24/10/2011

Le protocole pelican tome 1

pelican.jpgPlancheA_139932.jpgScénario : Richard Marazano

Dessin : Jen-Michel Ponzio

Dargaud

DL : 09/2011

Résumé.

Onze individus sont kidnappés et emmenés dans un lieu inconnu tenant lieu de véritable prison. Subissant un lavage de cerveau en règle, le groupe est victime d’obscurs travaux scientifiques sur l’étude et la compréhension des mécanismes de la pensée humaine. Pourquoi eux ? Ou sont-ils ? Quand vont-ils sortir ? Qui sont ces gens qui les retiennent ?

Mon avis.

Evidemment le scénario semble être assez faible. Avec cet exercice périlleux Richard Marazano nous entraine dans une histoire mille fois rabâchée : huis clos, mise en exergue des différentes personnalités, expérience sur l’humain et sciences cognitives. Rappelez-vous « dix petits nègres » ou le film « cube » ! Pourtant, le lecteur est saisi et se laisse prendre à la narration. Le scénariste prend plaisir à distiller les points de vue : celui des gardiens (" les compagnons"), des scientifiques ("les confidents"). Il est vite perdu. On ne sait plus qui est prisonnier, qui est victime, qui est étudié version rat de laboratoire. Marazano aime ce genre de scénario : interrogation sur le futur de l’humanité et la capacité de l’homme à le gérer. Clairement pour lui, plus l’homme avance dans la science, plus son destin lui échappe. Il aborde ainsi plusieurs thèmes (théorie du complot ; on peut tuer un homme. Peut-on tuer une idée ?) et …nous laisse dans l’expectative.

Ponzio rejoint son complice avec un dessin très épuré : gros plans sur les personnages et très peu de décors, accentuant encore (si besoin est !) le confinement. Son style bien particulier, à coup de couleurs numériques, est inimitable. C’est froid. C’est blafard. Les couleurs vives sont bannies et très diluées à la limite de la transparence. Il est bien en phase avec une histoire d’anticipation peu flatteuse pour l’espèce humaine (thème retrouvé dans les autres collaborations avec Marazano).

Le quatrième de couverture annonce d’emblée la couleur : « une expérience en quatre phases ».…et donne ainsi une histoire en quatre tomes. Cela est bien plaisant de connaitre le nombre de tome. Cependant, espérons que Marazano ne nous laissera pas sur notre faim comme dans « Genetik » ou « le complexe du chimpanzé »

8/10

Tigrevolant .

22/08/2011

Les aventures de Michel Swing (Coureur automobile)

michel swing,bruno,jousselin,2006,aventure,humourDessins et scénario : Brüno / Pascal Jousselin

Editions : [treizeétrange]

DL : mars 2006

http://michel.swing.free.fr/

 Michel swing est certainement le meilleur coureur automobile de sa génération. Il est beau, il est riche, il est doué, il est fort, il est chanceux, il est….bref vous l’avez compris il ne manque rien à notre héros. Tout est résumé dans les vignettes du 4ème de couverture :

 

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Brüno est Joussellin se livrent ici à un exercice potache : écrire un feuilleton à quatre mains. Chacun à tour de rôle, réalise une planche. Cela se fait sans concertation préalable et donc sans aucun scénario préétabli autre que le pitch. Quand on a compris l’idée directrice, on se lance dans la lecture avec beaucoup d’interrogation. Toute l’originalité de ce petit opus vient des défis que se lancent les auteurs à chaque fin de planche : le concours de coup bas bat son plein (avec une « coubas-métrie » !). Cela se corse avec la mise en place du nombre de case sur le jet de dé de 20 ou l’invitation d’autres auteurs à faire partis du jeu. On comprend qu’ils se sont fait plaisir. La dérision est le maître mot. Le héros est irréprochable. Trop parfait. Je ne sais pas si les auteurs aiment ou non les courses automobiles mais le monde de la F1 en prend pour son grade. Le dessin est de type ligne claire. Il n’y a pas de couleurs sauf du rouge et noir. Les décors sont réduits au strict minimum, comme si le couple de joyeux drille voulaient (encore ?) insister sur le coté dérision des personnages. De petites astuces à la fin de l’ouvrage sont livrées et vous font immédiatement refaire un round pour les identifier.

C’est sympa, sans prétention et très drôle : on passe un agréable moment. Et puis je mentirais en disant que je n’aime pas le style de Brüno : les dessins sont dépouillés mais ajustés et du coup l’accent est mis sur l’ambiance et les dialogues (voir l’excellent Inner City Blues). Un album à mettre entre toutes les mains ! 9/10 !

NB : Special dédicace pour LaureLine avec laquelle j'ai agréablement évoqué cet album !

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04/08/2011

COMMANDO TORQUEMADA

CommandoTorquemada1_10062007_200813.jpgCommandoTorquemada2_18042008_181803.jpgtome 1 : pour la plus grande gloire de dieu
tome 2 : Dominique, nique, nique…

Scénario : Philippe Nihoul

Dessin : Xavier Lemmens

Editeur : Audie, Collection : Fluide Glacial

DL 2007 et 2008

 

Résumé : « Personne n’attend la sainte inquisition ! Nos meilleures armes sont la surprise, la terreur ! Sans oublier une dévotion fanatique au pape ! Pour la plus grande gloire de Dieu ! »

Ainsi aime à rappeler sœur Sarah Terwagne, frère Malachie Novoselic et frère Feargal Mc Gowan.

Récupérer la lance de Longinus, réhabiliter Sœur Dominique camée jusqu’aux oreilles voilà les missions du commando Torquemada pour lesquel tous les moyens sont bons : les bons mots, l’humour, le sacrilège, la terreur, le LSD…. Un cocktail qui ne vous laissera pas sur les fonds baptismaux et vous transportera au plus près du très Haut de l’humour.

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Jubilatoire, irrévérencieux, blasphématoire, impertinent….les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ces farces impies. Entre le bon moine adepte du LSD dans les hosties et autres élixirs monastique rehaussé d’héroïne / peyotl, l’ancien des S.A.S. à la gâchette facile et la demoiselle à la plastique irréprochable qui se flagelle pour entrevoir les dessins du très Haut, il n’y a pas de place pour la plaisanterie. Car s’il est un sujet sur lequel Lemmans et Nihoul ne rigolent pas c’est bien celui de la foi catholique. Visiblement les auteurs ont été touchés par la grâce divine : le cathéchisme, servir la messe et le pain azyme, ca laisse des traces !

On y trouve pèle mêle, un « hommage » appuyé à Michaël Jackson, une caricature (méritée) de l’homme à la toque de léopard, une irrévérencieuse prosternation devant le talent des Clash, une réécriture des Saintes Ecritures…Les auteurs parsèment leur production avec des morceaux de vrai Foi ! Chacun adore son ou ses Dieux à sa façon. Les voies du seigneur sont impénétrables.

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Vous l’avez compris le mécréant y trouvera son compte et le pénitent verra ses cheveux se dresser sur la tète devant tant d’outrages à la foi et à la fois par case : on dirait presque une règle d’or avec un ratio obligatoire de coup de canif.

Servi dans un ciboire, les dessins de Lemmens sont secs, clairs, tranchés. Comme le scénario de ces deux opus.

On ne s’en lasse pas.

Voila des albums réjouissants qui vont, à n’en pas douter, ramener les brebis égarées au sein de la très sainte et très apostolique église de Rome. Mais, n’ayez crainte les auteurs sont déjà sous le coup d’une bulle papale et enfermés sous Saint Pierre, ils se livrent déjà à l’écriture de nouvelles saintes BDs. Amen !


Note : 9/10

04/07/2011

SVODOBA ! LIBERTE !

 

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SVOBODA ! Tome 1, de Prague à Tcheliabinsk

Dessins : Jean Denis Pendanx

Scénario : Kris

Couleurs : Isabelle Merlet

 

Prague, automne 1938. Josef Cerny dit « Pepa » professeur d'arts plastiques, apprend les accords de Munich. Il se sent trahi par la France, et imagine sans peine la suite : la mort de la Tchécoslovaquie, son pays et cette république qu'il a contribué à faire passer du rêve à la réalité, vingt ans auparavant. Alors, il ressort ses vieux carnets de croquis et les écrits de son compagnon, l'écrivain Jaroslav Chveïk, et se souvient... Tcheliabinsk, mai 1918, c'est là que tout a vraiment commencé. Parti de Samara, le régiment de Jaroslav rejoint enfin les éléments avancés de la 1re division tchèque, coincée en gare depuis trois semaines. Parmi eux, se trouve son ami Pepa. La joie de leurs retrouvailles est brève, des événements dramatiques surviennent...

 

Tout est dit dans le titre et les sous-titres : « carnet de guerre imaginaire d’un combattant de la légion Tchèque ». Si la narration et l’approche est tout à fait classique (flash back à partir d’un fait), le sujet n’en est pas moins passionnant. L’histoire méconnue (peut-être pas pour les férus d’histoire !) de ces soldats de l’ex empire austro hongrois mais de nationalité Tchèque ballotés, manipulés et finalement rendus à leur nation fraichement créée. En fait d’histoire c’est plutôt une épopée au travers de la période post révolution bolchévique que va vivre cette légion avec son lot d’alliances, de trahisons avec les Russes Blancs de l’amiral Kolchak, la prise à Kazan d’un train contenant l’ancien trésor Imperial…. Les auteurs ont bien sûr choisi comme fils conducteur le Transsibérien, chemin de fer vital pour la Sibérie et le long duquel tous les actes de cette pièce de théâtre historique se jouent. Ce premier tome s’arrête à la gare de Tcheliabinsk, la ou l’histoire bascule. Au fil de la lecture ont est emporté par le tourbillon de l’aventure et c’est avec regret que l’on arrive à la fin des 44 pages.

Vous l’avez compris autour de personnages tout est historique jusqu’aux dessins documentés et la référence ouvertement assumée au célèbre roman « Le brave soldat Chvéïk » de l'écrivain tchèque Jaroslav Hašek.

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 Le dessin de JD Pendanx est assez différent de ces anciennes productions (les corruptibles, labyrinthes ou Abdalli) c’est plus anguleux, plus clair. Peut-être est-ce dû à l’excellent travail de couleur d’Isabelle Merlet. Les tons ocres et lumineux accrochent bien le regard et finalement on ne voit pas un autre tandem pour tracer l’histoire de Kris.

 

 

Encore une très bonne production des éditions Futuropolis ! A lire mais pas seulement : c’est le moment de marcher sur les traces de l’histoire du chaos de la Russie post-impériale !

Un grand 8.5/10