13/10/2014

Une aventure de Chlorophylle. Tome 1 Embrouilles à Coquefredouille

chorophylle,une aventure de,zidrou,godi,embrouilles à coquefredouille,le lombard,tigrevolantchorophylle,une aventure de,zidrou,godi,embrouilles à coquefredouille,le lombard,tigrevolantScénario :Zidrou
Dessin :Godi
Couleurs :Godi, Laure
Dépot légal : 09/2014
Editeur : Le Lombard
Planches : 46 

Chlorophylle a bien mérité son hibernation. Mais le destin en a décidé autrement. Le roi Mitron XIII invite Chlorophylle et Minimum pour l'avant-première du film inspiré de leurs exploits. Mais, les sécessionnistes Fredouillets sont à l’affut et comptent bien à coup d’attentats obtenir la partition de l’ile. Chlorophylle doit alors assurer aux côtés des acteurs, la promotion du film et tenter de déjouer les manigances des terroristes...

« rha, rha, rha ! On les aura ! ». Cette gimmick dans « Chlorophylle contre les rats noirs » résonne encore dans ma tête bien bien longtemps après ma dernière lecture des aventures de « Chloro ». S’attaquer au mythe Macherot en tentant de lui donner une nouvelle vie est une gageure. De la part des éditions le lombard, je trouve cela osé. Certes, en son temps, Dupa, Greg et autres s’y étaient frottés en prenant la suite, sans grand succès ou, en tout cas, en trouvant pas grâce à mes yeux. Cette fois ci, Le Lombard fait appel à la star (méritée) montante de la bande dessinée, le sieur Zidrou comme scénariste et à Godi, son complice dans « l’élève Ducobu ».

 

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Zidrou retourne à Coquefredouille. Il tisse une aventure à plusieurs niveaux un peu comme les dessins animés du moment : une lecture pour les enfants et une autre pour les plus grands. Cela lui permet, tout en restant sur le versant animalier aventureux, d’approcher des thèmes des plus contemporains. Ainsi sont abordés, pêle-mêle, la crise de l’énergie (une trouvaille le bithure de zytron), le droit des peuples à décider d’eux même, les partitions de pays avec un roi pour souder le tout (cela rappel vaguement quelque chose ...), les relations de couples (hétérosexuel ou homosexuel).... C’est d’ailleurs une grande première d’introduire de la sexualité dans l’œuvre de Raymond Macherot. Pas sûr que l’original soit d’accord mais cela fait un bien fou ! Même si mon âme d’enfant, plein d’admiration pour les aventures du plus célèbre des lérots, se serre à cette idée ! Mais foin du passé et tentons l’aventure avec le Chloro nouveau et ces nouveaux meilleurs ennemis (ou amis ?!) !

 

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Evidemment, le trait est différent de l’original. Il est moins vif rendant la sensation de vitesse moins prégnante. Ceci dit Godi s’en sort plutôt bien. Comme Raymond Macherot, Godi soigne ses décors. Il multiplie les petits détails amusants sur les devantures des magasins de la ville, par exemple, ou encore, développe tout un panel de personnages secondaires donnant du liant à l’œuvre.

 

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L’annonce d’un retour dans le passé, d’un « Chloro II », m’a laissé sceptique tant l’œuvre de Raymond Macherot a marqué les esprits à son époque et encore maintenant, notamment par ces scenarii bien trempés. Le pari de « reprise » est toujours à très haut risque. Finalement, la lecture de ce spin-off est une demi-bonne surprise. La touche de modernité n’est pas déplaisante et apporte un souffle nouveau mais au détriment de la poésie et de l’humour tendre. Mais il faut savoir aller de l’avant. Zidrou et Godi l’ont bien compris !

 

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Scénario : 7/10
Dessin : 7/10
Total : 7/10

Tigrevolant

06/10/2014

METALFER

metalfer, stan, Vince, science fiction, dargaud metalfer, stan, Vince, science fiction, dargaud Scénario / Dessin : Vince & Stan
Couleurs : Walter
Dépôt légal : 09/2013
Editeur : Dargaud
Planches : 74

En 2039 un constructeur de jouets vient de lancer avec succès Metalfer, un jouet-robot géant. Mais les enfants peuvent maintenant contester l'autorité de leurs parents en utilisant la force de Metalfer.

Metalfer est un objet atypique dans le monde la bande dessinée et cela à plus d’un titre.

Atypique par sa publication. Prépublié de façon partielle dans les Dark Horse Présents en noir et blanc en 1989, Metalfer fait son grand retour, en couleur et complété par 50 nouvelles planches. C’est d’ailleurs, la première impression de lecture : le dessin est exactement dans la veine des BD de cette époque. Néanmoins, il a fallu pas moins de 24 ans pour finir l’histoire. Un record en la matière !

 

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Atypique dans le scénario, dans les angles d’attaques dans le concept poussé très loin dans l'absurdité et la folie, Stan et Vince ne font pas dans la demi-mesure. Tout est poussé à l’extrême : la folie consumériste, la mort violente et, surtout, banalisée, le « gag » rugueux, la bêtise humaine, les relations intergénérationnelles ou encore la cupidité. Le scénario est brut de décoffrage et la violence est omniprésente. Mais à y regarder de plus près, des messages surgissent au milieu de ce déchainement d’hémoglobine facile. Ils nous décrivent un univers futuriste rongé par la technologie et par la surconsommation, ou l'avidité des industriels entrainent le monde dans une guerre d'intérêt. Les parents sont dépassés, les adolescents sont immatures à pleurer, les industriels cupides à désespérer et les politique à côté de la plaque. Tout cela est tellement ...comment dire ....  outrancier, démesuré que finalement, la lecture arrache un sourire et permet de dépasser cette cascade de barbarie incontrôlable. Certes, en lisant (relisant ?!) le travail antérieur de Vince & Stan, Vortex (Delcourt) entre autre, il fallait s’attendre à de la SF déjanté, burlesque, mais dans Metalfer les auteurs vont très loin dans la caricature et la bestialité (inutile ?).

 

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Les dessins sont denses et dynamiques. Les cases sont chargées de détails et de couleurs flash. Les cadrages sont parfois difficiles à comprendre mais cela participe bien à la dynamique de cet album. Rehaussé par des dialogues comiques et aidé par un découpage intelligent, le lecteur n’a aucune possibilité de pause.

« 100% métal, 100% brutal ». Le slogan en quatrième de couverture ne ment pas. Tout est dit dans ces quatre mots. Si la lecture dérange de prime abord, il faut savoir outrepasser le malaise engendré par ce déferlement de bêtise humaine à la sauce « rouge ». L’ensemble de l’œuvre est une réussite en termes de BD tout au moins, mais je ne suis pas sûr que le tout soit approuvé par un large lectorat.

Dessin : 7/10
Scénario : 6/10

Total 6.5/10

Tigrevolant

19/09/2014

AMBRE GRIS T1. Première partie

ambre gris,michel durand,alexandre boucq,glenat,peche à la baleine,aventure,baleine,baleinier,chasse,drame,marin,moby dick,pêcheambre gris,michel durand,alexandre boucq,glenat,peche à la baleine,aventure,baleine,baleinier,chasse,drame,marin,moby dick,pêcheScénario / dessin : Durand, Michel
Couleurs : Boucq, Alexandre
Dépot légal : 08/2013
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
Pages : 48

Sur un navire baleinier en 1840, officie le cruel capitaine Masquelier, un curé désespéré et une jeune femme perdue dans ce monde d’hommes. L’obsession de la chasse et de la rentabilité enivre le capitaine prêt à tout pour augmenter les cadences. L’équipage souffre et la mutinerie gronde. Mais le capitaine en a cure : tant qu’il peut assouvir ses vices et remplir ses cales ….

Cette BD est huileuse. Elle transpire et poisse l’huile de baleine par tous les pores. Tout est chasse, tout est graisse.

Huileuse de par la nature première d’un baleinier, la chasse au cachalot. Vous assisterez par le menu au démembrement d’un mastodonte jusqu’à l’ouverture des tripes pour récupérer l’ambre gris (une concrétion intestinale du cachalot) ou du spermaceti (substance blanche présente dans la tête de certains cétacés comme le cachalot). Le lecteur baigne littéralement avec l’équipage dans le dépeçage des géants des mers. Cela à un coté désagréable comme la veille d’un orage mais en même temps instructif (jamais entendu parler du spermaceti avant !!!???).

Huileuse par la folie du capitaine prêt à tout pour engranger du blanc de baleine dans ses cales. « À notre retour, le navire devra ressembler au grand cachalot, le ventre bourré d’ambre gris, la proue brillante de spermacéti ! » tonne t’il. Le capitaine est tellement lié à son but que son corps réclame des bains de « spermaceti » afin de retrouver son appétit sexuel vis à vis de Jocelyn.

Huileuse par l’ambiance au sein de l’équipage. Les hommes ploient sous le joug d’un capitaine borné et cruel. La mutinerie n’est pas loin. Seul le prêtre, à limite de la rupture lui aussi, arrive à grand renfort de confesse à contrebalancer l’excès d’autorité.

 

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L’ensemble donne l’impression d’être dans le ventre d’un cachalot plutôt que sur un bateau. C’est d’ailleurs le thème de la couverture : des naufragés ayant pour radeau un cachalot mort ….

Le dessinateur en rajoute une couche (d’huile). Dessinateur de Cuervos ou de Cliff Burton, Michel Durand engage dans Ambre Gris une profonde rupture graphique. Certes, il reste sur un dessin réaliste mais les traits sont distendus, ronds avec une sensation d’étirement. La taille des éléments prennent de l’amplitude et les hommes se retrouvent balayés tel un fétu de paille. Cela donne une ambiance psychédélique !

D’abord difficile, cette BD a le mérite de vous captiver sur un sujet maintes fois exploité dans le domaine de l’imaginaire. Michel Durand donne un souffle nouveau à l’épopée baleinière. Entre la raison d’être d’un baleinier (la chasse et le dépeçage des monstres marins) et la perte de raison des protagonistes, Ambre Gris vous entraine dans un drame à huis-clos propre à l’univers marin.

Dessin : 7/10
Scénario : 7.5/10
Total : 7.5/10

Tigrevolant

03/09/2014

Air forces - Vietnam tome 3. Brink hôtel Saïgon

wallace,cash,lepelletier,aviation,navy,air forces vietnam,guerre,historiquewallace,cash,lepelletier,aviation,navy,air forces vietnam,guerre,historiqueScénario : Wallace, JG
Dessin : Cash, J.L.
Couleurs : Cash, J.L.
Dépôt légal : 07/2013
Editeur : Zéphyr Éditions
Planches : 46

Octobre 1964. Après un atterrissage forcé en territoire ennemi, le lieutenant Nash est libéré par les bérets verts. Ramené à bord du porte avion Constellation, il doit rendre des comptes sur son implication dans l’empoisonnement d’Isaac Brown, l’équipier de Jimmy Bomber. Ce dernier ne va pas rester les bras croisés. Son enquête le mènera très loin des duels aériens.

 

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Conformément au cahier des charges, JG Wallace déploie l’action de cette série sur la base historique de l’engagement de la Navy dans le conflit Vietnamien. L’ambiance de guerre est bien palpable. Le récit est émaillé de morceaux de vérité. Ainsi, le Brink Hôtel Saigon a bien été victime d’un attentat en décembre 1964. Il abritait des officiers de l’armée Américaine.

wallace,cash,lepelletier,aviation,navy,air forces vietnam,guerre,historiqueNous avions regretté dans le précédent tome d’avoir trop d’actions aériennes et pas assez de profondeur dans le scénario (Air Forces Vietnam T1 et T2). Le caractère et la psychologie des acteurs n’étaient pas (assez) mis en avant. Conformément à l’annonce de son scénariste, JG Wallace inverse la tendance dans ce tome 3. Toujours avec comme toile de fond la guerre en Indochine, il met en place une histoire d’empoisonnement d’un pilote, point de départ d’une intrigue type espionnage au sein de la marine Nord-Américaine. L’histoire est parfois stéréotypée avec des clichés : romance du héros avec une infirmière Franco-Vietnamienne ou encore le guerrier éprouvé par la vie qui retrouve son amour de jeunesse (abandonné par ses soins, évidemment). Mais tout cela reste suffisamment romanesque pour accrocher son lectorat. Il est cependant vivement conseillé de relire les précédents tomes.

Le dessin est en progrès sur les expressions des sentiments au niveau des visages. Cela n’empêche pas d’avoir du mal à effectuer le distinguo entre les différents protagonistes. J’ai eu parfois des doutes sur "qui est qui". Mais l’aviation reste évidemment au centre des préoccupations de ce livre. La couverture est là pour vous le rappeler : un magnifique Douglas Skyraider ou « spad » (allusion aux premiers avions du conflit mondial de 14-18) effectue le pilonnage de positions ennemies. Tous les zincs sont soignés et restent un vrai régal des yeux.

Brink Hôtel Saigon boucle le premier cycle d’Air Forces Vietnam. Cette série, comme son nom l’indique, raconte la guerre du Vietnam vue du ciel et c’est là tout l’intérêt de ces BD. JG Wallace et JL Cash montent une fiction sur fond de faits historiques. Cela permet de passer un bon moment et de renforcer ses connaissances (ou ses lacunes) sur l’aviation et les faits historiques de cette période particulièrement troublée.

 

Dessin : 6.5/10
Scénario : 6.5/10
Total : 6.5/10

Tigrevolant