02/12/2015

What a wonderful world !

2678968760.jpgzep.jpgAuteur : Zep.

Editeur : Delcourt.

Sortie : 21 octobre 2015.

175 pages.

Genre : Humour.

 Résumé :

Après Happy Sex et Happy Parents, Zep nous livre une nouvelle salve d'humour décapant! Au fil d'un journal de bord quotidien (publié initialement sur le site lemonde.fr), il traite de sujets intimes ou universels comme «pourquoi je me suis rasé la barbe», «le djihadisme amateur» ou «la sexualité compliquée des super-héros». Sous l'acuité du regard zeppien, le monde est une scène... de comédie!


Mon avis :

Voici un rassemblement, un regroupement des dessins publiés par l'auteur de Titeuf sur son blog zepworld.blog.lemonde.fr (si vous voulez vous faire une idée de cette ouvrage, impossible de vous donner meilleur conseil que de cliquer sur ce lien). De la cour de récréation étant le théâtre d'un mélange de situations et de réflexions hilarantes, on passe à une vision de l'actualité hilarante à certaines heures, bien sûr, mais aussi tournée à l'ironie, l'illusion, l'imaginaire... et avec beaucoup de naïveté!

Donc, un livre à déconseiller aux journalistes mais surtout, aux sociologues et aux philosophes! Même si l'auteur a, comme tout le monde, le droit de rêver, ses opinions sur les événements actuels, aussi bien politiques que sociaux frôlent l'âge de l'enfance. S'en suivent des images à caractère pornographique. Ce qui fait que d'autres types de publics sont encore à avertir : les enfants (bien évidemment) ainsi que ceux et celles dont la conscience est loin d'être marquée au fer rouge.

C'est dommage parce que, dès les premières bulles, on éclate de rire. Ensuite, ça part dans tout les sens. Même si le talent de l'auteur suisse est toujours aussi palpable, il est souvent gâché. Malgré ça, en plus d'être l'anti-héro de ses planches, il a au moins le mérite d'y introduire - sans "souillure" - sa famille. Lorsqu'il est question de sa femme, on reconnait bien là l'épouse qui fait redescendre sur terre un mari dont l'imagination peut faire perdre toutes notions de réalisme. Quant à ses enfants, fiers de leurs absurdités (rire), ils nous sont très familiers.

Enfin, le dernier aspect de cet album qui ne m'a pas échappé, c'est la nostalgie du personnage. Cette volonté de retrouver des sensations du passé qui, inévitablement, finit par s'écrouler dans un humour ironique causé par le retour à la réalité. Nul doute que l'auteur ait tenté de nous faire rire et de nous émouvoir à la fois. Ce qui, pour ma part, n'est pas totalement réussi nonobstant le potentiel de Zep. 175 pages, c'est trop long pour ce genre de bd. Alors les meilleurs dessins de l'auteur? Je ne pense pas. Car ils peuvent égayer les coeurs ou les rendre froid.


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Mister Med.

26/10/2015

La dernière Targa Florio

targa florio.jpgPlancheA_255170.jpgDessinateur : Jean-Marc Krings.

Scénariste : Vincent Dugomier.

Editeur : Glénat.

Sortie : 2 septembre 2015.

48 pages.

Genre : Aventure.

 

Résumé :

 

En 1973, la Targa Florio, course automobile organisée en Sicile, vit ses dernières heures. Huit ans plus tôt Angelo et Rosalia avaient promis de se marier si leur idole, Nino Vaccarella, gagnait la Targa Florio. Enfin, jusqu'à ce que Rosalia ait une autre idée.

 

 

Mon avis :

 Compte tenu de mes origines siciliennes (de par ma mère), il était impensable pour moi de ne pas chroniquer cet album (même si j'ai été un peu déçu mais j'y reviendrai plus tard). Tout d'abord, un peu de culture. Pour ceux et celles qui ne le savent pas, qu'était cette Targa Florio? Eh bien, je m'en vais vous l'expliquer brièvement.

   

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Il s'agissait d'une course automobile crée au début du siècle passé par Vincenzo Florio, inconditionnel de cette discipline, dont le succès était mitigé. Elle se courrait sur un circuit long de 70 kilomètres et qui comprenait 6000 virages! Une boucle de folie, presque impossible à mémoriser (il aurait fallu des années, pour ça) et qui reflétait, en partie, le peuple sicilien. Le vainqueur avait droit à un trophée gravé par le grand maître verrier et bijoutier de l'époque :  René Lalique. De 1955 jusqu'en 1973, cette course a même pu s'inclure dans le calendrier officiel du Championnat du Monde, au même titre que les 24 h du Mans ou les 1 000 km de Monza! Seulement voilà, certaines routes non conformes, abîmées, déplorables voire dangereuses étaient empruntées. Sans oublier les accidents qui ont coûté la vie non seulement à des pilotes mais aussi, à des tifos! Ce qui a amené, en 1977, à clôturer cette course.

 

Maintenant, revenons-en à ma petite déception. Il est clair que l'auteur est bien renseigné, bien informé sur cette compétition qui a fait la fierté des siciliens pendant 3/4 de siècle. Il a d'ailleurs introduit des flashbacks sur des moments marquants qui portaient sur des épreuves bien précises. Néanmoins, l'intrigue, le suspens et les dialogues sont sans plus. C'est le genre d'histoire dont on devine facilement la fin.

 

Ce qui est également dommage, c'est qu'un lecteur d'origine sicilienne ne peut pas vraiment s'identifier aux personnages chez qui les traits de caractères ne sont pas tout à fait à l'image de la mentalité sicilienne. Par exemple, la représentation de la "Mamma" n'est pas celle attendue, même si c'est un détail. Vincent Dugomier aurait pu jouer là-dessus sans pour autant tomber dans une mauvaise caricature, ni dans l'exagération, ni dans la méchanceté. Peut-être craignait-il de se retrouver dans des clichés ou bien craignait-il les représailles de la Mafia (rire). Par contre, si l'on en croit la page 29, le lecteur pourra constater que l'auteur ne s'est pas gêné à propos de la Belgique (rire). Or, connaissant la nationalité du scénariste, ce n'est pas étonnant.

 

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Au sujet du dessin, c'est pas mal. Même si le dessinateur a opté pour le style "gros pif" et a eu du mal à bien faire vieillir ses personnages, la BD, de ce point de vue-là, n'est pas désagréable à feuilleter. Mais surtout, le point fort de celui-ci, c'est qu'il arrive à nous faire ressentir l'action et la vitesse des bolides avec brio. 

 

Pour terminer, j'ajouterai aussi que, malgré le fait que les dialogues mériteraient de faire une petite visite chez le garagiste, le scénario est quand même bien pensé, avec une pointe d'originalité et une romance qui donne un certain équilibre à ce one shot. Sinon, pour les amoureux d'automobile, ça reste un ouvrage intéressant à lire mais pour les amoureux de la Sicile, mieux vaut s'abstenir.

 

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Mister Med.

28/09/2015

Titeuf T14:Bienvenue en adolescence.

Couv_251217.jpgPlancheA_251217.jpgAuteur : Zep.

Editeur : Glénat.

Sortie : 27 août 2015.

48 pages.

Genre : Humour, jeunesse.

 

Résumé : 

 

La vie de Titeuf est bien bousculée! Lui qui avait, jusqu’ici, l’habitude de se prendre des baffes avec les filles doit maintenant choisir entre deux prétendantes : Nadia ou Ramatou. Une situation à s’arracher les cheveux! À moins que... Et s’il avait deux amoureuses à mi-temps, comme fait le papa de François avec ses deux emplois? Mais il n’y a que les gamins pour penser à ce genre de solutions. Il est temps de grandir un peu, de passer à l’étape supérieure... L’adolescence : ce moment bizarre où l’on commence à embrasser les filles sur la bouche. Il paraît même qu’on a le corps qui se transforme... Un peu comme Hulk, quoi! Sauf que devenir ado, ça ne se commande pas. Un beau jour, ça vous tombe dessus, comme ça, sur le coin de la mèche! Il doit quand même bien y avoir un moyen d’accélérer les choses, non? Il n’existe pas des pilules pour ça...? Le gamin le plus célèbre de la bande dessinée est de retour! Dans cette histoire longue, Titeuf traverse une succession de situations à la fois drôles et criantes de vérité sur les questionnements liés à l’enfance et au fait de grandir. Un nouvel album dans lequel s’expriment tout le talent de Zep et sa capacité à se renouveler tout en visant continuellement juste.

 

Mon avis :

À la lecture de ce tome, on se rend d'abord très vite compte que Titeuf est très loin de l'adolescence, physiquement mais surtout mentalement. Il a plutôt l'envie de provoquer l'arrivée de cette période dite "ingrate" et "bête", cette période que beaucoup auront connu, où l'on est "tiraillé" entre l'enfance et l'âge adulte, période pour qui elle représente soit les pires, soit les meilleures années d'une vie où bien les deux.

Zep aurait-il tenté de relever un défi osé qui est celui de faire grandir son personnage ou voulait-il nous bluffer? C'est au lecteur de le découvrir. En tout cas, l'auteur n'a rien perdu de son talent! Il arrive toujours à traiter n'importe quel sujet avec un humour très décalé, dédramatisant et mignon même s'il est pédant,"caca boudin" (bien souvent) et "cucul la praline", des fois. De plus, toujours sur le thème de l'humour, son problème de compréhension, la plupart du temps, par rapport à ce que disent ses camarades. Humour sympathique qui, évidemment, n'est adaptable que sur les planches.

 

Une autre question pourrait se poser : le titre de l'album est-il approprié? Ne fallait-il pas, de préférence, l'intituler "Adolescent?" et non "Bienvenue en adolescence"? Là encore, c'est au lecteur d'en faire la découverte afin qu'il puisse avoir sa propre idée. Ce qui montre bien la différence entre un personnage réel et un personnage fictif. Le personnage réel, étant obligé de passer par le stade de la vieillesse, doit vieillir avec son public, tant qu'il garde son style. Contrairement au personnage fictif qui lui ne peut nullement être touché par le temps qui passe. 

Il est vrai que, sa mèche de cheveux et sa puissante détermination à tout essayer pour conquérir Nadia étaient deux des plus grandes caractéristiques de cette série. Or, une autre demoiselle (Ramatou) était entrée dans sa vie, ce qui a finalement engendré de la jalousie de la part de Nadia à tel point que le héro en perd sa mèche (ceci explique cela) et se retrouve confronté à un problème qu'il s'efforcera de résoudre, hélas, de façon immature. Si bien que les deux filles qu'il porte dans son cœur lui conseilleront, on ne peut plus vivement, de grandir un peu et c'est à partir de ce moment que tout va commencer.

 

Dans cet ouvrage, on peut aussi constater l'amitié classique existant dans beaucoup d'histoires du même genre que lui témoignent ses fidèles camarades en se prenant pour des experts ou des exemples mais qui, malgré leur bonne volonté, ne sont vraiment pas des références et nous rappellent inévitablement ce dicton : les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Du coup, comme dans les précédents tomes, Titeuf n'échappera pas aux gaffes.

 

Néanmoins, si cette BD apporte une vision fascinante et à la fois inquiétante mais intrigante de l'adolescence, selon ce garçon de dix ans (boutons, poils qui poussent, voix qui mue, testostérone, etc.), elle parlera de telle et/ou telle autre manière à toute sorte d'individus, en incluant les maux et les clichés de l'adolescent moyen. Immanquablement, Zep a voulu, cette fois-ci, casser ses propres codes. Là est la particularité très intéressante de ce quatorzième opus.

Et honte à moi si j'oubliais de préciser que cette œuvre du IXème art, parmi une minorité, est aussi excellente tant à travers des bulles que sur l'écran. Sinon, ne vous attendez pas à ce que l'histoire de ce môme prenne un virage à 180° . Par contre, nous pouvons toujours jouir d'un nombre invraisemblable de gags attisés par cet écolier illustre, nous rendant hilares depuis des lustres dont la phrase fétiche : c'est pô juste.

 

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Mister Med. 

Écrit par Samba dans Mister Med | Commentaires (3) | Tags : titeuf, zep, glénat, humour, 082015, 810 |  Facebook | |

25/08/2015

Polish

Polish, James Morice, Paquet, 910, humour, Polish, James Morice, Paquet, 910, humour, Auteur : James Morice.

Editeur : Paquet.

Sortie : 8 juillet 2015.

48 pages.

Genre : Humour.

 

 

 

Résumé : 

Polish est un album sur les collectionneurs de vieilles voitures mais ce n’est pas une BD sur les mémoires d’un gigolo, pas du tout !... Vous faites fausse route ! C’est de passion automobile dont il s’agit ! Une sorte d’invitation dans l’univers d’une bande de nostalgiques qui redonnent, à grand renfort de sueur, de cœur et d’ humour, une deuxième jeunesse à leur petit bijoux. Et qu’ça brille !...

 

 

Mon avis :

 

On peut qualifier cet album de réussite ! Les férus de carrosserie se reconnaîtront à coup sûr dès la lecture de cette BD ainsi que les épouses et les enfants de ceux-ci, généralement (et malheureusement) mis de côté tellement cette passion peut-être dévorante. Ce qui laisse entrevoir un faux air de Confessions Intimes, l'émission qui cartonne (malgré elle) sur Tf1, lorsqu'elle traite de sujets comme le tuning, notamment. 

 

Pour continuer, James Morice nous offre, à travers ce one-shot, une série de planches riches en jeux de mots, en calembours accompagnés d'un zeste d'autodérision. Compte tenu du dessin, il n'est pas très subtile mais il n'empêche que, concernant les couleurs et les rondeurs, on est bien servi. 

 

Sinon, que dire de cet auteur qui gagne à être connu (ou au moins reconnu) d'autres que des fans de carrosserie ? Eh bien, pour commencer, James est né la veille de Noël en 1967 à Suresnes, en Hauts-de-Seine (Île-de-France). Sur le chemin de l'école, le passage devant la librairie du quartier est immanquable. On y trouvait la bande dessinée du moment ainsi que les célèbres miniatures automobiles, les Matchbox. Tout ça lui donne raison d'être assidu en classe et son amour pour le dessin se fait sentir. Un de ses plus gros passe-temps : recopier les personnages de Disney. Ensuite, il s'abonne au journal de Spirou et fait la découverte de Franquin qui, pour lui, dessine tout à merveille, y compris les voitures. Donc, quitte à copier, Adieu Mickey ! Adolescent, Jimmy met Gaston Lagaffe de côté pour faire place à d'autres centres d'intérêt comme, par exemple : les filles, les mobylettes, les magazines Chromes & Flammes et Nitro. Toutefois, ces choses n'empiètent pas trop sur son temps et lui permettent de poursuivre ses études afin de se diriger vers le Génie Civil qu'il finit par abandonner pour l'illustration en 1989. Un soir, le téléphone sonne alors qu'il bricole sur sa vieille Ford. Il s'agit de son copain Lesca, désireux de lui parler d'un certain Olivier Marin et de la Collection Calandre... 

 

Résultat : aujourd'hui, un ouvrage de qualité est disponible, incluant, d'une part, une série de gags autour des collectionneurs rénovateurs de véhicules anciens et, d'autre part, de nombreux modèles mythiques de l'industrie automobile aussi bien française qu'européenne. Bref, faites le plein, installez-vous, réglez votre siège, vos rétroviseurs, votre gps, attachez bien votre ceinture et mettez les gaz destination : humour! 

 

 

 

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Polish, James Morice, Paquet, 910, humour,

 

Mister Med.