31/08/2016

Iroquois

cov (2).jpgi1.jpgAuteur : Patrick Prugne

Editeur : Daniel Maghen

104 pages – cartonné

Sortie : 25 août 2016

Aventures historiques

 

 

Avant-propos :

En 1608, Québec n'est qu'un nom griffonné sur une vague carte d 'Amérique du Nord, une grande bâtisse fortifiée construite sur les rives du Saint Laurent où une quarantaine d'âmes s'apprêtent à passer leur premier hiver. La France d'Henri IV se soucie peu de ces arpents de neiges habités par une poignée de sauvages. Plus préoccupée par les richesses que lui procurent la pêche à la baleine et la traite des fourrures, elle n'envisage nullement l'installation d'une colonie.

Samuel de Champlain, fondateur de Québec, n'aura alors de cesse de défendre "son" Canada. Il saura imposer un climat de paix et de confiance entre nations amérindiennes (Hurons, Alguonquins, Montagnais) et Français. De ces relations naîtra un commerce florissant. Peaux de castors et de loutres s'échangent à bas prix contre marmites, haches, clou et autres divers objets en fer. Ce juteux commerce ne dure qu'un temps…

Les raids meurtriers incessants que mènent les Iroquois dans la vallée du Saint Laurent contre les convois de pelleterie hurons ou algonquins exaspèrent très vite la petite communauté française.

Soucieux de consolider l'alliance faite avec ses alliés amérindiens, Champlain prend le sentier de la guerre à leurs côtés et part pour l'Iroquoisie. C'est dans ce contexte que se situe l'histoire qui suit. Le long de la Rivière des Iroquois, sur le lac Champlain, un mois de juillet 1609 en Nouvelle France.

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Présentation :

Grands espaces, guerres indiennes et personnages inoubliables sur fond de vérité historique.

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Samuel Champlain, envoyé du roi de France, est chargé de pacifier les rives du Saint Laurent pour y développer le commerce des peaux avec les différentes tribus, régulièrement menacées par les raids iroquois. Aidé d’une quarantaine d’hommes et de ses alliés hurons et montagnais, il s’enfonce en Iroquoisie, guidé par « Le Basque », un trafiquant assoiffé de vengeance qui connaît ces contrées comme personne. En plus de son alliance avec les tribus hurons et algonquines, Champlain dispose d’un atout en la personne d’une otage, « Petite Loutre », fille d’un chef iroquois qui lui servira peut-être de monnaie d’échange …

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Mon avis :

Après Pawnee, Frenchman et Canoë Bay , Patrick Prugne continue à explorer les grands espaces nord-américains. Dans ce récit d’aventures, il met sa virtuosité graphique au service d’un scénario linéaire et classique à l’issue dramatique. La narration alterne point de vue objectif et perception subjective : c’est au travers de la vision de « Petite Loutre » que le lecteur est parfois invité à suivre le cours des événements. Un souffle épique souffle sur cette histoire que de superbes aquarelles mettent en valeur. Elles conviennent parfaitement aux longs et lents silences traduits par des illustrations en grandes cases, pleines ou doubles pages.

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Le souci de précision historique de l’auteur est poussé très loin, en témoigne son cahier d’illustrations d’une douzaine de pages en fin d’album.

 

 

a08-3e78906.gif     Dessin

a07-3e78901.gif Scénario

a08-3e78906.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Daniel Maghen : ICI

 

Skippy.

30/08/2016

Andersen, Les ombres d'un conteur

cov.jpga1.jpgScénario et dessin  : Nathalie Ferlut

Editeur : Casterman

128 pages – cartonné

Parution : 31 août 2016

"Biopic" – roman graphique

 

 

Présentation :

Dans les contes, quand un paysan trouve une pièce d'or, il change sa vie avec ! Imaginez un peu ce que serait ton aventure à toi ! Ton conte, ta belle histoire : Tu pourrais être si grand ! Eventyr ! Eventyr !

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Mon avis :

De manière très habile, le scénario nous dévoile les secrets de la vie de l’auteur emblématique de la littérature danoise au XIXème siècle. De la misérable existence d’un enfant confiné à la campagne, en passant par une éducation et une scolarité difficiles, d’apprentissages littéraires aux déboires amoureux, de l’homosexualité (refoulée ?) à la peur de la folie, de la vie mondaine à l’élaboration d’une œuvre au succès inégalé, c’est toute les parts d’ombres d’Andersen qui font la richesse de ce récit biographique. Analysant ses personnages, explorant ses écrits, réactivant ses découpages, Nathalie Ferlut nous livre un récit nuancé et touchant sur celui qui reste un enchanteur de l’enfance. La petite sirène, La petite marchande d’allumettes, Le petit soldat de plomb ou encore La reine des neiges, toutes ses histoires nous les connaissons et nous les (re)découvrons encore aujourd’hui.

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Au niveau graphique, Nathalie Ferlut a déjà prouvé sa maîtrise de différentes techniques et son audace stylistique.  Elle peut passer avec aisance du réalisme à un trait plus brouillon, en choisissant la forme qui correspond le mieux à son propos. Elle alterne le raffinement expressif et l’illustration plus simple des formes monochromes noires, parfois rouges.  Ses couleurs et textures donnent une matérialité picturale à ses cases aux bords finement déchirés. Son utilisation des figures découpées d'Andersen émaille toutes les planches. De l’ensemble de l’album, se dégage une sensation de virtuosité qui imprègne la lecture. Du grand art !

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a08-3e78906.gif     Dessin

a08-3e78906.gif     Scénario

a08-3e78906.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

Skippy.

 

 

25/08/2016

Exarcheia, L'orange amère

cov.jpgex 1.jpgRécit de Nicolas Wouters
et Dimitrios Mastoros

Dessin de Dimitrios Mastoros

Editeur : Futuropolis

200 pages – cartonné

Parution : 25 août 2016

Roman (auto) (bio) graphique social

 

Présentation :

Exarcheia est un bastion anarchiste au cœur d’Athènes. Un quartier touché de plein fouet par la crise économique. S’y croisent tous ceux que la Grèce étouffe dans ses tentatives désespérées de surmonter une situation économique de plus en plus inquiétante.

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On y entre comme dans une forteresse, attiré par une odeur de brûlé et de fête.
Pas d'églises, pas de banques.
Le quartier historique d'Exarcheia dérive au milieu de la mer de béton athénienne, chahuté par ses courants révolutionnaires.
Dans des artères trop étroites, ses habitants rient et se perdent, se faufilent en eaux troubles tels des poissons de nuit...

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Mon avis :

Fruit de la collaboration entre Dimitrios Mastoros et le scénariste belge Nicolas Wouters, L’orange amère s’inspire des souvenirs de l’adolescence grecque du dessinateur. Le récit montre le désarroi d’une génération en proie à une crise économique et sociale de grande ampleur. 

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Avec le personnage de Nikos de retour dans son quartier d’enfance, c’est une tranche de vie âpre et difficile que le lecteur est invité à suivre. Les déboires du jeune homme qui va rapidement réaliser que si l’engagement semble de prime abord excitant, il se révèle très vite épuisant. Progressivement, au fil des rencontres et des confrontations, il va perdre sa naïveté et son idéalisme. Des images aux tonalités sombres, des gris, des noirs, quelques rouges, parfois à la limite de l’abstraction, nous montrent ce long cheminement vers le malaise et l’amertume.

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   a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gif  Scénario

a07-3e78901.gif  Moyenne

 

Le site internet des Editions Futuropolis : ICI

 

Skippy.

 

19/08/2016

La Forêt des renards pendus

cov (2).jpg1.jpgd’après le roman de Arto Paasilinna.

Scénario et dessin : Nicolas Dumontheuil

Editeur : Futuropolis

144 pages – cartonné

Parution : 25 août 2016

Thriller déjanté en zone arctique

 

Présentation :

Rafael Juntunen a peur. S’il avait pu s’échapper avec le butin d’un braquage qui avait mal tourné, c’est parce que son complice de l’époque avait été arrêté. Le temps a passé, ce dernier
va sortir de prison et réclamer sa part. Seulement, Rafael ne veut plus partager. Il prend la fuite et se cache au fin fond de la Laponie, dans la forêt des renards pendus. Il ne pourra pas rester tranquille bien longtemps, rejoint très vite par un ex-major de l’armée alcoolique, une Lapone nonagénaire en fuite, un joyeux duo de prostituées et un garde-rennes corruptible. Cette improbable équipe évolue tant bien que mal sous le regard complice de Cinq-cents balles, le renard qu’ils ont adopté.

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Mon avis :

Nicolas Dumontheuil s’approprie avec jubilation l’intrigue loufoque de l’auteur finlandais dont il a repris la quasi-totalité des épisodes du roman. Tous les ingrédients du récit noir sont réunis dans le scénario, mais ils sont détournés pour en faire une fable pittoresque, truculente… et délicieusement amorale, avec un sens du mauvais goût bien distillé.

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Un humour décalé, des dialogues percutants, des personnages attachants, un sens aigu de la démesure contribuent à un réel plaisir de lecture. Le trait souple du dessin, allié au cadrage étudié, rend merveilleusement bien les atmosphères de la vie dans les forêts finlandaises. Les expressions des personnages, à la limite de la caricature, renforcent l’aspect désopilant du comique de situation.

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Cet album invite à une double découverte : un auteur finlandais atypique (lecture recommandée) et un auteur de BD qui continue de nous faire voyager sans tomber dans l’académisme sérieux du genre.

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Merci Nicolas pour cette fraîcheur désopilante !

 

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a08-3e78906.gif     Scénario

a08-3e78906.gif     Moyenne

 

Le site internet des Editions Futuropolis : ICI

 

Skippy.