13/01/2014

MEDEE Tome 1 L'ombre d'Hécate

médée couv.jpg1389_P9.jpgScénario : Le Callet, Blandine
Dessin : Peña, Nancy
Couleurs : Badaroux Denizon, Céline et Dumas, Sophie
Dépôt légal : 11/2013
Editeur : Casterman
Pages : 64

Médée est sans doute un des mythes féminins le plus disputé, le plus décrié, le plus raconté. Héroïne féministe pour les uns, monstre égoïste pour d’autre, sont histoire est toujours sujette à de lourds mais passionnants débats. Médée est LE sujet à controverse. Tour à tour novice du temple d’Hécate, magicienne (comme sa tante Circée), traitre à son roi de père, amoureuse trahie, mère infanticide … la liste est longue. Il est impossible de faire la liste Des d’œuvres d’art que son mythe inspira. Du théâtre (Anouilh, Corneille…) au cinéma (Pasolini …) en passant par la littérature (Euripide, Sénèque…) et la musique, son mythe est transposé sur tous les supports. Il ne manquait que la bande dessinée pour compléter le tableau. Evidemment, comme tous les mythes, Blandine Le Callet nous livre son interprétation, sa vision de la figure féministe de la mythologie Grecque.

 

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Bercée d’insouciance dans le palais de son père Aiétiès, Médée vis l’âge d’or de son enfance. Elle est initiée aux secrets des prêtresses d’Hécate. Fort de ses connaissances, elle est chargée par le Roi de tenter de guérir son frère du mal qui le ronge. Mais entre pharmacopée et pouvoir, la frontière est ténue….

89325444.jpgCe roman graphique est très documenté. Il fourmille de détails et d’anecdotes à l’image de l’héroïne. Les rites religieux, la vie des nobles, le travail des femmes vous plonge dans le passé la mythologique antique. Difficile d’en attendre moins de la part de Blandine Le Callet, brillante spécialiste en philosophie ancienne et en littérature latine sur les monstres dans l’antiquité gréco-romaine. Cela donne un récit très dense et une lecture à l’avenant. Car la « Médée » de Blandine Le Callet n’est pas une BD de lecture en 10 minutes. Elle se déguste doucement et en plusieurs fois, surpris à chaque fois par le travail fouillé du scénario.

Les dessins de Nancy Peña sont de haute qualité. Comme le scénario, les détails sont biens rendus. Les traits des personnages sont très fins avec une touche très féminine. Ce beau travail semble être influencé par les dessins de François Place (« Du pays des amazones aux iles indigo ») façon documentaire. Ce qui explique sans doute ce soupçon de manque de vitesse, de mouvement dans les cases. Mais rien qui ne nuise à la qualité du récit.

 

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Le couple Le Callet/Peña redonne la parole à cette « femme libre, savante et meurtrière » plus connue pour sa relation avec Jason et son rôle dans le vol de la toison d’or. La vie bien remplie de Médée mérite bien une série de qualité, et trois tomes ne seront pas de trop. Ce premier tome, « l’ombre d’Hécate », plante les jalons d’une belle histoire.

 

Note : 7,5 / 10

Tigrevolant

 

06/01/2014

Le Banni T2. La reine pourpre

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Scénario : Henscher
Dessin / couleurs : Tarumbana
Dépôt légal : 11/2013
Editeur : Le Lombard
Pages : 48


Appâtées par la prime royale offerte par la Reine Pourpre, des hordes de mercenaires des quatre coins du royaume d’Archeon se jettent à la poursuite d’Hector Wiestal, dit « la muraille », traître au royaume pour avoir entretenu une liaison adultérine avec le reine. Devenu « le Banni », l’ex légende Hector s’est vu confier une mission par son Roi mourant : protéger l’héritier du trône. Accompagné d’un ancien capitaine des gardes et du mystérieux Khaiss, Hector poursuit sa mission aux confins du pays Surin pendant que le pays à feu et sang se déchire dans une guerre de succession mortelle.

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Après trois ans d’attente, voici enfin le tome 2 de cette série médiévale fantastique. Le tome 1, « le poids de nos victoires » avait laissé Hector et ses compagnons en pleine fuite. Il était temps d’en apprendre un peu plus sur cette saga. De saga, il en est bien question. En effet, les poncifs de récits chevaleresques (l’honneur, la passion, les combats titanesques, les trahisons….) sont bien présents et donnent une fièvre aventureuse classique. Mais, cette BD trouve son originalité dans les trames de l’intrigue et dans les nombreux intervenants. L’envergure des personnages secondaires aboutit à une équation terriblement complexe. Peut-être même un peu trop : il faut se concentrer pour suivre et comprendre les actions des différentes maisons nobiliaires et des différents individus Les protagonistes s’affrontent, se trahissent et se retrouvent dans un tourbillon de flash-back et de passage de scène à l’autre sans transition. La lecture (re - ?) du tome 1 est fortement recommandée. Il en ressort un album mené tambour battant. La dernière case du récit vous laisse pantelant de tant d’actions, de révélations et évidemment … de questions ! A ce sujet, la maison d’édition Le Lombard a raisonnablement mis en avant cette très belle série en seulement trois tomes (Attendu fin 2014, le tome 3 « La voix des morts »). Et c’est tant mieux ! Car le nombre de personnages et de personnalités seront soumis forcement aux feux de la rampe. Cela mériterait (presque) des spin-off.

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Derrière une magnifique couverture de la reine pourpre (nominée au Samb’or 2013 couverture), se trouve des dessins tout aussi splendides. Le talent de Tarumbubana est indéniable. Gageons qu’il sera mis à contribution dans le futur sur d’autres œuvres. La particularité de son travail est l’utilisation exclusive de l’ordinateur. Ses réalisations sont telles qu’une impression de dessins travaillés à la peinture vous saute aux yeux de prime abord. Il faut tendre l’iris pour imaginer le travail du logiciel. Les mêmes ressorts de l’exercice du roman chevaleresque animent le dessin. Ainsi, les scènes homériques de batailles sont rendues avec force détails et profondeurs dans le champ visuel. Le choix des couleurs ou plutôt l’absence de couleurs est une particularité du dessinateur. Tout est très sombre (à l’image de la folie des hommes ?) et l’utilisation d’un filtre noir et blanc pour les retours en arrière améliore considérablement la narration.

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Voilà donc un très bon tome 2 du Banni après une trop longue absence. De mauvaises langues sous-tendront la trop grande analogie avec la série télévisée « Game of thrones ». A raison, car ce sont les mêmes mécanismes qui animent cet univers. Mais Henscher et Tarumbana ont réussi a inventer un monde nouveau avec des personnages bien trempés. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le lecteur n’est pas grugé par la qualité du récit et des dessins. Le tome 3 s’annonce passionnant et surtout très dense Beaucoup de questions sont sans réponse. L’exercice sera périlleux en 48 pages. Qu’importe, nous serons au rendez-vous !

Note: 8.5 / 10

Tigrevolant



01/01/2014

SAMURAI LEGENDE T2. L'échange

SAMURAI legende T2 couv.jpgPlancheA_201038.jpgScénario : Di Giorgio, Jean-François
Dessin : Mormile, Cristina
Couleurs : Paitreau, Stéphane
Story-board : Genêt, Frédéric
Dépôt légal : 11/2013
Editeur : Soleil Productions
Planches : 56

 

Dans un village de la région d’Hokkaido, une jeune victime est retrouvée égorgée. C’est la sixième en un mois. Excédé devant l’inaction et le manque de résultats des autorités locales, le damyo (puissants gouverneurs féodaux au Japon, entre le XIIe siècle et le XIXe siècle) envoie Donan-San, son meilleur enquêteur avec les pleins pouvoirs. Il sera vite confronté à des créatures infiniment plus dangereuses que de simples meurtriers. Les Sœurs de l’Ombre ne sont pas loin….

 

Un an après la sortie du très remarqué T1, revoilà les Sœurs de l’Ombre dans le tome 2 du très bon « Samurai Légende ». Pour le néophyte, « samurai » est une série d’aventures mystiques dans le Japon moyenâgeux, le tout avec une franche touche de fantastique. Preuve de son succès (mérité), cette série se décline en trois cycles et pas moins de 8 albums (un record chez Soleil !). Jean-François Di Giorgio et Fréderic Gene ont eu la bonne idée de réaliser une sorte de préquelle. L’action se situe 16 ans avant le T1 de « Samurai » au moment où Akuma (le Némésis de la série princeps) découvre le tombeau du XIIIème prophète. Elle met l’accent sur les trois Sœurs de l’Ombre (Furiko, Reiko et O-Kane). En dehors des premières et des dernières pages reliant cet album à sa série mère, l’histoire a tout d’un policier fantastique autour de meurtres non résolus. La mise en scène dans un univers Japonais médiéval est recherchée. Les codes et les hiérarchies de l’époque sont bien retranscrits. L’utilisation de terme japonais (imprononçables pour les néophytes) permet aux lecteurs de se plonger un peu plus dans cet univers. Le tout donne une sensation crédible permettant une lecture fluide et, ma foi, fort agréable. Le sang, toujours associé à cette période trouble, et le sexe sont au rendez-vous. Les deux se mélangeront dans des danses certes mortelles mais toujours esthétiques. Car des morts vous en trouverez à la pelle. Les combats aux sabres sont légions, les sœurs de l’ombres virevoltent, sautillent, taillent dans le vif et finalement se remettent de leur blessure dans un lac magique. Ouf ! Peu de repos pour les pauvres lecteurs. Tout est bien rodé dans le scénario de cet album, et imperceptiblement l’histoire glisse tout doucement vers le fantastique permettant un raccord avec la trame de fond.

 

Le dessin a été confié dans cette série à la talentueuse Cristina Mornille (Eden Killer », « Le journal d’Ambre », « Western Valley »…). Cette belle Italienne confirme son talent et sa maitrise du pinceau. Les dessins sont pour le moins vifs et dynamiques. La sensation de vitesse dans les combats est magnifiquement rendue, mais pas seulement. Les visages sont très expressifs et les détails des décors de seconds plans sont bien recherchés. C Mornille nous transmet son amour de cette période japonaise avec une recherche documentaire approfondie. Tout cela est un régal pour les yeux et les amateurs d’arts martiaux. Si il y a une nouvelle dessinatrice, il y a aussi nouveau coloriste en la personne de Stéphane Paitreau. Avec un palmarès impressionnant (« Aleph », « la geste des chevaliers dragons », « Kookabura » …entre autre), notre coloriste fait du très bon travail sur les jeux des couleurs et des lumières à l’acrylique.

 

Spin-off de la série mère, « Samurai Légende » complète agréablement la série mère « Samurai » (chez le même éditeur). Le tout est une réussite tout à fait sympathique (ceci est fort rare dans le milieu des spin-off). Confier les dessins a une dessinatrice talentueuse est un vrai plaisir visuel. L’énorme avantage de cette série est sa capacité de compréhension indépendante de la série principale. Le développement de la personnalité des trois sœurs est une idée originale. Il parait qu’elle a été soufflée à Jean François Di Georgio et Fréderic Genet lors de séance de dédicaces  par les fans de la série « Samurai ». Mais là aussi, cela reste du domaine de la légende !

Note : 8/10

Tigrevolant

29/12/2013

Samb'or meilleur scénario 2013


Oyé ! Oyé ! Vous, formidables acteurs et lecteurs de la planète BD, êtes appelés aux urnes.
Le jury après moult  déboires et réflexions, a sélectionné 8 albums méritants
(très dur d'éliminer de très belles histoires !).

8 albums dont le scénario vous entraine de l'autre coté du miroir pour de longue heures, de nombreux mois ....

La parole vous est rendu. Il reste à vous, lecteurs fidèles, à élire le meilleurs scénario 2013

 

Les votes sont ouvert jusqu'au 15 Janvier 2014

Rendez vous ICI pour faire votre choix. Pour soutenir votre champion ! Un pseudo et une adresse mail pour faire basculer le cours du Samb'or meilleurs scénario 2014 ! Venez nombreux

Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (0) | Tags : samb'or, scénario, 2013 |  Facebook | |