15/03/2013

Interview de Sacha Goerg...(ou comment prendre la Foire du Livre à l’envers)

IMG_5802.JPG D’origine suisse, Sacha Goerg arrive à Bruxelles dans les années 90 et fonde en 1999, avec ses camarades, la maison d’édition indépendante L’employé du moi. Il s’agit d’une maison composée de réels passionnés de bande dessinée et tournée, dès ses débuts, vers les projets collectifs. Aujourd’hui, 14 ans après, le projet collectif reste au cœur de L’employé du moi même si sa forme a évolué. De simples albums collectifs (Abruxellation, 40075 km comics, Crrisp !,…), on est passé à un évènement collectif (les 24h BD) qui découle sur de véritables albums individuels rassemblés dans la collection vingt-quatre. Parallèlement, ils éditent régulièrement des albums plus « classiques » (H27, I like short songs, Basewood,… parmi tant d’autres). 

 Depuis 2007, L’employé du moi, c’est aussi, entre autres, le site grandpapier.org qui propose une plateforme de publication en ligne de bande dessinée (actuellement plus de 440 auteurs, soit plus de 1500 albums, soit 35270 pages… et oui, rien que ça !).

 

 Présent à la Foire du Livre de Bruxelles 2013 via le stand de son distributeur, Belles Lettres Diffusion Distribution, L’employé du moi bénéficie d’un impact visuel très réduit, noyé sur de grandes étagères entre différents éditeurs logés à la même enseigne (Les Requins Marteaux, 5ème couche, Rackham,… Belles Lettres, c’est plus de 150 éditeurs).

 Sacha Goerg, quant à lui, était présent le jeudi 8 mars pour participer à l’imaginarium BD (projet développé pour la Foire du Livre autour de la BD) et pour une séance de dédicace sur le stand Dargaud. Car l’auteur de Bouture et Rubiah (L’employé du moi) a signé chez Dargaud, La fille de l’eau en janvier 2012. Un album pour lequel il s’est vu récompensé il y a peu par le prix Töpffer remis par la ville de Genève. Donc finalement, le rencontrer à la Foire du Livre du Bruxelles  pour discuter avec lui de L’employé du moi, c’est un peu… prendre la Foire du Livre à l’envers !  Et il y a une certaine logique à ça, faites un tour sur la toile et regardez bien. Chaque fois qu’on parle de Sacha Goerg pour La fille de l’eau, on finit par citer L’employé du moi. C’est le plus malin qui attrape l’autre !

 

 

 

 Samba BD : Que représente un évènement comme la Foire du Livre de Bruxelles pour un éditeur comme L’employé du moi ?

 

 Sacha Goerg : Ça n’a jamais été un évènement majeur pour nous. On ne peut pas se payer un stand, on n’a pas les moyens et donc on est représenté sur le stand de notre distributeur comme plein d’autres gens mais dans des conditions qui ne sont pas toujours idéales. En pratique, c’est l’occasion pour nous de revoir notre distributeur, de discuter avec lui,… mais ce n’est pas l’évènement qui compte le plus.

 

 Un évènement comme Angoulême a plus d’importance pour vous ?

 

 Bien sûr, c’est évident, on peut vendre nos livres, on peut rencontrer le publique réellement. Ici, sous ma casquette d’auteur chez Dargaud, je vais voir du monde et dédicacer mais c’est autre chose. Il y a déjà des dédicaces qui ont été organisées sur le stand des Belles Lettres (distributeur) mais ça ne donne pas grand chose en général.

 

 

 "...on a commencé à faire des livres…je ne sais pas… pour passer du fanzine à autre chose."



 L’employé du moi existe maintenant depuis plus de dix ans (1999), où en êtes-vous aujourd’hui par rapport à vos débuts ?

 

 Au début, on a commencé à faire des livres…je ne sais pas… pour passer du fanzine à autre chose. Et maintenant, on a une vision beaucoup plus complète du métier d’éditeur pour lequel nous n’étions pas du tout formés.

 

 Vous apprenez le métier au fur et à mesure ?

 

 On commence maintenant à le connaître même si on apprend encore des choses. En dix ans on est parti de rien, on sait comment imprimer un livre, comment préparer sa sortie. C’est énormément de rencontres, de contacts, de projets.

 

 L’employé du moi, c’est énormément de projets collectifs avec les 24h BD, le site grand papier, le site 8p.cx. S’agit-il d’une volonté toute particulière de faire avant tout des projets collectifs ? 

 

 Je ne sais pas, les choses se font un peu naturellement. Il y a des choses différentes là dedans. Pour les projets web, c’est vrai qu’on avait accès à cette technologie peut-être plus tôt que d’autres. Du coup, on s’est dit qu’on avait l’outil et qu’on pouvait surement en faire quelque chose. Ça nous a servi, même avant grand papier avec d’autres projets, à créer un réseau même si on ne l’a pas fait pour ça… On s’est rendu compte que ça générait des liens, des contacts et toute une sphère de gens autour de nous.

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Stunt de Sacha Goerg (collection vingt-quatre)



 "Nous, en tant qu’éditeur, on ne se paie pas. On regarde toujours à ce que l’expérience soit un peu excitante sinon « à quoi bon ? »."



 Et les 24h BD découlent sur une collection, la collection vingt-quatre

 

 C’était pour essayer de rentabiliser les 24h BD. Quand on fait les 24h, ça termine sur le site mais très vite ça disparaît dans les archives. Du coup, la visibilité est vraiment temporaire. De temps en temps, il y a vraiment des récits intéressants qui sortent de ça. Et donc, on se dit que de cette manière, on peut renouveler cette expérience d’éditeur. Comme nous ne sommes pas payés pour ce qu’on fait (on paie un peu les auteurs mais ce n’est pas grand-chose. Nous, en tant qu’éditeur, on ne se paie pas. On regarde toujours à ce que l’expérience soit un peu excitante sinon « à quoi bon ? ». Je ne tiens pas à faire éditeur à tout prix, j’arrêterai peut-être un jour. Donc voilà, pour nous c’était (les 24h) l’occasion de formater une collection, ce qu’on n’avait jamais fait jusqu’à présent. C’était rigolo de dessiner une collection qui puisse accueillir un ou plusieurs auteurs. Et même graphiquement, la dessiner, c’est moi qui ai passé du temps à ça et c’était très excitant. 

 

 Cette collection devient presque un rendez-vous régulier pour les lecteurs de L’employé du moi. En effet, par intervalles de quelques mois, deux albums sortent (les 15ème et 16ème en mars 2013).

 

 Au début, on s’est dit que c’était une occasion de faire des éditions pas chères et de faire une petite marge dessus parce que, sur les livres classiques, des fois on en fait, des fois on n’en fait pas, ça dépend du contexte. Là on est en train de faire un peu le bilan et ce n’est pas si heureux que ça. Je pense que, peut-être, le format ne correspond pas… On se disait, on en sait rien mais : si on était au Etats-Unis ça fonctionnerait plus parce qu’on est dans un format de livret. Comme pour plein gens dans l’édition en général et pour plein de livres, on a énormément de retours, de livres qui reviennent. Donc, finalement, on en vend assez peu et on arrive même à perdre un peu d’argent mais ce n’est pas très grave. La collection, paradoxalement, commence à bien marcher. A Angoulême, on en a bien vendu. Je crois que les gens on comprit maintenant qu’il y avait cette collection, il faut le temps. Malgré tout, on va terminer la collection. On va faire 24 numéros et puis on va l’arrêter, histoire d’avoir un cycle. Ce n’est pas quelque chose qu’on va garder éternellement. On fait un truc qui nous excite mais, si ça nous excite plus, on doit être capable de l’arrêter.



 "...les collectifs c’est compliqué et ça coute cher à faire. Les libraires n’en veulent plus…"



 Quels sont les futurs projets de L’employé du moi ?

 

 On a un projet collectif mais on n’a pas encore de titre. C’est un projet avec six filles en trois groupes de deux qui vont donner six récits, une quarantaine de pages. Elles travaillent essentiellement au crayon. On avait réfléchi à une thématique mais au final c’est complètement libre. On a mis en contact ces gens pour faire un collectif qui n’est pas vraiment un collectif. Donc pas avec une histoire trop longue et pas avec vingt personnes. C’est une espèce de livre ciblé. Il y aura Noémie Marsily, Joanna Lorho, Joanna Hellgren, Aisha Franz, Amanda Vähämäki, et Julie Delporte. Ça va être un très beau projet collectif. Maintenant le problème des collectifs, c’est que ça devient très dur de vendre des livres en général, les collectifs c’est compliqué et ça coute cher à faire. Les libraires n’en veulent plus… mais je ne sais pas si les gens n’en veulent plus. Ça devient vraiment risqué, malheureusement. Par contre, ça reste une bonne stimulation, ça fait vraiment vivre notre site grand papier mais pour porter le livre après ça va probablement être compliqué.

 

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 Passons par votre actualité plus personnelle. Vous venez de recevoir le Prix Rodolphe Töpffer par la ville de Genève pour votre album La fille de l’eau (Dargaud). Quel est votre sentiment à ce sujet ?

 

 C’est un prix pour un album qui est sorti il y a déjà un an et c’est sympa car, dans le monde des livres, on passe très vite à d’autres choses et là ça remet un peu en lumière le livre. Ça vient de Genève, où j’ai vécu, passé mon enfance et donc c’est aussi une reconnaissance géographique parce qu’avec le temps j’avais l’impression d’avoir pris de la distance même si je retourne à Genève régulièrement. C’est extrêmement flatteur comme prix, je ne pensais pas du tout l’avoir et là je suis vraiment surpris.  



 "...le défendre devant la presse. Pour ça, Dargaud fait un beau travail de relai."



 A ce sujet, n’est-il pas paradoxal de vous voir chez un autre éditeur ?

 

 Je fais plusieurs choses dans ma vie et à un moment donné je me suis quand même dis que je passais beaucoup de temps à faire de la bande dessinée et que, si je pouvais gagner ma vie avec ça… Donc il faut aller voir quelqu’un qui a les moyens. A L’employé du moi, malheureusement, ce n’est pas pour demain vu comment ça se passe actuellement dans le monde du livre et de la BD, je ne suis pas sûr… Vu que tout le monde paie moins qu’avant et, probablement, payera encore moins demain, je ne sais pas si nous (L’employé du moi), on pourra un jour se payer convenablement.  De plus, il y a la capacité à porter le livre, je n’avais pas envie de porter mon livre dans ma propre structure et le défendre devant la presse. Pour ça, Dargaud fait un beau travail de relai. C’est une équipe de gens qui ne font que ça, qui le font bien, dont c’est le métier et qui sont capables d’obtenir des papiers. C’est con mais je suis content d’être chez un plus gros éditeur pour que quelqu’un fasse ce boulot là pour moi et porte le livre au maximum. 

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La collection vingt-quatre



Propos recueillis par William à l'occasion de la Foire du Livre de Bruxelles 2013.



Je clique chez:

Sacha Goerg

 

 

17/01/2013

FOCU

focu.jpgFocu : tu ne diras pas faux-cul, tu diras plutôt Focu !

Résumé de l’éditeur : « Depuis toujours, vous rêvez de dire ses 4 vérités à un collègue, ami, parent, prof ou supérieur hiérarchique, mais la peur des éventuelles représailles vous a toujours empêché de passer à l'action ? : vous êtes victime dela PBS(peur du break social) et avez besoin d'être aidé.

Par son art de la périphrase, Focu va, au fil de cet ouvrage, vous donner les clés pour réagir aux situations borderline du quotidien, ainsi, vous pourrez bientôt balancer les skuds les plus féroces tout en donnant à votre interlocuteur l'agréable sensation d'être brossé dans le sens du poil.

Diego Aranega. Président dela Fédération Françaisede Tact. »

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Focu est surtout un vieux (car il s’agit d’une réédition de Les 110 commandements de 2003) concept qui tient en deux cases. Une case tu ne diras pas et une autre tu diras plutôt. Chaque gag est décliné sur cette base et c’est très drôle…un certain temps en tout cas. Car cette même déclinaison étendue sur 112 pages devient répétitive mais l’album bénéficie d’une lecture très rapide (en 10 minutes le tour est fait) qui joue donc en sa faveur. De plus, la qualité humoristique est très variable même si la plus part du temps elle est au rendez-vous.

 

Le dessin de Diego ARANEGA, qui officie surtout comme dessinateur de presse, est à l’image des gags, assez relevé. Les personnages sont grotesques, moches et franchement idiots (sauf votre humble Focu bien sur). L’album, c'est-à-dire l’objet, est très graphique et plein de couleur vive qui le rendent très…pop ! Focu est donc le cadeau idéal à offrir au adepte de la lecture sur toilette (ne faites pas l’innocent). C’est rapide, facile et ça change les idées un court instant…

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Le + : Un petit album sympathique très graphique et presque toujours drôle.

 

Le - : Le concept devient très vite répétitif et fini parfois par tomber à plat. 


Infos: scénario et dessin, Diego ARANEGA; éditeur, PAQUET; prix, 8 euros.


William

16/01/2013

LANFEUST ODYSSEY, La grande traque

LanfeustOdyssey4.jpg20121203102617_t4.jpgLanfeust Odyssey, est-ce assez ?

Résumé de l’éditeur : Lanfeust, accompagné de ses 4 nouvelles épouses et d’Hébus, est parti à la recherche de Ryplëh, le jeune sage du Conservatoire d’Eckmül, témoin de l’assassinat de Nicolède et le seul à pouvoir l’innocenter de ce crime. Mais Qynostre, le sage devenu Vénérable, a lancé à sa poursuite Zakhöl, le terrible demi-troll. Il doit retrouver Ryplëh avant Lanfeust et à tout prix l’éliminer, s’il veut garder les pleins pouvoirs....

 

Que dire de plus sur la saga Lanfeust qui n’ait déjà été dit (car on a déjà dit tout et n’importe quoi) ? Ce n’est un scoop pour personne,la saga Lanfeust est fatiguée, épuisée, à bout,… bref, y a-t-il encore quelque chose à en attendre ? La réponse est : non (comme ça c’est clair une bonne fois pour toutes). Souvenez-vous avec nostalgie du cycle Lanfeust de Troy qui a vu le jour en 1994 (si si ! bientôt 20 ans) et faites votre deuil car cette époque merveilleuse est terminée, révolue. Lanfeust des étoiles, le cycle suivant, annonça très rapidement la couleur. Lanfeust allait devenir une saga en mode automatique qui au fur et à mesure allait abandonner ses milliers de fans sur le bord de la route d’Eckmul, les laissant pleurer sur leur triste sort et embrasser avec tendresse leurs vieux albums de Lanfeust de Troy…snif, snif !

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Mais restons honnête, à ce jour le plus gros défaut de la saga, et de Lanfeust Odyssey plus particulièrement, c’est le poids de Lanfeust de Troy qui marqua son époque comme on le sait. Si vous parvenez à faire abstraction de ce détail (de taille, on vous l’accorde), vous découvrirez une série d’importance mineure mais qui, malgré tout, garde assez de qualité pour évoluer au-dessus de la mêlée (de l’héroïque-fantasy BD, entendons nous bien). Même si Arleston semble être surtout devenu la vache à lait des éditions Soleil et que Tarquin semble offrir un trait moins régulier qu’auparavant, n’oublions pas les deux génies qu’ils ont été et les bons moments qu’ils nous ont fait passer. Ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à en tirer. Car en effet, ce tome 4 est probablement le plus réussi de ce cycle Odyssey. Le cocktail humour/ aventure semble au rendez-vous après deux premiers tomes très médiocres et un troisième qui remonte la pente (on revient de loin) durement mais sûrement.

 

Le + : On retrouve Lanfeust dans ce tome 4 qui est jusqu’à présent le meilleur album du cycle Odyssey.

 

Le - : Pour apprécier le Lanfeust d’aujourd’hui, il faut faire le deuil du Lanfeust d’hier et ça…c’est pas forcément évident. 


Infos: scénario, ARLESTON; dessin, TARQUIN; éditeur, SOLEIL; prix, 13.95 euros.


William

15/01/2013

HERCULE, Le sang de Némée

album-cover-large-17241.jpgalbum-page-large-17241.jpgHercule, un univers de science-f(r)iction !

 

Résumé de l’éditeur : Hercule est un puissant Merk, mi-homme, mi-extraterrestre grâce aux greffes cellulaires, il n’a pas peur de la mort. Une part de lui est déjà morte : hanté par le crime commis sur sa femme et ses enfants, il doit expier en acceptant les ordres, même les plus fous, des officiers. Hercule n’a pas le choix, il doit traquer des extraterrestres se crashant sur des planètes colonisées par des humains. Sa première mission sera de tuer le lion de Némée, dont le vaisseau s’est crashé et qui protège sa femme très gravement blessée. Il a besoin du sang des humains qui vivent sur place pour la guérir… Le combat entre Hercule et le lion sera aussi sauvage qu’émotionnel… et réveillera de bien douloureux souvenirs dans l’esprit de notre héros.

 

Tout le monde a déjà entendu parler du personnage mythique Hercule, le demi-dieu à la force démesurée, et de ses « fameux » douze travaux. Cette nouvelle série chez l’éditeur Soleil vous propose de transposer cet univers mythologique dans un univers S-F très sombre en gardant uniquement la trame principale. Le choc visuel est remarquable, l’impact scénaristique l’est moins…

 

On doit Hercule, version science-fiction, à Jean David Morvan, le scénariste qu’on ne présente plus et qui fait les beaux jours d’un grand nombre de séries (et d’éditeurs). Un auteur qui a souvent de brillantes idées de départ mais qui, au final, produit des scénarios plutôt conventionnels. Et ce nouveau Hercule ne déroge pas à cette règle. Force est de constater qu’il se passe peu de choses et que des raccourcis narratifs sont pris assez grossièrement.

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La réussite de cet album doit essentiellement à son univers visuel, son dessin, ses couleurs … autrement dit à Looky, dessinateur et coloriste. Ce jeune artiste encore assez peu connu a rejoint la série Nocturnes rouges au tome 5 alors qu’il n’avait pas encore quitté les bancs de l’école. Aujourd’hui, il signe dessin et, pour la première fois, couleurs…et quel travail ! L’un des problèmes majeurs chez Soleil est que leurs couvertures sont toujours pleines de promesses d’un point de vue graphique et que la déception est souvent au rendez-vous. Mais pas cette fois, Looky impose avec énormément de talent un univers S-F très sombre à tendance cyber-punk. Rien que le travail sur le personnage d’Hercule est saisissant : un mélange de sueurs et de muscles, casque romain version S-F (et qui à l’intérieur tient plus du masque d’Iron-man), tatouages façon Hell’s Angel’s, armes en tous genres (grosses lames et gros pétoirs) et coupe punk. Pour couronner le tout, les couleurs sont au rendez-vous et visent très juste. Elles sont en parfaite harmonie avec le dessin et donnent de subtiles sensations de filtres colorés (bleuté, rouge,…).

 

Le + : Un choc visuel saisissant pour cette version S-F d’Hercule. Looky, le jeune dessinateur et coloriste, impressionne par son talent. Un artiste et une série à suivre.

 

Le - : Au-delà de la brillante idée originale, le scénario de Morvan est décevant. Bref, c’est du Morvan


Infos: scénario, Jean David MORVAN; dessins et couleurs, LOOKY; éditeur, SOLEIL; prix, 13.95 euros


William