14/04/2016

Solo - Tome 2 - Le Cœur et le Sang

solo,Óscar martín,le cœur et le sang,aventure post-apocalyptique,delcourtsolo,Óscar martín,le cœur et le sang,aventure post-apocalyptique,delcourtAuteur : Óscar Martín
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Pages : 94
Sortie : 13 janvier 2016
Genre : Aventure post-apocalyptique

 

Solo est (enfin) heureux. Il a trouvé une compagne, un foyer et une communauté. Mais le doute et l’aiguillon de la jalousie s’invitent dans ce bonheur inédit pour notre héros solitaire. Solo a besoin de faire le point, et part pour une traversée du désert (au sens propre, comme au sens figuré) qu’il espère salvatrice…

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Beaucoup de surprises attendent le lecteur de cette série.

Le graphisme est sans nul doute la première d’entre elles. Dans la biographie de Martín Óscar, il est fait mention d’animateur à la Warner, des travaux pour le journal de Mickey …. Ce passé d’animation fait immédiatement écho aux dessins très « cartoonesques » de cette série. Ne nous voilons pas la face, le trait, les dessins sont très réussis. D’un côté, il existe une maitrise de la vitesse et du cadrage, de l’autre, il surprend par un rendu de douceur, d’environnement confortable voire de naïveté. Ce coup de crayon ouaté contraste totalement avec le monde de violence dans lequel l’action est résolument ancrée. Ce paradoxe est une des particularités de cette série.

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Autre surprise, la narration se fait à la première personne. Elle est en majorité en voix off avec une immersion dans la tête du personnage principal, Solo. Cela donne un rendu introspectif dans la psyché tourmentée de Solo et finalement un côté très humain à ce rat anthropomorphe.

Bref, Solo est une série animalière dans un monde plongé dans le chaos. Si le scénario n’est pas vraiment original, l’auteur a travaillé son univers afin de le rendre cohérent. Le contexte de chaque peuple est détaillé en fin d’album avec des fiches techniques fournies dignes d’un « donjon & dragon ». Oscar Martin met, ainsi, en action tout un bestiaire aux caractéristiques humanoïdes (ou pas). Tous ce petit monde se croise s’entretue, survit.

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Dans cette série, prévue en trois tomes, le tome un se lit comme un one shot. Le lecteur découvre le monde selon Oscar Martin, noir cruel, solitaire, sans avenir. Il est résolument tourné vers l’action. Le tome deux est par contre plus introspectif, plus interrogatif sur l’existence de Solo ici-bas. L’auteur prend, ainsi, le temps d’accompagner le héros. Mais rassurez-vous, de l’action il n’en manque pas.

Solo est une belle découverte d’un auteur Espagnol très doué, non seulement dans la narration mais également dans le dessin et les couleurs. La suite est attendue. Ceux qui maitrisent la langue de Cervantès ou de Gabriel García Márquez peuvent déjà tromper l’attente avec des spin-off déjà disponible dans la péninsule Ibérique. Des séries d’importation comme celle-ci, on en redemande !

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Scénario   a07-3e78901.gif
Dessin a07-3e78901.gif
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Tigrevolant

25/03/2016

Pornhollywood - Tome 1 - Engrenages

Noël Simsolo, Dominique Hé, Pornhollywood, polar noir, glénatNoël Simsolo, Dominique Hé, Pornhollywood, polar noir, glénatScénario : Noël Simsolo
Dessin / couleurs : Dominique Hé
Editeur : Glénat
Pages : 46
Sortie : 13/01/2016
Genre : polar noir

 

Hollywood, 1934. Jim Jewsky est un metteur en scène talentueux. Mis au ban des Majors du cinéma, il en est réduit à tourner des films pornographiques. Sa marque de fabrique est le l’utilisation de « sosies » de stars : Mae West, Gary Cooper. Ce genre cinématographique n’est pas sans risque. La mafia, les flics véreux, les trafics en tout genre, la violence sont le quotidien de ce type de film.

 

Point de méprise, si le titre est évidemment évocateur et si le cinéma pornographique est bien le fil conducteur de ce roman graphique, aucune scène obscène ou vulgarité ne sont mises en avant. Ici, ce n’est qu’un prétexte pour plonger dans les bas-fonds de la cité des anges. Cela permet à Noel Simolo de mettre en scène tout un panel de protagonistes plus au moins glauques, plus au moins réels. Jim Jewsky rencontre de vraies stars (Josef Von Sternberg ou Erich Von Stroheim) mais aussi un vrai parrain de la mafia flanqué de tueurs professionnels. Tous les éléments d’un véritable polar sont sur la table : les travers des stars du cinéma, les caprices de bourgeoises richissimes en mal de sensations fortes, la paranoïa des mafieux, du sexe (avec un titre pareil !) et bien sûr la corruption et le chantage à tous les étages. Mais tout ça ne fait pas une histoire. L’ensemble fait un peu plat, comme un air mille fois chanté. Heureusement, en dehors de la fiction pure et dure Noel Simonolo a la bonne idée d’introduire des notions politiques. « J’ai voulu parler des minorités aux USA. Jim est juif. Il va tomber amoureux d’une Noire, le Klu Klux Klan va intervenir dans le tome 2 qui conclut l’histoire mais laisse une porte ouverte pour la suite, au cas où ». Cela donne du corps, de l’épaisseur au scénario....

Noël Simsolo, Dominique Hé, Pornhollywood, polar noir, glénat

La mise en image est tout à fait cinématographique. Il faut dire que « Noël Simsolo, le scénariste de ce Pornhollywood, connaît parfaitement le cinéma, il a été réalisateur, scénariste, comédien ». Cela se ressent bien dans l’agencement des cases et des angles de prises de vues. Afin de coller au mieux avec le scénario, Dominique Hé a choisi une ligne claire comme approche. Cela est pertinent. Malheureusement, la mise en couleurs ne suit pas. C’est bien terne avec des aplats bien pales. Mais peut être est-ce pour donner une touche finale au sordide ?

Noël Simsolo, Dominique Hé, Pornhollywood, polar noir, glénat

« Pornhollywood » est donc une BD en demi-teinte. D’un côté les standards du polar noir sont respectés. La touche politique et le fil conducteur dans le cinéma pornographique des années 30 sont de très bonnes idées. Mais la narration manque singulièrement de rythme. De l’autre le dessin est certes bien adapté aux années de l’entre deux guerre, certes bien cadré mais finalement peu expressif et un peu trop figé. Cela est sans doute dû aux choix des couleurs. La suite et la fin en mars 2016. La pellicule n’a pas fini de tuer …

 

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Dessin a06-3e788fc.gif
Total a06-3e788fc.gif

 

Tigrevolant

12/03/2016

USA uber alles - Tome 2 - Base 51

USA uber alles, delcourt, JP pecau, base 51, Maza, uchronie, Jean Verney, Roy GrinnellUSA uber alles, delcourt, JP pecau, base 51, Maza, uchronie, Jean Verney, Roy GrinnellScénario : Jean-Pierre Pécau
Dessin : Maza
Couleurs : Jean Verney
Couverture : Roy Grinnell
Editeur : Delcourt

Sortie : 21/10/2015
Planches : 54
Genre : Uchronie 

Nicolas Charlier est le pilote d'essai chargé de faire voler le prototype de bombardier. Il est décidément un être bien singulier. Que fait-il au cours de ses escapades en dehors de la base ? Qui rencontre-t-il ? Et surtout quelles sont ses motivations ? La réponse est sans doute dans son passé au sein de la célèbre escadrille Normandie-Niemen. Et la CIA entend bien le démasquer ….

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« Et si la France avait continué la guerre ? », la trilogie Oméga de la série « Jour J », « Block 109 » … les uchronies avec comme cadre la période 39-45 foisonnent dans le monde la BD. Il faut dire que la seconde guerre mondiale se prête particulièrement à ce genre d’exercice. Ce concept permet de digresser à l’infini pour chaque nœud historique. « USA uber alles » prend appui sur la mort d’Hitler et le retournement de la Wehrmacht contre Staline. Cette configuration aurait pu arriver et cela donne ainsi une réelle crédibilité au scénario. En tout cas, Jean-Pierre Pécau a été professeur d’histoire et ses connaissances en ce domaine sont tout à fait perceptibles. Il va plus loin. Comme d’habitude, il intègre des personnages réels à sa fiction et permet ainsi au lecteur de faire une vraie plongée dans le monde de l’imaginaire. Ainsi son héros est embauché par l’entreprise Bloch (future Dassault) et obtient un certificat de moralité en la personne de Joe Kennedy. Tout est bien monté, cadencé. J.P. Pécau n’oublie pas les éléments du décor pour magnifier son scénario. L’aviation est le pivot de cet album. « Pour surprenants qu’ils puissent être, les appareils présentés ont existé, en opération, comme le Messerschmitt Me 163 Komet et le P-82 Twin Mustang, en tant que prototype, comme le XP-56 Black Bullet, voire en tant qu’«avion de papier ». C’est le cas du projet d’ailes volantes Arado E.555 que Marcel Dassault semble reprendre à son compte après l’avoir modifié sous la dénomination de Thunderbird. »

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A la différence de « Wunderwaffen », « USA uber alles » axe son scénario plus sur l’espionnage et roman noir plutôt que l’action pure. Vous ne trouverez pas (ou très peu) d’action ou de combats aériens. Toute est plutôt centré sur les personnages avec un petit côté roman de John le Carré. Un juste milieu entre l’action et l’espionnage aurait été du meilleur effet.

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Coté dessin c’est justement le talentueux dessinateur de « Wunderwaffen », Maza qui est derrière les pinceaux. Pour les avions et les combats aériens, rien à dire c’est de l’art. Les avions sont magnifiques, presque des personnages à part entière. La notion de vitesse est très bien rendue. On en redemande. En revanche les visages des protagonistes laissent un peu à désirer : peu expressifs mais tout à fait lisibles pour une immersion dans le monde de JP Pecau. A noter une couverture de toute beauté de Roy Grinnell, le peintre des As.

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A l’origine « USA uber alles » devait faire partie de la série concept « Jour J ». Finalement elle a pris son indépendance et se verra décliner en trois tomes. Espionnage sur fond de décors uchronique « USA uber alles » sort du lot des séries du genre. Elle réservera sans doute un beau final dans le dernier opus.

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Dessin  a06-3e788fc.gif
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Tigrevolant

05/03/2016

Vive la marée !

pascal rabaté,david prudhomme,furturopolis,satyre socialepascal rabaté,david prudhomme,furturopolis,satyre socialeAuteurs : : Pascal Rabaté, David Prudhomme
Editeur : Futuropolis
Sortie : 10 septembre 2015

118 pages

 

 

 


« Vive la marée » peux se passer aisément d’un résumé. En effet, il s’agit d’une poursuite graphique de protagonistes n’ayant aucun rapport entre eux. Une sorte de « short-cut » en un seul plan séquence. Le seul point commun est le décor : l’univers de la plage.

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Pascal Rabaté et David Prudhomme posent un regard mi- amusé, mi- critique sur cet univers. Ils croquent les personnages avec truculence. Sans intrigue et sans héros, les auteurs déclinent ce que voit un observateur indépendant. Des anecdotes succèdent à des portraits en passant par des « plans » très photographiques. Est-on dans un film (la référence à « jour de fête » de l’immense Jacques Tati est indéniable), une bande dessinée ou une carte postale ? « Vive la marée » est sans doute tout à la fois. Personne n’est épargné : le beauf, les bidochons, les castes populaires ou bourgeoises, les punks....

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Les auteurs ont quand même un petit côté voyeur. Avec la magie de la bande dessinée, le lecteur a accès aux pensées les plus intimes des personnages. Entre satire sociale et comédie, ils parsèment leur voyage avec des dialogues ou des réflexions courtes fort cocasses :

« Ah, c’est un métier de trouver des conneries ! »,

« Matéo, mets pas du sable partout ! »

« Levés à 5 heures pour éviter les bouchons et on tombe sur ce con qui n’en finit pas de prendre son temps »,

« Dis donc, c’est pas donné la tong ! »,

« Des tatouages en veux-tu en voilà… Les gens s’écrivent dessus parce qu’ils n’ont plus rien à se dire ! »

« Vois-tu, en voiture, tu rentres dans le paysage, en train tu l’accompagnes…"

" S’il pleut demain on fait quoi ? »

« Mais t’es là, qui c’est qui surveille les sacs ? »

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Finalement, depuis les premiers congés payés de 1936 rien n’a vraiment changé. Bien sûr, l’univers s’est modernisé, mais l’ambiance et le regard que chacun porte sur son voisin n’a pas évolué. Lors des vacances tout un chacun souhaite échapper à son environnement mais in fine l’espèce humaine sera toujours identique à elle-même. Ce qui est particulièrement sympathique dans cet album c’est le côté détendu avec un beau soleil, du sable chaud et toute la journée pour juger et dégoiser le tout venant à portée de regard.

Les dessins sont en ligne claire. Le couple Rabaté/Prudhomme va à l’essentiel sans fioritures. Avec des couleurs vives, des couleurs de tous les jours, l’analyse sociale se poursuit sans contrainte. Il n’y a pas d’anicroche, pas de retour en arrière à des fins de compréhension. Tout est lisse et limpide.

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Mais c’est la fin de la journée, il faut rentrer. L’inévitable crise de nerf sur les objets (les clefs de voiture !!) perdus dans le sable est au rendez-vous. Tout le monde a passé un bon moment tout en introspection, sans méchanceté. C’était une belle journée, un bel épisode de fraicheur.

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Dessin a06-3e788fc.gif
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Tigrevolant