20/02/2013

LES TIGRES VOLANTS T.1 et T.2

tigre volant T1 couv.jpgtigre volant T12 couv.jpgRaids sur Rangoon T.1
Mission à Singapour T.2
Scénario : Nolane, Richard D.

Dessin : Molinari, Félix
Couleurs : Bergèse, Frédéric
Dépot légal : 01/2013
Editeur : Soleil Productions
Planches : 44 

 

Pilotes US, au service de la Chine de Tchang Kaï-chek pendant la seconde guerre mondiale, ils formèrent une escadrille internationale composée de pilotes civils en rupture de contrat, d'aventuriers aériens en mal d'exploits, de rêveurs idéalistes et de "cowboys du manche à balais". Ils viennent de tous horizons. Ils vont devenir une légende, à un contre dix. Leurs mythiques avions de chasse à gueule de requin semèrent la mort et la terreur dans la redoutable aviation japonaise; les chinois surnommèrent ces héros ''les tigres volants''.

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Aaaaah « les tigres volants », toute une épopée ! Pour les fans de combats aériens, pour les aficionados de dogfight, pour le plaisir d’accompagner ces aventuriers du ciel, R. Nolane et F Molinari dessinent la légende. Ils rendent hommage à ces pilotes américains volant sous les cocardes chinoises entre 1941 et 1942. Entièrement tournées vers leurs gloires, leurs hauts faits sont racontés dans ces BD. Nolane s’amuse à mettre en avant l’indiscipline, l’individualisme ou le sale caractère des pilotes. Pour la petite histoire dans la grande, « papy Boyhington » a réellement existé et faisait partie des Tigres Volants ! Mais comme toujours, après la victoire, c’est la franche camaraderie et l’esprit d’équipe qui prend le dessus. Tout cela est un peu pauvre, voire attendu ! Il suffit de suivre la ligne blanche : d’un coté les méchants Japonais et de l’autre les gentils mercenaires….R. Nolane se contente d’aligner des combats aériens, certes de toute beauté, mais sans réelle surprise. La force du récit réside dans la transposition de faits réels. R.Nolane s’applique à les retranscrire avec beaucoup de soin.

 

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molinari , planche , tigresvolants.jpgMais les dessins d’avions, les combats aériens, bon sang ! C’est de la grande voltige ! On admirera la finesse du détail et la fluidité des mouvements aériens dignes d’un film d’animation ! C’est grand ! Felix Molinari était (était car malheureusement disparu en 2011) spécialisé dans le récit de guerre (Garry, SuperBoy ou encore la série Tora). Nul doute qu’il a été influencé par les dessins de Milton Caniff. La passion de l’aviation, la recherche du détail transpire dans son travail. Les P-40 des Tigres volants sont superbes ! Mais pas seulement, et l’ensemble de la flotte aérienne de tout bord est mis en valeur avec maestria.

Dans cette réédition de Soleil précédemment parue en 1994, le récit des faits d’armes des tigres volants sont une vraie réussite. Cette édition est enrichie d’un cahier non pas de croquis mais de fiches descriptives sur les différents avions dessinés dans ses pages. Photos à l’appui. Passionnant ! On en redemande.

Note : 7.5 / 10

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12/02/2013

SHERLOCK HOLMES: CRIME ALLEYS tome 1

sherlock,holmes,policier,1800,soleil prod,cordurie,nespolino,gonzalbo,710sherlock,holmes,policier,1800,soleil prod,cordurie,nespolino,gonzalbo,710Titre : Le premier problème, Tome 1
Scénario : Cordurié, Sylvain
Dessin : Nespolino, Alessandro
Couleurs : Gonzalbo, Axel
Editeur : Soleil Productions
Dépot Légal : 01/2013
Nb Pages : 46

 

Londres Mai 1876. Un à un tous les plus grands esprits du royaume Victorien disparaissent. Scotland Yard est sur les dents : pas de rançon, pas de revendication, pas la moindre piste…. Las, le concours de Sherlock, pas encore Holmes, est requis. Entre oisiveté et recherches scientifiques, Sherlock va finalement descendre dans les bas-fonds, prendre son envol dans l’histoire (littéraire tout au moins !) et affronter celui qui deviendra son plus grand ennemi : Moriarty.

sherlock,holmes,policier,1800,soleil prod,cordurie,nespolino,gonzalbo,710Conformément au cahier de charges de la collection 1800 dirigée par Jean-Luc Istin, cette BD est une libre adaptation des grands classiques de la littérature du XIXe. Connan Doyle a évidemment toute sa place dans cette ambitieuse collection (elle compte déjà une trentaine de titre). Avec une pointe de fantastique, Sylvain Cordurié tente d’imaginer la prime jeunesse du détective Anglais. Et si beaucoup de monde s’est essayé à dépeindre Sherlock, en témoigne l'énorme quantité de suites et d'aventures parallèles écrites par de nombreux auteurs (cinéma, littérature, BD), peu de monde l’avait imaginé avant Baker Street et même avant le Docteur Watson. Ici Sherlock est rêveur, bohème, arrogant, misanthrope. Bref il est en devenir ! Mais déjà pointe la sagacité propre au plus célèbre détective de la littérature populaire Anglaise. C’est original mais cela manque un poil de rythme. Sylvain Coudurié plante page à page son décors, fait entrer dans l’histoire un à un ces personnages pour trouver une pointe d’accélération du scénario sur les dernières pages. Sans pour autant nous révéler le pourquoi du comment ! Diable !

Dans la famille dessinateur, Alessandro Nespolino, déjà vu dans une autre série concept de soleil (« tueurs en série ») est un choix honorable. Il succède à ces deux prédécesseurs dans la série « Sherlock 1800 » avec le même scénariste décidément très en verve. Si les personnages sont expressifs et se distinguent bien les uns des autres, il n’en est pas de même pour les décors. Cela manque de détail. Et surtout de sordide. On est dans le cloaque de Londres, que diable ! Tout cela est un peu trop propre et lisse. La colorisation donne beaucoup de relief aux personnages et lisse l’ensemble de la lecture. Enfin, il faut noter la très belle couverture de Roman Toulhoat, sombre, brumeuse, sanguine. Parfaite introduction !

Ce tome 1, intitulé « le premier problème », nous offre une enquête douce-amère autour d’un personnage emblématique. Il retranscrit assez bien l’esprit des romans de Sir Arthur Doyle. Les amateurs y verront une bonne digression, les autres attendront la fin de l’aventure, prévue en deux tomes, pour se faire une opinion.

Note : 7/10

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10/01/2013

Les Amazones T1 et T2

Couv_176343[1].jpgCouv_176346[1].jpgScénario : Clarke
Dessin : Borecki, Ludo
Couleurs : Cerise
Dépot légal : 10/2012
Editeur : Glénat
Collection : Treize étrange
Planches : 48

Octobre 1854. La Guerre de Crimée est déclarée. Dans l’optique de la prise de Sébastopol les troupes Françaises et Anglaises se déploient. A à la tête d’un détachement, un officier Anglais, James Gordon Parker, est chargé de sécuriser et de nettoyer le périmètre. Fait prisonnier par les terribles guerrières amazones Koumanes, les débris de l’unité sont réduits en esclavage. Borné et arrogant, le lieutenant Parker imposera sa discipline très militaire aux prisonniers jusqu'à l’absurde.

album-page-large-17666[1].jpgMais que recherche Clarke ? A-t-il un message à nous transmettre ? Où veut-il en venir ? Sur fond de décor historique, il met en scène un officier aveuglé par sa culture et son instruction militaire. Il renvoie dos à dos la culture Amazone et la très rigide instruction militaire. Ainsi deux civilisations s’affrontent sans donner de crédit à l’un ou à l’autre : la cruauté des hommes (leurs tares ?) prend le dessus. Le seul mérite de cette BD est de ce poser la question : dans une situation d’asservissement, comment réagirais-je ? Mais que tout cela est vague et surtout convenu. On remarquera le manque de profondeur des dialogues. Et que c’est lent ! Paradoxalement, les séquences de planches silencieuses sauvent l’ensemble du scénario. En effet, il y a une montée en puissance de la tension inter et intra-groupe tout au long des dialogues et ….de leurs économies. Un effort est fait sur la reconstitution historique avec les dates, les lieux jusqu’au nom du General Anglais : Lord Fitzroy réellement chef du corps expéditionnaire anglais en 1854. Derniers clin d’œil de l’auteur, le nom des amazones « Koumane » : les Coumans, peuple semi-nomade, sont à l’origine, les habitants de la péninsule.

PlancheA_176343[1].jpgQue dire des dessins de Borecki ? Il utilise la technique de ligne claire sans grand succès ! Les visages manquent d’expression. Ainsi, l’officier Anglais a parfois du sang asiatique dans des tentatives de représentation d’un sentiment. Les proportions ne sont pas toujours respectées : notamment au niveau des chevaux que l’on retrouve tantôt courts sur patte, tantôt fringants. Tout cela nuit gravement à une lecture fluide. Par contre, Borecki s’en tire plutôt bien sur les scènes d’action, les contre champs et les détails .... de bateaux. Un point merite d’etre souligné : la réussite de la colorisation ! Les couleurs très douces de Cerise atténuent l’ensemble du drame.

D’aucun, auront fait le parallèle avec l’officier du pont de la Rivière Kwaï. Mais n’est pas Pierre Boule qui veut ! La collection Treize Etrange de chez Glenat nous avait donné des perles comme Ratafia, Achab, Lorna … mais malheureusement ce dytique n’est pas très à l’aise parmi ses camarades de promotions. Dommage, car si l’idée est bonne elle manque de corps et d’épaisseur.

5/10

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27/12/2012

LE REVEREND Tome 1. Les diables déchus du Nevada

le_reverend_page01-bbd49[1].jpg2162753870[1].jpgScénario : Lylian
Dessin : Lebon, Augustin
Couleurs : Poupelin, Hugo
Dépot légal : 10/2012
Editeur : Emmanuel Proust Éditions
Collection : Atmosphères
Planches : 46 

http://augustinlebon.blogspot.fr/
www.wix.com/oguhpoup/portfolio
http://lyliank.blogspot.com/

1870, désert du Nevada, une diligence à destination d’Eureka est attaquée. Sans pitié, les assaillants tuent, pillent, violentent une jeune mère. Animé par un souffle divin, son très jeune fils récupère des armes et abats les quatre assaillants …

Hiver 1875, le gamin a bien grandi et n’a pas oublié : Angus Whitecross est devenu chasseur de primes. Vraie légende de l’Ouest connu sous le nom du Révérend, il compte bien faire résonner le son de la vengeance dans la paisible bourgade d’Eureka

le_reverend_page02-b7cbe[1].jpgOctobre 2012, Lylian écrit l’histoire du révérend. Augustin Lebon le dessine et Hugo Poupelin colorise le tout. Attention, ces hommes sont dangereux : ils sont déterminés, habiles au verbe comme au crayon ou au pinceau et surtout bien décidés à nous narrer par le menu la vengeance d’Angus à coup de rebondissements, de révélations, d’actions ou autres cadavres dans le placard.

Décembre 2012, Samba BD lit ce petit western et se laisse séduire. Si Lylian n’active pas grand-chose de neuf dans les ressorts classiques du western, il apporte une certaine fraicheur. Il distille des indices çà et là, propose un lot de fausses pistes et emballe le tout avec des flash-back. Et…la magie de la BD opère. Le pauvre lecteur se laisse mener gentiment jusqu’à la page 55 ou il tombe misérablement sur le fatidique « suite et fin dans le tome 2 ». Arrrrrgh ! Pourquoi nous amener jusqu’ici pour nous abandonner au beau milieu des rocheuses plusieurs balles dans le buffet et une déesse de cabaret à ses cotés ?

angus-10[1].jpgPour sa première œuvre Augustin Lebond livre un dessin ligne claire à votre jugement. Il est superbe : les paysages, les décors, les personnages sont traités avec beaucoup de justesse et d’à propos. Les ellipses sont bien exprimées. Cependant, le coté figé des visages nuit à une lecture fluide. Ils manquent d’expressivités et desservent par moment le rythme voulu par le scénariste. Il en est de même dans le rendu des mouvements. Mais le pardon n’est jamais loin pour une première publication ! Enfin, Hugo Poupelin aux pinceaux colorise le tout avec des rendus ocre, sepia et enneigés. Cela se marie bien et crédibilise l’ensemble.

Avec une influence assumée aux westerns Hollywoodiens, ou plutôt Italiens, ce trio réussit son association. Nul doute que la suite, promise par Augustin Lebon pour Octobre 2012, sera percutante !

WANTED Le révérend Tome 2
Octobre 2013 chez EP éditions

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Note : 7.5/10

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