04/03/2016

Les Enfants de la Baleine - Tome 1 - A la dérive sur une mer de sable infinie...

Couv_266377.jpgSCAN_20160222_160707_001.jpgAuteure : Abi Umeda
Editeur : Glénat
Sortie : 6 janvier 2016
192 pages

 

 

 

Un manga, wouaaah comment ça se lit ? j'ai déjà retourné la jaquette...C'est un petit format avec des dessins très détaillés, je vais m'user les yeux...

 

Résumé :SCAN_20160222_160627_001.jpg

C'est un vaisseau de glaise avec 513 personnes à bord, qui navigue sur un océan de dunes, vestige des débris d'une ancienne civilisation.

Sur ce vaisseau, un scribe, Shakuro, qui chronique le moindre événement survenu dans sa colonie. Les rencontres, les objets, les décès et les anecdotes.

Un jour, il rencontre une fille mystérieuse sur une étrange île à la dérive. L'arrivée de cette fille dans leur univers fermé leur ouvrira peut-être un avenir qu'aucun d'eux n'avait imaginé.

 

 

Mon avis :

Difficile de différencier les filles et les garçons autrement que par la lecture.

Cette aventure est une quête pour découvrir ses origines, ainsi qu'un plaidoyer contre les guerres et ceux qui les mènent. "Les émotions humaines ne font que nuire au monde et ne sont donc pas nécessaires".

Le Saimia, pouvoir tiré des émotions de chacun, régit la vie sur "la baleine de glaise", il conduit aussi à une mort prématurée et injuste.

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C'est un roman d'aventures pour ados qui me fait penser à Hunger Games ou Meto. Il y a déjà 6 volumes parus au japon. Le second volume en français est déjà édité par Glénat et il est sorti fin janvier en librairie. Je pense que ça peux cartonner auprès des jeunes français comme auprès des jeunes nippons.

Le suspense est déjà au rendez-vous à la fin de ce premier tome. C'est exaltant, émouvant, plein de bons sentiments et exhortant au courage et à l'espoir. Bien sur, l'auteure joue à fond la carte de l'injustice, de la soif de liberté propre à tous ces nouveaux romans jeunesse ou jeunes adultes. Le combat est obligatoire pour enfin profiter de sa liberté de penser. Avec ce désir de vie qui est exacerbé, ils bravent tous la mort et qui vivra verra.

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Les dessins sont fins et très bien exécutés. J'aime particulièrement les soldats, le personnage de Lycos et les scènes détaillées de la forteresse. Pour les personnages, c'est du manga pur jus, avec leur yeux écarquillés et les mèches de cheveux raides dans la figure. Ça n'a pas été désagréable à lire. L'intrigue est intéressante et attirante pour le devenir de ces ados orphelins.

Une future grande saga ? j'ai trouvé beaucoup de poésie dans cet album, autant que de violence finalement, et je ne m'étonne pas qu'il ait été primé au Kono Manga Ga Sugoi 2015 au Japon.

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Très bien noté sur d'autres sites, même si je ne suis pas fan de dessins japonais, je pense qu'il mérite une bonne note quant à l'intrigue et au post-scriptum de l'auteure qui laisse présager de futures aventures extraordinaires.

a07-3e78901.gifMa note

Sophie

15/02/2016

Alice au pays des merveilles

aliceAuxPaysDesMerveilles.jpgSCAN_20160209_131903_001.jpgScénario : Lewis Carroll
Dessin : Benjamin Lacombe
Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose BD
296 pages
Sortie : novembre 2015

 

Cet album n'est pas une bande dessinée, c'est une réédition du roman de Lewis Carroll traduit en français par Henri Parisot " qui brille pour les équivalences, trouvées en français, aux nombreux " jeux de mots " de l'oeuvre. Il en donne d'ailleurs les explications en fin de volume dans " Pour franciser les jeux de langage d'Alice".

"A l'heure de commémorer les 150 ans du roman, cette très belle édition inédite, propose une immersion singulière : au fil du récit, les images s'imprègnent d'une envoûtante fantaisie baroque. Grâce à différentes techniques (gouaches, huile et aquarelle), Benjamin Lacombe - auteur phare de la nouvelle illustration française - offre une dimension graphique surréaliste et subversive à un grand classique de la littérature anglaise. "

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Benjamin Lacombe est illustrateur de quelques contes traditionnels de Grimm et de Perrault, et de romans de littérature classique de Victor Hugo et d'Edgar Allan Poe.

Il nous propose un univers romantique assez dramatique avec une Alice un peu diaphane et ingénue.

Ses grands yeux froids et interloqués posent un regard perplexe sur le monde extraordinaire de Lewis Carroll. 

Passant du vert céladon au bleu canard avec des touches de rouge cerise (griotte ?) pour rehausser le visage d'Alice ou pour magnifier la reine de coeur ; c'est une atmosphère assez lourde que proposent les illustrations, presque poisseuse. Le regard souvent vide de l'héroïne fait froid dans le dos.

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Loin des dessins de Disney, cet album rejoint l'univers de Tim Burton. Les lapins albinos pourraient se transformer en monstres sanguinaires ou en prédateurs aiguisés. Parmi tous ces portraits plus ou moins "fumeux" ou "fumant" celui d'Alice est souvent alangui et ses attitudes ressemblent aux portraits de petites filles photographiés par Lewis Carroll lui-même. Elles n'avaient pas l'air de rigoler tous les jours ces fillettes... limite, elles circulent dans les écoles pour la publicité "enfance en danger".

Néanmoins, les dessins de Benjamin Lacombe subliment le dramatique de la situation, c'est sombre et glauque à souhait et très fantasmagorique.                                                                                               

  SCAN_20160209_143640_001.jpgThe-Chess-Players,-Illustration-From-Through-The-Looking-Glass-By-Lewis-Carroll-1832-98-First-Published-1871.jpg

J'aime aussi beaucoup les illustrations noires, blanches et rouges qui ponctuent les pages du roman et qui rappellent les premiers dessins à la plume de Sir John Tenniel.

C'est un très beau volume que cette nouvelle édition d'Alice qui va aller rejoindre les quelques autres déjà en stock dans notre bibliothèque. Un dos en tissu bordeaux, les deuxième et troisième de couverture façon papier ancien sur fond de losanges contenant les 4 couleurs de cartes à jouer et la face du chat du Cheshire, cela donne l'effet d'un livre ancien ou d'un grimoire. Quelques illustrations pliées et des polices différentes pour animer les différentes métamorphoses d'Alice. Et donc très belle collection que cette Métamorphose de Soleil.

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Ma note :

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PS : peut - être que je vais finir par le lire en entier ce bouquin....

Sophie

 

 

19/01/2016

Les grands peintres - Bosch - Le jugement dernier

Couv_260424.jpg AutPlancheA_260424.jpgeur : Griffo
Des
sinateur : Griffo
Editeur : Glénat
Date de sortie : 12 novembre 2015
56 pages

 

 

 

Communiqué de presse :

Le peintre aux mille démons

Dans la Flandre du XVème siècle, il est un peintre qui surprend par l'originalité et l'ampleur de ses tableaux. Son nom : Hieronymus Bosch. On le dit fou. Car d'où peuvent bien provenir les formes étranges et hallucinatoires, les créatures, les monstres hideux et fascinants qui parcourent ses œuvres, si ce n'est de l'esprit d'un dément ?

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De nos jours, Mathilde de Vlaeminck, une jeune et brillante spécialiste de l'université de Gand, entreprend justement la restauration d'un tableau du maître. A mesure que son travail avance, elle va plonger malgré elle dans son oeuvre, naviguant entre un univers fantastique, hallucinant, et la réalité. 

Mais la frontière entre ces deux mondes, opposés en apparence, est-elle aussi tranchée qu'il n'y paraît ?

 

 

Mon avis :

Finalement, on sait très peu de choses sur la vie de ce peintre flamand du 15ème siècle. Ses oeuvres ne sont pas datées, beaucoup ont disparu ou ont été détruites.

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Contemporain des frères Van Eyck, Dürer ou Léonard de Vinci, ses peintures sont bien différentes des leurs.

On y trouve les représentations du bien et du mal, propres aux préoccupations médiévales, des figures monstrueuses, construites à base d'insectes et de reptiles. Un univers terrifiant loin d'inspirer la joie et la bonne humeur.

Griffo a construit une intrigue originale autour de ces tableaux et des monstres représentés. Entre le rêve et la réalité, les monstres du bestiaire de Bosch s'échappent des tableaux afin de faire régner la désolation à notre époque. 

Comment a-t-il été inspiré afin de peindre autant de vices et de cruauté ? Le mystère reste entier. Griffo évoque les cauchemars et les visions du peintre, ce qui reste plausible étant donné qu'au moyen âge la religion avait une énorme influence parmi les fidèles, prêts à subir mille tourments si leurs péchés étaient dévoilés. Il devait aussi avoir une imagination débordante concernant toutes les perversités de ces concitoyens.

Ces tableaux étaient reconnus et appréciés au 15ème. Pour moi, ils ont toujours un petit coté "bande dessinée" avec toute une foule de détails, plus ou moins sadiques, là où se pose le regard.

La multitude de couleur utilisée pour ses peintures est un délice à observer.

 

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Un encart à la fin de l'album permet de mieux apprécier les œuvres de ce peintre et de le replacer sur une frise historique.

C'est une fiction assez bien tournée afin d'imaginer quelle a pu être la vie de cet artiste moderne pour son temps, et ses croyances. On y trouve peu de violence malgré la monstruosité de chacune de ses créatures, elles désirent s'échapper peut-être pour goûter à l'âme des habitants du 21ème siècle, qui depuis quelques temps découvrent de nouvelles abominations.

C'est un bel album de par sa dimension (24X32) et par la qualité des dessins de Griffo, pour une aventure ésotérique de plus.

 

 

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Ma note :

6/10

 

Sophie

30/12/2015

Communardes !

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 Tome 1 : Les éléphants rouges

Scénario : Wilfrid Lupano

dessins : Lucy Mazel

Editeur : Glénat / Vents d'Ouest

Date de sortie : 23 septembre 2015

56 pages

 

Résumé :

communardes !,les éléphants rouges,wilfrid lupano,lucy mazel,vents d'ouest,glenat Hiver 1870, Prélude de la Commune. Alors que Paris, assiégée par l'armée prussienne, subit le froid et la famine, Victorine, onze ans, passe le plus clair de son temps à s'occuper de Castor et Pollux, les deux éléphants du Jardin des Plantes. Cette passion pour les pachydermes a le don d'énerver sa mère, engagée dans le mouvement des femmes qui veulent s'impliquer dans la défense de la ville. Mais Victorine est bourrée d'imagination, et elle veut être à la hauteur des ambitions de sa mère. Nourrie par les exploits des célèbres éléphants d'Hannibal, elle élabore un plan pour libérer Paris. Un plan génial, démesuré, contre lequel Bismark ne peut rien. Un plan de petite fille livrée à elle-même dans un monde d'adultes...

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Mon avis :

Album grand format de 56 pages, c'est un bel ouvrage avec des dessins magnifiques ; ou plutôt j'adore les dessins de Mazel. L'accent est mis sur les personnages et leurs expressions. 

Les couleurs froides rendent bien l'atmosphère humide et délétère de l'hiver 70 et confine à l'histoire la gravité des événements historiques.

Les brigades des "Amazones de la Seine" viennent de se créer, elles ont pour mission de défendre les remparts et les barricades. Ce sera la première fois qu'elles auront la même paye que leur bonhomme. Cette utopie sera de courte durée, le président du gouvernement de la défense nationale va annuler le projet. Sans distinction de classe sociale, elles sont prêtes à risquer leurs vies pour leur ville et leur famille.

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Aux abords de la grande histoire, des femmes inconnues ont lutté pour garantir leurs droits et leurs libertés.

D'après les faits réels d'abattage des animaux de la ménagerie pendant le siège de Paris, et en mettant en valeur le rôle des féministes lors de la défense de Paris et de la Commune, l'album met en avant la débrouillardise des titis parisiens.

Pour survivre, il faut au jour le jour se nourrir par ces propres moyens, subir le rationnement, voler, mendier, se prostituer.

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C'est évidemment plus dur pour les femmes qui, non contentes de subir un mari souvent au front doivent subvenir aux besoins de leur famille, dans des conditions épouvantables. Où l'on découvre le destin irrémédiablement perdu des animaux quand la commune crève de faim et que se pavanent et s'engraissent les bourgeois : 25 décembre 1870 : 99e jour du siège... au menu : Hors d’œuvre, Potages, Entrées, Rots, Entremets, Dessert.

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Ma note :

8/10

communardes !,glenat,les éléphants rouges,wilfrid lupano,lucy mazel,vents d'ouestcommunardes !,glenat,les éléphants rouges,wilfrid lupano,lucy mazel,vents d'ouest

Tome 2 : L'aristocrate fantôme

Scénario : Wilfrid Lupano

Dessins : Anthony Jean

Éditeur : Glénat/Vents d'Ouest

Date de sortie : 23 septembre 2015

56 pages

Résumé :communardes !,les éléphants rouges,wilfrid lupano,lucy mazel,vents d'ouest,glenat

1871, Elisabeth Dmitrieff, une belle jeune femme russe de tout juste 20 ans, arrivée à Paris depuis une semaine à peine, devient la présidente de la première organisation ouvertement féministe d'Europe : "L'Union des Femmes pour la défense de Paris et l'aide aux blessés". Véritable passionaria socialiste et va-t-en-guerre, elle est envoyée par Karl Marx lui-même ! sa beauté est sa verve, qui la distinguent des autres insurgées, d'origines plus populaires, suscitent l'intérêt des "hommes" jusqu'ici peu sensibles aux revendications des communardes. Ainsi, paradoxalement, l'une des premières grandes figures du combat pour le droit des femmes en France était... une aristocrate russe.

Mon avis :

Après la fiction qui rejoint la réalité historique, cette fois c'est le portrait d'une féministe russe qui nous est présenté et qui a bel et bien joué un rôle important avant de disparaître sans être condamnée.

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Encore de beaux dessins pour ce second album. Que ce soit par l'expression des personnages ou sur les détails architecturaux.

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Il y a toujours une atmosphère sombre aux couleurs sépia et en lavis de noirs bleutés. Le printemps 1871 n'est pas très lumineux pour les parisiens, toujours aux barricades.

C'est un passage de l'Histoire que je connais peu, il n'a pas été abordé en profondeur pendant mes études primaires et secondaires. Ces albums sont un moyen de remettre à jour tout un pan des combats socialistes qui luttent pour l'égalité et contre l'exploitation ouvrière.

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Au milieu de l'affrontement peuple/aristocratie, les femmes doivent trouver le moyen de faire valoir leurs droits. "Furies en jupons, poissonnières et roulures" voici les féministes les plus en vue de la Commune ; ce qui n'est finalement pas si loin du cliché de notre époque sur les lectrices de "Causette".

Un petit clin d'œil à Victorine en p 15. Hélas je n'ai pas retrouvé Elisabeth dans les "éléphants rouges"... je vais chercher mieux ! Peut-être p 12 des éléphants rouges...

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Cet album met en lumière les événements qui ont abouti à la semaine sanglante et à la répression de "la Commune".

Le 28 mai 1871, en une semaine, les troupes de Thiers massacrèrent 30 000 parisiens. Louise Michel déclara plus tard "notre grande erreur fut de n'avoir pas planté le pieu au cœur du vampire de la finance".

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Après la semaine sanglante, 800 femmes furent condamnées à la déportation au bagne.

Ce sont deux très beaux albums qui entament cette collection sur les héroïnes de la Commune de Paris, j'attends le troisième avec impatience, et j'espère qu'il sera (sûrement) à la hauteur des deux premiers.

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"Sur un laps de temps si court, il se passe tellement d’événements que j’ai préféré créer des histoires en focalisant sur des regards. Les personnages guident et inviteront sans doute les lecteurs à se renseigner sur cette histoire passionnante. La difficulté d’une telle période est justement de ne pas l’aborder d’un point de vue trop didactique. Il faut évidemment livrer quelques clés, tout en évitant l’écueil de la leçon d’histoire. J’espère surtout en donner le goût."  Wilfrid Lupano en entretien avec Lucie Servin

En tous cas, il m'a donné envie...

 

Ma note :

8/10

 

Sophie