25/10/2012

WW 2.2. Tome 1 : la bataille de Paris

9782205065145-couv-I400x523.jpgww221plan.jpgScénario : Chauvel, David
Dessin : Boivin, Hervé,  Henninot, Éric
Couleurs : Delf
Dépot légal : 08/2012
Editeur : Dargaud
Planches : 62 

Automne 39, Hitler est assassiné par Georg Elser, jeune ouvrier allemand. Cela n’empêche pas le chancelier Göring de continuer l’œuvre de son chef. Il lance donc l’offensive du Reich sur la Hollande et la Belgique, durant l’hiver 1939. Mais le temps ruine la tactique de blitzkrieg des allemands. Devant cette progression plus lente que prévue, l’état major français et allié décide de laisser Paris apparemment sans défense. Cette stratégie n’est qu’un piège destiné à porter un coup fatal à l’armée Allemande.

 

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Dans la capitale, vidée de sa population, les troupes françaises s’installent le plus discrètement possible, préparées à en découdre. Dans l’attente de l’affrontement, le sergent Meunier organise sa vie avec ses hommes… 

David Chauvel (D.C. !) nous propose donc un « what if » sur la deuxième guerre mondiale. Le titre (WW 2.2 - Deuxième guerre mondiale, version 2) est évocateur d’une uchronie dont le point de rupture est la mort d’Hitler.

ww 2.2, Guerre, David Chauvel, 6.5/10, Les amateurs du genre seront sans doute déçus. L’uchronie, sensée faire l’originalité de la série est très (trop ?) peu exploitée. Des scènes de bataille ? Des mouvements tactiques ? Une projection géopolitique dans le futur ? Que nenni ! Seule l’attente et les interrogations de la troupe retiennent l’attention du scénariste le tout dans un Paris vide, sans vie, inquiétant, et surréaliste. Tout est orienté vers les relations entre les hommes du sergent Meunier. L’action donne l’impression de pouvoir se passer n’importe où n’importe quand. Tout est très lent. Et c’est avec une certaine impatiente, que l’on attend … une action !. Que le scénario s’emballe ! Mais c’est seulement dans les dernières pages, à la vite, que l’histoire se conclut.

Le prologue est dessiné par Eric Hennino. Ce dernier est connu pour ces dessins dans la série « Carthago » scénarisée par Christophe Bec. Il se charge de poser le décor et d’enclencher l’uchronie. Hervé Boivin s’est chargé des 45 pages suivantes. E. Hennino ne démontre pas grand-chose : beaucoup de texte, un personnage ombré et des gros plans sur Hitler mort ?! Viens le dessin de H. Boivin. La césure est nette entre les deux dessinateurs. Le dessin de Boivin est tout en rondeur : ses personnages, l’ambiance pesante de Paris vide. C’est lisse et pas très expressif. Ainsi, le lecteur aura parfois du mal à identifier les différents protagonistes.  

ww 2.2, Guerre, David Chauvel, 6.5/10,

Le projet WW 2.2 est une série concept. Chaque album est confié à un nouveau dessinateur. D. Chauvel scénarise les tomes 1 et 7, tandis que les autres sont confiés à d’autres scénaristes, sous son contrôle. C’est donc sept tomes et sept batailles dans sept pays différents. Cette série est à suivre jusque fin 2013. ww 2.2, Guerre, David Chauvel, 6.5/10,

Déception que ce tome 1 de WW 2.2 ! En effet, si le pitch est vraiment alléchant (que serait il passé si Hitler avait été assassiné en 1939 ?), Il y a moyen d’aller beaucoup plus loin dans le scénario. Le concept de l’uchronie est justement de pouvoir tout imaginer. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bien pauvre comme scénario. Mais le but de D Chauvel est sans doute ailleurs. Cette galerie de portraits de soldats Français est sans doute le moyen de faire passer un message antimilitariste (« regarder notre vie s’écouler par notre sang, par nos tripes et mourir, sur le pavé de paris, sans fleurs ni couronnes ? ») mais cela reste très décevant. Espérons que la suite soit plus épique et avec plus d’imagination ! Surtout qu'il y a de quoi faire.

Note : 6.5 / 10

Tigrevolant

 

Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (1) | Tags : ww 2.2, guerre, david chauvel, 6.510 |  Facebook | |

12/10/2012

Zone Blanche

Couv_170133.jpgPlancheA_170133.jpgScénario : Denis, Jean-Claude
Dessin : Denis, Jean-Claude
Couleurs : Denis, Jean-Claude
Dépôt légal : 08/2012
Editeur : Futuropolis
66 planches


Les tribulations d'un homme malade des champs magnétiques !

Il aura fallu un soir, une coupure électrique et la rencontre "fortuite" de Clara Berhinger pour que la vie de Serge Guérin bascule. Lui, victime d’un aigrefin et elle, d’un viol, ils rêvent de se venger. Alors, pourquoi ne pas accepter la riche idée de Clara d'échanger les meurtres afin de brouiller les pistes des enquêteurs ?

 

« J’ai déjà vu des meurtres maquillés en suicides, mais le contraire, alors là, c’est bien la première fois ». Ainsi résume le gendarme chargé de l’enquête. Il définit ainsi la complexité et les méandres choisis par JC Denis pour mieux nous perdre et nous tenir en haleine. Car il s’agit bien d’un roman policier. L’auteur ne ménage pas le lecteur : de flashback en dialogues percutants, il prend visiblement un malin plaisir à faire des nœuds dans l’esprit du pauvre lecteur. Et là c’est trop ! Trop d’intrigue tue l’intrigue. Il perd le lecteur qui, finalement, ne prend plus de plaisir. Mais peut-être, qu’une deuxième lecture est nécessaire. Autre interrogation, son héros (ou plutôt son anti-héros) de ce one-shot, Serge Guérin est intolérant aux ondes électromagnétiques (téléphone, wifi, lignes hautes tensions …). Il recherche pour sa tranquillité, des « zones blanches » ! On ne comprend pas bien où JC Denis veux nous amener. Car cela ne sert pas trop le scénario. Peut-être une critique de notre monde sursaturé d’ondes diverses et variées, dont l’innocuité n’est absolument pas prouvée ?

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Cet album a été couronné Grand prix d’Angoulême 2012. Franchement, ce n’est pas son meilleur album et j’y vois plutôt un prix pour l’ensemble de son œuvre (une trentaine d’albums). Le plaisir d’un JC Denis est beaucoup plus palpable dans « quelque mois à l’Amélie », entre autres.

 

Le dessin est du JC Denis. Ligne claire, hachurage des zones d’ombres et couleurs douces sont au rendez-vous. Un petit regret sur les proportions de ses personnages féminins très inégaux et pas toujours très sexy.

 

Au final, ce n’est pas un très grand cru mais reste une gentille lecture.

Note : 6.5 /10

Tigrevolant

 

08/10/2012

Magicland ! Philtra mène l'enquête

couv.gifPlanche_bd_17989_MAGICLAND.jpgScénario : Erroc
Dessin : Yannick
Couleurs : Yannick
Dépot légal : 06/2012
Editeur : Bamboo
Planches : 144 

Résumé éditeur : Des jeux, des énigmes et des pages de BD : un cocktail magique !
Créé par deux piliers de la BD franco-belge, Yannick et Erroc, Magicland est le livre idéal pour accompagner vos vacances d’été : des jeux, des énigmes et des pages de BD vous transporteront d’un coup de baguette magique vers des univers fantastiques, de polar ou de science fiction...
Depuis plus de 10 ans, Magicland enchante les lecteurs du magazine Super Picsou. Alors enfourchez votre balai magique et en route pour la bonne humeur !

Qui de mieux pour apprécier cette mi BD, mi revue d’énigmes qu’un enfant auquel est destiné ce recueil. Henri (mon fils), 8 ans a bien voulu répondre à mes presques questions.

1. Henri, décrivez nous ce livre !

Philtra, magicienne, Feufollet son fidele dragon et Rapido son ballet volant se promènent de lieux en lieux de façon intemporelle au cours d’une vingtaine d’histoires. Philtra fait appel au lecteur au travers de jeux ou d’énigmes pour l’aider dans ses quêtes philanthropiques. Elle se retrouve ainsi à l’époque du premier Empire, dans un cirque, dans l’espace ou à Saint-Tropez… 

 1. Qu’avez vous aimé ?

J’ai aimé l’imagination débordante des auteurs dans le déroulement du récit. C’est un excellent passe-temps. Les casse-tête sont à différents niveaux et les récits parfois drôles. On retrouve un bon ratio énigmes / histoires qui ne nuit pas au plaisir lecture. Ce n’est ni trop long ni trop court. Impeccable !

 2. Que ce que vous n’avez pas aimé ?
Les histoires sont un peu toujours les mêmes : cela se ressemble. Par ailleurs les casse-tête sont parfois trop difficiles à résoudre.

 3. Que dire des dessins et des couleurs ?
Les auteurs font beaucoup de références au cinéma, au monde moderne et demandent au lecteur de faire appel à  son imaginaire. Les dessins sont bien adaptés à ce type de BD ludique

Je connais les autres BD d’Erroc (les profs ou Cubitus) et cela est très différent. J’ai lu aussi les productions de Yannick (Hercule, Pif le chien) et les dessins sont dans la même veine.

 4. Pourquoi avoir acheté ce livre ?
Je connaissais l’héroïne, Philtra dans Picsou Magazine. Cela a attiré mon attention dans les étagères. En plus, j’ai pu me le payer (7€) car ce n’est pas cher pour 144 pages de jeux et d’énigmes et de plaisir.

Tigrevolant et Henri 8 ans, lecteur test pour Samba BD

Note : 6/10

 

03/09/2012

Piege Nuptial

Couv_170764[1].jpgPlancheA_170764[2].jpgScénario : Christian De Metter
Couleurs : Christian De Metter
Dépot légal : 08/2012
Editeur : Casterman
Planches : 116 

" Je n'avais rien contre l'Australie avant d'écraser un kangourou par une nuit sans lune et de rencontrer Angie sur une plage ensoleillée. C'est quand j'ai su que je l'avais épousée que les choses se sont gâtées, vraiment gâtées jusqu'au cauchemar" Fasciné par une carte de l'Australie, Nick, un journaliste américain, décide de tout plaquer pour atterrir à Darwin. Une nuit fatale, un accident avec un kangourou et sa rencontre avec la jeune Angie vont le mener au cœur du bush, au milieu de nulle part, au sein d'un clan d'allumés coupés du monde. Pris au piège, Nick va devoir user de tous les moyens possibles pour échapper à ceux qui l'ont adopté à son corps très défendant. En jeu : sa survie, tant physique que mentale... 

piege.pngEt revoilà Christian De Metter dans un exercice d’adaptation de roman sombre à succès. Et de noir cette transposition n’en manque pas. Adapté du roman de Douglas Kennedy « the dead heart », De Metter nous plonge dans le doux rêve de retour à la terre de façon etonante. Entre « On the road » de Jack Kerouac et « Délivrance » de John Boorman, Piege Nuptial remet en cause les chimères de communautés vivant en autarcie sans interaction avec le monde extérieur.

Nick est une proie facile pour les illuminés de la communauté de Wollanup. En pleine crise existentielle, il cherche des réponses dans le vide du bush Australien. Et il va probablement les trouver ! Mais pas sans casse. De Metter/Kennedy l’entraine dans un piège improbable. La surprise est totale. A peine le temps de la romance et du voyage initiatique débutée, Nick (et toi lecteur) tombe (littéralement) dans le piège. C’est un choc. Du coup, le rêve disparait et le retour à la réalité est très, très rude. N’ayant pas lu ce livre de D. Kennedy, il m’est difficile de faire une comparaison. Mais c’est plutôt bien mené et cette sensation d’oppression, de chaleur étouffante et de prison à ciel ouvert est très bien rendue. La tension, propre au roman noir, est tout à fait maitrisée, sans temps mort.

Le graphisme de Christian De Metter a du mérite. Matérialiser l’étreinte des bourreaux et la chaleur écrasante sur papier, n’est pas chose aisée. Et si parfois le crayonné est un peu trop présent, l’usage de l’aquarelle s’accorde bien à l’ambiance. C’est moite ; ça suinte ; c’est miséreux ! De plus, les jeux de lumière et d’ombre avec des couleurs délavées accentuent la pression scénaristique.

 « Si vous voulez vraiment prendre conscience de votre insignifiance cosmique et existentielle, allez au coeur de l'Australie, vous en aurez la révélation immédiate et ça vous mettra K-O ! » Douglas Kennedy. Tout est dit !

Note : 8.5/10

Tigrevolant

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