09/06/2017

Monument Amour Tome ½ - Chiens de guerre

cov.jpg1.jpgScénario : Didier Quella-Guyot

Dessin : Arnaud Floc’h

Editeur : Bamboo

Collection : Grand Angle

48 pages – cartonné

Parution : 10 mai 2017

Guerre -réalisme – drame - aventure

 

Présentation de l’éditeur :

Au fond de sa tranchée. Camille vit plutôt bien la situation. Le conflit lui a permis d'échapper aux graves ennuis qu'il avait avant-guerre, lorsqu'il était sculpteur. Au moment où il achève de graver un corps de femme sur une douille, un obus l'ensevelit. Extirpé de la terre par un chien, il est hospitalisé, mais il se mure dans le silence, ne parlant qu'à Bounty, son sauveur qui ne le quitte plus. Envoyé en convalescence dans un centre de dressage de chiens de tranchée, il se révèle doué pour cette discipline. Lorsque sonne l'armistice, hommes et chiens sont démobilisés. Camille angoisse. Accompagné de quelques bêtes, il part vers Nantes retrouver son atelier d'artiste, mais aussi son passé qui le hante et que d'autres n'ont pas oublié...

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Mon avis :

Vous allez me dire : « encore une histoire qui se déroule pendant la guerre de 14-18 ! » Eh bien oui, encore une. Et une excellente d’ailleurs ! Le scénariste, Didier Quella-Guyot, a déjà fait ses preuves et remet le couvert avec brio. Son histoire se lit d’une traite. Il faut dire que les ingrédients de son récit (les chiens de tranchées, l’art de la sculpture, une haine mystérieuse, un amour désespéré) se combinent avec beaucoup d’habileté pour nous livrer une intrigue dont la tension psychologique n’a d’égale que la violence des tranchées. A la fois prenant et original, ce premier tome d’un diptyque surprend par son côté maîtrisé dans la montée lente et puissante vers le secret de cet homme taciturne, blessé et terriblement humain. On sent le drame en train de se construire à chaque case.

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Ce bel hommage au travail artistique et à la créativité méritait un dessin adapté à son projet. Et là aussi, on peut dire que c’est réussi ! Le trait épais mais académique d’Arnaud Floc’h colle non seulement parfaitement au personnage mais également au climat du contexte de l’après-guerre et aux valeurs esthétiques abordées. De la toute bonne BD classique !

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 le couvent des damnées,minoru takeyoshi,glénat,seinen,historique,intrigues,sorcellerie,religion

 

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Skippy

06/06/2017

Le Club des prédateurs

cov.jpg2.jpgTome 2 – The Party

Scénario : Valérie Mangin

Dessin : Steven Dupré

Casterman

48 pages – cartonné

Sortie : 24 mai 2017

Thriller horrifique

 

Présentation :

Ainsi donc, le Bogeyman, l’ogre mangeur d’enfants, existe bel et bien dans les bas-fonds de Londres. Ce cuisinier de l’épouvante est au service de gentlemen réunis dans le très select Club des prédateurs où chacun se pare d’effroyables masques d’animaux : loup, ours, rapace …

Liz sait que son père dirige ce Club, Jack doit sauver ses amis retenus prisonniers par le Bogeyman, et les membres du Club ne peuvent courir le risque de se faire prendre.

Un drame se prépare et pour chacun, la vie ne sera jamais plus la même.

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Mon avis :

 

Suite et fin ce diptyque, l’album nous livre un récit dont le scénario reste essentiellement orienté vers la précipitation macabre des événements. Liz et Jack vont y affronter des adversaires hors-normes en essayant de tirer des griffes des monstres nantis les enfants kidnappés à des fins anthropophagiques et gastronomiques. On bascule alors dans la violence, l’horreur, voire la terreur à l’état pur. Ames sensibles s’abstenir !

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La couverture est énigmatique : Liz, la petite fille innocente du premier tome apparaît, la bouche et les mains en sang, installée sur un lit au pied duquel un homme git dans son sang. Elle ne paraît pourtant pas vraiment effrayée.

Le lecteur retrouve ici le dessin semi-réaliste de Steven Dupré, magnifique faire-valoir de l’histoire concoctée par Valérie Mangin, avec ses décors soignés, ses vêtements somptueux et sa pagination originale : des cases superposées sur un décor pleine page ou sur un fond noir.

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Le capitalisme immoral de la révolution industrielle et la misère sociale en toile de fond, les contes de fées dans leurs aspects terrifiants, voilà ce qui permettait un excellent défi narratif. L’image de la petite fille emmenée par son père portant un masque de loup vers ce Club de l’abomination a, par ailleurs, un côté très dérangeant qui renforce un climat d’angoisse. Sensations fortes au rendez-vous!

 
 

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 Skippy

 

27/05/2017

L'art du 9e art

cov.jpg2.jpgScénario et dessin : Emmanuel Reuzé

Editeur : Fluide Glacial

128 pages – cartonné

Parution : 17 mai 2017

Humour parodique

 

Présentation :

Les parties de chapitre Apprends la critique de BD sans bosser et La technique pour écrire des critiques qui se la pètent m’ont bien servi. Merci Emmanuel!

A la place de recopier le texte du communiqué de presse ou le résumé qui se trouve sur le site de l'éditeur, je vous ai simplement copié l'image de la la quatrième de couverture. Fastoche!

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Mon avis :

Si vous êtes amateur de BD, vous connaissez certainement les ouvrages de Scott McCloud dont l’incontournable Art invisible.

Tel le Gainsbard de Gainsbourg, voici le McCrawd de McCloud : en (plus) gros, ce que l’acide est à la limonade !

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En 18 chapitres, l’incontestable érudition de l’auteur lui permet de décortiquer tous les travers du (petit) monde de l’art séquentiel. Tout y est passé à la moulinette, tout le monde en prend plein la gueule.

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Les thèmes (mal)traités : la nouvelle BD, la BD girly, les critiques de BD, les blogs, les éditeurs, les lecteurs, les libraires, les attachées de presse, les chroniqueurs, les auteurs, … Les sujets (qui fâchent) : la BD et le fric, les arnaques, l’incompétence, les prix, les jurys, les festivals, les adaptations, les remakes, les stéréotypes, …

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Cynique, parodique, délirant, facétieux, impertinent, méchant, sadique, mordant, pervers, iconoclaste, décalé, drôle, grinçant, féroce, … Les adjectifs ne pas manquent pour qualifier cet indispensable pavé, excellente synthèse de ce que le 9ème art peut encore signifier (ou pas, ou plus) aujourd’hui. Triomphe de la mauvaise foi, du mauvais goût et de la dérision, selon les points de vue, L’art du 9ème art vous permettra de mieux comprendre (entre autres) la surproduction actuelle ainsi que les rouages de ce phénomène culturel qu’est la BD.

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 Skippy

25/05/2017

Demo

cov.jpg3.jpgScénario : Brian Wood

Dessin : Becky Cloonan

Editeur : Glénat

496 pages – broché

Parution : 03 mai 2017

Fantastique

 

Présentation de l’éditeur :

C’est déjà compliqué d’être un ado... alors imaginez avec des pouvoirs !

Par le biais d’histoires courtes indépendantes, Demo raconte les chroniques de jeunes gens aux capacités extraordinaires qui vont devoir, chacun à leur manière, affronter l’amour, la joie, la perte et se frayer un chemin dans un monde où – à l'instar du nôtre – il ne fait pas bon être différent... Une photographie de la jeunesse actuelle où les superpouvoirs forment le prisme révélateur des préoccupations adolescentes.

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Mon avis :

Succès critique dès son apparition 2003, Demo est passé du comics indé (AiT/Planet Lar) chez DC (Vertigo) et a été nominé aux Eisner Awards en 2005. La série, constituée de 18 histoires courtes, genre dans lequel les auteurs anglo-saxons excellent, s’est arrêtée en 2010. Elle paraît aujourd’hui en intégralité (+ quelques bonus) dans la traduction française de l’édition complète de Dark Horse Books. Au-delà de ses aventures éditoriales, Demo mérite vraiment le détour : son propos est aussi original que son traitement graphique.

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C’est d’abord le regard porté sur l’univers tourmenté de l’adolescence et la difficulté d’assumer ses différences qui touche le lecteur par sa profondeur introspective. Puis, il est fascinant de découvrir l’évolution, au fil du temps, du travail d’une jeune dessinatrice surdouée. Becky Cloonan est, en effet, depuis 2012, la première artiste féminine à dessiner Batman chez DC Comics. De l’influence des mangas dans ses premiers récits, en passant par différents styles comme l’usage d’un trait brut et épais, ou encore un traitement réaliste, on suit sa montée irrésistible vers la maturité.

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Le tout forme un épais volume, très dense, d’une intensité progressive, à lire et à relire. Bien sûr, le format court sous-entend une part d’implicite, d’ambiguïté et de non exprimé, ce qui ne nuit ni à la narration ni au rythme de la lecture. Demo est un de ces livres qu’on garde accessible, sous la main, pour s’y replonger à intervalles réguliers.

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 Skippy