06/03/2015

Léo Loden Tome 23. Brouillades aux embrouilles

leo loden,tome 23,brouillades aux embrouilles,marseille,policier,humourleo loden,tome 23,brouillades aux embrouilles,marseille,policier,humourScenario : Arleston, Scotch ; Nicoloff, Loïc
Dessin : Carrère, Serge
Couleurs : Cerise
Dépôt légal : 01/2015
Editeur : Soleil Productions
Pages : 46

 

Amadeus, un des indicateurs du plus célèbre flic privé de Marseille et de sa banlieue a disparu. Affublé de l’inénarrable Tonton, Leo Loden se doit de le retrouver. Son enquête croisera celle de l’inspecteur Marlène, sa « douce » et « tendre » compagne, sur la piste d’un meurtrier dans une cité sensible tenue d’une main de fer par un imam.

Leo Loden, c’est le marronnier de la bande dessinée franco-belge, le beaujolais nouveau des phylactères, le Noël des éditions Soleil : régulier et toujours de bonne facture. Le privé de Provence débarque sur les étals une fois par an. C’est du sûr, du solide, 46 pages d’enquête impeccable, de fous rires ou juste de sourires. Marlène est toujours grande gueule avec une nouveauté : elle est enceinte jusqu’au cou. Je vous laisse découvrir comment agit la future maternité sur l’humeur de la charmante inspectrice de l’évêché et sur ses relations avec Leo....

 

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Mais tout n’est pas léger dans cette série emblématique des éditions Soleil. Il existe toujours un fond d’actualité, une critique sociale, un message socio-économique. Ici l’actualité brulante des attentats contre Charlie Hebdo, notre mode de vie et de pensé fait écho au scénario de « Brouillades aux embrouilles ». Cela fait un peu bizarre de lire cette histoire de trafic d’arme sur fond ‘d’intolérance à postériori des évènements tragique de Janvier 2015. Heureusement, dans Leo Loden tout se termine bien. Happy end !

 

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Le dessin est à l’avenant du scénario : impeccable et reconnaissable au premier coup d’œil : tout en rondeur et des visages expressifs parfois réalistes parfois caricaturaux. Seule Marlène m’a paru changée. Peut-être les hormones de la grossesse ?

Je ne m’étais pas replongé dans Leo Loden depuis une dizaine d’albums, le tome 14 exactement. Pas de surprise, c’est du comique de répétition. Tout le monde est au rendez-vous, même les titres toujours recherchés. Une bande dessinée à lire avec du pastis, des glaçons et un régime méditerranéen. Santé Tonton !

 

 

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Dessin :  a05-3e788c9.gif
Total : a05-3e788c9.gif

Tigrevolant

26/02/2015

L'ombre des Shinobis 1. Premier rouleau

l'ombre des shinobis,premier rouleau,sylvain runberg,zhifeng xu,japon médiéval,aventures,fantastiquel'ombre des shinobis,premier rouleau,sylvain runberg,zhifeng xu,japon médiéval,aventures,fantastiqueScénario : Runberg, Sylvain
Dessin : Zhifeng, Xu
Dépot légal : 08/2014
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
Pages : 46

Pour une fois, je ne vais pas vous faire de résumé. Non pas que je n’en ai pas envie mais bien par ce que ce « Premier rouleau » est complexe. Je risque donc de vous perdre entre les noms japonais à la prononciation indéfinissable, les différents clans et intrigues.

 

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Sachez qu’il est question de folklore japonais médiéval avec une touche de fantastique et un fond de scénario policier.

Le folklore japonais inspire beaucoup la BD franco-belge. Cette fascination des traditions et de la beauté violente du Japon ancestral est sans doute due à la proximité des codes régissant les sociétés moyenâgeuses de l’occident et en extrême orient, l’exotisme en plus. Les premiers récits d’aussi loin que me souvienne étaient édités chez Glénat avec le très bon « Vent des dieux » (avec, excusez du peu, 17 tomes). De « Okko » en passant par « Isabella », « Kwaïdan » et autre « Samurai », tous évoquent le code d’honneur des bushis avec des pointes de fantastique.

 

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Dans cette nouvelle série, les projecteurs du fantastique éclairent les shinobis (alias ninjas) doublés de rokurokubis. Pour votre gouverne se sont des « démons à l’apparence humaine s’abreuvant de l’énergie vitale de leurs victimes en s’accouplant avec elles ». Tout un programme ! C’est d’ailleurs l’originalité de cette BD. Sylvain Runberg surfe allégrement sur cette aspect des légendes nippones peu connu en Occident (sauf peut-être pour les initiés !?).

 

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Coté scénario Sylvain Runberg utilise la technique du puzzle : des informations parcellaires sont distillées au fil des pages pour se rejoindre et livrer une conclusion. Autant vous prévenir, vous ne saurez pas tout à l’issue des 46 pages car « L'ombre des Shinobis » a été conçu en trois rouleaux. C’est donc une BD introductive mais avec une bonne partie de réponse. Cela a le mérite de ne (pas trop) laisser le lecteur sur un bâton de sucette.

Tout ceci est plutôt plaisant.

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Le dessin est, en revanche, ambivalent. Xu Zhifeng est un auteur chinois dont c’est la première incursion dans la BD franco-belge. Ses planches sont dynamiques. Les scènes d’actions  sont une vraie réussite de rendue de mouvement. Sa connaissance de l’orient est un atout dans l’écriture de cette trilogie. Cependant, une gêne persiste, notamment au niveau de la maitrise des perspectives ou des proportions entres protagonistes (voire la couverture, par exemple) pas toujours respectées. Par ailleurs, les visages un tant soient peu figés n’aident pas à la compréhension du scénario. Cela fait un tout assez inégal.

 

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Cet album laisse une sensation de salée-sucrée dans la bouche. D’un côté une originalité indéniable dans l’importante production sur la thématique nippone et une maitrise des scènes d’action époustouflante ; de l’autre une difficulté d’accès au filigrane de l’histoire desservi par des dessins et un découpage de par trop statique.

Une confirmation dans les tomes suivants ?

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Global : a05-3e788c9.gif
Tigrevolant

10/02/2015

Holly Ann. Tome 1. La chèvre sans cornes

Holly Ann, chevre sans cornes, kid Toussaint, servain, Casterman, thriller, vaudou, XIXèmeHolly Ann, chevre sans cornes, kid Toussaint, servain, Casterman, thriller, vaudou, XIXèmeScénario : Toussaint, Kid
Dessin / couleurs : Servain
Dépôt légal : 01/2015
Editeur : Casterman
Planches : 46

En cette fin de XIXème siècle, la Nouvelle Orléans est secouée par la disparition d’un enfant de grands propriétaires terriens. Assistée par un journaliste ingénu, Holly Ann va traquer le (les ?) tueur, disséquer le mystère, dérouler la pelote des indices. Ses talents d’enquêtrice, sa connaissance de la ville, de ses habitants et de ses pratiques religieuses lui seront des plus utiles dans cette enquête peu ordinaire.

 

Quoi de mieux que la ville de la Nouvelle Orléans, le nouveau monde du début du XXème siècle pour narrer une aventure policière pleine de mystère et de mélange des genres : Kid Toussaint joue allègrement sur le carrefour de civilisations de la Louisiane pour envoûter son lectorat. Holly Ann, sorte de Sherlock Holmes métisse, est une jeune fille pleine de ressources. Très vite, le lecteur est sous le charme de cette demoiselle, tout à la fois belle et intelligente. Toutes ses interventions claquent et rythment l’histoire. Mais qui est Holly Ann ? A part ses talents de déduction, elle jouit d’une légitimité sans faille aux yeux des habitants de Elle semble sortie de nulle part, tout le monde la connait et tout le monde la respecte. Quel est sa fonction ? Son mandat ? Cela sonne de façon bizarre. Peut-être en saurons-nous un peu plus dans les prochains tomes. Ceci dit le mystère de « la chèvre sans cornes » (je vous laisse la surprise de la définition) mêle habilement les rites animistes (Voodoo entre autre), le racisme latent, la main-mise des richesses par les blancs, les anecdotes sur la Nouvelle Orléans ou encore l’ambiance glauque des bordels dans un polar de bonne facture. Le lecteur se prend vite au jeu et Kid Toussaint joue avec son héroïne pour mieux nous captiver. Un regret : la trop rapide et fatale page 46. Il y aurait matière à pousser plus loin les dessous de l’enquête.

 

Holly Ann, chevre sans cornes, kid Toussaint, servain, Casterman, thriller, vaudou, XIXème

 

Servain, ou plutôt Stéphane Servais, n’est pas un inconnu dans le monde des phylactères. Son trait avait déjà illustré le très bon « Esprit de Warren » scénarisé par le formidable Luc Brunschwig. Il récidive dans le même type d’ambiance plutôt glauque. Cependant son trait a évolué, il est moins anguleux avec une certaine légèreté des contours. Par ailleurs, les couleurs sont nettement plus lumineuses. Cela nous permet de nous projeter facilement dans l’ambiance moite et ensoleillée des rives des Caraïbes. Le tout est dynamisé par le changement de la taille des cases, avec des gros plans ou au contraire de magnifiques travellings arrière.

 

Holly Ann, chevre sans cornes, kid Toussaint, servain, Casterman, thriller, vaudou, XIXème

 

Autant vous le dire, si j’ai aimé l’ambiance et le personnage de Holly Ann, j’ai trouvé le tout un peu décevant avec des simplifications trop grossières. Mais Kid Toussaint et Servain ont l’intelligence de faire un one shot avec un dénouement peu ordinaire. Les tomes 2 et 3 sont d’ailleurs déjà en route et emmèneront successivement Holly Ann sur la piste des indiens Natchez puis dans le quartier populaire de Storyville. « la chèvre sans cornes » est donc un bon moment de lecture avec une kyrielle de points d’interrogations en guise de postface.

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Dessins

 
Scénarioa06-3e788fc.gif

 

Tigrevolant

22/12/2014

MAGIC PEN

Magic pen, Dylan Horrocks, casterman, introspection, roman graphiqueMagic pen, Dylan Horrocks, casterman, introspection, roman graphique


Scénario / dessin / couleurs : Dylan Horrocks
Dépôt légal : 09/2014
Editeur : Casterman
Planches : 264

 

 

Ancien auteur à succès d’un comic-book alternatif, Sam Zabel a fait de la bande dessinée son métier. Il travaille, sans vraiment de motivation, sur « Lady Night », une super héroïne très (très) sexuée. Le temps faisant, il souffre « d’anhédonie » : le gout à rien, plus d’inspiration, panne artistique complète ! Mais à la lecture d’un vieux fanzine, Sam se retrouve projeté, au sens propre du terme, dans l’œuvre. Il y découvre l’existence d’une plume magique permettant à son propriétaire de dessiner le monde de ses rêves pour ensuite s’y réfugier.

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Dylan Horrocks est un auteur néo-zélandais auteur de .... deux BD : Hicksville publiée en 2001 et Magic Pen. Il utilise dans les deux cas le principe de la mise en abîmeen l’appliquant à la création de la bande dessiné. Dylan Horrocks sonde l’essence même de la BD. Quels sont les ressorts de la création ? D’où vient l’inspiration ? Comment appréhender l’ellipse et la transposer dans l’esprit du lecteur ? Et quoi de mieux que de projeter son héros dans les cases (à moins que ce soit Dylan Horrocks lui-même !?). Sam Zabel va traverser des mondes virtuels comme si le monde était constitué de couches superposées, parallèles. L’auteur plonge son héros (et donc lui-même) dans un monde introspectif de 200 pages. Il passe ainsi en revue les différents genres de la bande-dessinée : du comics à la franco belges, en passant par le manga bien gore et même par le dessin médiéval muni de phylactères.

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Autre questions de l’auteur, Dylan Horrocks interpelle le monde machiste du 9ème art au travers de situations embarrassantes pour son héros. Quel est la part de responsabilité de l’auteur pour abonder et flatter l’imaginaire sexiste de son lectorat ? Les attaques contre la misogynie des comics et autres productions sont nombreuses.

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Cette tempête d’interrogations se mêle joyeusement à un tourbillon d’aventures en tous genres, de pirates en monstres Martiens, de fantasmes masculins en bacchanales. Tout cela est rythmé mais avec une tendance à la répétition des scènes, risquant de perdre le lecteur. Pour mieux « digérer » ces réflexions, une lecture en plusieurs fois est nécessaire.

Le dessin est de type ligne claire sans fioriture. Les décors sont nettement mis entre parenthèses. L’expressivité des personnages est réduite au strict minimum. Le dessin est juste là pour soutenir l’étude de l’auteur. Clairement (sic), ce n’est pas le plus gros attrait de ce livre.

L’interrogation de l’auteur sur la substantifique moelle de la bande dessinée est une bonne idée. A grand renfort d’images dans l’image, Dylan Horrocks fait une véritable analyse au sens psychiatrique du terme. Si cela parait un tantinet cérébral et finalement ennuyeux, il n’en est rien. Magic pen est drôle, irrévérencieux et passionnant avec de bonnes idées narratives. Il vous fait vibrer intelligemment avec en prime, un lexique explicatif des références de l’œuvre, pour le moins très éclectiques.

Dessin : a04-3e788e4.gif
Scénario : a05-3e788c9.gif
Total : a05-3e788c9.gif

Tigrevolant