08/06/2015

Face d’ange. Tome 1

 

face d'ange,glénat,koldo,unzueta,grafica,policier,fantastiqueface d'ange,glénat,koldo,unzueta,grafica,policier,fantastiqueScénario : Koldo
Dessin / Couleurs : Ángel Unzueta
Dépot légal : 04/2015 
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
Planches : 48

 

Los Angeles, 1959. Paul Ares reçoit un appel de la police. Son ex-femme, Diane, a été retrouvée assassinée dans une chambre d'hôtel. De troublantes similitudes avec son passé de soldat en Corée viennent désarçonner Paul. Il doit, de plus, prendre en charge sa fille, Callie, dont il ignore tout. Trouver une confiance mutuelle ne sera pas une mince affaire, surtout quand d’étranges spectres de Diane viennent se mêler au mystère.

« Rien ne peut arrêter l’amour d’une mère. Pas même la mort »

Vous avez sans doute lu ou feuilleté « Chasseurs de reliques » du duo Koldo / Unzuet aux mêmes éditions. Ce nouveau diptyque du même duo a pour cadre les années 50-60 et comme trame de fond une histoire policière matinée de fantastique.

Que dire de cette histoire ?

Commençons par les côtés négatifs. Si le scénario part fort et vite, il s’avère convenu et sans surprise : le père paumé, sa fille terriblement fragile, l’antagonisme entre les prétendants de la belle Diane, eux-mêmes frères d’armes de la guerre de Corée....le tout avec l’apparition de spectres (bons ou mauvais, c’est selon). Rien ne sera épargné au lecteur comme poncifs. Evidemment, les scénaristes nous réservent des surprises. Il existe, bien-sûr des faux semblants, de fausses pistes. Nul doute que les coups de théâtre vont pleuvoir dans la conclusion et le tome 2 ! Mais il sera difficile au lecteur de ne pas avoir un sentiment de déjà-vu.

Heureusement pour cet album, les dessins sont là pour attraper le lecteur et permettre, ainsi, d’apprécier le tout. Les cadrages sont magnifiques avec des jeux de lumières de toute beauté. Les mouvements sont bien relayés donnant du rythme à l’histoire. L’ambiance sixties est palpable. Du beau travail ! Ángel Unzueta va jusqu’à mettre une touche type « trame de point » finissant l’immersion dans le passé. Le tout donne une impression d’images d’Epinal des graphismes de cette époque.

Vous l’avez compris, votre serviteur n’a pas été emballé par cette nouvelle production. Certes, le coté policier pur ouvre des portes. Mais elles devront s’accompagner de vrais rebondissements dans le deuxième tome afin de donner du corps à l’histoire. Voulu par le scénariste, le versant fantastique est indissociable de l’intrigue mais cela ne donne pas vraiment de sens à l’ensemble, bien au contraire. Reste le dessin. Vous apprécierez, ou non, mais tout le monde sera d’accord sur la qualité de l’ouvrage.

 

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Dessin a06-3e788fc.gif
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Tigrevolant

08/05/2015

ODYXES Tome 1. Naufragé du temps

Odyxes, naufragé du temps, scotch Arleston, Steven Lejeune, Mikl, Soleil prod, fantastiqueOdyxes, naufragé du temps, scotch Arleston, Steven Lejeune, Mikl, Soleil prod, fantastiqueScénario : Scotch Arleston,
Dessin : Steven Lejeune,
Couleurs : Mikl
Dépôt légal : 08/2014
Editeur : Soleil Productions
Planches : 46

Oscar Rimbaud est un étudiant en médecine comme un autre à Paris. Mais comment diable se trouve-t-il projeté en pleine Antiquité en tant que responsable d’une flotte Hellène en perdition ? Comment va-t-il trouver l’argent nécessaire à la rénovation de la flotte ? Comment mériter son grade et la confiance des équipages avec des connaissances du futur ?

Aller-retours dans le passé. Voilà comment on pourrait qualifier la nouvelle production de Scotch Arleston. Ce dernier ne nous avait pas habitués à ce type de récit. Son credo c’est tout de même l’héroïque-fantaisie. A moins d’avoir vécu sur une autre planète, personne n’a échappé à la série phare (et les très très nombreux spin-off) des éditions Soleil, Lanfeust de Troy. Mais S. Arleston a déjà démontré qu’il avait de nombreux atouts dans sa manche. Il s’est aussi lancé (encore avec succès !) dans le genre policier, Leo Loden. Et c’est là tout le talent de ce conteur des temps modernes. Chacun de ses scénarios est limpide. Tout s’enchaine, s’emboite et transporte le lecteur dans une autre dimension, dans les limbes éthérés du rêve. Et Odyxes n’échappe pas à cette trame. Du rêve, cet album en a à revendre. Qui n’a pas rêvé de voyager dans le temps ? Qui n’a pas imaginé être transporté dans telle ou telle époque (future ou passée) et se demander comment il trouvera les ressources pour y survivre ? S. Arleston projette (se ?) un étudiant en médecine du 21eme siècle dans la Grèce antique. Il va puiser dans son seul avantage dans ce monde inconnu et dangereux : ses connaissances « technologiques » du futur. Il serait dommage de vous révéler sa trouvaille ! A vous de le découvrir. Le scénariste multiplie les flash-back, permettant de distiller des indices, ouvre ou referme des portes à l’infini. Il instille même une griffe de fantastique (quand même !) finissant ainsi de tromper le lecteur. Par contre, vous ne trouverez pas la dernière touche de S. Arleston présent dans ces séries, l’humour potache. Ici point de jeux de mots dans les lieux ou les noms, pas d’humour débridé. Du récit pur et dur.

Odyxes, naufragé du temps, scotch Arleston, Steven Lejeune, Mikl, Soleil prod, fantastique

Scotch Arleston s’est toujours entouré d’excellents dessinateurs pour transposer son imaginaire débridé. C’est encore le cas dans cette série. Steven Lejeune n’est pas un inconnu dans le monde des phylactères. Trop de Bonheur (TDB) scénarisé par JD Morvan ou encore Dieu a les boules en production solo, sont ses cartes de visites. Le dessin est précis, dynamique avec de très belles couleurs de MiKl. Le lecteur appréciera les belles planches de scènes de vie de l’antiquité. Les corps sont sculpturaux et les héroïnes transpercent le vélin. Les yeux sont comblés par le travail des détails. La tempête introductive manque (un peu) de vitesse, de sensation de mouvement. Mais passé les premières planches, gageons, que vous ne saurez lâcher le livre avant la fin !

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S. Arleston met en image nos rêves. Ce marabout des éditions Soleil sait comment capter son auditoire. Il le prouve encore dans cette nouvelle production. Faisons juste un vœu pieux sur le nombre limité des albums ; ne pas répéter à l’ infini des scénarios à rallonge (comme les naufragés d’Ythaq) et ..... Odyxes a tout pour intégrer votre bibliothèque et faire pétiller votre imaginaire. Trop de bonheur !

Scénario a07-3e78901.gif 
Dessin  a07-3e78901.gif
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Tigrevolant

Odyxes, naufragé du temps, scotch Arleston, Steven Lejeune, Mikl, Soleil prod, fantastique

 

13/04/2015

Le syndrome d’Abel, Tome 2. Kôma & Tome 3. Au-delà...

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Dessin & couleurs : Marazano, Richard
Dépôt légal : 02/2015
Editeur : Glénat 
Planches : 64

Abel Weiss se réveille d’un coma de ...7 ans. Après un long combat contre la mort, le voilà un étranger dans ce monde de vivant : plus d’identité, plus de maison. Décidé à percer ce mystère autour de sa personne, Abel mène une enquête dénuée de tout repos. Recherché par la police et par d’étranges « médecins », Abel Weiss cherche des réponses, quitte à refaire un voyage dans l’au-delà ....

 

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Le syndrome d’Abel fait partie des séries que je qualifierais de « vite la suite mais en vain ». A l’instar de Sasmira (14 ans) ou de Tao Bang (5 ans), le lecteur a dû patienter pas moins de 7 années entre le premier et les deux derniers tomes du Syndrome d’Abel, parus simultanément en Février 2015. Ils clôturent ainsi la série. Dans ce genre de série à attente, le tome 1 se doit d’être diablement attrayant sous peine de voir le lecteur se détourner de la conclusion. De même, le lecteur réclame une fin ou une suite à un niveau au moins équivalent voire meilleur que les prémices scénaristiques. Tao Bang Tome 2 avait été une terrible désillusion. Et si Sasmira T2 est « une histoire correcte qui manque un peu d’intensité mais qui a le grand mérite d’exister » (Samba 2011), le Syndrome d’Abel tome 2 et Tome 3 laissent perplexe. Le tome 1 accroche volontiers son lecteur. Il faut dire que Xavier Dorison est à la manœuvre. Même si le thème « du réveil du héros, mort pour tout le monde » est un classique, le scénario nous entraine vers des sujets plus ésotériques.

 

« S’il fallait tuer un homme, un seul, pour supprimer le cancer... est-ce que vous n’appuieriez pas sur la gâchette ? »

 

La mort et son cortège de questions sont au centre de ce thriller. Et c’est le premier atout de cette série. La résurrection par la science moderne est un grand fantasme de l’humanité. De savoir ce qui se trouve derrière le grand mystère, nous titille tous. Xavier Dorisson l’intègre avec intelligence dans son scénario. Le problème avec ce genre de question, est ....l’absence de réponse. La pirouette finale en est la preuve. Nous pourrions tout aussi bien digresser sur de nombreux tomes sans arriver à une véritable réponse satisfaisante. Le sujet est donc bigrement périlleux.

Pour le reste, rien de bien surprenant : des « médecins » véreux, des cinglés notoires, des flics dépassés retournant leur veste, des courses poursuites, des fausses pistes... rien ne manque à cette trame classique de polar. Tous les poncifs sont présents.

 

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Côté dessin, cela a été un vrai étonnement. Et c’est le deuxième atout du Syndrome d’Abel. Outre la vraie évolution du trait de Marazano entre le tome 1 et les deux autres, la surprise provient de l’artiste lui-même. En effet, Richard Marazano, plus connu à l’écriture qu’au pinceau, s’est totalement emparé de la touche photographique de son camarade de bande dessinée, Jen-Michel Ponzio (Genetiks, le protocole Pelican...). Cette ressemblance dans la technique est telle que j’ai vraiment cru à une erreur de crédit ! Cette façon de faire est caractéristique d’une base photographique avec une retouche visuelle derrière. Ceci donne un rendu ultra réaliste avec des couleurs sombres, métalliques. Cela peut rebuter mais c’est du grand art !

Sept ans d’attente, comme le temps du coma d’Abel, ne paraissent pas justifiés. Les auteurs nous donnent matière à réflexion et évidemment, le sujet ne sera jamais clos. C’est d’ailleurs le sel du débat de ces trois tomes. Il reste au final un sentiment de fouillis sous ces attributs de polar divinatoire. L’intrigue n’est pas toujours très claire. Une relecture de la série dans son ensemble est conseillée afin d’assembler les pièces de ce puzzle. Une fois rassemblé cela se tient et procure, somme toute, un bon moment.

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Tigrevolant

01/04/2015

Les prométhéens Tome 1/4. 1. Réunion de famille

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Dessin : Rafa Sandoval
Couleurs : David Garcia Cruz 
Encrage : Tarragona, Jordi
Dépot légal : 01/2015
Editeur : Le Lombard
Pages : 54

Les dieux ne sont plus que l'ombre que d’eux-mêmes. Hier craints et adulés, aujourd’hui ils se cachent parmi les humains. Immortels, il y a 4000 ans, leurs tètes sont littéralement confinée dans un bocal de formol. Sans égal depuis la nuit des temps, le mystérieux Thymos n’aura de cesse de les tuer tous. L’heure est grave. Une réunion de crise des survivants doit décider de la marche à suivre.

 

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Que voilà un singulier scénario ! Sous l’avalanche de publications des albums sur le thème des péplums, ‘Les Prométhéens’ sortent franchement du lot. Si la transposition dans notre monde des dieux de l’Olympe a un air de déjà-vu, les rendre mortels est plutôt original. De voir Poséidon se faire littéralement embrocher et décapiter procure un choc ! A tel point qu’un retour en arrière de lecture est nécessaire pour accepter cet arc narratif. Pour s’en convaincre, je vous engage à regarder de plus près la couverture.

« Jadis, les dieux de l’olympe étaient craints. Aujourd’hui, ils sont traqués »

Henscher (Le Seigneur des couteaux, Banni) nous avait enchanté par ses scénarios fouillés et cohérents. Assisté d’Emmanuel Herzet (Duelliste, Le Chant du cygne, La Branche Lincoln, Narcos, Centaures), les deux compères s’amusent à revisiter le genre antique. La pléiade des dieux et autres demi-dieux permet de projeter loin le scénario. Les digressions semblent donc infinies. Le tout est d’ailleurs un peu dense. Ainsi, beaucoup de monde intervient et il est difficile de s’y retrouver. Un conseil : réviser votre panthéon Grec ! La réunion de famille (le titre !) des dieux est des plus truculente. Les clichés de ce genre d’évènement sont nombreux, jusqu’au personnage comique de service en la personne de Dyonisos peu avare de saillies envers ces congénères. Certains y verront une transposition du genre comics : les dieux grecs sont des supers héros bien vivants, ils sont parmi nous et ils ont une identité secrète.

Et quoi de mieux que de prendre un dessinateur de comics pour rendre le tout crédible ? Rafa Sandoval est au pinceau. Ce dessinateur fait merveilles dans ces 54 pages. Il vient de chez Marvel et cela se sent bien. Le découpage est audacieux avec des splatch typiques des productions d’outre-manche. Le tout est rythmé avec une multitude de détails. Le choix des couleurs de David Garcia Cruz est par contre curieux avec une dominante de vert et de rouille pas forcement de bon aloi. L’utilisation de l’informatique pour cette mise en couleurs pourra être perçue comme trop importante. Mais bon c’est peut-être le genre qui veut cela.

 

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Prométhée est un dieu condamné au supplice pour l’éternité, qui continue de défier le maître de l'Olympe et d'exhaler sa haine en apostrophes violentes. Mais qui sont les prométhéens ? Quels sont les mobiles de leur terrible vengeance ? Prévue en quatre tomes, ce péplum new age n’a pas fini de nous surprendre avec ses nombreux atouts scénaristiques.

 

Dessin a05-3e788c9.gif
Scénario a07-3e78901.gif
Total a06-3e788fc.gif

Tigrevolant