20/05/2017

Pierre de cristal

cov.jpg5.jpgScénario et dessin : Frantz Duchazeau

Editeur : Casterman

Collection : Ecritures

152 pages – broché

Parution 10 mai 2017

Roman graphique – autofiction

 

Présentation :

Pierre, une dizaine d’années, vit tranquillement dans une bourgade avec ses parents et son grand frère. Le couple parental vacille. Le monde change autour de lui… Pierre s’interroge sur le passé de sa mère, la méchanceté de ses camarades, son premier grand père disparu. La vie en somme…

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- Je sais aussi que je serai triste de ne plus être un enfant.
- Alors je repenserai à ces moments...
- Quand la lumière était belle.

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Mon avis :

Plongée dans l’enfance, histoire intime et autofiction : Frantz Duchazeau nous invite à revivre les sensations du gamin qu’il a été et dont il garde une nostalgie poignante. Curieusement construit autour des réminiscences de « L’âge de cristal », film de science-fiction puis série télévisée de la deuxième moitié des 70’s, le récit dévoile une vision tantôt naïve, tantôt grave mais toujours empreinte d’une grande sensibilité. 

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Le trait vise l’épure et la simplicité, la ligne devient parfois si légère et si fragile qu’elle semble vouloir s’effacer. A l’image de la mémoire. A la lecture, on reste ravi par l’intensité des sensations que l’auteur arrive à communiquer avec une économie de moyens qui laisse une place importante à l’imagination.

 

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 Skippy

17/05/2017

Duel

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Renaud Farace

D’après la nouvelle de Joseph Conrad

Editeur : Casterman

192 pages – cartonné

Aventures historiques

 

Présentation de l’éditeur :

L'affrontement homérique de deux hussards de la Grande Armée.

Alors que Napoléon affronte l'Europe entière dans un bras de fer impitoyable, il veille à préserver toutes ses forces en interdisant les duels qui saignent à blanc sa Grand Armée. Mais deux hussards, pour une obscure affaire d'honneur, s'entête à se défier...
De duel en duel, les frères d'armes devenus ennemis scellent leurs destins et entrent dans la légende.
La haine rendrait-elle immortel ?

Librement adapté du récit de Joseph Conrad, et inspiré de personnages historiques.

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Mon avis :

Tout d’abord, une petite précision : cette longue nouvelle (novella pour les anglo-saxons) d’une cinquantaine de pages avait déjà inspiré le scénario du 1er film de Ridley Scott en 1977 (Les Duellistes). Si Renaud Farace se l'approprie aujourd'hui, en prenant quelques libertés, c’est pour en faire un album aussi magistral que surprenant qui vibre d’un souffle épique et terriblement humain.

Chef d’œuvre ! Réussite totale !

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Démonstration.

Au niveau graphique, par exemple, chaque duel est parfaitement chorégraphié et réalisé avec une arme différente. On y sent, lors de chaque rencontre, la maîtrise parfaite de l’action violente, le respect des codes des arts du combat et le respect teinté d’un curieux mélange d’admiration et de haine que se vouent les deux protagonistes. Toutes ces scènes de duel sont en bichromie noir/rouge alors que le reste de l’album est en noir et blanc. Le trait est, quant à lui, nerveux, tantôt brouillon, tantôt détaillé, toujours plein d’expressivité. Le rythme du découpage donne un souffle narratif particulièrement efficace au point qu’il s’avère impossible d’interrompre la lecture une fois celle-ci commencée.

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Au-delà d’un récit des temps napoléoniens bien documenté et d’une bouillonnante aventure, Duel nuance de façon très intuitive l’approche psychologique de deux monstres représentant la valeur militaire dans toute sa gloire, sa splendeur mais aussi sa déchéance pathétique. Officiers d’Empire, les deux caractères hors-normes qui s’affrontent au gré des évolutions géopolitiques nous font participer à une épopée dont les accents vont continuer longtemps de résonner en nous. Brillant et talentueux, cet album est plus que l’adaptation d’une œuvre littéraire, plus qu’un hommage, c’est un travail qui transcende véritablement son modèle et qui nous donne ce que la BD nous réserve de meilleur : une émotion pure !  

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Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

 

 

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

 

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Skippy

 

13/05/2017

Résilience

cov.jpg1.jpgTome1/2 – Les terres mortes

Scénario et dessin : Augustin Lebon

Editeur : Casterman

64 pages – cartonné

Parution : 03 mai 2017

Anticipation écologique

 

Présentation de l’éditeur :

Récit d'anticipation écologique, Résilience est au monde des O.G.M. ce que Mad Max est à celui du pétrole.

Septembre 2068, l'Europe est devenue un vaste désert agricole. La puissante multinationale Diosynta exploite 90% des terres et son armée, les F.S.I. (Forces de Sécurité Intérieure), fait implacablement respecter ses droits de propriété. Pour lutter contre la famine et cette hégémonie totalitaire, un vaste réseau clandestin baptisé la Résilience diffuse des semences et des idées libres...

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Mon avis :

Sur fond de message écologique dénonçant l’irresponsabilité consumériste actuelle qui va mener au désastre, Résilience nous livre un récit certes bien ficelé mais qui peine à convaincre. Tout semble aller trop vite, en trop peu de pages. Si le travail graphique est précis, le trait enlevé, les détails soignés et la colorisation impeccable, c’est le scénario qui me semble poser problème. Il y a sans doute, de la part de l’auteur, la volonté de dépasser les clichés du genre, de poser les termes d’un débat intéressant, tout en livrant un récit d’action musclé. L’impression à la lecture laisse pourtant un arrière-goût d’inabouti. Diosynta caricature Monsanto à outrance, les pesticides utilisés provoquent des maladies effrayantes, l’hyper exploitation outrancière génère un fascisme violent, la résistance s’organise en ordres dispersés, … autant de situations qui me paraissent avoir déjà été exploitées. Une bonne surprise reste possible pour le tome 2, compte tenu de la possibilité narrative ouverte par la fin provisoire. Espérons …

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jour j,yana,kordey,duval,pécau,delcourt,510,historique,032017

 

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Skippy

11/05/2017

Une soeur

cov.jpg1.jpgScénario et dessin : Bastien Vivès

Editeur : Casterman

Parution : 03 mai 2017

216 pages – cartonné

Roman graphique intimiste

 

Présentation :

Antoine, 13 ans, passe, comme chaque été, ses vacances sur une île en Bretagne. Il y accompagne ses parents et son jeune frère. Hélène, 16 ans, et sa mère (qui vient de faire une fausse couche) viennent les rejoindre. Entre Antoine et Hélène va naître lentement une amitié complice qui laissera place à des sentiments amoureux et des attirances sexuelles. Antoine va vivre l’intensité douloureuse d’une première histoire d’amour.

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Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !

 « – Y a beau avoir plein de monde, j'ai toujours l'impression d'être toute seule.
– Même quand t'es avec nous ?
– Non, avec vous c'est chouette. »

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Mon avis :

Entre deux épisodes de Lastman, son manga à la française, en quatre mois, l’été 2016, Bastien Vivès a réussi un tour de force exceptionnel : un roman graphique épuré, littéralement en apesanteur. Ma première impression à la lecture de cet album fut tout d’abord une lointaine réminiscence cinématographique des années 70. Ce sont des images de « Pauline à la plage » d’Eric Rohmer avec ses variations sur les émois des amours adolescentes qui se sont imposées à mon esprit. Et ensuite, je me suis rappelé avoir admiré l’auteur en dédicace au dernier festival de Bruxelles, sur le stand des éditions Casterman. Il se dégageait alors de sa personne une sérénité grave, une concentration tendue qui abolissait le bruit et la foule qui se pressait dans le chapiteau. Son style reconnaissable au premier coup d’œil (les visages sans yeux) s’imposait sur la page dans un calme quasi surnaturel.

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D’une maîtrise absolue tant de de la simplicité graphique que du rythme narratif, alternant de grands moments d’émotions avec une évidence psychologique imparable, Une sœur touche au plus intime de nos sensations. On y sent tout l’apport personnel de l’auteur, tout son univers, au point de ne plus faire la différence entre autobiographie et autofiction. Impossible de ne pas sentir cette atmosphère tourmentée et ambigüe, de ne pas succomber au charme de ces cases panoramiques et de ces cadrages variés. Bastien Vivès raconte souvent qu’il a passé son enfance à dessiner avec son petit frère, en recopiant des Tortues Ninja, comme sur la planche ci-dessous.

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Une sœur est de ces ouvrages qui continuent de hanter le lecteur longtemps après avoir fermé l’album. C’est un moment magique de lecture, précieux et rare.

 

 

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 La guerre des mondes, H.G. Wells, Cifuentes, Dobbs, Aranca Studio, Glénat, adaptation, aventure, science-fiction

 

 La guerre des mondes, H.G. Wells, Cifuentes, Dobbs, Aranca Studio, Glénat, adaptation, aventure, science-fiction

 

Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

Skippy