21/09/2007

Les Enfers, les trois clefs.

Enfers11256page2enferLe résumé.
Entre traque infernale et machinations machiavéliques, Saria parviendra-t-elle à protéger son héritage ?   À Venise, en l’an 27 de l’ère dominitienne, le palais Asanti est plongé dans une demi-pénombre. Saria est au chevet du prince, son père. Réunissant ses dernières forces, celui-ci lui confie une petite boîte joliment ouvragée, surmontée d’une tête de démon. La fillette est surprise par ce qu’elle y découvre… Trois clés : une rouge, une noire et une blanche. "...Saria, seule l’une d’entre elles ouvre la porte de l’Ange, celle qui mène au pouvoir suprême !! Des rois, des tyrans ravageraient des continents pour s’en emparer. Éloigne-toi d’ici au plus vite !" Orlando, fidèle serviteur du prince Ansanti, s’enfuit avec l’enfant à travers les couloirs tortueux du palais. Une barque va les mener loin de la cité et de ses dangers.
Des années plus tard, âgée de dix-huit ans, notre héroïne, surnommée La Luna par le peuple de Venise, va se trouver confrontée au frère du défunt, le doge, ainsi qu’à l’ange Galadriel, tous deux à la recherche des clés…
Cette première collaboration entre deux géants – l’un, maître incontesté de la science-fiction, l’autre, scénariste européen le plus remarqué – nous fait découvrir une Venise futuriste et décadente et va nous conduire… aux Enfers. 

Mon avis.
Mes dernières lectures m’avaient rendu plus que bougon, je me  suis même demandé si ce n’était pas moi qui était saturé en BD  tellement les dernières lectures m’étaient pénibles. Mon sauveur, « les enfers », oh joie, magnifique. Un Dufaux comme je les aime, décadent, post apocalyptique,  dans un univers fantastique singulier. Tous vos repères sauteront les uns après les autres dans ce monde complètement  décalé. Un tome un qui est loin d’être un tome d’introduction. Ici pas de temps mort, direction les enfers au grand galop dans un Venise méconnaissable sous le joute d’une dictature religieuse. Un vrai délice comme pour le dessin. C’est mon premier Serpieri et j’étais plutôt septique en feuilletant l’album mais à fur et à mesure de la lecture, j’ai apprécié son trait précis, parfois coquin aussi (c’est quand même l’auteur de Druuna), un découpage clair et varié .Même les couleurs qui sont au premier abord assez froides passent bien.
Les enfers sont réellement un paradis mais pas à la portée de n’importe qui .Ceux qui ont aimé Samba Bugatti ou le Jaguar par exemple peuvent acheter cet album les yeux fermés.
surprises.smileysmiley.com.9


ICI, le site de Robert Laffont, nouveau venu dans le monde du 9 ème art.

EnfersLes_07092007_191525

14/09/2007

Fille de rien

FilleDeRien_25062007_100836fillederien_plaLe résumé.
Mai 1944, dans les environs de Lyon. Dans une grande ferme cohabite toute une famille. Delphine, la matriarche, vit dans le souvenir de son mari vénéré, mort en 1918, et porte aux nues le maréchal Pétain, grand homme de France. Ses trois premiers fils et leurs épouses sont restés, alors que le quatrième est rentré dans la clandestinité. La guerre, il faut s'en accommoder. Privations, marché noir, petits arrangements... Mais cette guerre a surtout créé des abîmes d'incompréhension entre les membres de la famille : on ne s'écoute plus, on ne se supporte plus. La fin de l'Occupation approche, et viendra le temps des règlements de compte, des basses vengeances avec leur lot d'injustices et de haine. Les guerres n'apportent jamais rien de bon ; les fins de guerre en sont l'écho fidèle et tenace.

Mon avis.

C’est une photo de Robert Capa montrant une jeune femme tondue, un nourrisson dans les bras, huée par une foule sans compassion, hilare, qui a incité Sylvain Ricard à écrire Fille de rien. C’était en 1944, la France se libérait...
En approchant au plus près de l’intimité d’une famille ordinaire en proie à tous les déchirements de cette période trouble, Sylvain Ricard signe un récit sans concession, empli de toute la complexité des choix humains.
C’est rare que je fasse un papier collé dans mon avis mais je trouvais ces paroles très justes pour parler de cet album. Un récit intéressant à lire, assez juste, dur aussi sur les dérives de la vindicte populaire .On retrouve une tension sourde mais tellement présente bien mis en valeur par le dessin et le choix des couleurs de West.
Un seul hic, j’ai trouvé cette  « fille de rien » intéressante mais pas captivante, et là pour un sujet si émotionnel c’est regrettable.
surprises.smileysmiley.com.7


Le site de Sylvain Ricard ICI.

FilleDeRien_25062007_100831

04/09/2007

H.M.S.,la morsure du serpent.

H.m.s.HisMajestysShip3_23082007_165937Planche_bd_8020_h.m.s._tome_3Le résumé.
1796. Dans la baie de Gibraltar, le médecin de marine Fenton, de la Danaë – (cf. les deux premiers épisodes de H.M.S.), embarque à bord du Colossus. Destination l’île d’Elbe, d’où l’escadre anglaise doit escorter un convoi marchand originaire de Livourne, qui fuit devant l’avance victorieuse des troupes de Bonaparte en Italie. C’est là que Fenton, sous la menace d’une condamnation à mort par contumace pour un meurtre qu’il n’a pas commis, se voit soumettre une étrange proposition par un émissaire du Premier Lord : mettre à profit ses talents d’enquêteur pour devenir une sorte d’agent secret au service de l’Amirauté, chargé d’éclaircir diverses énigmes non résolues au sein de la marine royale britannique. L’une de ces affaires, justement, vient de rebondir. Plusieurs hommes d’équipage du capitaine Mowett, suspecté d’enrichissement illégal au retour d’une longue croisière dans l’Océan Indien, viennent d’être assassinés, tous les os du corps brisés et l’un de leurs doigts tranché…

Mon avis.
H.M.S, c’est de l’aventure avec un grand A comme je les aime. Une enquête complexe, bien amenée, intelligente dans un contexte historique intéressant (la  guerre maritime entre Napoléon et la navy anglaise).  On a vraiment plaisir à suivre les recherches du docteur Fenton  dans ce monde si particulier d’un navire de guerre  de la fin du 18 ème siècle. En plus on y parle de Whist, alors je ne peux qu’être emballé par cette histoire. On est loin d’une petite misère, c’est presqu’un grand chelem.
Le seul petit reproche que j’ai à faire sur le dessin, c’est une petite variabilité dans les visages car sinon c’est un dessin de haute voltige que nous propose Roussel. La découpe, les couleurs (ah les fabuleux effets de lumière), l’ambiance maritime, les multiples détails sont un vrai régal pour les yeux.
H.M .S, une BD au service de sa majesté pour notre plus grand plaisir.
surprises.smileysmiley.com.9


Le site très complet  de la série des deux alsaciens, Seiter et Roussel
ICI.

25_3

01/09/2007

Les cités Obscures, La théorie du grain de sable.

CitesObscuresLes10_25082007_1643021180graindesablepl1Le résumé.
Brüsel, 21 juillet 784. Constant Abel répertorie avec patience les pierres qui se matérialisent mystérieusement dans les différentes pièces de son appartement. Toutes pèsent exactement le même poids : 6.793 grammes - un nombre premier. Dans un immeuble voisin, une mère de famille constate, de la même manière, que du sable s'accumule avec régularité dans son appartement, à la grande joie de ses enfants, tandis qu'un peu plus loin le patron et chef cuisinier de la célèbre brasserie Maurice découvre qu'il perd du poids, sans maigrir pour autant. Et ces étranges phénomènes ne font que s'accentuer au fur et à mesure que les jours passent. C'est pour enquêter sur ces faits insolites qu'une femme arrive spécialement de Pâhry : Mary von Ratten, celle qu'on a autrefois surnommée 'l'enfant penchée'. Elle découvre bientôt que la plupart de ces phénomènes semblent reliés à la personne de feu Gholam Mortiza Khan, un guerrier Bugtis venu tout récemment à Brüsel pour vendre des bijoux, et malencontreusement renversé par un tram en sortant d'un rendez-vous à la maison Autrique...

Mon avis.
Lire un album de cités obscures est déjà une expérience unique. A peine ouvert, vous vous engouffrez dans un autre monde, un univers si singulier  qui captera tout de suite votre attention. Les phénomènes étranges sont légions dans ces obscures cités mais ces bizarreries souvent insignifiantes peuvent prendre des dimensions pharaoniques. Une sorte d’angoisse latente est de plus en plus présente attrape alors le lecteur pris au piège de ces cités. J’ai toujours bien apprécié les cités obscures pour leur originalité, leur ton, pour la mise en scène, la richesse des décors notamment urbains et aussi pour le trait de Schuiten. Pour ce grain de sable, on revient au noir et blanc. Une non colorisation que normalement j’apprécie pas trop mais ici, c’est tellement bien réalisé que je tire mon chapeau à ce grand monsieur de la BD. Difficile d’évaluer ce premier opus de la théorie du grain de sable, on est loin de connaître toutes les réponses mais comme Mary (la penchée) , on a un début de l’énigme avec la vision du blanc ultra. Le seul petit reproche que j’ai trouvé, le rythme est assez lent.
Et comme souvent avec Schuiten et Peeters, on a toujours droit à un bel objet. Ici, 109 pages en format  souple à l’italienne (A3) accompagnés d’un agenda 2008 (demandez le à votre libraire).
Un album que tout bon bédéphile se doit de posséder.
surprises.smileysmiley.com.8

Une interview des deux auteurs ICI.

GrainSable04