05/10/2016

L'apache et la cocotte

L’Apache-et-la-cocotte.jpg x07.jpg,q1472629352.pagespeed.ic.x74KnYvUU4.jpgTome 1 sur 2 : ANGE

Scénariste : Stéphane Betbeder
Dessinateur : Hervé Duphot
Éditions : Glénat
Collection : Grafica
Genre : Romance, historique.
56 pages.
Sortie  le 14 septembre 2016


Avis de l'éditeur :

Destins croisés dans un Paris violent et agité

Début du XXe siècle. Ange, un adolescent auvergnat monté à Paris, rencontre un beau jour Cléo, une jeune prostituée qui est sous la protection d’un souteneur colérique et violent. Entre eux, le coup de foudre est immédiat. Mais le destin s’acharne à les séparer... Ange fera son trou auprès des petites frappes de la capitale, vivant de larcins en tout genre. Cléo gagnera les faveurs d’une courtisane de luxe jalouse et possessive. Il deviendra l’Apache ; elle, la Cocotte.

Stéphane Betbeder et Hervé Duphot signent un grand mélodrame à la fois social et romanesque. Suivez l’histoire de cet amour impossible dans un diptyque au cœur du Paris turbulent de la Belle époque.

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Mon avis :

C'est ici que les Romains s'empoignèrent. Ou plutôt : que les avis divergèrent car je ne suis pas aussi enthousiasmée que l'éditeur. Certes Stéphane Betbeder et Hervé Duphot nous dépeignent le côté sombre du Paris du début du XXe siècle avec ses rues pavées, boueuses, crasseuses, ... ces femmes de petite vertu racoleuses, aguichantes ; ces voyous prêts à tout pour un sou ou deux, pour se battre et s’entre-tuer... mais ça reste du déjà vu. Réchauffé.

C'est à se demander s'il ne s'agit pas là d'un challenge que les auteurs se seraient lancés en entamant cette série. Ont-ils voulu voir de leur propre plume si le marché de « la prostituée et du voyou au cœur tendre » fonctionnait encore ? Est-ce pour cela que l'histoire ne se déroule que sur deux tomes ? Et qu'est-ce donc que ces entractes en noir et blanc (dignes d'un film muet d'avant guerre) représentant une danse de cabaret avec une partition de chanson d'amour par-dessous ?

C'est indéniablement grâce à toutes ces questions, au fait que le titre me titille, que le jargon (fort heureusement expliqué en fin d'ouvrage) m'embrouille un peu que je me laisse embarquer dans cette aventure amoureuse des plus communes. Une lecture presque intéressante qui compense le dessin que je trouve à peine passable. Du crayonnage mis en couleur. Quoique le dessinateur a le mérite de réussir à nous transporter dans le tout Paris simplement en mettant en valeur des points géographiques tels que la Tour Eiffel, le quartier de Montmartre, la place de la Concorde, le bois de Boulogne, ... mais ça s'arrête à peu près là.

Seuls les gros plans rendent justice à son talent, comme si ce bon dessinateur ne se sentait pas impliqué outre mesure dans cet ouvrage qui, de toutes façons, s'arrêtera au bout de deux tomes. Les cases sont floues, les protagonistes abstraits – un style qui ne réussit qu'au peintre Claude Monet.

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Cela étant, comme je l'ai dit plus haut : dès qu'il y a des gros plans, c'est tout autre chose. Hervé Duphot parvient à donner vie aux pensées des personnages : colère, frustration, jalousie cachée, ... une chance qu'il y a une grande partie de cases dédiées à ces plans rapprochés. Pas assez toutefois pour ôter cette impression de « pas assez », de « peut mieux faire » car entre la banalité de la trame perçue dans ce premier tome et le crayonnage pas assez attractif à mon sens : il ne reste qu'à se demander si le tome 2 permettra un revirement de situation, tant pour la qualité de l’œuvre que pour l'amour impossible des deux protagonistes principaux.

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SHAYHLYN

16/09/2016

Joséphine Baker

41diStyPQsL__SX354_BO1,204,203,200_.jpg9782203088405_1.jpgScénariste   : José-Louis Bocquet

Dessinateur : Catel

Éditeur : Casterman

564 pages

Sortie prévue le 7 septembre 2016

Genre : Biographique

 

Avis de l'éditeur :

Joséphie Baker a 20 ans quand elle débarque à Pris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l'idole des Années Folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s'impose comme la première star noire à l'échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d'Alexandrie à Londres.

Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale. La preuve par l'exemple : au cours des années 1950, dans son château des Milandes, elle adopte douze orphelins d'origines différentes, la tribu arc-en-ciel. 

Mon avis :

3 juin 1906. Joséphine, née Freda Joséphine McDonald, voit le jour à Saint-Louis dans le Missouri, dans une famille d'artistes sans-le-sou. La danse est donc dans ses veines tout comme le besoin de se faire remarquer. Le besoin également de faire changer les choses, de quitter sa vie de misère dans ce quartier noir régi par un peuple blanc et raciste. Le besoin d'être considérée comme une femme du monde et non plus une négrillonne d'Amérique... Et c'est en France que tout va changer !

Jean-Louis Bocquet et Catel nous dépeignent la vie tonitruante de Joséphine Baker qui est devenue, en peu de temps, la première star internationale noire dans cet ouvrage monochrome, qui rend justice à la diva qui a crevé l'écran du premier cinéma muet et parlant. Le noir et blanc, incarne un hommage à sa peau d'ébène, à qui elle a donné son heure de gloire en étant notamment compatriote en temps de guerre. Joséphine, sur tous les fronts pour aider les alliés. Joséphine dans tous les camps pour réconforter les hommes blessés. Joséphine amante infatigable de la scène et des hommes, Mata Hari de la seconde guerre et porte-parole des droits civiques des afro-américains.

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Il fallait bien une bande dessinée de 460 pages (sans compter les bonus – chronologie et présentations de personnes célèbres ayant croisés sa route) pour retracer la vie trépidante de cette grande dame qui a fini sa vie dans son sommeil, fatiguée de tous ses combats dont le plus important : sa lutte contre le racisme en fondant sa famille dite « arc-en-ciel » avec des enfants venus de tous horizons.

C'est la première biographie que je lis sous la forme d'une bande dessinée et ce fut un régal. La technique de dessins et la couleur rappellent les dessins des années 50 à 60 où les noirs avaient ce style jazzy et de rythme & blues, élancés, expressifs, ... un dessin simple mais efficace, enfantin comme Joséphine quand elle fait des caprices de petites filles sans réaliser qu'elle dépense trop d'argent, sombre quand le racisme marque les pages, ou encore la guerre.

C'est un bon compromis pour ceux qui ne veulent pas voir la vie de la star à la TV, mais qui n'ont pas non  plus envie de lire une biographie entièrement écrite. Sans compter que la vie de Joséphine, entre ses amours, ses emmerdes et ses combats : ça vaut le détour !

 

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Shayhlyn