04/11/2015

The infinite loop, Tome 1 : L'éveil

the infinite loop,pierrick colinet,elsa charretier,glénat,tolérance,homosexualitéThe infinite loop, pierrick colinet,elsa charretier,glénat,tolérance, homosexualité, Scénario : Pierrick Colinet
Couleurs & Dessin : Elsa Charretier
Dépôt légal : 08/2015
Editeur : Glénat
Planches : 74

 

 

 

Dans un monde où le voyage temporel est maîtrisé, le prix à payer est l’absence totale de surprise: ni haine, ni amour.... un monde lisse. Chaque voyage induit des anomalies temporelles. Teddy est chargée de les corriger. Jusqu’au jour où elle rencontre une anomalie humaine : une sculpturale jeune fille aux cheveux mauve, « Ano ». Le cours de sa vie va en être totalement bouleversé....

 

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Cet album est un véritable conte de fées, une « success story » du nouveau mode éditorial participatif. Jugez plutôt : « The Infinite Loop a été à l'origine financée avec succès sur la plateforme de financement participatif Ulule. La série est publiée mensuellement aux États-Unis par l’éditeur IDW depuis avril 2015. Les éditions Glénat décident de l’éditer dans sa première version hard cover en août 2015. ».

 

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Il est vrai que le travail de Pierre Colinet et Elsa Charretier vaut le détour. Sous le thème de l'anticipation, il recèle des surprises. La science-fiction n’est ici que pour sous-tendre les relations entre les hommes ou plutôt les femmes dans le cas présent. Il aborde un terrain relativement rare dans le monde des phylactères : l’homosexualité. Si cela reste un des derniers grand tabous de notre société - en témoigne le battage médiatique (incroyable) du mariage gay partout dans le monde-, ce sujet tend à s’affirmer, et à sortir au grand jour. Et pourquoi pas en bande dessinée ? L’ouvrage est agrémenté d’un dossier historique sur le sujet, retraçant l’histoire des gays dans la BD, montrant un processus lent mais inexorable de l’ombre à la lumière. En y regardant bien, les références sont nombreuses et le sujet n’est pas totalement confidentiel.

 

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Cet album démarre sur les chapeaux de roues en se voulant résolument futuriste. Le lecteur peinera à comprendre le travail de Teddy et son environnement. Les dialogues se percutent, s’enchainent au rythme de l’action libérée de ses cases et de sa dimension linéaire. Quand enfin survient Anno, la douceur et la grâce vous recouvrent. La pause dans des doubles pages magnifiques est bienvenue ! Cela permet de prendre du recul. Ainsi, Pierrick Colinet décrit un monde dur, sans sentiment (inimaginable pour des terriens du 21ème siècle) et avec des brigades  fascistes dignes d'un monde de cauchemar . Il aborde le thème du libre arbitre avec à des moments clefs des algorithmes de décisions impliquant le lecteur façon « livre dont vous êtes le héros ». Astucieux. La deuxième partie est plus introspective et laisse place à une réflexion sur l’Essence de l’homme ou son devenir dans une société qui le modèle. Anno va même lire du Sartre et de déclamer « l’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, il se définit après ».

 

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Elsa Charretier est très à l’aise dans la maitrise du genre comics. La déstructuration du gaufrier, l’éclatement des pages à coup de vignettes sonne vrai avec le sujet. Avec un trait fin et des couleurs lumineuses, le coup de crayon rend hommage au scénario aussi bien dans les scènes intimistes que dans les scènes d’actions.

Le thème des libertés fondamentales est le fil conducteur de cette série. Cette dernière nous interroge sur des thèmes comme la nécessité de liberté de penser, d’exister et sur le monde que l’homo sapiens sapiens souhaite développer. Cette édition particulièrement soignée, vous ouvrira des champs de réflexion peu courants dans le neuvième art et ne vous laissera pas indifférent, à bien des égards.

 

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Scénario a07-3e78901.gif
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Tigrevolant

12/10/2015

Reconquêtes Tome 3. Le Sang des Scythes

Reconquetes, le sang des scythes, lelombard, Runberg, miville-deschenes, heroic fantasyReconquetes, le sang des scythes, lelombard, Runberg, miville-deschenes, heroic fantasyScénario : François Miville-Deschênes,   Sylvain Runberg
Dessin & couleurs : Francois Miville-Deschênes
Dépôt légal : 06/2015
Éditeur: Le Lombard
Pages : 46

« La horde des vivants » est sortie vainqueur de son premier affrontement avec les Hittites. Mais des dissensions internes couvent. Et si, son plus grand ennemi était son concept-même : alliance de peuples nomades mais sans réel autre point commun …..

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Fiction historique mâtinée d’heroic-fantasy, « Reconquêtes » a su conquérir non seulement les steppes d’Asie centrale mais aussi notre imaginaire. Les deux auteurs se livrent à une débauche de recherches historiques, de sensualité, de batailles en tout genre et d’interventions mythologiques faisant basculer le destin de l’alliance Scythes. Le tout est très plaisant car la cohérence de ces trois tomes est remarquable. Les rebondissements sont bien à propos et le récit laisse place à un foisonnement de questions. Ainsi peu de chance, de perdre le lecteur sur une série trop longue qui plus est prévue en quatre tomes. Dans ce tome 3, les auteurs se recentrent sur la tribu : comment vivre ensemble avec des cultures, des sociétés et des religions très différentes ? Un écho terriblement contemporain… Mais n’ayez pas peur, l’action, les trahisons et autres fantasy sont bien le fil conducteur de cette très belle série.

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Nonobstant son scénario original, elle est portée par un graphisme proche de la photographie. Les détails abondent, les expressions des protagonistes crèvent le papier (ou l’écran pour d’autre) et, surtout, les couleurs sont époustouflantes. On notera les très belles couvertures de toute la série captant immédiatement votre regard. Puisqu’il faut laisser une marge de progression à François Miville-Deschênes, parfois les couleurs sont un peu trop délavées, diluées. Elles ne rehaussent pas les émotions des personnages ou les actions.

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Si j’osais, je mettrais en parallèle cette série avec « Servitude ». Les deux séries, de très belles factures, imaginent un monde où se côtoient des sociétés différentes. Si l’un est très introspectif (« Servitude »), « Reconquêtes » laisse la part belle à l’action. Mais l’analyse est la même et la finalité identique.

« Reconquêtes » est avant tout une série épique alternant les scènes d’actions et d’analyse sociale, le tout soutenu par un graphisme irréprochable. « Le sang des Scythes » est dans la droite ligne de sa fratrie : cohérent et beau !

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Tigrevolant

 

02/10/2015

Le Baron Fou T1 et T2

le baron fou,rodolphe,faure,glénat,épopée,histoire,ungernle baron fou,rodolphe,faure,glénat,épopée,histoire,ungernle baron fou,rodolphe,faure,glénat,épopée,histoire,ungernScénario : Rodolphe
Dessin & couleurs : Michel, Faure
Dépot légal : 03 & 06 2015
Editeur : Glénat
Collection : Grafica
Planches : 48

A la recherche de son mari, fait prisonnier par les bolchevick en 1917, Elisabeth va croiser, aux frontières de la Mongolie, la route de la « division sauvage » avec à sa tête le Baron Von Ungern. Faite prisonnière, elle va petit à petit épouser la cause des débris de l’armée Tsariste et les rêves du baron fou : rétablir l’empire de Gengis Khan ! Mais tout a un prix ….

 

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La révolution russe de 1917 et les événements tragiques de la guerre civile russe ont le vent en poupe dans le monde la bande dessinée. On notera, entre autres, l’excellent « Svoboda » chez Furturopolis ou encore « Kamarades » chez Rue de Sèvre. Il faut dire qu’il y a matière au récit de fiction, de faits historiques ou le mélange des deux. Entre le tragique d’une guerre civile (8 à 20 millions de morts) et des personnages historiques émergeant de ce chaos, l’imaginaire prend vite le pas. L’histoire se souvient de Denikine, Lénine, Trotski, Koltchak, Wrangel, Semenov…..et bien sur Nikolai Robert Maximilian von Ungern-Sternberg dit le « baron fou ». La personnalité du baron en fait un acteur de prime importance. Personnage romantique par excellence, il sait que sa vie ne suffira pas à réaliser ses rêves. Hugo Pratt ne s’y est pas trompé : Corto Maltese croise la route du Baron à la recherche de la gloire et de ses projets insensés dans « Corto Maltese en Sibérie ». Véritable dieu vivant pour les mongols, il marquera à jamais l’histoire. Ici Rodolphe choisit un récit intimiste au travers de la vision d’une femme médecin. Il introduit un peu d’humanité au charismatique Baron. Ce prisme donne également du recul avec l’épopée de la « division sauvage ». Cela permet à Rodolphe de ne pas oublier les horreurs et les exactions de cette armée. Sans faux semblant, il porte le regard sur des exécutions où l’arbitraire est roi. La terreur « blanche » ou « rouge » est loin d’une promenade de santé ! Mais, le récit de Rodolphe est agréable. Il est linéaire, sans flash-back polluant le scénario. Ceci est très appréciable.

 

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Le dessin est à l’avenant d’un récit fort en action et en histoire : beau et haut en couleurs. Michel Faure n’est pas avare de de détail. L’expression des sentiments au travers des visages et des regards est remarquablement rendue. Vous n’échapperez pas au regard bleu azur de l’héroïne et du héros !!! Comme la couverture, le dessinateur gratifie le lecteur de très belles planches à la gouache magnifiant la personnalité complexe du baron et l’hétérogénéité de son armée.

 

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Le titre est sans détours : le vrai héros de cette œuvre est bien le Baron von Ungern-Sternberg. C’est le vrai but de ce dyptique. Comme tout héros, cette figure historique est controversée. Dieu de la guerre pour les uns, monstre sanguinaire pour les autres, vous aurez l’occasion de vous forger une idée à la lecture de cette belle aventure dans les plaines mongoles sur fond de décors historiques.

Scénario

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Dessin

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Total

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Tigrevolant

08/09/2015

Pathfinder Tome 1. La Montée des Eaux Troubles

pathfinder,la montée des eaux troubles,glénat,comics,jim zub,andrew huerta,heroic fantasypathfinder,la montée des eaux troubles,glénat,comics,jim zub,andrew huerta,heroic fantasyScénario : Jim Zub
Dessin : Andrew Huerta
Couleurs : Ross Campbell,
Dépôt légal : 06/2015
Editeur : Glénat
Planches : 62 

Dans le monde de Golarion, le danger, l’aventure et l’amitié sont toujours au rendez-vous. Le groupe d’aventuriers composé du guerrier Valeros, de la sorciere Seani, la voleuse Merisiel, le sage Ezran, le nain Harsk et la prêtresse Kyra sont engagés par le conseil municipal de Sandpoint pour palier à la menace des gobelins de plus en plus audacieux. Voilà une quête qui s’annonce ….tranchée !

 

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Ping, paf, sproch, boum ! Voilà une production d’héroïc-fantaisy qui ne détonnera pas dans l’imaginaire et le monde infini des amateurs de jeux de rôle. C’est du grand classique : un employeur, des êtres surnaturels forcement stupides, affreux et méchants, et enfin un groupe d’aventurier prêt à trancher dans le vif (c’est le moins que l’on puisse dire). Tous les codes du « Donjons et Dragons » (D&D) sont respectés jusqu’aux caractères des personnages : nain taiseux, le guerrier puissant (voir invincible)…mais tous sont unis par l’amitié et les bons mots. A tel point qu’il n’y a pas vraiment de surprise. Le scénario est convenu et ne présente pas beaucoup d’intérêt. Il faut savoir que « Pathfinder est l’adaptation en bande dessinée du jeu de rôle éponyme et best-seller de Paizo, lauréat de nombreux prix et véritable référence en la matière (la version française de Black Book est numéro 1 des ventes de JdR en France) ». Un supplément de 9 pages agrémente l’ouvrage. Il décline l’univers pour de nouvelles parties de jeux de rôle. Mais il n’éclaire en rien le scénario précédent et sera franchement indigeste pour les non-initiés aux D&D.

 

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Les dessins d’Andrew Huerta permettent de renouer avec le 9ème art. Les traits sont vifs voire bruts. La sensation de crayonné est très présente. Il remplit bien son contrat donnant à l’ensemble du punch et nous gratifie de nombreux détails sur ces personnages. La plastique des héroïnes est impeccable et les scènes d’actions à l’avenant. Le lecteur appréciera les rendus de mouvements. Par contre, l’utilisation de cases figés répétitives (copier-coller) pour un rendu comique est franchement inacceptable au regard du travail de l’ouvrage. Autre surprise, le format franco-belge et non pas comics. Cela brouille (un peu) les pistes mais cela permet d’apprécier le trait du dessinateur en grand.

 

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Vous êtes fan de D&D ? Vous êtes un joueur invétéré de jeux de rôle ? Cet album est fait pour vous. Les autres passez votre chemin.

NB : Pathfinder est  aussi une voiture (Nissan) et un film d’action sorti 2013 (très, très hollywoodien)

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Dessin a05-3e788c9.gif
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Tigrevolant