02/01/2013

Saria T2 : La porte de l’ange

Saria2r.jpgSaria2.jpgAuteurs : Dufaux et Federici
Editeur : Delcourt.
Sortie : 10/2012
Purgatoire
Orlando a soudainement disparu. Il est détenu par la garde du doge et persécuté par Galadriel, l'ange déchu et ancien détenteur des clés. Un mal étrange le transforme en monstre. Saria n'hésite pas à faire appel à l'étrange major Sirocco, un banni qui vit dans les eaux du repentir, pour sauver Orlando...

Tentation.
J’ai ressorti des abimes ma vieille version Robert Laffont de 2007 pour relire le tome 1 de cette série initialement intitulée les enfers. J’espère que vous suivez car ce n’est pas fini .Entre ce passage au purgatoire, Serpieri  doit rendre la main pour des ennuis de santé à un de ses compatriotes Riccardo Federici pour le dessin. Une chance que c’est toujours Jean Dufaux qui s’occupe du scénario. Pour une série qui parle de néant, de déchéance et de damnation, on peut difficilement faire mieux comme parcours chaotique.
Bon, ce qui frappe en premier avec ce tome 2, c’est le grand écart du point vu graphique. Federici est nettement plus dans le dessin hyper réaliste, moderne jouant avec les lumières et invitant le lecteur dans d’impressionnants cadrages. On n’attend plus que la luxure des enfers pour être complètement subjugué.
Par contre, en relisant le tome 1, j’ai été nettement moins captivé par l’histoire .J’aurais bien aimé connaitre les raisons de la décadence de Venise, le pourquoi de l’omniprésence religieuse version obscurantisme, connaitre le mal qui ronge les murs de cette ville, comment se fait-il que certain soit fait de chair déformée et d’autre de mécanique ? Bref, beaucoup de questions qui m’empêchent de bien appréhender cet univers .En plus, le ton solennel rend l’ensemble assez peu sympathique mais bon, nous sommes en enfer  et ce n’est pas la foire aux bisounours non plus. 
Du coté positif, certaines scènes sont admirables, la scène des miracles, le bureau de vote, la mort d’Orlando sont vraiment incroyables à contempler.
Voilà, ceux qui n’ont pas peur d’affronter un univers différent en pleine déliquescence, Saria vous attend derrière la porte.

Scénario : 6.5/10.
Dessin : 8.5/10
7/10 Global.
Public cible : Voyageurs de mondes parallèles.
On en parle sur le forum.
Samba.

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Venise hantée Livre 1 :L’étrange mort de Lord Montbarry

Venise hantée1.jpgVenise hantée1d.jpgAuteurs : Roger Seiter et Vincent Wagner.
Editeur : Emmanuel Proust.
Sortie : 10/2012

L’histoire.
L’irréprochable Lord Montbarry, à la surprise de tous, rompt ses fiançailles avec la respectable Agnès pour épouser en Allemagne une sulfureuse aventurière. Scandale ! Pour échapper au déshonneur, il fuit à Venise où il loue un somptueux palais. Loin de Londres, l’aristocrate anglais meurt dans des circonstances mystérieuses… laissant à sa jeune épouse une fortune colossale ! Il n’en faut pas plus pour éveiller les soupçons du romancier Wilkie Collins, grand amateur de crimes insolubles, qui va se rendre à Venise pour y mener sa propre enquête…

La veuve noire ?

Minable, vous avez dit minable ? Comment peut-on suspecter la comtesse Narona du meurtre de son mari ? Tant qu’on y est, déclarons mister Depardieu exilé fiscal !
Allez, un peu de sérieux, dans la bonne société victorienne de la fin du XIX siècle, la bienséance est de rigueur et pas de complot machiavélique possible. Quoique le baron Rivar me semble bien étrange avec ses expériences chimiques.
Vous l’aurez compris, on est en plein polar qui sent bon le parfum « Agatha Christie ».D’ailleurs ce diptyque est librement adapté du roman de Wilkie Collins « l’hôtel hanté ».
Roger Seiter (HMS-Spécial Branch ) s’est même amusé à placer ce romancier comme personnage . On y joue aussi du Wagner, certainement un clin d’œil au dessinateur de cette série. Pour l’intrigue principale, il faudra attendre la fin de cette manipulation pour juger car pour le moment on est en pleine spéculation. Je parlerais même de brouillard avec la scène finale qui m’a parue bien étrange mais comme on n’a pas toutes les pièces du puzzle en main, je pense que c’est normal. Sinon, je conseille à la comtesse de venir en Belgique une fois son assurance vie acquise, on a un régime fiscal très favorable pour les grosses fortunes.
Pour le dessin, Vincent Wagner semble nettement plus à l’aise aves les décors que pour les personnages surtout pour la gente  féminine qui a tendance à trop se ressembler. Par contre, c’est une joie de se promener dans Venise  et de reconnaitre les lieux mythiques de la cité des doges. On remarquera aussi un encrage plutôt prononcé.
Voilà, les amateurs de polar à « l’ancienne » seront certainement friands de ce genre de BD. Pour terminer, si vous achetez cet album via Sambabd , vous recevrez une exonération fiscale  pour avoir contribué à l’essor d’un site belge .
Scénario :6/10
Dessin :6/10
surprises.smileysmiley.com.6.3.gif Global.



Samba.

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31/12/2012

Tale of sand.

0.jpg1.jpgAuteurs : Jim Henson, Jerry Juhl et Ramon K.Pérez.
Editeur : Paquet.
Sortie : 11/2012

La chasse à l’homme.
Mac, jeune américain ordinaire, se voit confier par le shérif d’une petite ville tout droit sortie d’un western, une étrange mission : rejoindre coûte que coûte « la montagne de l’aigle ». Pour y parvenir, il ne dispose que d’une vieille carte, d’un sac à dos, d’une injonction en forme de conseil « cours, petit, cours ! » et de 10 minutes d’avance. Sur qui, sur quoi ? Mac sortira-t-il indemne de cette aventure ?

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Tout un programme.
D’abords un petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas Jim Henson, c’est le génial inventeur du Muppet’s Show. Ce touche à tout avait aussi écrit une histoire pour un film dans les années 70, ce fameux Tales of sand mais son scénario fut refusé à chaque fois. Une sorte de projet maudit qui nous arrive aujourd’hui sous forme de BD. A peine sorti, cette adaptation a raflé plusieurs prix au dernier  Eisner Awards .
Bref, je suis curieux de lire çà, bien que l’intitulé de « comédie dramatique surréaliste » fasse  un peu peur, mais lisons avant de nous faire des à priori.
On commence par un patchwork, on danse, on rit, on acclame. L’histoire se focalise sur Mac. Un danger guette mais tout le monde a le sourire. Le voilà lancé dans une course effrénée pour sauver sa peau. Les situations loufoques s’enchainent, on est en plein délire, je parlerais même de folie ou alors un truc onirique sans logique. Je dois avouer que je me suis piqué au jeu et que j’imaginais avec plaisir le bazar qui allait encore tomber sur notre héros. C’est presque jubilatoire.
Il faut dire que le graphisme de Ramon K.Perez  accompagne admirablement cette frénésie. Au départ, on a l’impression que c’est un joyeux foutoir accompagné de couleurs pétantes mais non, le tout est d’une lisibilité incroyable, on lit presque cette d’œuvre d’instinct. Pour une fois que mes repères de mangeur de pages dessinées sont mis en défaut, j’en suis ravi.
Par contre, je me demande quel est le message subliminal de cette affaire ? Je me pose encore la question du but de cette fuite.
Voilà, vous l’aurez compris, ce n’est pas un roman graphique pour les esprits cartésiens mais bien pour ceux qui aiment être surpris par un joyeux délire.
Pour la cote, impossible à déterminer, c’est génial  pour les uns ou complément absurde pour les autres, c’est selon.
Pour ma part, ce sera  un audacieux coup de cœur.

Samba.

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30/12/2012

U-boot T3 : Jude.

U-Boot3.jpgU-Boot3d.jpgAuteur : J-Y Delitte.
Editeur : 12 bis.
Sortie : 11/2012.

Lavage de cerveau.
Après avoir détruit le siège central du groupe Maher et assassiné son PDG, l’énigmatique Heinrich Himmel, Jude — la tueuse à la chevelure blanche — s’est réfugiée au Nevada, dans une ancienne base militaire désaffectée connue sous le nom de Aera 51.
Monsieur le président-directeur général.
Voilà bien un album qu’on n’attendait pas. Le mot fin était  pourtant clair et net sur la dernière page du tome 2. Et puis voilà que l’histoire continue en se focalisant sur la tueuse Jude. Il fallait bien un complot machiavélique d’envergure un peu tiré par les cheveux pour faire rebondir l’affaire. On retrouve la même  structure que pour  les deux premiers tomes avec de très nombreux flashback. Heureusement qu’on nous aide avec un repaire temporel pour bien situer l’époque sinon ce serait une belle mayonnaise. En plus, on a une pléiade de personnages secondaires dont les facies ont la fâcheuse tendance à tous se ressembler, c’est bien le seul grief que je ferais pour le dessin car j’ai trouvé l’univers futuriste de Jean Yves Delitte très convainquant.
Franchement, j’ai du mal à savoir sur quel pied danser avec cette série. J’ai bien aimé la qualité des univers proposés, aussi bien le monde clos de l’U-boot que pour les technologies futuristes. Par contre, je n’ai pas ressenti la moindre parcelle d’empathie pour aucun des personnages. C’est souvent le cas d’ailleurs chez Delitte, on fait rarement dans la dentelle et dans l’émotionnel.
C’est sûr, ce n’est pas du Gibrat.
Je qualifierais quand même ce dernier  tome 3 de dispensable mais allez savoir si c’est vraiment la fin.
Scénario : 6/10
Dessin : 8/10
6.5/10 Global.
Samba
On en parle sur le forum.

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Écrit par Samba dans SAMBAVIS | Commentaires (2) | Tags : u-boot, delitte, science fiction, sf, 12bis, 6.510, 112012 |  Facebook | |