27/02/2016

Capa L'étoile filante

capa1.jpgcapa2.jpgScénario et dessin : Florent Silloray
Editeur : Casterman
88 pages – cartonné
Sortie : 27 janvier 2016
Biographie

 

 

 

Présentation de l’éditeur :


1954, Robert Capa dresse le bilan d'une vie passée à couvrir les champs de bataille du monde entier. Loin de l'image de tête brûlée qui lui colle à la peau et qui a fait de lui une légende du photojournalisme, il se raconte sans fard et dévoile la blessure originelle qui a décidé de toute son existence...

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Biopic sans fard d’une légende de la photographie.


«Si la photo est ratée, c’est que tu étais trop loin!»


Le plus célèbre des reporters de guerre, auteur polémiqué de LA photo de la guerre d’Espagne, l’un des seuls photographes à avoir couvert le débarquement de Normandie, co-fondateur, avec Cartier-Bresson, de l’agence Magnum, nous est livré ici dans toute sa complexité. Un homme extrême, toujours sur le fil du rasoir, recherchant le danger et la mort, hanté toute sa vie durant par son unique amour (malgré de nombreuses maîtresses) disparu lors de la guerre d’Espagne.Il n’aura de cesse de braver tous les dangers pour la rejoindre dans une mort en première ligne.

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Mon avis :

Privilégiant le côté intime de la vie du grand reporter de guerre Robert Capa mort à 40 ans, le scénario de Florent Silloray couvre les grands conflits du XXième siècle en adoptant un angle de vue intéressant. De la vie l'auteur polémique de LA photo la plus célèbre de la guerre d’Espagne, il tire un récit autobiographique, rédigé à la première personne, une vision romanesque qui met bien en évidence le caractère idéaliste mais tourmenté de ce personnage hors-normes. Des champs de bataille aux tables de poker, de la dépression teintée d’alcoolisme aux nuits passées dans les bras d’une star de Hollywood, des podiums des défilés de mode aux rizières minées de l’Indochine, des plages du débarquement en Normandie aux chambres noires de développement des pellicules photographiques, le lecteur est emporté dans les tourbillons d’une vie marquée par une vision révolutionnaire du statut du photojournalisme. Avec une rigueur de documentaliste poussée à l’extrême, dont 10.000 photos d’archives, Florent Silloray est arrivé à extraire l’essentiel de la vie tourmentée et polémique de Capa tout en réhabilitant le travail de sa compagne, Gerda. La première femme photographe tombée au front, broyée par un tank républicain espagnol.

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 Au niveau du graphisme et du dessin, si les cases fourmillent de détails historiquement exacts, leur réalisation révèle également un travail minutieux. Le sépia utilisé pour la majorité des planches n’est pas une couleur de fond, mais est obtenu par un travail direct sur un papier Kraft japonais, recyclé et pelucheux. Les cases sont ainsi réalisées une à une puis recollées sur les planches, elles sont cernées à la plume, rehaussées de passages à l’encre de Chine et de lavis à la peinture acrylique blanche. Les cases grises qui forment un récit enchâssé, celui du chapitre du débarquement en Normandie, ont été obtenues par adjonction de sel sur l’encre avant le séchage. Le rouge, utilisé avec parcimonie, vient souligner certains détails : la veste d’un serveur de café, le bandeau du magazine Life ou encore le sang sur l’appareil du photographe.

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A la lecture de cet album, fruit de 40 mois de travail, ce sont les mots, passion et émotion, qui viennent d'abord à l'esprit et qui résument le mieux la démarche de son auteur. 

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Cette chronique a été rédigée après une rencontre avec Florent Silloray, organisée par l'éditeur Casterman, à la Foire du Livre de Bruxelles, le vendredi 19 février 2016. Nous avons pu, Capitol et moi, parler de son travail avec Forent Silloray. Il nous a fait partager, lors de ce sympathique moment, sa vision rigoureuse et passionnée d'auteur de BD.

 

 Dessin

 Scénario

 Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

 

Skippy.

 

 

26/02/2016

Da Qin - Tome 1/2 : L'âge de fer

da-qin-bd-soleil.jpgdaQinT1-1.jpgScénariste : Olivier Richard
Dessinateurs : Ullcer, Yang Wei Lin
Coloriste : Greg Lofé
Editeur : Soleil
Collection : Quadrants
48 pages - cartonné
Sortie : 10 février 2016
Historique - peplum


Présentation de l’éditeur
:


Da Qin : Nom donné à l'Empire romain par les Chinois de la dynastie Han(IIIe siècle avant notre ère - IIIe siècle de notre ère).


Je suis aux confins du monde... Ici, comme à rome, les dieux aiment regarder couler le sang. Surtout celui des hommes. C'est pour cela que le soleil ne se couche jamais sur cette terre désolée où le sang jaillit sans cesse. Les dieux n'aiment pas qu'on les méprise... C'est pour cela qu'ils ont anéanti Crassus et que je suis hanté par le fantôme de mon frère... Dieux de Rome. Comment mettre un terme à cette malédiction ?

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La confrontation entre un soldat romain et un prince chinois.
Un voyage aux confins du monde, à mi-chemin entre la BD historique et le peplum musclé.

En 53 avant JC, la bataille de Carrhes s’achève par la défaite romaine. Numa, un légionnaire, est fait prisonnier des Parthes et déporté vers l’est. Il n’a de cesse de s’échapper et fuir ses geôliers pour prévenir César des incroyables opportunités d’enrichissement qu’offre le fabuleux pays
des Sères. Les dieux se montreront-ils bienveillants ?


Pour cette série, Olivier Richard s’est basé sur une théorie historique selon laquelle une des légions de Crassus s’est établie en Chine. Dans l’Ouest de la Chine, le Gansu, des villageois prétendent descendre des Romains. Il a, par ailleurs, eu connaissance d’une annale chinoise faisant référence à une bataille entre Chinois et Xiongru. Au cours de celleci, les Chinois auraient été aidés par de mystérieux alliés ayant combattu en utilisant une technique identifiée, plus tard, comme la tortue.
Enfin, l’ouvrage s’inspire de la légende de Fusang, pays situé à l’est de la Chine et atteint par de courageux navigateurs. Pour certains, c’est la preuve que les Chinois ont atteint l’Amérique bien avant Christophe Colomb. Pour d’autres, c’est juste la Corée, ou encore le Japon…

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Mon avis :


Sur une base historique originale, le scénario laisse la part belle aux scènes de combats et de batailles (violence) entrecoupées de périodes de repos pour les guerriers (sexe). Le découpage reste très classique. La couverture laisse augurer des aventures orientales pour le tome suivant. Le lecteur se laisse facilement prendre aux jeux de l’exotisme et des chocs culturels. L’aspect stratégique est bien mis en évidence et les personnages principaux, très typés, attirent la sympathie. Il me semble cependant qu’un tel sujet pourrait s’étendre sur une série d’albums plus longue, il faudra attendre la suite et fin de ce diptyque pour se faire une idée et juger.

Le trait réaliste du dessin de Yang Weilin convient parfaitement aux tenues militaires romaines, parthes, grecques ou chinoises. Les décors et les mises en scènes font l’objet d’un traitement soigné : souci de véracité historique oblige. Comme pour le scénario, le classicisme est de mise.


A la lecture, pas de réelle surprise, on ne s’ennuie pas dans ce récit d’aventures qui privilégie l’action.

 

 a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gifScénario

a07-3e78901.gifMoyenne

 

Le site internet des Editions soleil : ICI

 

 Skippy.

 

 

 

 

25/02/2016

La fabrique pornographique

fpcov.jpgfp3.jpgScénario et dessin :
Lisa Mendel

D’après une enquête de Mathieu Trachman
Editeur : Casterman
Collection : Sociorama
168 pages – broché
Sortie : 03 février 2016
Documentaire - humour


Présentation de l’éditeur :

Lorsque Howard, jeune vigile de centre commercial et fan de porno amateur, rencontre la star du genre, il saisit l'occasion de se faire inviter sur un tournage pour faire ses premiers pas comme acteur. Mais de l'autre côté du miroir, la production d'un film pornographique se révèle moins glamour : la fabrication des fantasmes sexuels, c'est un travail des corps souvent trivial et éprouvant, soumis jusqu'à l'absurde aux logiques commerciales du genre.

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Mon avis :

La nouvelle collection Sociorama, chez Casterman, mêle bande dessinée et sociologie et s'inscrit dans une mouvance en plein développement : la BD documentaire, journalistique ou sociologique. C’est d’ailleurs lors d’un colloque sur la portée sociologique de la BD qu’est née l’idée d’une collaboration entre des sociologues amateurs de BD et des auteurs de BD curieux de sociologie. Ensemble, ils ont créé l’association Socio en cases. Résultat : une collection d’albums de fictions tirées d’enquêtes de terrain. Au-delà de l’adaptation ou de l’illustration, il s’agit plutôt d’un travail de réappropriation. Ce qui en fait toute l’originalité.

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Comment fait-on un film pornographique ? Comment sont organisés les tournages ? Combien de fois faut-il refaire une scène ? Comment les acteurs et les actrices perçoivent-ils leurs rôles ? Combien sont-ils payés ? Pas question ici d'une BD porno mais plutôt d’un angle d’approche qui permet de décomposer le processus de création de fantasmes, de montrer l'envers du décor, d’expliquer la démarche commerciale, en suivant le personnage d’un jeune acteur qui découvre le milieu du X. Tous les aspects du métier, du travail, sont abordés : du côté physique des performances des acteurs à la précarité des contrats.

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A partir d’un travail de recherche scientifique de fond, le scénario parcourt une trame narrative classique : une histoire, un récit, une fiction qui s’alimente au réel. Le format des albums(16x19), plus proche du livre de poche que de la BD, l’impression en noir et blanc sur un papier brut, la reliure brochée, font de cette collection un produit très typé.

Le dessin au trait simple, non réaliste, humoristique et léger, convient parfaitement au traitement du sujet.

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Loin des clichés habituels, ce véritable document arrive à traiter le porno sans vulgarité. A la lecture, on s’amuse sans gêne et on apprend beaucoup.

 

Cette chronique a été rédigée après une rencontre avec Lisa Mendel, organisée par l'éditeur Casterman, à la Foire du Livre de Bruxelles, le vendredi 19 février 2016. Nous avons pu, Capitol et moi, discuter avec Lisa Mendel de son travail pendant 45 minutes. Nous la remercions de sa sympathie, de sa rigueur, de son traitement empathique et décomplexé du sujet. 

 

a08-3e78906.gif Dessin

a08-3e78906.gif Scénario

a08-3e78906.gif Moyenne

 

Le site internet des Editions Casterman : ICI

Découvrir le travail du sociologue Mathieu Trachman : ICI

 

Skippy.

 

20/02/2016

Tout simplement femme

tsf1.jpgtsf4.jpgScénario et dessin : Yan Lindingre
Éditeur : Fluide Glacial
80 pages - Cartonné
Sortie : 03 février2016
Humour

 

 

Présentation de l'éditeur :

Titine est une vraie femme ! Une main pour trinquer, une main pour cogner ! Voici la première BD qui fait rimer Saint-Valentin et PMU.


Il y a femme et femme. Mais celle-ci, à n'en pas douter, est une vraie femme ! Libre, moderne, Gitane au bec et deux grammes dans les gencives, Titine est la milady du PMU de Glanville. L’apéro, c’est plus qu’un hobby, chez elle, c’est un métier !

Dans cet ouvrage, les femmes sont toujours victorieuses, mais à quel prix ? Sans être une thèse de doctorat en sociologie, ce recueil d'aventures trace à travers bistrot, planning familial, chambre à coucher, Pôle Emploi... un portrait de la France qui se lève tard, oui peut-être, mais qui aimerait qu'on lui foute la paix au lieu de la stigmatiser. Le plein emploi oui, mais le plein de Picon d'abord ! Qu’importe le tonneau … pourvu qu’il roule droit.

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Une fois de plus, Lindingre fait dans le trash tendre, dans le gras avec de la bonne humeur autour. Après le succès des albums Margaux Motin rencontre la femme parfaite est une connasse ! (Anne-sophie et Marie-AldineGirard/ Margaux Motin) et Émilie voit quelqu'un (Théa Rojzmann/Anne Rouquette) parus chez Fluide Glacial en 2015, voici Lindingre qui tente sa chance auprès du lectorat féminin.

Et parmi toutes les demoiselles qui n’ont pas peur de lever le coude, pas de doute que Titine se fasse de nombreuses meilleures copines.

 

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Mon avis :

Ce nouvel opus des aventures de Titine, compilation d’historiettes de quelques pages, reste à la hauteur des albums précédents. La vulgarité se conjugue ici avec la beaufitude la plus débridée. Titine est un personnage conceptuel des plus improbables. Titine fume, couche, jure et picole, sans modération. On sent le côté jubilatoire dans des répliques des personnages et dans les situations les plus loufoques : Titine partouze, Titine demande la citoyenneté à Groland, Titine rencontre Jésus ... j’en passe et des … pires.


Aucun réalisme n’est revendiqué dans les dessins, des personnages benêts, grassouillets, à têtes en forme de poires ou de patates, aux groins de cochons en guise de nez, forment une joyeuse clique de poivrots déjantés, grands pourfendeurs du politiquement correct.

Le rédacteur en chef de Fluide Glacial, fidèle à sa réputation, nous fait, une fois de plus, partager quelques tranches de vie avec son inénarrable héroïne en jogging rose, sans sous-vêtements. Allez reprenez-en une !  

 

a07-3e78901.gifDessin

a07-3e78901.gifScénario

a07-3e78901.gifMoyenne

 

Le site internet des Editions Fluide Glacial : ICI

 

 Skippy.