17/04/2012

ORCS. Forgés pour le guerre

orcs-211x300.jpgStan-2BNicholls-2B-26-2BJoe-2BFlood-2B-2BOrcs-2BForged-2Bfor-2BWar.pngORCS Forgés pour la guerre

Dessin / Couleurs : Joe Flood

Scénario : Stan Nicholls

DL : Mars 2012

202 pages Editions Gallimard Collection Bayou

 

Les Unis plaçaient leur foi en un dieu unique et tout puissant, les Multis adoraient tout un panthéon de dieux et d’esprits de la nature. Ils se livraient une lutte sans fin pour prendre le contrôle de leur pays d’adoption. Dans leurs rangs, on trouvait des êtres qui n’étaient pas humains. Une race différente de toutes les autres : les Orcs ! Stryke est le capitaine d’une compagnie d’Orcs : bagarreurs, belliqueux résistants mais fidèles à leurs paroles. Hardi, compagnons Orcs, debout les maudits de la terre. Sus !

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Tiens, tiens… voila un pitch peu commun…Tiré du best-seller (tout au moins outre manche !) éponyme de Stan Nicholls, Orcs est un comics vu, vécu et raconté du coté des Orcs. Tout vient d’un « what if… » du scénariste, « et si, les Orcs étaient des héros plutôt que les méchants ? ». Ce principe jouissif, à l’origine de l’uchronie, est appliqué ici pour la plus grande joie des amateurs du genre : pourquoi a-t-on toujours droit à  la version des vainqueurs ? Stan Nicholls disgresse allégrement sur la personnalité des Orcs. Il tente ainsi de créer un monde d’héroic-fantaisy avec un bestiaire à la Tolkien. Gobelins, dragons et autres parsèment l’aventure des héros Orcs. Pourquoi tente ? Malgré une très bonne idée de « what if » et 202 pages, le scénario ne décolle pas. Le lecteur est accroché uniquement par le volet vision au travers du prisme Orcs. En dehors de cela, c’est d’une cruelle banalité (surtout pour les fans d’Heroic-fantasy) : mission secrète, embuscades, rixes.… Rien ou très peu sur la vie des Orcs, leurs mœurs. C’est sans doute un choix scénaristique de s’appesantir sur l’action, mais cela ne fait pas une histoire ! Cela manque de punch et de profondeur, même si on ne s’ennuie pas.

 

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Par ailleurs, ce comics n’est pas vraiment aidé par le dessin de Joe Flood. Si les cases sont riches d’actions, elles manquent de fluidité. Le dessin ligne clair n’accompagne pas le lecteur dans le mouvement. On a du mal à être pris dans les combats et finalement cela tombe à plat. L’absence d’expression des visages y est peut-être pour beaucoup ! Finalement on glisse sur l’image sans s’attarder. A sa décharge, dessiner un monde fantastique à partir d’un roman est une gageure que peu de dessinateurs peuvent se gargariser d’avoir réussie.

 

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Bref, un comics qui se laisse lire car original pour son idée initiale mais desservi par le dessin et le scénario. Je n’ai pas lu le livre de Stan Nicholls et sans doute est-il plus riche que cette transposition peu flatteuse. Dommage ….

Dessin : 7/10

Scénario :7/10

Tigrevolant

Écrit par Tigrevolant dans Le retour des tigrevolants. | Commentaires (3) | Tags : orcs, 710, flood, nicholls, heroic fantasy |  Facebook | |

03/04/2012

NAJA Tome 1

 

naja01_73417.jpgalbum-page-large-5155.jpgNAJA
Scénario : Morvan, Jean-David
Dessin : Bengal
Couleurs : Bengal
DL : 03/2008
Editeur : Dargaud
48 pages

 

  



Elle porte le nom d'un serpent : Naja. Et c'est une tueuse professionnelle. Elle est la n°3 d'une organisation criminelle. Du serpent, Naja possède la beauté glaciale et le sang-froid. Elle n'éprouve jamais aucun sentiment, jamais aucune douleur. Depuis sa rencontre masochiste avec « il », Naja sait que le numéro un a lancé un contrat sur sa tête. Elle doit faire face, quitte à retomber dans les affres de son passé.
 

Cette histoire a un côté aseptisé, tranché, lisse …jusque dans le style de la narration au travers d’une absence de dialogue dans les deux premiers tiers. Un paradoxe se met alors en place avec une prise de distance (choix de la voie off) et une appropriation des douleurs et des sentiments de la glaciale héroïne par le lecteur. D’où une sensation étrangement dépersonnalisée. L’atmosphère est étudiée voire clinique. JD Morvan distille ainsi savamment ces indices et amène le lecteur jusqu’au bout sans faillir : déception ce premier tome ne fait que 48 pages ! Heureusement il est prévu 5 tomes (sorti de l’intégrale en Avril 2012). 

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Graphiquement, Bengal livre une mise en page extrêmement dynamique et un découpage aéré. Cela lui laisse suffisamment de place pour s'exprimer. Les scènes d'action sont très fluides. La sensation de vitesse est stylisée à l’extrême jusqu'au hachurage. La mise en couleur est soignée avec des jeux de lumière. L’efficacité va jusqu’au changement de couleurs lors des flashbacks. La couverture est splendide : froide et affutée !

Voila une bd/série tout à fait efficace. Le coté résolument orienté action, le dessin épuré à l’esthétique manga ne demande qu’a séduire le lecteur !

Scénario :8 /10
Dessin :9 /10
Global : 8,5 /10

Tigrevolant

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25/03/2012

BONNEVAL PACHA

9782205068481-couv-I400x523.jpgbonneval-pacha-P4.jpgTome 1 : l’insoumis

Gwen de Bonneval

Hugues Micol

DL : mars 2012

56 pages

 

 Sa seigneurie, le Comte de Bonneval dit "le Pacha" est un personnage haut en couleur. Dans ce premier tome, il relate, après s'être fait un peu prier, à un jeune officier français, les grands épisodes de sa vie agitée et fascinante.  

Parmi les personnages anecdotiques du début du dix-huitième siècle, il n’en est pas qui ait plus excité la curiosité en son temps que le Comte de Bonneval : brillant à la guerre, versatile en amitiés, tour à tour au service de la France, de l’Empereur sous les ordres du prince Eugène puis Turc lui-même et pacha à plusieurs queues. Ce récit biographique, sans doute romancé d’un personnage historique, est mené tambour battant par son descendant, Gwen de Bonneval. Dans ses jardins surplombant le Bosphore avec des flash-back sur sa jeunesse dans la Royale ou dans l’armée du Duc de Vendôme en Italie, le Pacha nous entraine dans un tourbillon d’aventures où résonne le fracas des armes, des duels et des joutes orales.

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Si le début du roman est un peu poussif sur ses 10 premières pages, c’est pour mieux vous envouter par cette célébrité. Vous êtes ici au cœur de la bataille navale de Barfleur ou de la guerre de succession d’Espagne. Le choix du vieux Français est une bonne idée. Il rend merveilleusement vivant les coups d’éclat verbaux de monsieur le Comte. Le personnage n'en devient que plus riche et attachant.

imagesCAXMGZD3.jpgServi par un dessin en couleurs directes, le travail d’Hugues Micol peut décontenancer. Si les proportions semblent ne pas etre respectées notamment … sur la couverture, c’est pour mieux souligner les débuts adolescents du Comte et son extraordinaire parcours. Les couleurs surprennent également. Les tons pastel presque lavasses savent pourtant s’adapter à chaque situation et remplissent les cases soit de lumière soit de clair obscur en fonction du contexte. Reste que les scènes de batailles, où se superposent des plans rapprochés et des plans larges, sont époustouflantes de réalisme. C’est bien simple, on se croirait dans un tableau du 17eme siècle. 

Prévu en quatre tomes, l’aventure du Comte de Bonneval, est une agréable surprise après lecture. Acceptez la découverte, ne refusez pas son dessin, n’ayez pas peur et cette œuvre vous le rendra bien.

Scénario : 8.5 / 10

Dessin : 8 /10

Tigrevolant

14/03/2012

Ile au trésor (L’)

4943_c.jpgL’Île-au-trésor-2-555x751.jpgScénario : Venayre Sylvain

Dessin : Stassen Jean–Philippe

Editeur : Futuropolis

DL : 02/2012

96 pages

 

L’île ? Un énorme chantier, entouré de palissades, gardé par des vigiles. Le trésor ? Une valise de 200 millions d’euros, un pot-de-vin destiné aux promoteurs de l’immeuble en projet. Jacquot, petite fille vive et téméraire, mature et intelligente va être mêlée à des jeux d’adultes violents autour du magot.

Présentation-LÎle-au-trésor-c5p30.jpgVous l’avez compris, ici Sylvain Venayre rend hommage à l’immense talent de Robert-Louis Stevenson en transposant son récit dans un milieu ultra urbain. Tout est calqué sur le roman : même nombre de personnage, découpage identique de l’intrigue en six parties jusqu’aux noms des protagonistes où il s’amuse à faire des traductions : Long John Silver devient ainsi Petit-Jean Dargent ou le Capitaine Flint devient la société Silex. C’est extrêmement dérangeant de voir le scénario coller au plus près de l’œuvre originale ! On se surprend à rechercher les similitudes dans nos souvenirs (lointains !) de lecture. Depuis l’épopée romantique des pirates Caraibéens, les hommes sont toujours aussi cupides, sauvages ou individualistes. Cette histoire ne manque pas de rebondissements, de trahison et d’action en tout genre. Pourtant cela manque de rythme. Le choix du découpage classique en gaufrier ou le trait de Stassen y est peut être pour quelque chose. S. Venayre prend bien soin de ne prendre parti ni pour l’un, ni pour l’autre. Pas de manichéisme ! Tout le monde est renvoyé dos à dos. Comme si l’œuvre « d’idéal d’ordre et de progrès » de Petit jean Dargent était inaccessible.

 

Ici encore JP Stassen fait référence à ses voyages : les personnages sont multiples etPrésentation-LÎle-au-trésor-c7p19.jpg de toutes origines avec une affection particulière pour l’Afrique. Le dessin est pour beaucoup dans la sensation de malaise du récit. Les couleurs sombres, les aplats francs, sans nuance contribuent magnifiquement à étayer la transposition de l’œuvre originale dans le monde du XXIème siècle. L’expression graphique très personnelle de dessinateur nous saute aux yeux : c’est du JP Stassen. Le trait est épais et infantile. Il existe un ressenti d’immatérialité des personnages. Les acteurs deviennent ainsi impalpables tant physiquement que moralement. Mais y a t-il seulement une morale ? Peut être est-ce sa façon de prendre du recul dans cette société de par trop incohérente !

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Cette relecture du roman est pour le moins surprenante. Le plaisir est là. Mais le malaise aussi. On retiendra l’innocence perdue du témoin infantile, tristement entrainé dans un monde violent d’adultes incapables de la protéger.

Une preview ici

Dessin : 8/10

Scénario : 8/10
Tigre volant