01/02/2017

Les chiens de Pripyat

tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,ursstchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urssScénario : Aurélien Ducoudray
Dessin : Christophe Alliel
Éditeur : Bamboo
56 pages
Date de sortie : 11/01/2017
Genre : Fantastique, Historique

  

 

 

Résumé de l'éditeur

À Tchernobyl, des cœurs battent encore…

26 avril 1986 : une série d’explosions ravage la centrale nucléaire de Tchernobyl, contaminant tout dans un rayon de plus de 200 km. Après l’évacuation des plus proches villages, des groupes de chasseurs sont formés avec pour mission d’abattre les animaux touchés par les radiations et qui vivent en liberté dans des villages fantômes. Pour trente roubles par animal tué, une brigade accepte de pénétrer dans la zone. Là, ils croiseront le destin de personnages extraordinaires. Des âmes perdues, abandonnées dans la lande irradiée.

 

Mon avis



tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urss,les chiens de pripyatLa couverture est jolie. J’aime le dessin réaliste, précis, lumineux et parfois même chaleureux en dépit du sujet, du lieu, de la saison et du traitement (a priori) numérique de la couleur. Une belle prouesse de ce côté-là. Christophe Alliel imprime son style (assez "Grand Angle" d'ailleurs) à ses personnages, notamment à Kolya, dont le gabarit enfantin (petit corps et grosse tête malgré ses 16 ans…) le rend à la fois attendrissant et fragile, entraînant une empathie et un intérêt pour les aventures qui ne vont pas manquer de lui arriver.

 

 

tchernobyl,nucléaire,catastrophe,ville,fantôme,ducoudray,alliel,grand angle,ukraine,1986,urss,les chiens de pripyatOr… Or, il ne lui arrive pas grand-chose dans ce premier tome. Le scénario, qui part d’une situation intéressante puisque ces « battues » d’extermination de chiens radioactifs ont réellement existé, le scénario, donc, me paraît un peu léger. En fait, il se passe finalement peu de choses dans ce premier tome. Le groupe de chasseurs se rend à Pripyat, ses membres (excepté Kolya) tuent des chiens, ils font 2 mauvaises rencontres qu’ils négocient bien mais on sent tout de même que la ville n’est pas si abandonnée que cela et, finalement, Kolya entre en contact avec… un cliffhanger… Bref, à défaut d'un réel Tome 1, on a plus l’impression qu’il s’agit d’une mise en place, d’une introduction en quelque sorte, pour amener ce qui va se passer ensuite, dans le Tome 2… Malheureusement, il n’y a que deux tomes. Et, au vu de la faible densité scénaristique du premier, il y a de quoi être quelque peu inquiet quant au deuxième… Mais n’extrapolons pas... D'ailleurs, j’espère vraiment me tromper... Au moins autant qu'un certain Anatoli Alexandrov, académicien russe, qui est entré dans l'Histoire avec cette inoubliable citation prophétique :

 

 "Nos centrales nucléaires ne présentent aucun risque. On pourrait les construire même sur la Place Rouge. Elles sont plus sûres que nos samovars."

  

  Odradek 

 

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Et pour prolonger la visite :    

 
                         

27/12/2016

Pereira prétend

pereira prétend.jpgPereirapretend.jpgDessin : Pierre-Henry Gomont
Scénario : Pierre-Henry Gomont / Antonio Tabucchi
Éditeur : Sarbacane
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

Pereira prétend que les choses se sont passées ainsi… Trois brutes se faisant passer pour des policiers l’ont brutalisé dans le but de savoir où se cachait le jeune homme. Puis, ayant fouillé la maison, deux d’entre eux ont trouvé le jeune homme, l’ont violemment frappé et ont fini par l’étouffer.


Pereira prétend qu’il n’a pas mérité ça et qu’il faut que ça se sache.

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Mon avis :

gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerPierre-Henry Gomont adapte ici un roman de l’auteur italien Antonio Tabucchi qui se déroule à la fin des années trente, dans un Portugal vivant depuis 6 ans sous la dictature de Salazar alors que l’Espagne voisine tente encore d’échapper à son inéluctable et néfaste destinée franquiste. Mais que vous soyez intéressés par cette période ou pas, l’essentiel est ailleurs. Lors d’une séance de dédicaces, PHG m’expliquait que c’était avant tout le personnage central du roman qui l’avait fasciné, plus que le cadre historique. « Pareil », lui réponds-je aujourd’hui, après l’avoir lu…


Il faut dire que Pereira est un cas intéressant. Journaliste passionné de littérature française traduisant des œuvres classiques pour un hebdomadaire catholique, c’est un homme sans histoire. Bien sûr, il déprime depuis que sa femme est morte quelques années plus tôt. D’ailleurs, sa déprime se traduit en kilos en trop : l’homme est obèse. À part cela, c’est un monsieur ordinaire. Mais, être un homme ordinaire sous une dictature, est-ce si ordinaire ?

 


gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerEn tout cas, les choses commencent à changer quand il rencontre et recrute un jeune étudiant aux idées subversives pour écrire des chroniques mortuaires anticipées. Nous assistons alors à la métamorphose de Pereira. Peu à peu, notre homme ordinaire va ouvrir les yeux sur le régime Salazariste, sur la répression, la censure, la surveillance de tout un chacun par tout le monde (notamment la concierge de son lieu de travail) et la dictature en général.


Cette lente mais inexorable prise de conscience transforme Pereira au point de changer radicalement sa vie. Et c’est bien là l’essentiel de cette histoire empreinte d’un optimisme profond. Un homme que rien n’y prédisposait, est finalement capable de s’extraire de son confort petit bourgeois par solidarité, par humanité et par souci de justice. C’est beau et émouvant. Et, contrairement à ce que Pereira pense de lui-même en raison de son obésité, il est une belle personne.

 


J’allais presque oublier de vous parler du dessin. Très coloré et avec une tendance un peu « croquis » le dessin de PHG est remarquable notamment au niveau des expressions. Que ce soit celles des visages ou des corps, Pierre-Henry Gomont possède un don manifeste pour capturer et reproduire les attitudes et mimiques de ses personnages ; le tout, en quelques traits et quelques couleurs. Les décors ont été croqués sur place, à Lisbonne, et le cahier graphique à la fin du livre confirme, si besoin était, le talent de l’auteur.

 

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En bref, une excellente BD à lire ou à offrir, sans hésiter.

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gomont,tabucchi,pereira prétend,sarbacane,thrillerScénario


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Odradek.

21/12/2016

Le guide du moutard

le guide du moutard.jpgle guide du moutard planche.jpgDessin : Jul
Scénario : Jul
Editeur : Glénat
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

La compagne de Jul est enceinte en plein pendant une campagne présidentielle (celle de 2007). Le dessinateur de presse (L’Huma, Le Point, Charlie Hebdo, Marianne, etc.) empoigne ses plus beaux crayons afin de nous faire vivre avec lui ce moment unique dans une vie de couple… Dans une vie tout court !

 

Mon avis :

Les journaux de bord par des dessinateurs de BD sont à la mode (Carnet de santé foireuse, de Pozla, La lune est blanche, d’Emmanuel Lepage), Jul est un auteur de BD à la mode DONC Glénat ressort Le guide du moutard. Ce syllogisme un peu bancal justifie-t-il la réédition de cette BD de 2007 ? Je n’en suis pas certain.


Attendez, je n’ai rien contre Jul, bien au contraire. J’aime son humour, ses jeux de mots surtout, mais son guide du moutard me laisse un peu sur ma faim. Bien sûr, quelques perles et autres drôlissimes trouvailles se sont glissées à l’intérieur de cet ouvrage, mais le tout est un peu trop inégal et ne parvient pas vraiment à décoller. On se surprend au fil du livre à regarder combien de pages il reste… Ce n’est jamais très bon signe.


Après, vous avez sans doute des amis qui vont avoir ou qui viennent d’avoir un enfant, et qui apprécieront peut-être de retrouver, en lisant ce « guide », des situations familières et souvent cocasses.

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a06-3e788fc.gifDessin 


a04-3e788e4.gif Scénario 


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Odradek.

30/11/2016

Le Signe de la Lune

signe de la lune.jpgSigneDeLaLune_PL.jpgDessin : José-Luis Munuera
Scénario : Enrique Bonet
Éditeur : Dargaud
Sortie : 2009

 

 

 

 

Résumé :

bonet,munuera,le signe de la lune,dargaudIl était une fois, il y a (plus ou moins) longtemps, dans un village espagnol, une petite fille du nom d’Artémis. Elle n’avait d’yeux que pour son petit frère et la Lune. Il y avait bien Rufo, insupportable chef de bande violent, et Brindille, le rêveur solitaire, pour tenter de la détourner de l’astre sélène et gagner son amitié, voire plus, mais rien n’y faisait… jusqu’au jour, ou plutôt, jusqu’à la nuit du drame…

 

Mon avis :

Lorsque José-Luis Munuera m’a gentiment dédicacé son album Le Signe de la Lune au Salon International de la BD de Liège en septembre dernier, il m’a confié qu’il était très content de cet ouvrage, et, franchement, on peut le comprendre.


bonet,munuera,le signe de la lune,dargaudBonet et lui signent à eux deux un superbe conte fantastique, à la fois sombre et lumineux. Sombre par le sujet : la perte d’un être très cher et le sentiment de culpabilité qui ronge, et lumineux par le dessin de Munuera. Un trait nerveux, aux accents manga pour les personnages, les attitudes, le mouvement et les expressions, et des décors sublimes, tout en nuances de gris, teintés d’une brume omniprésente (la forêt et la nuit sont au cœur de l’histoire) qui ne manqueront pas de faire penser à Loisel. Sublimes, je vous dis !

 

 

 


Le scénario ne déçoit pas non plus. Le récit se divise en deux parties. La première se déroule dans l’enfance et la deuxième, à l’âge adulte. Les répercussions de l’une sur l’autre sont au centre du récit et accompagnent le lecteur tout au long de la narration. Enfin, même s’il s’agit bien d’un conte, et peut-être parce qu’il s’agit bien d’un conte, une critique sociale apparaît en toile de fond. Rufo est devenu le Seigneur d’Aldéa, protecteur et bienfaiteur de ses habitants. En vérité, c’est une espèce de tyran dont se passerait bien le village.

 

bonet,munuera,le signe de la lune,dargaud


Quant à la lune, les rivalités amoureuses et le drame d’Artémis, je vous encourage vivement à les découvrir au fil de ces 135 superbes pages.

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05-3e731b2.gifScénario 


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Odradek.