11/08/2016

Le Petit Prince : Hommages - Collectif - Glénat.

le petit prince.jpgpetit prince 1.jpgAuteur : Collectif.
Éditeur : Glénat.
56 pages.
Sortie : 25 mai 2016.
Genre : Aventure.




Résumé :

Le Petit Prince est l'une des figures les plus marquantes de la littérature moderne. Son univers a inspiré des artistes du monde entier. Cet ouvrage vous propose de retrouver une compilation des plus beaux hommages d'auteurs de BD dont les planches incarnent les valeurs universelles de ce personnage éternel et soulignent, une fois de plus, le génie de son créateur.


Mon avis :

L'indémodable est de retour en bande dessinée sous forme d'hommages exprimés en treize histoires de quatre pages chacune. De Mæbius (Blueberry, L'Incal, Arzach) à Didier Convard (Les Héritiers du soleil, Souvenirs de Toussaint, Finkel) en passant par Olivier Supiot (Erzurum, Le Narval, Tatoo), tous ont mis la main à pâte. Certains nous offrant un dessin de haut niveau, d'autres pas mais se rattrapant grâce à un sens de l'imagination scénaristique car, et c'est un fait, il y en a pour tous les styles! Ça aura donc été la première fois pour moi de chroniquer et d'évaluer un album aussi spécial.

On pourrait se demander ce qu'en aurait pensé Antoine de Saint-Exupéry. Il aurait forcément été touché par ces patentes mais sans toutes les admirer davantage. Heureusement, à l'encontre de toutes déceptions de ce regroupement, il existe toujours le roman qui laissera libre cours à la songerie indéfiniment. Une chose qui est frappante : septante ans après l'œuvre originale et au-delà de ses plus de 155 millions d'exemplaires vendus à travers le monde sans compter le nombre de langues dans lesquelles elle a été traduite, ce bijoux de la littérature, quel que soit son format, nous émerveille encore de sa sagesse, sa poésie, sa philosophie, sa pureté... Mais surtout de son dépouillement et sa profondeur qui sont les qualités par excellence de ce conte.

J'aimerais boucler mon jugement en me référant à une chanteuse, même si je ne l'aime pas. Il s'agit de Mylène Farmer qui, inspirée par le best-seller, a fredonné "dessine-moi un mouton, mon ciel est vide sans imagination ; [...] redevenir l'enfant que nous étions ; [...] le monde est triste sans imagination".

le petit prince 2.jpg


a08-3e78906.gifGénéral 


Mister Med.

28/07/2016

À Cheval! T.2 : Qui s'y frotte, s'hippique!

a cheval.jpga cheval t1.jpgScénario : Laurent Dufreney.
Dessin : Miss Prickly.
Couleur : Magali Paillat.
Éditeur : Delcourt.
41 pages.
Sortie : 11 mai 2016.
Genre : Humour, jeunesse.

Résumé :

Bijou, Gossbo, Flash et les autres apprennent à connaître Bella, la nouvelle jument très maladroite avec qui l'expression "tomber amoureux" prend tout son sens! Sur ce joyeux bazar, Balou, l'imposant cheval de trait débarque avec ses gros sabots! Pas sûr que ce renfort réjouisse tout le monde.

Mon avis :

Après le tome 1 qui avait pour but de présenter la bande éruptive d'équidés, qui en auront fait baver aux écuyers dès la rentrée au centre équestre, voici que l'histoire et les relations entre les personnages prennent de l'ampleur dans ce tome 2. Pour cause : deux nouvelles recrues. Une qui a tout pour plaire (Bella) excepté qu'elle porte la poisse et l'autre (Balou), un gentil animal mais sans discrétion ni délicatesse. Comme s'il n'y avait pas déjà assez de personnages aussi branquignols, dans cette histoire (rire). Effectivement, on a le paniqué à outrance Xanax, le dégueulasse Kamboui, l'hyperactif Flash, l'aboulique Smoussi, le goulafre Cookie et j'en passe! Mine de rien, c'est le seul reproche que je puisse faire à cette série : la réplétion de personnalités. Ça mis de côté, le dessin est très beau, mettant bien en évidence, en relief les expressions des personnages. Sans parler des gags qui sont plutôt marrants et qui, sans qu'on ne l'observe directement, permettent une certaine succession entre eux. Paraît-il qu'un troisième volet est en cours alors qu'on est même pas aux 2/3 de l'année! Je vous laisse imaginer dans dix ans! À cette allure-là, ceux et celles qui auront concouru à cette album feront mieux (en nombre de parutions, en tout cas. Le nombre d'exemplaires reste à voir mais vu le carton croissant, il y a de quoi être optimiste vis-à-vis de cet opus prometteur) que les géniteurs des "Vélomaniacs". Il est irrécusable qu'avec un scénariste comme Laurent Dufreney (cliquez ici, et ), qui a collaboré avec de grands réalisateurs en faveur du cinéma comme Luc Besson sur "Arthur et les Minimoys" ou Oliver Stone sur "Alexandre" et une dessinatrice émérite comme Isabelle Mandrou alias Miss Prickly (cliquez donc), à qui on doit le dessin de la faramineuse série jeunesse "Mortelle Adelle" aux Éditions Tourbillon, excusez-moi du peu, on ne doit pas être surpris du décollage imminent de ce début de saga chevaleresque. Chers lecteurs, lectrices, expressément les plus jeunes, rendez-vous chez votre libraire. N'y aller ni au pas ni au trot, ni au galop mais au triple galop!

a cheval b.jpg

 


a08-3e78906.gifGénéral 

 

Mister Med.

 

25/07/2016

24 Heures du Mans - T.2 : 1968-1969 : Rien ne sert de courir...

24h du mans.jpg24 ha du mans d.jpgScénario : Youssef Daoudi.
Dessin : Christian Papazoglakis et Robert Paquet.
Couleur : Tanja Cinna.
Éditeur : Glénat.
48 pages.
Sortie : 8 juin 2016.
Genre : Historique, automobile.


Résumé :

En 1968, les événements de mai ont également des répercutions sur les compétitions sportives, le rendez-vous sarthois est ainsi repoussé au mois de septembre. Cette même année avec un règlement qui lui est plus favorable, Porsche est en tête du championnat du monde des constructeurs à la veille de la course, mais Ford, qui reste sur deux victoires au Mans sait que tout est encore possible! L'année 1969 voit encore Ford aligner ses vénérables GT40. Mais le géant américain se positionne clairement comme un outsider face à l'armada Porsche, sans compter que Jacky Ickx, son meilleur pilote, part bon dernier pour protester contre une procédure de départ qu'il estime trop dangereuse. Mais les 24 Heures du Mans nous offrent toujours leur lot de surprises et cette année-là en sera particulièrement riches!


Mon avis :

Attiré par le dessin depuis sa plus tendre enfance, Youssef Daoudi fait cependant d'abord carrière dans la publicité avant de décider de tenter de devenir auteur de bandes dessinées professionnel à l'âge de 34 ans. Comme quoi, il n'était pas trop tard. Une rencontre avec le scénariste Philippe Bonifay lui permet de réaliser son objectif : ils créent ensemble chez Casterman la "Trilogie noire", adaptation du cycle de romans du même nom de Léo Malet. Il signe ensuite "Mayday", un thriller sur une enquête sur les accidents aériens. Passionné d'automobile, il participe en 2012 à la collection "Plein gaz" de Glénat consacrée à ce thème avec l'album "Ring" et "Sebring 70". En 2014, avec Tripoli, il s'intéresse à l'épisode historique méconnu de la Guerre de Tripoli qui opposa les jeunes États-Unis aux États du Maghreb, au début du XIXe siècle. Ses compagnons Christian Papazoglakis et Robert Paquet, eux, se rencontrent au studio Graton où ils contribuent aux aventures de "Michel Vaillant", ils se sont affirmés en quelques albums comme des spécialistes du dessin automobile. Ce sont des habitués, eux aussi, de la collection "Plein Gaz" pour laquelle ils ont collaboré sur "Chapman", "Alpine", "Ayrton Senna" et, dernièrement, "Les 24 Heures du Mans".

Cette BD nous replonge à l'époque où, en 1968, le départ des voitures dans le style « Le Mans », bien que le plus spectaculaire puisque les pilotes se précipitaient en courant vers leurs voitures placées en épi sur le côté opposé, a été remis en cause à la suite de l'accident de Willy Mairesse, dû probablement à une portière mal fermée de sa Ford GT40. En effet, pour gagner du temps, les pilotes s'élançaient et rognaient sur les règles de sécurité, ce qui faisait que le premier pilote du relais n'attachait pas toujours son harnais. L'année suivante, pour marquer son opposition à ce type de départ, Jacky Ickx avait traversé la piste en marchant et s'était élancé en dernier. Ce récit nous raconte aussi quelles ont été les conséquences, lors de l'une des trois courses les plus prestigieuses au monde et qui avait battu son record de téléspectateur (400 000), de la tactique hors du commun mise en place par cet intrigant pilote Belge ayant eu des répercussions très positives mais à la fois tristement légitimes. Les personnages sont assez sérieux avec deux Jacky (le nom de famille de l'autre est Oliver, le fieffé pilote Britannique) que tout oppose sauf le sport automobile, platement. Les dialogues ne sont pas du tonnerre et le dessin est à la hauteur de l’événement. C'est juste que les personnages sont un petit peu trop inertes. Néanmoins, les voitures de cette période sont singulièrement bien reproduites, dignes d'électrisés de bolides. En s'intéressant à cet événement, prenons note que ce coup de crayon ne se frotte pas à la pole position.

24 h du mans.jpg

 


a07-3e78901.gifGénéral 


Mister Med.

22/07/2016

Pyraths

pyraths.jpgpyraths t1.jpgScénario : Katia Even.
Dessin : Licinia Tozzi.
Couleurs : Francesca Pesci.
Couleurs de la couverture : Christophe Lacroix.
Editeur : Sandawe.com.
48 pages.
Sortie : 4 mai 2016.
Genre : Humour, aventure.

Résumé :

Une carte aux trésors ne mène pas toujours à la fortune. En compagnie de ces marins totalement déjantés que sont les Pyraths, elle peut vous entraîner dans un voyage pour le moins hilarant où flibusterie rime avec conner... Euh, drôlerie.

Mon avis :

Les Pyraths vivaient dans la prospérité grâce à leur figure de proue qui constituait, pour eux, un générateur de richesse indispensable jusqu'à ce qu'elle arrive à usure. Depuis, au menu, c'est poulpe matin, midi et soir (bonjour l'indigestion). De plus, comme si ça ne suffisait pas, le temps d'une escale permettant de vendre tout l'or qu'il leur restait, voilà que la fameuse figure de proue est dérobée! Heureusement (ou pas), ils ont pu se procurer une carte aux trésors. Ce qui va les pousser à parer à l'abordage alors qu'ils n'en ont plus du tout l'habitude, alors qu'ils ont oublié le goût du courage et de la bravoure. C'est telle une bande d'incompétents qu'ils vont partir à l'aventure. Fatalement, ce sera tout sauf une partie de plaisir lorsqu'ils verront ce qui les attend mais ils tiendront bon, peut-être jusqu'au bout. Quand j'ai vu la couverture de cette album, je l'ai beaucoup sous-estimé. Mais, après l'avoir parcouru, j'ai été frappé par la galéjade, l'intensité, l'effervescence et la vigueur du dessin qui est presque bluffant avec des personnages assez loufoques et barjots! Seule une demoiselle sort un peu du lot. J'ai bien aimé, en outre, les clins d'œil un peu brodequins à des œuvres classiques comme "Pirate des Caraïbes" ou encore "la Petite sirène". Par contre, les points négatifs sont l'aspect classique de l'histoire, la lésinerie des lettres, dans les bulles, mêmes si l'écriture est en majuscule, caractères imprimés, et le "trop plein" de calembours et de jeux de mots, déjà qu'au détriment de l'histoire, l'humour "part en live". Ce one-shot m'a fait penser à "de Caps et de crocs" mais, bien sûr, avec moins de poésie et d'éloquence étant donné qu'ici, le langage est plus contemporain (donc, moins théâtral) et qu'on n'échappe pas non plus à quelques anachronismes. On se plaignait de l'inexistence de récompense féminine, à Angoulême. Néanmoins, ce concentré de planches en aurait bien mérité une, si le contexte l'avait permis. Car, effectivement, 90 % de cet opus a été réalisé par trois femmes. Une BD sympathoche, recommandable. Surtout pour les plus jeunes. Un bon travail accompli par un quatuor qui pourrait vous donner envie de virer à bâbord ou à tribord. Enfin, de mettre toutes voiles dehors.

pyraths e.jpg


a08-3e78906.gifGénéral 


Mister Med.