le rouge,le sang des vikings,di giorgio,sieurac,Soleil,vikings,HistoireErik le rouge,le sang des vikings,di giorgio,sieurac,Soleil,vikings,HistoireScénario : Jean-François Di Giorgio

Dessin : Laurent Sieurac

Editeur : Soleil Productions

Date de sortie : Avril 2013

48 pages

Genre : Aventure historique

 

 

Thorvald Asvaldsson est banni de son village après avoir tué le médecin qu’il avait pris pour l’amant de sa femme. En bon viking qu’il est, Thorvald, au lieu d’être auprès de sa femme enceinte était en train d’écluser quelques godets. Ce qui explique la confusion dont le pauvre médecin est victime. Thorvald voit là une chance à saisir et part donc à la recherche de cette île que lui avait jadis indiqué un marin égaré.


Erik, son fils, naît pendant l’exil. Le clan trouve finalement une terre où s’installer et pendant qu’Erik grandit, les hommes procèdent de-ci de-là à quelques raids meurtriers qui ont fait la renommée des peuples vikings.


Cette série est censée raconter la vie d’Erik le rouge, célèbre viking qui colonisa le groenland. Ce Premier album met en place la série en racontant surtout la vie de Thorvald plutôt que celle de son fils. S’il peut être intéressant de connaître les origines d’Erik, on peut s’étonner que cela prenne tout l’album. Une dizaine de pages auraient été suffisantes pour ensuite plonger dans le vif du sujet : la vie d’Erik le rouge et son arrivée au Groenland.


Au final, le scénario ne présente pas un grand intérêt et la narration se résume à  succession de clichés sans grande surprise.


Heureusement, Laurent Sieurac sauve les meubles avec son dessin détaillé et magistral sur les décors. Les scènes en mer au milieu des glaces sont absolument sublimes et la majesté des paysages est parfaitement rendue. La lecture devient du coup moins pesante, d’autant que le découpage dynamise autant qu’il peut le récit.


Souhaitons que le tome 2 nos propose un peu plus de souffle épique.

 

Ma note : 6.5/10

Loubrun

12/06/2013

Canicule

canicule,baru,vautrin,casterman,polar,adaptationcanicule,baru,vautrin,casterman,polar,adaptationScénario, dessin et couleurs : Baru
adapté du roman de Jean Vautrin
Editeur : Casterman
date de sortie : avril 2013
109 pages
Genre : Polar

 

 

Après avoir effectué un braquage, Jimmy Cobb fuit la gendarmerie et se retrouve en plein milieu d’un champ de blé dans la Beauce profonde pour y planquer son magot. Le soleil de plomb doit lui brouiller l’esprit, car il ne remarque pas que Chim, un gamin planqué dans les blés, ne loupe rien de la scène. Jimmy n’est pas très loin d’une ferme dans laquelle il espère trouver refuge. La chaleur étouffante qui brûle les champs n’est rien en comparaison de l’enfer qu’il trouvera dans cette ferme.

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Cette ferme est un concentré de la misère sociale des plus sordide : un maître des lieux tyrannique et libidineux, une femme rongée par la haine, un frère suintant l’alcool, un fils battu à coup de ceinturon, une fille folledingue nymphomane et une grand-mère désabusée qui manque de se faire pousser dans la tombe à chaque instant. Le gangster a mis les pieds dans une cocotte minute dont la soupape est restée fermée trop longtemps, et le magot qu’il trimballait va tout faire péter !

 

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On dit que l’argent rend fou, mais là les protagonistes sont déjà tous bien atteints et, la chaleur aidant, le lecteur assiste à un maelström de folie destructrice.

Avec Canicule, Baru inaugure une série d’adaptations des meilleurs romans de Jean Vautrin.

Le scénario de cette histoire est un peu léger, mais la mise en scène parfaite de Baru nous offre une lecture fluide permettant de bien cerner chaque personnage et leur noirceur. La lumière inondant les premières pages s’amenuise au fil du récit et l’auteur nous pousse sans ménagement dans cette cour de ferme glauque. On en vient finalement à se demander si Jimmy le gangster n’aurait pas mérité un meilleur traitement !

Un bon polar lumineux et noir à la fois, qui n'aurait pas démérité sa place dans la belle collection Rivages/Casterman/Noir.


canicule,baru,vautrin,casterman,polar,adaptationMa note : 7.5/10

Loubrun