23/03/2012

Interview Thierry Lamy et Frédéric Vervisch.

Nous avions rendez-vous à Bruxelles, au centre belge de la bande dessinée, plus exactement dans la brasserie-restaurant Horta. Un cadre fantastique pour deux auteurs et un album qui le sont tout autant. Thierry Lamy est le scénariste et Frédéric Vervisch le dessinateur de Hell West, tome 1, frontier force chez Sandawe. Ils sont également, respectivement, bibliothécaire et story-border. Des types tellement passionnés qu’ils en deviennent passionnants. Une rencontre où il est question, en permanence, de s’éclater et de se faire plaisir. Nous le soupçonnions déjà à la lecture de l’album mais maintenant le doute n’est plus permis.


 

  

Comment est née votre rencontre ? 


 Frédéric Vervisch: On a un ami commun qui est Christophe Cazenove. On a commencé à échanger des mails. Il m’a proposé son projet que j’ai trouvé riche, c’était tout un univers créé à partir des codes du western mais ça partait dans le fantastique et dans l’ésotérique, il y avait de tout. Moi, je me suis dit : «  Allez, on y va, on s’éclate, on fait un truc. ». Je sortais d’une série jeunesse en couleur, alors que j’aime bien les côtés sombres. On aime tous les deux le noir et blanc, les trucs sombres, le fantastique.


Thierry Lamy: On aime tous les deux la série B, les trucs de divertissements, Indiana Jones, … on avait envie de faire quelque chose qui ne se prend pas la tête et qui rend hommage au western, à l’aventure, à l’humour.

 

 

 

Vous aviez tous les deux des envies de western.


 Thierry Lamy: Oui, voilà.


Frédéric Vervisch: On a voulu faire du Sergio Leone, en BD, à la française, tout en ne faisant pas la même chose. On aurait pu le faire. À une époque, un type a fait du western spaghetti en BD et c’était vachement bien. C’était Adios Palomita. Mais là on est parti dans autre chose, il n’y a pas le soleil écrasant, il y a de la neige, des créatures, des super meufs danseuses de saloon. J’avais dit : « Surtout, il faudra des nanas dans le saloon. » (rires).

 

 

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Thierry Lamy et Frédéric Vervisch au centre belge de la bande dessinée

 

Quels sont vos références BD et cinéma ?


Frédéric Vervisch: En BD, j’ai comme références Frank Miller, Hugo Pratt, Comès,…


Thierry Lamy: On aime aussi tout ce qui est bons dialogues, je suis un amoureux du dialogue. J’aime Audiard. Les dialogues d’Hugo Pratt sont super soignés, Frank Miller c’est pareil. Nos références sont les westerns spaghettis, tous les westerns en général, Little big man, les westerns des années 50 et 60, les westerns mythologiques,…


Frédéric Vervisch: L’homme aux colts d’or, j’adore celui-là. (à Thierry) Tu connais L’homme aux colts d’or avec Henry Fonda ?


Thierry Lamy: Oui bien sûr. Mais je l’ai vu il y a longtemps. (Il reprend) La mythologie du western…


Frédéric Vervisch: Et Dead man ?


Thierry Lamy: (sursaut) Ah ouiii, Dead man! C’est géant ! Et c’est aussi du noir et blanc mais quelque chose qui se déroule lentement. C’est du western sans être du western. Un peu comme l’héroïc fantasy est du moyen âge sans être du moyen âge. Hell West est un western fantasy en fait.

 

 

 

Dans votre album vous utilisez une sorte de réalité bis comme dans Watchmen, c’est aussi une référence ?


Thierry Lamy: C’est exactement ça, je suis très fan d’Alan Moore. Et cette façon de raconter en suivant des personnages, on les mélange, on suit leurs destins, ils se croisent. On ne raconte rien de neuf mais on est très inspirés par nos sources.

 

 

 

Une question pour Thierry Lamy, comment se passe le travail de documentation sur une histoire comme celle-ci qui reprend des personnages historiques ?


Thierry Lamy: Je travaille dans une bibliothèque et je suis historien de formation. J’adore l’histoire et je ne conçois pas un  scénario sans me documenter vraiment à fond sur la période choisie. Même si l’univers est complètement fantaisiste, je me suis beaucoup documenté et il y a des personnages qui sont vrais, même ceux qu’on ne soupçonne pas. Wanekia, par exemple, a réellement existé. Je transforme, je transpose mais je ne raconte pas n’importe quoi.

 

 

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Comment composez-vous entre le style de l’album et la justesse historique ?


Thierry Lamy: En général, il y a une seule chose qui va primer ; c’est la dramaturgie. Donc on peut tordre le coup à l’histoire. Pour sortir un peu de Hell West, je suis sur un projet  avec des chemineaux en 1940, ça s’appuie sur une chronologie très précise mais il y des trous. Et, à un moment donné, la dramaturgie s’empare de ces trous, je comble. C’est la dramaturgie qui prime. Pour Hell West, c’est beaucoup plus facile parce que c’est imaginaire. L’histoire a une base historique  mais on part dans notre délire et c’est ce qui compte.

 

 

 

Ces personnages historiques sont en fait des « guest stars » ?


Thierry Lamy: Oui mais pas des « guest stars » pour des « guest stars ». Ce sont des « guest stars » qui nous ont touché, Custer c’est le Custer de Little big man. Wild Bill Hickock, Buffalo Bill, …


Frédéric Vervisch: Beaucoup de scénaristes font ça mais c’est pour donner un truc genre clin d’œil. Avec Thierry, chaque personnage historique joue vraiment un rôle. Il a permis de conserver ce qu’on sait de chacun.

 

 

 

Ce sont de vrais personnages, pas des figurants.


Frédéric Vervisch: Ce sont de vrais personnages avec un rôle réel à jouer, d’ailleurs Custer a un rôle déterminant dans l’histoire.  


Thierry Lamy: Et certains s’invitent en cours de route.


Frédéric Vervisch: Et il y en a d’autres qui vont arriver et qui sont géniaux. Le but, c’est de s’éclater. Je prends mon pied quand je vois un Tarantino ou quand je lis un Frank Miller, je veux retraduire ça.


Thierry Lamy: On veut que les émotions soient les mêmes.


Frédéric Vervisch: On est des gamins qui jouent aux cow-boys sur un tas de terres « Pan, t’es mort ! », « Non, c’est toi ! », « eurghh !!! » (rires). Mais c’est vrai qu’on a passé les quarante balais, donc on a structuré nos histoires de gamins. On joue au Playmobiles. Régression !

 

 

 

Maintenant une question pour Frédéric Vervisch, votre dessin noir et blanc donne un sentiment de travail sur papier, à l’encre… et pourtant vous travaillez sur palette graphique, comment êtes-vous arrivé à cette technique ?


Frédéric Vervisch: Au début, je faisais des dessins traditionnels, à l’encre. J’avais une technique très traditionnelle mais, quand je scannais mes planches pour les envoyer par mails à l’éditeur,  j’ai commencé à faire des petites retouches à la palette graphique. Et puis, au bout d’un moment : « Tiens, ce personnage-là, il faudrait qu’il soit plus en colère que rigolo ». Comme je n’ai pas le temps de rescanner, je redessine sur palette. Petit à petit, j’ai fait beaucoup d’illustrations sur palette et, au bout d’un moment, je suis parti sans papier. Je me dis : « J’y vais ! ». Je trace mon format et... ça c’est plus pour les dessinateurs… je fais beaucoup de sélections au lasso (photoshop), je fais des silhouettes. Quand on a une silhouette en noir, après on y va à la gomme, c’est un dessin fait à l’envers. Je pars aussi de la technique de la carte à gratter, tu as une carte noire, tu grattes et ça donne un trait blanc.

 

 

 

Vous travaillez la lumière plutôt que l’ombre.


Frédéric Vervisch: Oui, voilà. Tu peux faire l’essai, si tu prends un fond noir et que tu fais juste une accroche de lumière d’un visage de profil, tout de suite c’est magique. Alors que si tu fais l’inverse, sur un fond blanc tu fais une silhouette de profil en noir, …ben si t’es pas Giraud, ça marche pas tout de suite. Giraud quant il faisait un Blueberry de profil … j’adorais ces profils. Moi, je vais plutôt chercher un peu de lumière dans le noir.

 

 

 

Dans cet album vous utilisez un style plus personnel ?


Frédéric Vervisch: J’ai pu m’exprimer avec un scénariste avec qui ça se passait vraiment bien. On avait envie de défendre le même univers, donc j’ai été libre. Il m’a dit « Vas-y, éclate toi. ». J’ai fait une série qui s’appelle Chinn  et j’avais un scénariste qui était aussi dessinateur et il me disait : « Là, sois plus réaliste. ». Et il m’orientait vers ce qu’il aurait aimé dessiner. Quand le scénariste essaie de prendre ta main en disant : « Moi, je veux que tu dessines ça comme ça. », tu le fais mais tu n’as pas d’espace pour te lâcher. Alors qu’ici, Thierry,  il n’essaie pas d’être mon cerveau, il me dit : « Je te propose ça, qu’est-ce que tu me réponds ? ».


Thierry Lamy: C’est comme ça aussi que je conçois le scénario. Si je veux imposer un visuel au dessinateur, autant que je fasse le dessinateur. Quand j’étais petit, je voulais faire dessinateur mais les copains m’ont vite dit « Tu dessines bien mais il faut que tu tiennes tout un album. Par contre, fais du scénario ! ». J’ai suivi leur conseil et maintenant je m’éclate plus en scénario. Et quand je vois que, sur quelques indications, on donne vie à tes personnages, à une scène que tu n’imaginais pas du tout comme ça  et que tu as une excellente surprise, je préfère ça. Ça ne m’intéresse pas d’avoir un robot, je veux quelqu’un qui me donne des surprises. Je veux retrouver cette émotion de quand je lisais des BD, je regarde le dessin et « Waouw ! ». Ici, c’est la même chose sauf que c’est moi qui écris l’histoire. Et puis après, on se répond l’un l’autre, c’est un jeu.


Frédéric Vervisch: C’est très dur de trouver un binôme qui fonctionne bien. Parfois, il y a une attente qui n’est pas la bonne. Et parfois, c’est l’éditeur qui peut ne pas comprendre et t’emmener dans un terrain qui n’est pas le tien. J’ai proposé à Bamboo un western chinois, un truc sur des moines shaolin, un peu sombre. Ils me répondent : « Ouais c’est bien mais on a un autre truc à te proposer. Gullia. C’est un truc pour les gamins ». Souvent, l’éditeur s’en fout un peu de ce qu’on a envie de faire et te projette dans autre chose. Souvent, je dis « ok » mais ici on nous a demandé : « Qu’est ce que vous avez dans le bide les gars ? ». Alors on s’est exprimé.


Thierry Lamy: On y allait à fond.


Frédéric Vervisch: Il n’y avait personne pour nous arrêter.


Thierry Lamy: Quand on discutait au téléphone, on était même dépassé par ça. Les dialogues, les scènes qui venaient toutes seules, je les envoyais à Fred. Il trouvait ça génial, il m’envoyait un story-board avec une mise en scène hors paire et ça ne s’arrêtait plus. C’était magique.

 

 

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Sadawe propose une expérience unique grâce au financement de l’album par des internautes (édinautes), comment se passe votre travail en parallèle de l’évolution de ce financement ? On imagine que vous ne démarrez pas le travail dès les premiers pourcents de financement ?


Thierry Lamy: Non, il faut être clair. On ne prendra pas le risque de travailler pour rien. C’est un vrai travail qui prend du temps.

 

 

 

Il existe un stress à suivre l’évolution du financement ?


Frédéric Vervisch: C’est vrai que, comme parfois il y en a qui retirent …

 

 

 

On peut retirer son financement ?


Frédéric Vervisch: Oui, on arrivait à 25.000…, 25.340…, 25.380 … et, d’un coup, t’es à …22.000 parce que t’en à un qui s’est barré. Et ça, ça fout les boules (rires).

 

 

 

Avez-vous des contacts avec vos édinautes ?


Thierry Lamy: Oui, notamment sur facebook. C’est assez étonnant.

 

 

 

Sur le site Sandawe on peut voir les montants investis, ça va de 8000 euros à 10 euros. C’est surprenant.


Frédéric Vervisch: On a pris parti de ne pas s’intéresser à ça sinon on commence à faire de plus belles dédicaces au mec qui a mis 500 euros. Il y en a qui ont mis 10 euros mais qui ont fait beaucoup de promo de l’album, qui avaient une vraie passion mais qui n’avaient que 10 euros. Mais il est vrai qu’un mec qui veut investir réellement dans la BD avec 8000 euros, pour nous c’est génial. Ça nous a permis de vraiment boucler le financement. Du coup, ça a boosté le financement et il y a eu une dernière ligne droite. On était tous sur facebook … « 97% !!!»... « 98% !!! »... On était comme des fous.

 

 

 

Qu’en est-il de Hell West 2 et 3 ?


Thierry Lamy: Le synopsis est bouclé mais pas le découpage. Je sais où va le récit. On commencera le travail quand on bouclera le financement.

 

 

 


vervisch,lamy,hell west,sandawe,western,fantastique,héroic fantasy,interviewVous avez d’autres projets ensembles ?


Frédéric Vervisch: On aimerait bien faire un polar.


Thierry Lamy: Notre problème, c’est qu’on n’a pas le temps mais l’envie est là. On a envie de travailler avec plein de gens mais ça reste une question de temps. Quand je vois les dessins de Fred, ça m’inspire. Quand il fait une femme fatale avec un flingue et de la fumée, il y a quelque chose qui se met en marche dans ma conscience. J’ai envie de mettre en scène  ce qui lui est arrivé, de savoir qui elle a tué. L’envie est bien là…surtout avec ce zigoto.


Frédéric Vervisch: Je suis surtout content d’avoir trouvé un scénariste avec qui je m’entends. Ça n’a pas toujours été le cas. Je ne suis pas quelqu’un de difficile mais j’attends qu’on me laisse respirer.


Thierry Lamy: Dans ma méthode de travail, j’écris et je fais mes propres dessins mais je ne les montre pas. J’essaie juste de voir s’il y a une solution et si ça va fonctionner, la densité des dialogues, le rythme, etc. Et ça me permet aussi de visualiser. Si c’est une scène de dialogues, je l’écris normalement. Si c’est une scène d’action, jela dessine. A la fin, je repasse à un découpage normal, je lui confie le truc…et il se démerde.

 

 

 

L’avenir de la BD passe t-il par internet, la BD numérique ?


Thierry Lamy: Personnellement, je pense qu’on va y venir automatiquement, je ne sais pas quand. On va vers une dématérialisation des supports.


Frédéric Vervisch: Je pense qu’il y a des pistes encore inexplorées, qu’on va découvrir dans les années qui arrivent des choses qu’on ne soupçonnait pas dansla BD, l’animation, les palettes, les I-pad. Ça va donner des trucs surprenants.


Thierry Lamy: Ça commence déjà d’ailleurs. Les problèmes dela BD numérique sont les mêmes que pour la musique et le cinéma. Quel modèle économique ? Est qu’on va vouloir un modèle gratuit ? Le téléchargement illégal, etc. Comment vont vivre les auteurs ?

 

 

 

On vit une période charnière ?


Thierry Lamy: Voilà, ça nous pend au nez. Sur les droits d’auteurs, on a environ 10% sur un bouquin. On peut dire que ça va. Sur une BD numérique qu’on vend 3 ou 4 euros… que veux-tu faire avec ça ? Il faut trouver un système qui rémunère les auteurs à leur juste valeur. C’est une grande question à se poser. Le problème, ce n’est pas tellement le numérique mais le modèle économique à suivre pour que tout le monde y trouve son compte, lecteur, éditeur et auteur.

 

 

 

Pour finir, une question plus légère. Clint Eastwood ou John Wayne ?


Frédéric Vervisch: Clint Easwood (rire).


Thierry Lamy: Clint Eastwood. Mais j’ai une tendresse pour John Wayne … un peu comme on aurait une tendresse pour un grand-père.


 Frédéric Vervisch: Dans Hell West, on est plus Clint Eastwood.

 

 

 

 

William

Hell West, tome 1, Frontier Force

couverture.jpgboard_243_orig.jpg1875, à l’ouest du Mississippi se trouvent des terres hostiles truffées de créatures fantastiques, d’esprits  et d’indiens shamans appelées le Hell West.

 

A l’est, les White States of America, qui rassemblent les blancs dans une sorte d’Amérique bis, veulent envahir l’ouest. Outburst, qui appartient aux Frontier Forces, en mission pour le Président Jefferson Davis, est chargé de retrouver un objet volé qui alimente les tensions entre les deux camps.


 

Le moins que l’on puisse dire c’est que la maison d’édition Sandawe tire dans tous les sens/ genres. Hell West sort des sentiers battus.

 

Hell West est un roman graphique qui ne ressemble à rien de connu. L’album se singularise par son scénario qui mélange les genres avec un talent rare. Il faut dire que l’histoire nous a montré que le western se fragilise rapidement dès qu’on le mêle à d’autres styles. Le scénariste, Thierry Lamy, réussit pourtant cette prouesse de l’association du western et du fantastique alors que de grands noms de la BD et du cinéma (le western reste avant tout un genre cinématographique) s’y sont cassé les dents (dernier en date : Cowboys et envahisseurs).  Alors, comment Thierry Lamy fait-il la différence ?   Hell West ne se limite pas à greffer du fantastique sur du western, le scénario fait également preuve d’humour et de second degré très habilement distillés tout au long des 112 pages de ce premier tome. Les dialogues, vifs et rafraîchissants, méritent à eux seuls le détour.

 

Hell West rassemble des personnages secondaires improbables. Buffalo Bill, Custer, Wild Bill Hickock et d’autres sont, en quelque sorte, les guest-stars de cet album.

 

Outre la claque scénaristique, il y a l’impact visuel ; le dessin de Frédéric Vervisch est un véritable électrochoc. Cette œuvre en noir et blanc utilise un clair/obscure tranchant, sans concession. Le trait fait, quant à lui, preuve de flexibilité ; il sait se montrer souple dans les moments plus légers et plus raide dans les instants tendus. Les qualités graphiques de Hell West sont indiscutables. Dessin et scénario sont au service l’un de l’autre dans une parfaite harmonie.

 

Sandawe est un éditeur 100% belge qui fonctionne par investissements participatifs. Les internautes deviennent éditeurs, ce sont des édinautes. Le projet Hell West a été financé à hauteur de 40190 euros (en parts de 10 euros).

 

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Le+ : Un projet fou, une claque scénaristique, un choc visuel… l’album que l’on n’attendait pas forcément. Des surprises comme celle-là, on en veut bien plus souvent.

 

Le- : Un tel album méritait un tirage avec de plus belles finitions et surtout un plus beau papier.


Infos en vrac

Série, tome 1/3

Parution : mars 2012

Prix : 13,50 euros

Dessin : Frédéric Vervisch

Scénario : Thierry Lamy

Editions : Sandawe

 


Marc, l'un des 260 édinautes de Hell West a accepté de répondre à trois questions.


Qu’est ce qui vous a poussé à investir dans le projet Hell West ?

J'étais séduit par le concept mais j'avais loupé le premier projet financé Il Pennelo. J'avais envie de voir de l'intérieur comment cela se passe, quels seront les résultats des ventes et des frais, etc. J'ai investi 20 euros sur ce projet car ce montant permet de recevoir un exemplaire de l'album. Je pense que ce n'est pas cher payé pour soutenir un projet. Compte tenu du prix de vente de l'album en librairie (13,50€), un investissement financier à plus long terme de 6.50€ n'est pas excessif, loin de là, pour participer à cette aventure. Par contre, je ne suis pas aussi sûr que des édinautes qui ont investi beaucoup plus revoient la totalité de leur investissement. Je me réjouis de voir dans 6 mois les premiers comptes financiers. Je me suis rabattu alors sur le projet Hell West qui était un des plus avancés et dont le graphisme me plaisait bien.


Que pensez-vous de l’album, maintenant que vous l’avez lu ?


Je l'ai lu!...J'ai d'abord été surpris par la dimension et le type d'album. Je voyais l'album plus grand et cartonné. Je n'ai pas du lire tous les renseignements techniques sur le livre. Je me rappelle aussi que
Sandawe avait abaissé le prix du projet en revoyant le budget à la baisse. Le produit a peut-être évolué. Il faudrait poser la question sur la genèse, le développement et le financement du projet à Sandawe. Mais après réflexion, je trouve l'album sympa et d'un prix abordable compte tenu du nombre de pages. Au niveau du graphisme, c'est à la hauteur de ce qui avait été proposé. Je ne suis pas déçu. Par contre pour le scénario, j'ai eu plus de mal. Le pitch de l'histoire laissait entrevoir quelque chose de déjanté, novateur et sortant de l'ordinaire. A la lecture, j'ai trouvé que cela partait dans tous les sens et à plusieurs niveaux de l'histoire. Par moment, j'ai du sérieusement m'accrocher. Mais je dois bien avouer que ce type de littérature n'est pas spécialement ma tasse de thé. Je m’attendais à une histoire un peu plus soft, moins débridée! Mais j'assume ce choix. Ici, il s'agit de soutenir un projet artistique. Je pense qu'il y a un public, plus jeune que moi, plus ouvert à ce genre de BD. Il faut toujours se souvenir que la présentation d'un projet est toujours réductrice et qu'on ne voit vraiment le résultat définitif qu'à la lecture, lorsque vous avez le livre en main. Un investissement a une part de risque, surtout quand il s'agit d'un projet culturel. Vous comprendrez aussi que la lecture numérique ne m'intéresse pas, je reste un adepte du livre physique.


Y a-t-il d’autres projets Sandawe qui vous attirent ?

A l'heure actuelle, j'ai investi 20 € sur le tome 2 de Maudit mardi de Nicolas Vadot. J'ai beaucoup aimé le tome 1 et c'était beaucoup plus facile pour moi d'investir en ayant lu ce premier tome. Je vais voir de temps en temps sur le site Sandawe pour y jeter un œil. J'espère que Hell West tome 2 sera vite financé car ce serait bête de laisser l'aventure pendante après le 1er tome...C'est probablement mon futur investissement.

 

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William 

 


13/03/2012

SHRIMP, tome 1, Le grand large

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Albert, la quarantaine, tient un petit resto dans la capitale belge. Sa spécialité, qui fait son succès auprès des clients, c’est la croquette à la crevette.


Il est secrètement amoureux de Mia, une cliente habituée des lieux. Un soir, en nettoyant son restaurant, il met la main sur un mystérieux billet de voyage et trouve par là l’occasion de suivre secrètement Mia à Las Palmas, du moins c’est ce que pense Albert, car l’aventure ne fait que commencer.

 


Un savoureux mélange de crevette, de Belgique, d’humour, de vaisseau spatial, de chinois et de Mao. Une nouvelle version du cocktail de crevettes !

 


Le pitch de Shrimp attire volontiers l’attention des bédéphiles que nous sommes par son originalité. Dargaud joue sur cet aspect et fait bien, car c’est là le point fort de cet album. La trame principale de cette œuvre My Major Company BD est assez surprenante ; on passe sans concession d’un cadre familier à un dépaysement total. Les scénaristes, Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust, ont sûrement fumé de la crevette périmée pour imaginer un tel délire plein de fraicheur et d’originalité. Néanmoins, une fois passée cette trame principale inédite, l’histoire souffre de quelques aspects décousus. Cela ne suffit pas à gâcher un plaisir bien réel à la lecture (trop rapide, 48 pages) de ce qu’on peut appeler une réussite. Maintenant, une petite phrase d’une banalité affligeante s’impose : « Il faut voir la suite ! ».   

 

« - Parce que en fait, moi je devais embarquer pour une petite semaine à la mer et…

 

- Hin hin hin. Le vrai voyage n’a pas de destination. De toute façon, Las Palmas est très surfait. Vous auriez été déçu.

 

-          Hein ? Quoi ? »

 

Extrait de Shrimp 1- Le grand large

 

 

Si le scénario fait preuve d’un certain cachet et d’une singularité indiscutable, le dessin apporte d’avantage d’humour que d’originalité. Le fait est que l’humour qui se dégage de Shrimp vient essentiellement du trait et du découpage du dessinateur Mathieu Burniat. Le dessin est vif, léger, tout en mouvement et souplesse mais ressemble un peu trop au dessin de Manu Larcenet. Toutefois, quand on aime ce dernier, on cède volontiers cette ressemblance.

 

Pour la petite histoire, Shrimp bénéficie du soutien du journal  le soir. En effet, il est publié à raison d’une planche par jour dans le cahier culture  du journal. Et ce fameux coup de pub a démarré avant même que l’album n’ai franchit les 10000 euros, objectif minimum à atteindre sur My Major Company BD pour être publié. Shrimp a fini sa course à 25000 euros, la limite maximum. 

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Le + : Shrimp est un beau cocktail d’originalité et de fraicheur. Ca fait du bien par où ça passe !

 

Le - : Une fois la trame principale percée à jour, le reste du scénario est un peu décousu. Les 48 pages font de cet album une expérience trop courte.

 

Infos en vrac

Série belgo-spatio-crevettière romantico-délirante.

Parution: mars 2012

48 pages

Prix : 11,99 euros

Dessin : Mathieu Burniat

Scénario : Matthieu Donck et Benjamin d’Aoust

Editeur : Dargaud, My Major Company BD

 

 

Monsieur William

02/03/2012

WALKING DEAD, tome 15, Deuil & espoir

walking_dead_15_deuil_espoir_couverture.JPGwalking_dead_15_deuil_espoir_planche01.JPGVoici un nouvel épisode pour les morts-vivants les plus célèbres de la bande dessinée.

 

A la fin de Walking dead tome 14, nous quittions la communauté en pleine boucherie improvisée car, pour rappel, une horde de mort-vivants a envahi ce « charmant » petit coin de paradis. Carl, le fils de Rick, a été touché par une balle perdue et se trouve entre la vie et la mort. C'est au bord de la crise de nerf que nous refermions cet album qui était un excellent retour aux fondamentaux du genre.

 

Le tome 15 reprend l’histoire là où nous l’avions laissée. Après l’effusion de sang qui vient de se dérouler dans l’enceinte de la communauté, l’heure est à le réorganisation. On réfléchit, on brûle les cadavres, on attend, on discute, on rediscute, Rick se lamente sur son sort, Carl est entre la vie et la mort, on se dispute encore, …et c’est tout. Bref, le lecteur s’ennuie furieusement dans ce numéro dont les grands absents sont les zombies.

 

Au bout de quinze albums ça devait bien finir par arriver; la série tourne en rond ! Nous voilà servis d’un tome mineur dans une des séries majeures de ces dernières années. Robert Kirkman, scénariste, nous a prouvé à plusieurs reprises, au cours de cette saga, qu’il excelle dans les rebondissements et qu’il sait nous prendre aux tripes (au sens propre comme au figuré). Mais pas cette fois, car rien d’original ne ressort de ce tome en mode automatique. Kirkman se repose sur ses acquis, et du coup c’est Charlie Adlard, dessinateur, qui ne trouve pas d’occasion de laisser exploser son talent comme il l’a fait si souvent dans les précédents épisodes. 

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Le + : Walking dead reste une des séries les plus réussies du moment.

 

Le - : Ce tome 15 manque sérieusement d’envergure, quelle déception !

 

 

Infos en vrac

Série

Tome 15

140 pages

Prix : 13,95 euros

Parution : février 2012

Dessin : Charlie Adlard

Scénario : Robert Kirkman

Editions : Delcourt


Monsieur William


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