28/10/2016

Nailbiter

cov.jpg1.jpgTome 2 – Les liens du sang

Scénario : Joshua Williamson

Dessinateur : Mike Henderson

Editeur : Glénat comics

144 pages -  cartonné

Parution : 14 septembre 2016

Polar – angoisse -épouvante – horreur

Info édition : contient les épisodes # 5 à 10 de la série publiée en VO par Image Comics (26 épisodes parus à ce jour).

Présentation de l’éditeur :

Enquête sur un passé décomposé…

L’inspecteur Nicholas Finch cherche toujours à savoir pourquoi la petite ville de Buckaroo a donné naissance à seize des plus grands serial killers des États-Unis. Mais sa quête de vérité est jonchée de cadavres… Il y a manifestement des forces occultes à l’œuvre qui ne veulent pas que les secrets de Buckaroo et son passé meurtrier soient révélés. Et c’est Nailbiter lui-même qui va se retrouver à nouveau sous le feu des projecteurs !

Avec Nailbiter, Joshua Williamson (Ghosted) et Mike Henderson (Venom, TMNT) portent une réflexion sur le phénomène des serial killers aux États-Unis à travers un thriller haletant, mêlant le mystère de Twin Peaks à l’horreur de SE7EN. Nailbiter a été élu par le magazine USA Today meilleur comics d’horreur 2014.

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Mon avis :

Ce deuxième volume vient confirmer tout le bien que je pense de cette série.

Le scénario se déploie avec un mystère qui reste loin d’être élucidé, certains personnages qui sont étoffés et une intrigue qui progresse avec un sens du suspense toujours bien dosé. Le chapitre 7 laisse une large place à un personnage réel, le célèbre auteur de comics, Brian Michael Bendis. Il y fait une apparition remarquable, le temps d’une réflexion sur ses histoires et ses choix narratifs. Il faut dire que citations, hommages et autres allusions émaillent systématiquement tous les épisodes de Nailbiter.

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Le dessin de Mike Henderson colle parfaitement à la mise en scène et au découpage, ce qui rend le récit dynamique et l’atmosphère glauque à souhait. La colorisation, particulièrement sombre, vient rehausser le caractère effrayant de l’ensemble.

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Excitant et terrifiant, sans trop se prendre au sérieux, quoi que faisant preuve d’érudition, Nailbiter continue sur sa lancée. Pour notre plus grand plaisir !

 

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Le site internet des Editions Glénat : ICI

 

Skippy.

 

26/10/2016

Les voyages d'Ulysse

cov.jpg3.jpgScénario : Sophie Michel

Dessin : Emmanuel Lepage, René Follet

Editeur : Daniel Maghen

272 pages - cartonné

Parution : 29 septembre 2016

Aventures – mythologie

 

Présentation de l’éditeur :

En 2005, Emmanuel Lepage publie aux Éditions Daniel Maghen Les voyages d'Anna, inspiré par le prénom de sa fille ainée. Dans cet ouvrage, on trouve les aventures de Jules Toulet, un peintre voyageur parcourant le monde en compagnie d'Anna.

Lors des périples, Jules dessine et peint les paysages traversés mais aussi Anna sans jamais oser lui avouer ses sentiments. Il en résulte un carnet composé de croquis et de peintures réalisées par Jules entre 1885 et 1910. Alors qu'elle fête son centenaire, Anna décide d'écrire à Jules la lettre qu'il a attendue toute sa vie.

Fin de l'été 2016, Emmanuel Lepage revient aux Éditions Daniel Maghen avec un ouvrage intitulé Les voyages d'Ulysse, suite à une promesse faite à son fils qui souhaitait aussi obtenir un livre à son nom.

On y retrouve Jules Toulet vivant dans le souvenir d'Anna qu'il n'arrive pas à oublier, idéalisant leur rencontre, vivotant de port en port à coup de petits boulots et déambulant dans le port d'Istanbul à la fin du 19ème siècle à la recherche d'un nouveau bateau pour découvrir d'autres horizons.

C'est par hasard qu'il fait la connaissance d'Ulysse, une jeune femme capitaine de l'Odysseus et admiratrice de l'œuvre d'Ammon Kasacz, un peintre représentant la Grèce antique. Jules propose à cette dernière de le suivre afin d'essayer de trouver la trace du peintre disparu. En compensation, il devra fournir à Ulysse l'équivalent d'une toile par semaine.

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Mon avis :

Au nombre des histoires qui ont résisté à l’épreuve du temps, qui se sont transmises de génération en génération et qui, au fil des siècles, ont fait l’objet de diverses modernisations, il en est une qui vient encore de stimuler la créativité narrative et graphique d’Emmanuel Lepage, c’est L’Odyssée. 11 ans après Les voyages d’Anna, son nouvel opus remet au goût du jour, avec maestria, les chants d’Homère.

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Récit du souvenir, de la nostalgie, de la beauté.

Célébration de l’imagination, de l’aventure, de l’art.

Ode à la transmission, au voyage, à l’amour.

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L’album s’impose par sa capacité à entraîner le lecteur dans un tourbillon esthétique. Il faut dire que l’objet est particulièrement soigné : doubles planches, dossier graphique, peintures acryliques, dessins préparatoires, insertions des vers de L’Odyssée sous formes de feuillets transparents, …

De l’ensemble se dégage un classicisme assumé et qui convient parfaitement à l’intention des auteurs.

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Le site internet des Editions Daniel Maghen : ICI


Skippy

24/10/2016

Le dernier assaut

cov.jpg3.jpgScénario et dessin : Tardi

Editeur : Casterman

112 pages - cartonné

Parution : 05 octobre 2016

Historique - guerre 14-18

 

 

Présentation :

Tardi replonge dans les tranchées pour une dernière « mise au point » sur l’horreur et l’absurdité de ce conflit.

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Augustin Broutille, brancardier de son état égaré entre les lignes de front, enchaîne les rencontres toutes plus désagréables les unes que les autres... Du capitaine raciste de La Coloniale aux soldats « nains » du roi d’Angleterre, en passant par les effroyables trouvailles technologiques des Huns... tout le monde en prend pour son grade ! Ça ne serait pas aussi effroyable, on en rirait presque. Mais Tardi, passionné depuis plus de 30 ans par ce qui est devenu son sujet de prédilection, dénonce encore et toujours la bêtise et la cruauté des chefs, qui exploitent allégrement des pauvres gars qui n’ont jamais très bien compris ce qu’ils foutaient là.

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Des deux côtés, des hommes à bout de force, enfouis dans les tombes qu'ils ont creusés à leur usage, s'appliquent méthodiquement à s'entretuer... Il n'y a pas pire guerre qu'une guerre de position qui s'éternise !

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Notre avis :

Partant du quotidien d’un simple brancardier dont la voix off occupe une grande partie des textes de ce récit, c’est une plongée au fin fond du désespoir absurde qui attend le lecteur à chaque case.  Tardi passe en revue un impressionnant catalogue de détails historiques. Que ce soit les raffinements de la composition et des effets exterminateurs des gaz, l’ingénieuse mécanique des armements ou encore les pires compromissions politiques des gouvernements, le bilan est terrifiant. L’auteur réhabilite tous les soldats oubliés, ceux qui sont venus parfois de très loin, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie pour trouver leur tombeau dans la boue des tranchées. Il dédie l’album aux animaux morts pour la France, utilisés dans cette boucherie. Il revisite cette histoire dramatique de l’Europe, rarement héroïque, cet héritage de tristesse macabre, souvenir d’un conflit dont l’irresponsabilité monstrueuse vient encore nous hanter.

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Jacques Tardi, en parlant de son état d’esprit à sa table à dessin : « Ma tranchée, je la construis. Il s’y passe des choses. L’odeur des cadavres et des chiottes est épouvantable. Les soldats sont habitués à des visions horribles et quasi-quotidiennes. J’essaie de traduire ça en images. C’est éprouvant. Je suis indigné. Oui, c’est l’indignation qui reste le moteur de mon travail... »

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Le graphisme est à l’image du sujet : puissant et rageur, violent et sombre. Un CD est joint à la fin de l’album, où le groupe Accordzeam accompagne les paroles de Tardi et la voix pleine de force de sa femme, Dominique Grange, dans des musiques inspirées et sensibles. Leur spectacle de tour de chants sur la première guerre avec des dessins projetés sur un écran de 9 mètres, est une sorte d’osmose, de fusion entre les textes lus par l’auteur, la musique et la chanson. Le public en sort souvent bouleversé par sa force d’évocation et sa puissance dénonciatrice.

Le dernier assaut. Un album essentiel, un CD incontournable, un devoir de mémoire, un grand moment de lecture, un grand moment d'émotion  !

 

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Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

Le jeudi 13 octobre nous avons eu le plaisir de converser avec Dominique Grange et Jacques Tardi. Ils nous ont captivé pendant 45 minutes lors de cet entretien organisé par les éditions Casterman dans leurs locaux de Bruxelles. Ils nous ont fait une belle démonstration de leur engagement artistique et nous en garderons un souvenir marquant.

 

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Skippy et Samba.

 

06/10/2016

Sherman

1.jpg2.jpgTome 7 – cycle 2 – Le dernier acte de Ludwig. Londres

Scénario : Stephen Desberg

Dessin : Magda

Editeur : Le Lombard

48 pages – cartonné

Parution : 23 septembre 2016

Thriller

Présentation :

Mais qui a tué le célèbre ténor Ludwig Melchior ? Cela faisait déjà plusieurs années qu’il avait élu domicile à Londres et qu’il paraissait y filer le parfait amour avec Jeannie, la fille de Jay Sherman, le milliardaire déchu à présent décédé. Tout en menant une brillante carrière internationale, cet artiste lyrique d’origine juive s’était investi dès sa libération d’Auschwitz, dans la dénonciation des criminels nazis. Correspondante de presse en vue, son épouse contribuait à la traque obsessionnelle qu’il menait. Est-ce là le mobile de son assassinat ? Serait-ce l’issue fatale d’une violente dispute conjugale ? Son passé douteux, des témoignages et sa disparition soudaine font bientôt peser des soupçons sur Jeannie. Pour sa fille, Kundry, c’est l’incompréhension totale. Elle ne va cependant pas tarder à comprendre qu’être une Sherman implique des secrets de famille très lourds et très dangereux à porter…

Sherman, tome 7, Le dernier acte de Ludwig. Londres, Desberg, Magda, Le Lombard, 23 septembre 2016, thriller


Jay Sherman est mort depuis vingt ans, mais la malédiction demeure.

Sherman, tome 7, Le dernier acte de Ludwig. Londres, Desberg, Magda, Le Lombard, 23 septembre 2016, thriller


Mon avis :

Après un premier cycle de six albums, Stephen Desberg en ouvre un nouveau pour la saga des Sherman, en passant à la génération suivante. Ce volume mêle l'enquête sur le meurtre de Ludwig et son passé de chasseur de nazis en une double progression narrative qui fait la part belle aux flash-back (marque de fabrique de la série).

Sherman, tome 7, Le dernier acte de Ludwig. Londres, Desberg, Magda, Le Lombard, 23 septembre 2016, thriller

Le dessin de Magda, qui succède à Griffo, assure une transition des plus harmonieuse : le style est limpide et d’une grande sobriété. Les scènes d’action sont trop figées à mon goût, mais les petits détails des décors sixties sont plaisants : la voiture de la marque Anglia qu’on retrouve dans quelques cases, par exemple.

Sherman, tome 7, Le dernier acte de Ludwig. Londres, Desberg, Magda, Le Lombard, 23 septembre 2016, thriller

Les auteurs nous livrent un album classique, certes, mais qui joue bien avec les conventions : l’enquête policière au climat très British et très années 60 avec en toile de fond les horreurs du régime nazi (scènes d’Auschwitz !!!).

Sherman, tome 7, Le dernier acte de Ludwig. Londres, Desberg, Magda, Le Lombard, 23 septembre 2016, thriller

Résultat : une lecture plaisante !

 

          Dessin

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Le site internet des Editions Le Lombard : ICI

 

Skippy.