05/05/2011

MEZEK : Tome 1

mezek,juillard,yann,lelombard,signé,aventure historique,810mezek,juillard,yann,lelombard,signé,aventure historique,810MEZEK

Edition : Le Lombard

Collection : Signé

Dessin : Juillard

Scénario : Yann

Edition d’Avril 2011

 

En 1948, le presque pas encore état d’Israël se bat sur tous les fronts : sur terre, sur mer, de l’intérieur et dans le ciel. L’aviation (Israël Air Force) manque cruellement de pilotes expérimentés et fait appel à des idéalistes Juifs provenant de tous pays mais aussi à des mercenaires d’origines troubles prêts à se battre pour une poignée de dollars. Parmi eux, se trouve Bjorn. Il connait bien les « cercueils volants » sur lesquel ont les fait voler : des Messerschmitt 109 trafiqués avec des moteurs inadaptés. Mais si le danger est partout chacun conserve un lourd passé que la honte ne cicatrise jamais.

 

Au regard du scénario, on est déjà interloqué : des pilotes Juifs volant sur des appareils Allemands de la deuxième guerre mondiale ? Il ya de quoi semer le trouble. Yann nous emmène dans un voyage historique diablement bien documenté (en témoignent les références citées). Il laisse la part belle à l’action aussi bien dans les airs que dans les cœurs ! Tous le scénario est empreint de romantisme. On est transporté par la sensation d’idéal, de combat juste. Les doutes et les frictions entre Juifs et mercenaires n’entravent rien à la sensation de liberté. De mauvaises langues y verront un parti pris politique. A la lecture, cela ne transpire pas et le fil conducteur de Bjorn nous permet d’oublier le coté sale de la guerre.

La guerre de 48 en Palestine est bien sur connue de tous, mais le volet aviation et le peu de moyens de cette dernière le sont beaucoup moins. Pour les personnes férues d’histoire et d’aviation, c’est tout simplement passionnant.

Surtout que les dessins de Juillard sont parfaitement accordés avec les évènements. Là aussi, on retrouve un souci du détail et de la documentation aboutissant à des dessins d’avions à la limite de la photographie. Les combats aériens sont réalistes et très fluides. Les habitués de Juillard ne seront pas déçus : les personnages sont irréprochables, les corps de femmes sensuels au possible. Par contre les regards de Juillard sont toujours aussi peu expressifs, transparents. Un petit bémol sur les décors : le dessinateur s’est vraiment concentré sur les personnages et les avions, au détriment de l’arrière plan. Cela fait vide et peu réaliste.

Pour les fans d’avions et d’histoire ne pas hésiter : sauter dessus. En plus le scénario recèle un secret (là aussi historique) que je ne vous dévoilerai pas au risque de rompre le charme de cette excellente lecture.

 

8/10

 

 

 

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http://www.lelombard.com/albums-fiche-bd/hors-serie-collection-signe/mezek,2015.html

06/04/2011

L'Aventure en grand A

couv-micheluzzi-Bab.jpg Bab El Manded

Micheluzzi

Editions Mosquito

Le résumé.

Dans les prémices de la guerre, l’Egypte, son canal de Suez et l’Ethiopie sont le centre d’une intense activité des services secrets. Un quatuor d’aventuriers en herbe, que rien ne rapproche, se retrouve à trimballer deux auto mitrailleuses Rolls-Royce à livrer aux guerriers d’Hailé Sélassié.

Vous voulez de l’aventure ? Vous êtes à bonne enseigne : Le Caire fait penser au célèbre film Casablanca, repère de truands en tout genre, services secrets jouant au chat et à la souris, personnages manipulés. Tout cela fleure bon le romantisme. On suit les protagonistes selon le fil d’un journal de bord écrit par Micheluzzi comme s’il était le cinquième personnage de cette aventure. Il n’y a pas de héros, pas de salaud, juste un sergent major anglais (caricatural), une danseuse égyptienne, un anarchiste Italien et une aristocrate Anglaise.
Mon avis.

Malgré un début poussif et des difficultés à aborder l’histoire, le livre se dévore d’une bab el manded,micheluzzi,editions mosquitotraite. Le passage d’un personnage à l’autre est parfois surprenant mais on prend vite le pli et les pages s’enchainent toutes seules. Ce qui plait dans l’histoire c’est la base historique très présente. Bien sur c’est une fiction mais le décor n’en est pas moins historiquement vrai. On s’attache vite à ces personnages. A la fin du roman on est triste de les laisser. Heureusement Micheluzzi nous donne des éléments pour nourrir notre imagination d’aventurier.

bab el manded,micheluzzi,editions mosquitoCet auteur italien très injustement oublié est contemporain de l’épopée ratée de Mussolini et de ces rêves de grandeur colonialiste. Peu connu, il fait pourtant parti des incontournables de la BD italienne avec Toppi, Pratt ou Giardino. Sont trait est classique et se retrouve dans la droite ligne des Milton Caniff. Ainsi, les dessins sont en noir et blanc avec des jeux d’ombres très performants. Le trait est sec, vif. Le découpage classique. Cependant, les personnages sont parfois mal proportionnés alors qu’au contraire le matériel est très finement dessiné. L’auteur prend soin d’émailler son récit avec des paysages très épurés, dans des cases uniques et sans texte. Le temps se suspend. Notre imagination se projette dans ce vide. C’est beau.

 

Note 7/ 10

Tigrevolant

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10/12/2010

Les eternels car Uma le vaut bien....

eternels.jpgeternels1.jpgAu cœur de l’enfer blanc Canadien, Uma et Jaî sont chargés de retrouver une mallette contenant des diamants le tout dans un avion disparu dans une tempête de neige. Deux enfants ont sans doute résisté au crash et Elisapie est la pour retrouver son fils et servir de guide
Mais entre les tueurs (forcement méchants et sans scrupules) et la nature hostile, Uma et Jaî ont du mal à survivre.
Et revoilà la sculpturale Uma. A priori elle a oublié tous ses problèmes existentiels et maintenant assume totalement sont rôle de substitution. Yann à connu des jours meilleurs pour son scenario. Il déroule tranquillement son personnage et c’est…sans surprise. Il ne réussi pas à capter l’attention du lecteur. Ce n’est pas qu’on s’ennuie, mais c’est une bd qu’on ne relira pas deux fois (ou plus !). Reste des moments sympathiques, comme le vœu de chasteté de Jaî résister aux assauts sans concessions de leur guide aussi pulpeuse que fort en gueule (c’est le moins que l’on puisse dire), ou encore l’accent et les expressions Canadiennes toujours sympathiques. Une nouveauté Yann en profite pour distiller des messages écologistes (dénonciation de l’exploitation des nappes de schistes bitumineux, influence de l’homme sur le milieu naturel) et sociaux (droit des indiens autochtones de disposer de leur terre).
Reste les dessins de caractéristiques de Meynet. Mais la aussi on ne joue plus : les femmes sont plus pulpeuses que jamais. Même en combinaison de plongé (qui n’est pas l’archétype d’une tenu de soirée) Uma ressemble à un mannequin …. Cela nuit à la crédibilité. Evidemment si c’est cela que l’on recherche le lecteur en aura tout son saoul.

Tout cela fait de ce tome, une BD qui ne sort pas du lot mais reste un moment de lecture agréable. Pour ma part je ne sais pas si je vais continuer la série car elle s’essouffle. A noter que l’on sait enfin ce qu’est « la cire qui chante » titre du précédent opus et l’élucidation de titre accrocheur reste (il est vrai) une bonne surprise !
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Tigrevolant.

 

 

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20/10/2010

Bestioles

bestioles.jpgbestioles1.jpgAuteurs :Hubert et Ohm.
Editeur :Dargaud

Le résumé
Luanne, nouvelle pilote de dirigeable se voit confier sa première mission de transport vers les stations off-shore. Sous les ordres d’un capitaine alcoolique et corrompu, Luanne se retrouve sur « le continent » affrontant un environnement hostile, et une secte (« bénis soit le nom d’Alphonse Martin ») dissidente, transgressant les principes de précaution écologique.

Mon avis
Montée comme une fable écologique, cette BD originale sort du lot. Il y a en fait deux histoires : la vision des héros et, en bas de page, comme une strip, la vision animale du milieu. Les deux se rejoignant pour mieux diverger. La trame de l’histoire est assez classique jusqu'à héroïne prenant les choses en main à qui on adjoint un jeunot naïf et dépassé par les événements. Néanmoins, on se laisse volontiers porter et on prend beaucoup de plaisir. Il y a une volonté pédagogique d’ Hubert : le danger des sectes, le respect de l’environnement. Le moins que l’on puisse dire c’est que la nature n’a besoin de personne pour s’en sortir. Comme si le vieil adage « la nature sera toujours plus forte » était la conclusion de ce one-shot.

Ohm avec son dessin enfantin illustre bien cette histoire avec des traits ronds et des personnages animaux humanisés. Les couleurs contrastantes très mode (orange et chocolat) assurent une lecture agréable et permettent d’adoucir l’ambiance, pour le moins violente de la nature agressée.

Excellente surprise d’Hubert que l’on connaît plus comme coloriste (Nico, Spirou et Fantasio ou encore Comptine d'Halloween) et qui se lance dans un scénario sympathique.
A noter que cette BD m’a été mise entre les mains grâce au concours Dlire®, prix Tam-Tam 2010. Un ouvrage que je n’aurais jamais lu sans cela…

Tigrevolant.