28/02/2013

Prométhée T7 - La théorie du 100e singe

 

couv.jpg2604_p3.jpgScénario : Christophe Bec

Dessin : Stefano Raffaele

Editeur : Soleil

date de sortie : janvier 2013

48 pages

Genre : Fantastique, science fiction

 

 

L’histoire de ce tome 7 débute en alaska en 1943. Deux hommes rejoignent un village de pêcheur et se rendent vite compte que toute forme de vie y a disparue. Ils découvrent au milieu du village un énorme trou béant au fond duquel est planté un gros cube d’acier. Bien sûr, peu de temps après, la zone est investie par l’armée. Tandis qu’un groupe s’affaire à récupérer le mystérieux cube, un autre se fait pulvériser par de bien étranges créatures avec qui ils sont entrés en contact. Le cube livrera bien plus tard ses secrets dans la fameuse Zone 51 …

Extrait03.jpg2019, de nouveaux évènements surviennent. Des « sinkholes », énormes trous béants, se forment un peu partout dans le monde faisant disparaître la plupart des grands monuments connus du monde entier. Le cube découvert en 1943 a permit de développer tout un tas de technologies, et dans la Zone 51, on est maintenant capable de voir dans l’avenir. Ainsi, une nouvelle rencontre avec les créatures extra-terrestres semble inéluctable, et l’avenir de l’humanité qui parait plus que jamais compromis sera scellé le treizième jour…


Christophe Bec joue avec nos nerfs depuis 6 tomes et ce pour notre plus grand plaisir. Il a réussi à maintenir le lecteur en éveil, en lui montrant  une succession de phénomènes étranges sans jamais laisser entrevoir une once d’explication à ces évènements quotidiens qui se déroulent à 13h13. D’hypothèses en conjectures les plus folles, chaque tome laissait le lecteur devant un abyme de mystères le rendant toujours un peu plus dépendant à cette série.

Ce septième opus lève enfin (un peu) le voile sur tous ces phénomènes qui émaillent la série. Si les bases de la future destruction de l’humanité sont clairement posées, les causes sont évoquées au travers d’une hypothèse qui lève à son tour un nouveau mystère. C'est à croire que l’auteur veut nous rendre dingue ! En tout cas, il est certain qu’il n’est pas décidé à nous mâcher le travail, et c'est tant mieux ! 

Donc, pour ne pas perdre le fil de la narration, le scénario complexe de cette histoire demande une attention de tous les instants. Mais Christophe Bec sait y faire,  et finalement entre les flash-back, les différents lieux géographiques et temporels, et les séquences - très riches en textes - ou l’on voit Spaulding  mener son enquête, on ne décroche jamais tant on est avides de découvertes permettant d’élucider ces phénomènes.

 

Faisant partie de l’équipe des dessinateurs dès le tome 4, Stefano Raffaele est seul aux pinceaux depuis le précédent volume. Bien que ses personnages soient un tantinet figés, son dessin hyper réaliste donne un aspect encore plus anxiogène à l’intrigue tellement tout semble vrai. Par ailleurs, avec un unique dessinateur aux commandes, je trouve que la série gagne encore en qualité.

 

Extrait02.jpg


Ce tome marque certainement un tournant dans la série qui est prévue en 12 volumes. Nul doute que Christophe Bec saura nous envoûter jusqu’au bout avec son scénario diabolique. Il se dit même qu’un treizième tome pourrait voir le jour.  Ca parait évident non ?

Au même titre que Universal War One en science fiction, Prométhée est la série fantastique que tout aficionado du genre se doit de posséder.

Entre conspiration au plus haut sommet ou invasion extra terrestre, tout reste encore possible dans cette histoire,  et c’est avec une grande impatience que j’attends la suite pour voir ce qu'il adviendra au treizième jour !


Ma note : 8/10

Loubrun

 

 

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Skinhole au Guatemala

 

 

Écrit par Loubrun dans La griffe de Loubrun | Commentaires (2) | Tags : promethée, bec, raffaele, soleil, sf, 012013 |  Facebook | |

27/02/2013

Le tunnel

le tunnel,junji ito,tonkam,horreur,épouvantele tunnel,junji ito,tonkam,horreur,épouvanteScénario et dessin : Junji Ito

Editeur : Editions Tonkam

collection : Frissons

Date de sortie : Janvier 2013

234 pages


 

Junji Ito est considéré comme l’un des maitres du manga d’horreur. Dans Le Tunnel, les éditions Tonkam nous proposent 5 nouvelles écrites dans les années 90, aussi effrayantes les unes que les autres.

Dans la première, une jeune fille voit rôder la mort dans les couloirs de l’hôpital où elle séjourne. Il s’agit en fait d’un patient dont les rêves de plus en plus longs semblent le transporter hors de l’espace et du temps...

La seconde histoire met en scène un écolier qui voit sa mère mourir écrasée par un train dans un mystérieux tunnel. Il est le seul à ne pas croire au suicide et l’exploration du tunnel vers lequel les gens semblent inexorablement attirés lui donnera raison quelques années plus tard …

 

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Chaque histoire explore à sa façon les noirceurs de l’âme humaine en flirtant entre le fantastique et l’horreur. La simplicité des personnages qui doivent faire face à des phénomènes étranges rend encore plus effrayantes ces nouvelles. Si toutes ces histoires sont différentes, elles ont toutes pour toile de fond le thème du temps qui passe. Quête de la jeunesse éternelle, rêves interminables, immortalité …

Le dessin très noir et hachuré de Junji Ito reflète parfaitement l’ambiance glauque de l’horreur mise en scène et certaines pages sont carrément oppressantes. De plus, l’auteur réussi à donner vie à ses personnages en faisant admirablement passer les sentiments de peur ou de folie dans un simple regard.

Adeptes de Stephen King ou des Histoires Fantastiques d’Edgar Allan Poe, vous ne devriez pas être déçus par Junji Ito.

 

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Petit bonus éditorial : un vernis sélectif phosphorescent a été appliqué sur la couverture. Effet fantôme garanti après extinction des feux !


Ma note : 7/10

Loubrun

 

 

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Voir le site de l'éditeur ICI

18/02/2013

Piège Sur Zarkass - T1 - Une chenille pour deux

Zarkass Couv.jpgPlancheA_179079.jpgScénario : Yann

Dessin et couleurs : Didier Cassegrain

Editeur : Ankama

Collection : Les univers de Stefan Wul

date de sortie : janvier 2013

46 planches

genre : Science Fiction

 

Résumé (Editeur)

La jungle luxuriante et menaçante de la planète Zarkass réserve bien des surprises aux deux agents spéciaux que l’ambassadeur de la colonie terrienne de New Pondichery a
contraint à collaborer pour une mission ultra-secrète : Louis, dite “Loulou” et Marcel dite “casse-burnes”. Leur couverture officielle ? Etudier la faune, la flore et les singulières et extravagantes coutumes du peuple autochtone zarkassien. Escortées d’un groupe d’indigènes, nos deux vaillantes exploratrices vont pénétrer dans une zone interdite, afin d’examiner de près l’épave mystérieuse d’un vaisseau alien qui semble fortement préoccuper les instances dirigeantes… Mais les deux jeunes femmes ne tardent pas à soupçonner que chacune d’elle a dissimulé à l’autre les véritables motifs de sa présence sur Zarkass et cache d’autres raisons de se trouver là, bien plus personnelles…

 

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Piège sur Zarkass est la troisième adaptation très libre des univers de Stefan Wul. En effet, Yann a inventé une histoire en préambule à ce récit. Il imagine que les terriens sont passés sous domination féminine et qu’à présent la vie sur la planète bleue y est beaucoup plus douce que du temps de la domination masculine.

Cette nouvelle population terrienne rebaptisée Gaïa veut apporter ses bienfaits sur la planète Zarkass, colonie peuplée d’autochtones assez primitifs.

Les agents en charge de la mission sont donc des femmes et non des hommes comme dans le roman. Si la trame principale du roman est respectée (la recherche de mystérieux engins aliens s’échouant sur la planète), je ne vois pas trop l’intérêt d’avoir changé les personnages créés par Wul, d’autant que toute la faune et la flore y sont plutôt bien restitués.


Mais là n’est pas le défaut principal de cet album. La narration est d’un ennui mortel. A aucun moment je n’ai pu entrer dans l’histoire et m’attacher à un personnage. On assiste dans la première partie à une succession de petits faits et mésaventures sans grand intérêt où le duo mal assorti se livre à des joutes verbales qui auraient leur place dans la cour de récré d’un collège, pour arriver à 10 pages de la fin sur un brin d’explication à propos des deux agents et de leur mission. Ce passage tombe un peu comme un cheveu sur la soupe et l’utilisation du flashback parait superflue tant on avait perdu espoir de trouver un intérêt à cette lecture. Une présentation plus classique des personnages en début d’album aurait mieux fonctionné.


piège sur zarkass,yann,cassegrain,ankama,stefan wul,science-fictionAutre point noir et pas des moindres : les dialogues.  Vouloir moderniser les dialogues d’une œuvre écrite dans les années 50 peut sembler légitime, mais parfois, à trop en faire on risque de tomber dans la caricature. C’est le cas ici. Le ton complètement décalé est parfois vulgaire et scabreux et ne colle pas du tout avec ce genre d’histoire.

Le choix d'une adaptation décalée s'est fait au détriment des thèmes chers aux univers de Stefan Wul et qui - comme dans quasiment tous les romans d'anticipation - aparaissent toujours en arrière plan, menant à des réflexions sur les civilisations, l'humanité, la colonisation, l'écologie ... Là, c'est à peine suggéré, et c'est la pantalonade qui prédomine.

Cassegrain se démène avec crayons et pinceaux pour tenter de relever un peu cette histoire, mais la mission est délicate. Ce dessin me laisse un sentiment mitigé. Sans être repoussant il est difficile de s'y arrêter tant la mise en scène est surchargée, donnant une sensation de « dessin fouilli ». C'est sans doute voulu pour restituer l'épaisseur de la jungle Zarkassienne.

 

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Certains se consolerons avec la dose d’humour distillée à travers quelques jeux de mots. S'ils font de temps en temps sourire (« par le pavé sacré de Bohn-Cendit ») ils n'en rehaussent pas pour autant le propos et ne mettent en tout cas pas en valeur l’œuvre originale.

Les romans de Wul méritent mieux que ça. Après Niourk et Oms en série, cette troisième adaptation est une vraie déception.

Peut-être prendrais-je au pied de la lettre les avertissements des « Zarkhâs-twâpoov-khon », et même après avoir fumé des graines de « Hmokh-Ett », je ne pense pas remettre les pieds sur cette planète … pas envie de croiser les arbres « lutah kanlduh » …

 

Ma note 5/10

Loubrun

 

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11/02/2013

Zéro pour l'éternité - Volume 1

zéro pour l'éternité,hyakuta,sumoto,delcourt,akata,guerre,histoire,kamikaze,japonzéro pour l'éternité,hyakuta,sumoto,delcourt,akata,guerre,histoire,kamikaze,japonScénario : Naoki Hyakuta

Dessin : Sumoto Souichi

Editeur : Delcourt - Akata

Sortie en janvier 2013

200 pages

Genre : Action, Histoire, guerre

 Inspiré du roman de Naoki Hyakuta

 

Résumé (éditeur)

Kentaro est un étudiant lymphatique peu motivé par le travail et la vie active. A la demande de Keiko, sa sœur, jeune écrivain freelance, il va se plonger dans son passé familial. Kyuzo Miyabe, son grand-père, était en effet un aviateur japonais, mort en tant que kamikaze quelques jours avant la fin de la seconde guerre mondiale. Etait-il le héros que tout le monde prétend ? Ou plutôt un terroriste ? Un lâche ? En recueillant les témoignages de ses anciens camarades de guerre, Kentarô va découvrir un homme complexe, aux multiples facettes, bien loin de l’image qu’il s’en faisait.

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Kentaro et Keiko découvrent sur le tard l’existence de ce grand père mort pendant la guerre. Ils ne l’ont jamais connu, alors pour eux c’est le "grand père fantôme". En enquêtant sur ce personnage, ils ne savent pas trop où ils mettent les pieds bien qu’ils aient quelques idées sur les kamikazes. Qu'ils soient héros pour les uns, ou terroristes pour les autres, ils ont toujours été des soldats ambigus et controversés. A mille lieues des clichés hollywoodiens sur la guerre du Pacifique, mais aussi des poncifs sur le patriotisme exacerbé de l’armée japonaise de cette époque, le témoignage que leur livre le vétéran qu’ils interrogent va se révéler douloureux pour les descendants de Miyabe.

Le personnage de Kentaro se révèle au fil des pages. C’est plutôt contraint et forcé qu’il participe au projet de sa sœur, et il découvre petit à petit que la grande Histoire est faite de petites histoires qui font la vie des hommes. Il prend alors pleinement conscience de ce qu’a coûté la guerre et n’a pas d’autres choix que d’en savoir plus sur ses origines.

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Depuis les attentats du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center, le terme de kamikaze est quasiment devenu synonyme de terroriste. L’amalgame qui a pu être fait à l’époque par les médias a choqué nombre de familles japonaises. Ce manga ne cherche pas à redorer le blason de l'armée japonaise de l'époque, mais tente plutôt de faire un travail de mémoire pour ces soldats qui n’étaient pas tous candidats à la mort.

Rompant  avec l’imagerie simpliste de la plupart des films de guerre qui ne proposent en général qu’une seule vision des faits, ce manga montre aussi le fossé d’incompréhensions qui sépare la génération des vétérans de la génération du 21ème siècle.

Le style réaliste proposé par Souichi Sumoto rend la lecture très facile pour qui aurait peu l’habitude du manga. Les flashbacks racontant la période de la guerre dynamisent le récit sans jamais trop s’éterniser permettant ainsi de toujours garder un pied dans le 21ème siècle et de suivre pas à pas les changements d’attitudes de Kentaro et Keiko. Par ailleurs, dans ces passages évoquant la guerre, Sumoto nous propose un graphisme beaucoup plus intense et détaillé que dans les périodes contemporaines.

A la fin de l'ouvrage les amateurs d'Histoire se réjouiront des 5 pages d'explications historiques sur les fameux avions Zéros et sur les kamikazes.

Ce premier volume lance parfaitement bien cette série prévue en 5 tomes.


Ma note : 8/10

Loubrun

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