04/08/2017

ALEX+ADA

cov.jpg7.jpgTome 2/3

Scénario : Sarah Vaughn

Dessin : Jonathan Luna

Editeur : Delcourt

128 pages – cartonné

Parution : 05 juillet 2017

Science-fiction

Présentation :

Après avoir accueilli Ada chez lui, Alex se rend compte que l’androïde prend une place qu’il n’imaginait pas… Il choisit de la « déverrouiller » afin qu’elle développe au mieux le potentiel qu’il perçoit en elle. Plus Alex et Ada passent de temps ensemble, plus ils se rapprochent, même si des questions les taraudent tous les deux quant à leur place dans ce monde.

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Mon avis :

Entre le Blade Runner (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?) de Philip K. Dick, la série TV Real Humans, ou encore les histoires de robots d’Isaac Asimov, cette trilogie de science-fiction affiche une certaine sensibilité à la question : que signifie être Humain ?

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Le graphisme, épuré et informatisé, joue sur la redondance et le virtuel. Cela peut déconcerter, avec son côté figé, en tout cas pour certaines scènes, mais l’histoire se dévoile progressivement tout au long d’un récit sans temps morts. L’ensemble reste donc cohérent et agréable à la lecture. Le sujet est sensible et bien dans le ton de nos angoisses contemporaines. Ce comics, bien pensé et bien réalisé ne renouvelle peut-être pas le genre, reste une belle expérimentation narrative, un peu lisse mais totalement en adéquation avec son sujet.

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Skippy

02/08/2017

Bandette

bandette, tobin, coover, EP éditions, 05 juillet 2017, comics, humour, jeunessebandette, tobin, coover, EP éditions, 05 juillet 2017, comics, humour, jeunessePremier volume – Presto

Scénario : Paul Tobin

Dessin : Colleen Coover

Eléonore Paquet Editions

144 pages – cartonné

Parution : 05 juillet 2017

Humour – jeunesse

 

Présentation :

Le plus grand voleur du monde est... une voleuse, une adolescente en costume répondant au charmant pseudonyme de Bandette ! Avec l’aide de ses fidèles Oursins, elle exerce son art parfois au mépris, parfois au service de la loi, et devient ainsi le pire cauchemar de l’inspecteur Belgique comme du monde de la pègre. Mais un jour, un voleur rival fait une découverte qui risque de perturber son petit monde où l’on brise les cœurs d’artichaut et où l’on dérobe les chefs-d’œuvre à tour de bras... Bandette saura-t-elle garder le sourire tandis qu’elle déjoue un plan diabolique pour attenter à sa vie ? 

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Mon avis :

En Californie, à San Diego, les prix Eisner de l'Industrie de la bande dessinée ou Eisner Awards ont été décernés le mois dernier. À cette occasion, deux albums publiés chez EP et Kramiek cette année ont été récompensés. Bandette de Paul Tobin et Colleen Coover a reçu le prix du Meilleur comics numérique. Publiée en ligne sur Comixology depuis 2012 puis reprise en albums chez Dark Horse Books, cette série vient donc de débarquer dans le monde francophone.

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Avec un traitement graphique proche de la BD européenne et un scénario qui se veut un hommage au style franco-belge (Un des personnages, un policier, s’appelle même " Belgique ", et les initiales de ses prénoms sont B.D.), c’est un ramassis de clichés vintage que le lecteur n’a aucun mal à décoder et qui parviendront peut-être à le faire sourire. Le personnage de Bandette, qui porte un masque identique à celui du Spirit, rappelle curieusement cette héroïne des années 60/70 : Fantômette (La Bibiothèque Rose) ! J’avoue avoir eu du mal à partager les critiques dithyrambiques et unanimes qui fleurissent sur la toile : aurais-je perdu mon âme d’enfant ?

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Citations :

« Bandette est tout simplement merveilleuse » - Arsène Lupin

« Bandette, j’en suis tombé amoureux » - Fantômas

« Ah si Bandette n’existait pas … » - Commissaire Maigret

« Bandette ! Un adversaire à ma taille, enfin ! » - Hercule Poirot

« Bandette est aux comics ce que l’absinthe est aux soft drinks » - Arthur Rimbaud

« Le meilleur roman graphique intello au 5ème degré de tous les temps » - Le supplément littéraire du New York Times, Les inrocks et Télérama

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Skippy

 

31/07/2017

La nuit mange le jour

la nuit mange le jour,hubert,burckel,glénat,1000 feuilles,21 juin 2017,thriller,homosexualitéla nuit mange le jour,hubert,burckel,glénat,1000 feuilles,21 juin 2017,thriller,homosexualitéScénario : Hubert

Dessin : Paul Burckel

Editeur : Glénat

Collection : 1000 feuilles

232 pages - cartonné

Parution : 21 juin 2017

Thriller homo psychologique

 

Présentation :

Certains ont peur d’aimer. D’autres aiment avoir peur.

Jeune homme peu sûr de lui, Thomas est immédiatement séduit par la puissance physique et spirituelle de Fred. Avec ce nouvel amant, il se découvre, apprend de nouvelles choses sur sa sexualité. Mais il fait surtout la connaissance indirecte de celui qui fut son ex et modèle : Alex. Un être à la beauté surnaturelle, aussi lumineux physiquement que sombre psychiquement, dont le portrait orne les murs du loft de Fred et qui a aujourd’hui mystérieusement disparu. Qui était Alex et pourquoi Fred était-il aussi fou de lui ? Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? Peu à peu, Thomas va devenir obnubilé par l’image d’Alex, essayant d’élucider les mystères qui l’entourent. Des mystères qui l’effrayent et l’excitent à la fois...

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À travers toute la fougue de cette relation passionnelle, Hubert et Paul Burckel signent un thriller domestique haletant, moderne et original. Alors que Le Bleu est une couleur chaude avait su capter l’essence intime des relations lesbiennes, La Nuit mange le jour offre aujourd’hui une exploration sans précédent dans les faces sombres de la psyché de l’homosexualité masculine. Une plongée captivante et toute en tension à l’intérieur des personnages et de leurs désirs, dans la veine de L’Inconnu du lac d’Alain Guiraudie ou de L’Empire des sens d’Oshima.

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Mon avis :

Le scénariste fait preuve ici d’une maîtrise totale de la tension qui transpire littéralement de son récit et se profile comme un des meilleurs de sa catégorie. Il fallait le faire, car ce thriller psychologique à haute densité implicite, mais sexuellement très explicite, n’hésite pas à montrer des scènes franchement pornographiques d’homosexualité masculine tout en gardant le cap narratif d’un récit d’enquête aussi fascinant que dérangeant. Ce qui donne un résultat étonnant : c’est beaucoup plus qu’un porno gay, c’est un suspense d’une subtilité et d’une intensité rare.

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Côté dessin, cet épais roman graphique, est un premier travail publié : tout en contrastes de noirs, de gris et de blancs, de clairs et d’obscurs, son aspect simple, voire dépouillé, renforce l’ambiance pesante et dramatique de ce couple homo qui finit par se déchirer.

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Comme précisé par l’éditeur au moyen d’un sticker en couverture du livre, cet ouvrage à réserver aux lecteurs et lectrices très très avertis, qui pourront aller au-delà d’images parfois terriblement choquantes vers un récit noir, réaliste et habilement construit.

 

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Skippy

26/07/2017

Strangers in paradise

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Scénario et dessin : Terry Moore

Editeur : Delcourt

Collection : Contrebande

608 pages – cartonné

Parution : 14 juin 2017

Soap-opera, thriller

 

Présentation :

L’oeuvre culte de Terry Moore va être enfin éditée dans son intégralité. Une édition réalisée en collaboration avec l’auteur et dans un format digne de ce nom. Cette intégrale sera proposée en trois volumes de plus de 600 pages chacun.

Katchoo est une jeune femme à la vie plutôt rangée. Elle est intelligente, indépendante et très fantasque… Elle est aussi très amoureuse de sa meilleure amie, Francine. Mais un jour, Katchoo rencontre David, un jeune homme gentil, et prêt à tout pour gagner le coeur de la jeune fille. Rien n’est simple… Mais plus qu’un soap opera, SIP se révèle très vite être également un thriller haletant !

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Mon avis :

Terry Moore a commencé sa carrière en créant Stangers in paradise en en 1993 en décidant de s’auto-éditer. Cette aventure s’est terminée en 2007 après 107 numéros et a été primée d’un Eisner Award. Echo (science-fiction) et Rachel rising (horreur-fantastique), deux autres séries, également achevées, ont suivi ainsi que des travaux pour Marvel. Terry Moore est considéré comme un des pionniers du comics indépendant. Depuis 2016, il poursuit sa nouvelle série Motor Girl (humour et science-fiction) qui paraîtra dans sa version française à partir de 2018. Il envisage pourtant de reprendre SIP pour de nouveaux épisodes. Trois éditeurs français s’étaient lancés précédemment dans l’aventure SIP, Le Téméraire, Bulle Dog et Kymera (18 tomes). Seul ce dernier est arrivé au bout. Aujourd’hui, les éditions Delcourt ont repris le flambeau.

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Plus de 600 pages en un volume d’1kg500, autant dire que la lecture tient de la performance : la gestion du temps et celle du poids, quelques heures plus tard et une tendinite au poignet, je peux m’autoriser un avis non-définitif car il ne reste pas moins de 1200 pages à lire pour achever le cycle. Que dire ? Les 200 premières pages oscillent entre frasques de copines, vaudeville hétéro ou lesbien, comédie sirupeuse typique des années 90 à la sauce Friends. Puis on passe en mode polar, hard boiled, avec violences, fusillades, prostitution et mafia. A partir de là, c’est lancé et cela ne semble pas vouloir s’arrêter.  En effet, ces deux univers vont se développer en parallèles et parfois se téléscoper brutalement, nous faisant passer de la psychologie aigre douce à la noirceur, voire la terreur, pure. Sans oublier les petits intermèdes musicaux, poétiques, érotiques, littéraires. On se sent tout perdu, une fois arrivé au bout de ce premier volume, Francine, Katchoo et David font désormais tellement partie de la vie du lecteur que l’addiction est proche.

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Comme pour toute édition intégrale, la découverte de l’évolution progressive du style de l’auteur saute aux yeux. Ce long chemin vers la maturité fascine que ce soit pour les thématiques traitées, la construction temporelle de l’histoire (les flash-backs sont nombreux), la pertinence des dialogues ou encore la fluidité du dessin.

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 « Si j’ai bien appris quelque chose, c’est qu’on ne peut pas toujours rentrer chez soi … ou être réconforté. Que sans amour, nous ne serons jamais que des étrangers au paradis ! ». Dès les premières pages le titre et le ton sont donnés, laissez-vous tenter !

 

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Skippy