18/03/2017

Alicia

cov.jpg2.jpgAuteur : Juan d’Oultremont

Editeur : Les Editions du Caïd

80 pages – cartonné

Sortie : 19 mars 2017

Roman graphique

 

C’est absolument un roman
C’est totalement une BD
C’est sans doute pour ça que c’est si particulier

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« Alicia » de Juan d’Outremont aux Editions du Caid
A découvrir le dimanche 19 mars 2017.

Deux séances de dédicaces : de 13h à 15h et de 17h à 19h30
chez Cook and Book : Place du Temps Libre 1, 1200 Bruxelles

Dédicaces, performances, ex-libris, polaroïds et Ford Mustang, voilà les ingrédients qui présideront au lancement d’Alicia.

Alicia est une (expérience de) bande dessinée de 64 pages réalisée au moyen de pictogrammes découpés dans les manuels de photographie amateur. Des vignettes qui glissés dans un album pour collection de timbres, finissent par perdre leur abstraction graphique pour se charger d’une épaisseur psychologique.

Le scénario se présente comme un triller métaphysique. Un jeune homme équilibré et promis comme le prétend son père à une brillante carrière dans le difficile secteur de l’outillage se retrouve « irradié » par Alicia. Un prénom de 6 lettres qui recouvre la personnalité fantomatique. Des quelques semaines que dure leur relation, le narrateur garde le souvenir d’un secret lentement dévoilé. Par couches quasi sédimentaires, la véritable personnalité d’Alicia va se préciser, dessinant progressivement les contours d’un être aussi sulfureux que séraphique. Et si cette ex-miss Chypre était la propre fille de…

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Mon avis :

Artiste offrant une certaine résistance à la classification, Juan d’Oultremont nous donne, avec Alicia, un peu de fil à retordre les poncifs de la narrativité romanesque illustrée. C’est que ce collectionneur à la compulsion modérée cherche surtout à nous passionner et nous surprendre. Objectif atteint avec ce phantasme introspectif, aux rares dialogues, sous emballage imitation cuir bleu, skaï de noble facture. Au propre comme au figuré, comme il est possible d’entrer littéralement dans cette histoire et de poser dans une planche géante (à la librairie  Cook and Book), tout lecteur averti ne pourra échapper à l’étrange pouvoir d’attraction de cette nébuleuse expérimentation narrative. Espérons qu’il n’en sorte pas indemne, mais régénéré par ce qui est finalement un exercice de style réussi.

 

Skippy

16/03/2017

Les cent nuits de Hero

cov.jpg2.jpgScénario et dessin : Isabel Greenberg

Editeur : Casterman

232 pages – cartonné

Sortie : 22 février 2017

Conte graphique

 

 

Présentation de l’éditeur :

Après les mythes universels, Isabel Greenberg revisite le grand récit fondateur : Les mille et une nuits.

Après l’Encyclopédie des Débuts de la Terre, Isabel Greenberg revient avec une nouvelle épopée emplie de bravoure et d’exploits. Préparez-vous à être une fois de plus éblouis par la puissance phénoménale des contes et à assister au triomphe de l’amour sur la plus terrible des adversités !

Vous découvrirez la trahison, la loyauté, la folie, de mauvais maris, des amants fidèles et infidèles, de sages veilles biques, des lunes qui descendent du ciel, des instruments de musique au franc-parler, des amis, des frères, des pères, des mères et par-dessus tout, beaucoup, beaucoup de sœurs.

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Résumé :

Comme dans Les mille et une nuits, il s’agit de sauver une jeune femme, celle-ci s’appelle Cherry. Son époux l’a pariée, elle et sa vertu, contre un nouveau château. Chaque nuit, elle doit tenir bon et repousser les redoutables avances d’un châtelain particulièrement libidineux et brutal.

Elle peut heureusement compter sur sa servante et véritable amoureuse, Hero. Soir après soir, la conteuse arrive à protéger l’honneur de Cherry en détournant l’attention du prétendant avec ses passionnants récits. Hero fait partie de la ligue secrète des conteuses et le pouvoir de son verbe est hypnotique.

Comme dans le classique de la littérature Arabo-Persane, le procédé narratif se reproduit nuit après nuit.

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Mon avis :

Isabel Greenberg nous livre une bande dessinée dont l’apparente simplicité du dessin sert merveilleusement bien un scénario d’une grande complexité. L’histoire présente une densité extraordinaire : les contes s’imbriquent et s’interpénètrent pour nous faire entrer dans la mythologie d’un monde imaginaire.

Un trait épais allant directement à l’essentiel, des noirs et hachures évoquant la gravure, un aspect charbonneux : le graphisme atteint ici un niveau atemporel dans son minimalisme.

Un ton humoristique, résolument féministe, agrémente le message d’espoir d’une auteure dont le talent nous mène dans des contées d’une fascinante étrangeté. Ce livre est une invitation à la tragédie et au triomphe de l’intelligence amoureuse. Laissez-vous séduire !

 

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Le perroquet, Espé, Glénat, Roman graphique, tranche de vie, maladies mentales, famille, autofiction.

 

Skippy

13/03/2017

Les nouvelles de la jungle (de Calais)

cov (2).jpg3.jpgScénario : Lisa Mandel et Yasmine Bouagga

Dessin : Lisa Mandel

Editeur : Casterman

Collection : Sociorama

200 pages – cartonné

Sortie : 25 janvier 2017

Sociologie de terrain - humour

 

Présentation de l’éditeur :

Une enquête de terrain pour découvrir l'accueil réservé aux réfugiés en France, pays des droits de l'Homme...

Lisa (la dessinatrice) et Yasmine (la sociologue) se sont rendues dans la "jungle" de Calais durant un an. Elles témoignent avec humour - et sans misérabilisme - du travail quotidien des associations pour soulager la détresse de ces milliers d’hommes, de femmes et d'enfants qui fuient la guerre.

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Mon avis :

Admirable outil pédagogique, la collection Sociorama permet une approche originale de la sociologie contemporaine au travers de la bande dessinée. Ce journal de bord tenu pendant un an par la dessinatrice Lisa Mandel et la sociologue Yasmine Bouagga, Les nouvelles de la jungle (de Calais), restitue avec humour et humanisme le quotidien des migrants entassés dans des camps d’abris de fortune : Calais, Norrent-Fontes, Grande-Synthe...

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Prépubliée sous forme de blog sur Le Monde.fr, cette BD reportage très documentée nous fournit toutes les informations nécessaires à la bonne compréhension d’un sujet sensible tout en gardant un sens de l’humour qui confère une certaine tendresse au propos.

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Travail magistral au ton juste, Les nouvelles de la jungle (de Calais) est une plongée dans un drame humain sous une forme de narration en BD aussi simple qu’efficace.  

Lecture hautement recommandée !

 

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Skippy

23/02/2017

Roma

cov.jpg3.jpgTome 5 – à l’origine du mal

Dessin : Régis Penet

Scénario : Didier Convard, Gilles Chaillet, Eric Adam, Pierre Boisserie

Editions Glénat

Collection Grafica

64 pages – cartonné

Parution : 01 février 2017

Péplum historico-fantastique

 

Présentation :

Une ville immortelle. Une damnation éternelle.

306. Constantin Ier règne sans partage sur un empire s’étendant de la mer du Nord à l’Orient. Samère, Hélène, fervente chrétienne, le pousse à la conversion et à imposer la religion du Dieu unique à tous ses citoyens. Les familles Leo et Aquila sont toujours les gardiennes et les garantes de la stabilité du Palladium, mais elles doivent désormais célébrer leur culte de manière clandestine. L’Empereur vient de fonder une seconde capitale pour l’Empire Romain d’Orient : Constantinople. Sous la pression de sa mère, il impose la religion chrétienne. Pour ce faire, il crée auprès des Romains un épouvantail qui les poussera à embrasser sa foi : il invente le Diable ! Il trouve dans l’antique culte du Palladium un bouc émissaire tout indiqué, et monte une machination pour désigner cette ancienne croyance, ainsi que ses adorateurs, à la vindicte populaire. Mais Ker, la déité prisonnière de la statue, usera de tous ses pouvoirs maléfiques pour briser les plans de l’Empereur...

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Mon avis :

Cet album clôture le premier cycle de la série, celui consacré à la période de l’Antiquité. Régis Penet qui était au dessin du 1er tome vient logiquement achever cette première période historique. Son style réaliste reste parfaitement adapté au propos.

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Du côté du travail des scénaristes, mon point de vue n’a pas varié : le mélange de BD historique avec un récit fantastique passe parfois difficilement. Même si l’époque était très réceptive aux croyances et superstitions, parfois complètement extravagantes, l’association de ces deux genres ne me semble pas vraiment pertinente. C’est sans doute mon intérêt pour la culture antique traditionnelle qui conditionne ma lecture. Par ailleurs, l’éclairage historique du professeur Bertrand Lançon en fin de tome vient contrebalancer ma perception. Une fois de plus, son dossier apporte nuances et précisions sur le contexte, ce qui invite à une relecture plus attentive et plus sensible à la démarche des auteurs. La série est donc intéressante et ouvre des possibilités de questionnement sur l’état de nos connaissances historiques des grandes étapes de l’histoire romaine. Cette stimulation à la réflexion critique agrémente un récit dessiné de manière académique et dont la lecture reste un bon moment de plaisir.

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Skippy