03/04/2017

Héraclès - La jeunesse du héros

Héraclès - La jeunesse du héros ; Glénat ; Clotilde Bruneau ; Didier Poli ; Annabel ; Luc Ferry : Mythologie grecqueHéraclès - La jeunesse du héros ; Glénat ; Clotilde Bruneau ; Didier Poli ; Annabel ; Luc Ferry : Mythologie grecqueScénario : Didier Poli / Clotilde Bruneau
Dessin : Annabel
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 08 mars 2017 
Genre : Mythologie Grecque, Aventures

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Héraclès - La jeunesse du héros ; Glénat ; Clotilde Bruneau ; Didier Poli ; Annabel ; Luc Ferry : Mythologie grecqueMont Olympe. S’il veut pouvoir garantir la paix entre les hommes, Zeus doit envoyer un représentant sur Terre. Mais qui pourrait être à la hauteur ? Sur les bons conseils d’Hermès, le roi des dieux décide d’engendrer un fils avec une mortelle : un demi-dieu, voilà le candidat idéal pour s’acquitter de cette tâche ! L’heureuse élue sera Alcmène, reine de Thèbes et descendante de Persée. Zeus profitera de l’absence de son mari parti à la guerre pour s’unir à elle. Leur fils, Héraclès, deviendra le guerrier ultime, à même d’accomplir les plus grands exploits. Il aura la force et le courage d’un lion. Mais Zeus ignore que l’ombre de la jalousie d’Héra, son épouse, plane sur le destin de ce fils providentiel…

Découvrez la genèse du plus grand héros de la mythologie grecque dans une passionnante trilogie où action, aventure et querelles divines sont rendez-vous. Dès le deuxième tome, Héraclès entamera ses fameux 12 travaux...

 

Mon avis

Ça commence plutôt bien cette trilogie ! Oui, le premier tome des aventures du mythique Héraclès est clairement né sous de bons auspices… Le sujet : un héros de la Mythologie grecque… que dis-je ? Le plus grand héros de la Mythologie grecque, est déjà une promesse à lui tout seul. Encore faut-il bien le traiter.

Héraclès - La jeunesse du héros ; Glénat ; Clotilde Bruneau ; Didier Poli ; Annabel ; Luc Ferry : Mythologie grecqueEn même temps, comme on le comprend rapidement en feuilletant les premières pages, il vaut mieux éviter de maltraiter Héraclès… Manifestement, c’est ce qu’ont dû se dire les auteurs de cette BD.

D’abord, le dessin. La couverture, très soignée, claque vraiment. On regrettera cependant que l’Héraclès de la couverture (terrassant le lion) ne ressemble en rien à celui qui, à l’intérieur du livre, terrasse ce même lion. C’est un peu bizarre, mais bon… Quoi qu’il en soit, le dessin est agréable et les couleurs sont plutôt bien travaillées.

L’histoire, quant à elle, est également bien équilibrée. Les événements marquants de la jeunesse d’Héraclès sont à la fois bien présents et assez développés pour être intéressants, tout en étant assez synthétiques pour éviter de nous embarquer dans les profondeurs de la Mythologie Grecque, aussi extraordinaire et captivante fut-elle.

Ces deux éléments (beau dessin et histoire bien ficelée) concourent à rendre la lecture de cette BD des plus agréables. Du très bon travail donc. Je vais dès maintenant guetter la sortie du tome 2.

En attendant, pour approfondir sur le thème d’Hercule, après le récit, le directeur de la collection La Sagesse des Mythes, Luc Ferry, nous régale de quelques pages où se mêlent des illustrations aux origines variées et une analyse poussée du personnage d’Héraclès et de sa terrible dualité. Tout un programme !

 

 

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Héraclès - La jeunesse du héros ; Glénat ; Clotilde Bruneau ; Didier Poli ; Annabel ; Luc Ferry : Mythologie grecque

 

Héraclès - La jeunesse du héros ; Glénat ; Clotilde Bruneau ; Didier Poli ; Annabel ; Luc Ferry : Mythologie grecque

 

Héraclès - La jeunesse du héros ; Glénat ; Clotilde Bruneau ; Didier Poli ; Annabel ; Luc Ferry : Mythologie grecque

 

 Odradek

 

 

 

 

 

 

 


 

30/03/2017

Nam-Bok

nam bok,grand nord,pirogue,civilisation,voyage,retour,vie sauvage,tribusnam bok,grand nord,pirogue,civilisation,voyage,retour,vie sauvage,tribusScénario : Thierry Martin (adapté d'une nouvelle de Jack London)
Dessin : Thierry Martin
Éditeur : Futuropolis 
104 pages
Date de sortie : 06/04/2017
Genre : Conte philosophique 

 

 

Présentation de l'éditeur


nam bok,grand nord,pirogue,civilisation,voyage,retour,vie sauvage, tribus, progrès, Thierry MartinNam-bok vit dans le Grand Nord, dans une tribu totalement isolée. Un jour, partant à la chasse au phoque dans sa bidarka - son canoë -, il se perd dans l'immensité de l'océan. Des mois, des années plus tard, il réapparaît, au grand étonnement des siens qui le croyaient mort. Il se met à raconter ce qu'il a vécu et découvert au cours de son voyage : les "grands canoës énormes" qu'on appelle "goélettes", et qui peuvent aller "contre le vent", ou les vapeurs qui sont en fer mais ne coulent pas. Il raconte comment, emporté par une lame jusqu'à un rivage, il fut recueilli par une famille qui le nourrit et lui donna ce qu'on appelle de l'argent. Il raconte encore comment il a été conduit, à travers tout le pays, par un monstre de fer, nourri avec des pierres et de l'eau et crachant du feu. Il raconte enfin comment il est arrivé à un village, "le plus grand de tous", où "les toits des maisons montaient jusqu'aux étoiles"... Le retour de Nam-bok pourrait-il bien annoncer l'arrivée du progrès, un progrès aux effets pervers ? Quoi qu'il en soit, les membres de sa tribu ne croient en rien ce que raconte Nam-bok, et finiront par le rejeter.

  

 

Mon avis

 

J’étais bien embêté quand j’ai dû remplir la ligne « Genre » un peu plus haut. Mais je crois que, finalement, conte philosophique s’applique pas mal. En effet, l’histoire de Nam-Bok, ce pêcheur membre d’une tribu isolée d'un Grand Nord qui pourrait être canadien, groenlandais ou russe, que l’on croyait mort et qui revient après des années d’absence, est bien de celles qui nous donnent à réfléchir. En effet, si sa volonté de transmettre un récit détaillé de ses aventures et de toutes ces choses inouïes qu’il a vues a, semble-t-il, pour but louable d’ouvrir l’esprit des autres membres de sa tribu, on ne peut s’empêcher de craindre les effets potentiellement pervers d’une éventuelle « arrivée » d’une forme de progrès technique et/ou technologique en ces terres reculées et préservées.

 

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D’un autre côté, qui sommes-nous pour juger de ce qui est bon pour certains peuples ou certaines peuplades et ce qui ne l’est pas ? D’autant que les raisons pour lesquelles les membres de la tribu finissent par rejeter Nam-Bok ne sont pas uniquement liées à la crainte des équilibres rompus. C’est avant tout l’ignorance et la peur de l’inconnu qui poussent ses habitants à refuser d’admettre une réalité non conforme à leur vision d’un monde étriqué.

 

« Les choses reprennent leur équilibre et tout est conforme à la loi »

 

Alors, qui a raison ? Nam-Bok et son envie d’accession au progrès pour les membres de son village natal ? Ou bien le conseil du village qui choisit de l’expulser afin que « Les choses reprennent leur équilibre et tout [soit] conforme à la loi » ? En tout cas, c’est bien là une question philosophique.

 

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nam bok,grand nord,pirogue,civilisation,voyage,retour,vie sauvage, tribus, progrès, Thierry MartinQuant à la dimension conte, Thierry Martin nous la fait vivre à travers ses dessins aux lignes et couleurs épurées, aux aplats profonds, dans une ambiance de huis-clos (on est sur une île, dans un tout petit village). On notera d’ailleurs que le dessin semble s’effacer, en quelque sorte, pour toutes les parties de dialogue entre les villageois et Nam-Bok, un peu comme si l’auteur nous incitait à nous concentrer sur la problématique de cette opposition entre son personnage principal et les membres de la tribu. En revanche, les cases et pages illustrant la confrontation de Nam-Bok avec « Le monde moderne » sont plus détaillées, plus grandioses. Elles traduisent ainsi l’extraordinaire impression qu’elles ont dû laisser sur le jeune pêcheur.

 

 

 

 

Le résultat, c'est une BD agréable qui se lit assez vite (malgré les 104 pages) tout en imprégnant le lecteur des problématiques liées au progrès, à la civilisation et au partage du savoir.

  

 

 

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 Odradek

 

 

 

 

 


 

06/03/2017

Au revoir là-haut

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtAu revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtScénario : Pierre Lemaître
Dessin : Christian De Metter
Éditeur : Rue de Sèvres 
176 pages
Date de sortie : 07 octobre 2015  
Genre : Fiction, Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt1919. Au sortir de la guerre, la société française peine à ménager une place aux anciens poilus devenus encombrants, et les trafics les moins glorieux vont bon train. Albert Maillard, modeste comptable qui a sauvé la vie d’Édouard Péricourt, jeune fils de bonne famille, juste avant la fin des combats, tente de les faire vivre de retour à Paris. Édouard, défiguré, refuse de reprendre contact avec les siens et imagine une gigantesque arnaque à la nation pour tenter de se projeter dans une vie nouvelle, ailleurs.

 

  

 

Mon avis

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtLes gueules cassées de la première Guerre Mondiale, ce n’est pas un sujet facile. Mais bon, quand le dessinateur est un artiste de la trempe de Christian De Metter ça passe déjà beaucoup mieux. Quand, en plus, on parle de l’adaptation d’un roman pluri-primé (Goncourt 2013, entre autres) de Pierre Lemaître, alors, tout de suite, ça devient plus abordable. Et, dans le cas de cette bande dessinée, on peut le dire sans ambages, c’est une vraie réussite.

Le dessin est en effet magnifique. Des couleurs aux textures, des traits et expressions des personnages aux ambiances froides ou chaudes, on ne peut qu’admirer l’attention manifeste portée par l’auteur à chacune de ses cases. On sent vraiment que De Metter y a mis son maximum pour les rendre graphiquement impeccables et, en même temps, les intégrer parfaitement à son récit. Et d’ailleurs, preuve que le dessin se suffit à lui-même de par sa qualité exceptionnelle, une majorité de cases ne contient pas de phylactères, ce qui allège et fluidifie la lecture de la BD. 

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix GoncourtL’histoire, tout comme le dessin qu’elle a précédé, est également très belle. S’il l’on y trouve un méchant cumulard (je veux dire qu’il cumule grave les tares !), les héros ne sont pas spécialement des gentils. Albert et Edouard sont juste deux types comme il y en eu des millions à travers l’Europe et le monde, embarqués par la folie des hommes dans une boucherie sans nom et aux conséquences indescriptibles. Ils ne sont pas morts. Ils ont survécu. Est-ce mieux ? Quand on voit la souffrance et la gueule d’Edouard, il y a de quoi en douter… Toujours est-il qu’ils doivent faire avec dans un monde qui trouve plus confortable (et plus économique) d’honorer ceux qui sont tombés que ceux qui se sont relevés. Et tant pis pour ces derniers…

En bref, un gros coup de cœur pour cette excellente BD que je vous recommande les yeux fermés !   

 

 

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

 

 

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Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

 

Au revoir là-haut, Christian De Metter, Pierre Lemaître, 1ère guerre Mondiale, Gueules Cassées, Histoire, Prix Goncourt

 

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Et voici un petit montage vidéo de quelques cases/pages de Au revoir la-haut ! sur une musique de Pierre Lambotin.


 

 

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03/03/2017

La machine à explorer le temps


La machine à explorer le temps, Dobbs, Mathieu Moreau, science-fiction, voyage temporel, voyage dans le temps, londresLa machine à explorer le temps, Dobbs, Mathieu Moreau, science-fiction, voyage temporel, voyage dans le temps, londresScénario : Dobbs

Dessin : Mathieu Moreau
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 11 janvier 2017  
Genre : Science-fiction 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

Prêts pour un voyage dans la 4e dimension ?

 

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Londres, fin du XIXe siècle. Un groupe d’amis écoute les aventures de celui qui prétend être le premier voyageur du temps. Son récit débute en l’an 802 701. La Terre est alors habitée par les Éloïs, descendants des hommes vivant en harmonie, passant leur temps à jouer et à manger des fruits dans un immense jardin d’Eden. Mais derrière ce paradis se cache un terrible secret... Car une autre espèce vit dans les profondeurs de la Terre : les Morlocks, sortes de singes blancs aux yeux rouges ne supportant plus la lumière du jour à force de vivre dans l’obscurité. La nuit, ils remontent à la surface pour kidnapper et se nourrir des Eloïs...

Mille fois imité, jamais égalé, La Machine à explorer le temps est le premier roman à évoquer la notion de voyage temporel. Il forme également une métaphore fascinante et une critique acerbe des inégalités sociales qui gangrenaient l’Angleterre victorienne, à redécouvrir dans cette adaptation en BD.

 

 

Mon avis

 

la machine à explorer le temps,dobbs,mathieu moreau,science-fiction,voyage temporel,voyage dans le temps,londres« Mille fois imité, jamais égalé ». Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la maison d’édition… C’est également mon sentiment à la lecture de cette (néanmoins) très belle BD. Il faut dire que Glénat semble avoir mis le paquet sur cette collection. De jolis vernis sélectifs sur une couverture toilée (ou en similicuir, on ne sait pas trop, mais ça fait très classe !) et un dessin de grande qualité agrémentent cet ouvrage. Oui, vraiment, le dessin de Mathieu Moreau est particulièrement adapté. La couleur, les textures, les expressions des personnages et ses cadrages cinématographiques font merveilles. Un régal pour les yeux.

En revanche, côté scénario, je suis un peu déçu. Certes, la BD suit globalement et assez fidèlement la trame du roman de Wells en y abordant les problématiques chères à l’auteur, mais ça va trop vite. Disons qu’à la lecture de cette adaptation, on n’a pas le temps de sentir venir les choses que, déjà, elles nous sont expliquées par la voix off du narrateur/personnage central. C’est vraiment ennuyeux car cela empêche une vraie et profonde compréhension des enjeux. C’est là le principal reproche que l’on puisse faire à cette BD. Et c’est d’autant plus dommage qu’une série en trois ou quatre tomes aurait peut-être pu permettre de justement développer ces problématiques et aider ainsi le lecteur à se les approprier. Mais bon, peut-être les auteurs n’ont-ils pas eu cette possibilité.

 

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Ceci dit, cela reste une façon agréable (surtout pour les yeux) de découvrir cette œuvre majeure d’Herbert Georges Wells.

 

 

  

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Et si vous êtes prêts à prendre votre temps (1H) pour bien vous imprégner de The Time Machine et de ce que son auteur y à développé, voici une conférence très intéressante et éclairante sur le sujet.


 

 Odradek