19/11/2016

MAGRITTE, Ceci n’est pas une biographie

 

magritte, ceci n'est pas une biographie.jpgmagritte.jpgDessin : Thomas Campi

Scénario : Vincent Zabus

Éditeur : Le Lombard

Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé



campi,zabus,le lombard,magritte ceci n'est pas une biographie,magritteC’est une bien étrange histoire qui arrive à Charles Singullier (avec deux « L », comme les colombes de Magritte…). En effet, il vient d’acheter un chapeau melon qui reste vissé sur sa tête. Apparemment, c’est celui de René Magritte. S’il veut pouvoir l’enlever, il devra percer les mystères du peintre…

 

Mon avis

Tout comme au cinéma, en ce moment, la mode est à la biographie de (plus ou moins) grands personnages. Les auteurs de cette BD s’attaquent cependant à un peintre dont l’œuvre, jouant sur les mystères de l’image et de ses représentations, a donné lieu à d’innombrables analyses, commentaires et autres explications. Il s’agit donc d’un défi de taille qu’ils relèvent de fort belle manière.

 

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D’abord, puisque l’image est primordiale dans Magritte : le dessin. La jolie couverture nous plonge immédiatement dans le monde du peintre belge à coup de petits clins d’œil : Il y a là le personnage au melon, les nuages (inimitables) sur ciel bleu ainsi qu’un personnage derrière un rideau. Le titre même de l’ouvrage : « Ceci n’est pas une biographie » emprunte la célébrissime formule au tableau « La trahison des images ». Bref, question références, on va être servi.

campi,zabus,le lombard,magritte ceci n'est pas une biographie,magritteLe style graphique utilisé (à dessein, je suppose) par Thomas Campi, très « peinture », nous entraîne facilement dans l’univers surréaliste de Magritte et cela devient presque un jeu d’essayer de repérer les détails renvoyant son oeuvre et qui parsèment le récit.

Le récit, tiens, parlons-en ! L’intrigue, assez simple, relève du genre fantastique (au sens littéraire du terme). Un événement anodin, l’achat d’un chapeau melon, fait basculer notre personnage principal dans une histoire irréelle. Un peu comme un tableau de Magritte… C’est d’ailleurs le point faible de cette BD. L’histoire ne décolle pas vraiment et notre Charlie est baladé d’un lieu Magrittien à un autre. On s’aperçoit au final que l’aventure de Singullier n’est qu’un prétexte à nous faire découvrir (d’une très agréable manière, tout de même) ou re-découvrir, l’œuvre ET la vie de René Magritte.


En bref, une bio qui n’en est pas une, tout en l’étant mais sans l’être. Mais, si ça peut vous rassurer, il n’est pas besoin d’aimer ou de connaître Magritte pour l’apprécier.

 

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05-3e731b2.gifDessin 


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Odradek.

 

25/10/2016

Les aventures de Spirou et Fantasio T10 La lumière de Bornéo

Spirou Zidrou Pé.jpgspirou t10.jpgDessin : Franck Pé
Scénario : Zidrou
Editeur : DUPUIS
Sortie : 7 octobre 2016
84 planches

 

 

 

Résumé :


Tandis qu’un mystérieux peintre anonyme alimente une galerie d’art bruxelloise en toiles animalières d’une qualité exceptionnelle, Spirou, qui s’est fait virer de chez Moustique, tombe sur un vieil ami, Noé, l’homme qui parlait à l’oreille des animaux. Celui-ci est en pleines retrouvailles avec sa fille, une ado mal dans sa peau. Afin d’apaiser la situation et aider Noé, c’est Spirou qui va récupérer « l’animal » chez lui…

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Mon avis :


Toute la difficulté que je viens d’avoir à résumer cette BD vous montre à elle seule ce que j’en pense… 
Malgré un dessin très au point (non exempt de tout reproche, mais de très grande qualité tout de même), ce nouveau tome de la série Le Spirou de m’a quelque peu déçu. Un peu comme une boisson aux édulcorants. En le lisant, je me disais que c’était plutôt bon (notamment grâce au dessin), mais, une fois le livre refermé et la potion avalée, il me reste un goût amer dans la bouche de mon cerveau.

Je m’explique. Comme je l’ai déjà dit deux fois en quelques lignes, le dessin est superbe. Le livre, l’objet lui-même est très beau. Le papier (recyclé, of course) est d’un blanc assez chaud et d’un grammage pas dégueu. En plus, il sent bon la BD neuve. En outre, on se rend compte rapidement que si l’on a payé un poil plus cher qu’une BD grand format classique, on a du rabe de pages : 82 en tout. Bref, ça part bien. Le dessin est superbe (vous l'ai-je déjà dit ?). Les couleurs sont à tomber, le découpage, les mouvements, tout est très dynamique mais sans tomber dans la caricature. Non, vraiment, graphiquement, c’est au top. Le seul petit bémol (et encore, je ne l’ai remarqué qu’en deuxième lecture) ce serait l’utilisation presque systématique de dégradés qui trahissent un traitement numérique du dessin. Sur du papier glacé et dans d’autres circonstances, je trouve que ça pique les yeux. Mais là, avec le joli grain et les autres éléments du dessin, ça passe plutôt bien… Il fallait tout de même que je le mentionne.


Enivré par une telle qualité graphique, on se laisse facilement prendre par le récit. Mais c’est malgré tout au niveau du scénario que le bât semble blesser. J’ai comme l’impression que l’auteur a voulu trop en mettre dans un seul et même tome. Voyez vous-mêmes. D’abord, Spirou se fait virer de son journal pour des raisons déontologiques alors que Fantasio décide d’y rester, avec les embrouilles qui vont forcément en découler. Ensuite, Noé fait son retour dans l'univers de Spirou avec tous ses animaux et le monde du cirque. Puis, la fille de Noé réintègre la vie de ce dernier avec tous les chamboulements que l’on peut imaginer et les conflits entre un père maladroit avec les humains (imaginez avec une ADO !) et une fille renfermée sur elle-même et manifestement en manque d’affection parentale. Il y a également Spirou qui prend des cours de peinture auprès d’une jolie jeune fille avec une romance potentielle à la clé. Enfin, vous avez une trame à base de tableaux animaliers, de spéculation dans le monde de l’Art, le tout, en parallèle avec une invasion mondiale de champignons noirs dont personne à part Champignac et sa bande ne semble se soucier.


A croire que pour faire un bon Spirou il faille absolument s’accrocher à des références du passé de la série. Je ne suis pas certain que Franquin se prenait la tête à relire les précédentes histoires où apparaissait Spirou pour y gaver de références ses albums… Fournier non plus d’ailleurs… Comme si on ne pouvait pas faire un album de Spirou sans y mettre un peu de Champignac, un peu de Palombie, et beaucoup de Franquin. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : Gros respect pour Franquin, Champignac et même la Palombie où je pars souvent en vacances… Mais c’est juste que des fois, à trop vouloir en faire on gâche tout. Pour La lumière de Bornéo, en l’occurrence, l’histoire des champignons noirs n’a l’air de servir à rien d’autre qu’un prétexte à quelques cases avec ce bon Pacôme... Peut-être eut-il mieux valu se concentrer sur l’histoire principale.


Quoi qu’il en soit, à la fin, je ne sais toujours pas quoi en penser… Un drôle d’ orang-outan est malheureusement mort, une ado anorexique semble s’être libérée et a retrouvé son père, deux magnats ridicules offrent une superbe expo à la ville de Bruxelles (et au monde !!!), Spirou semble avoir trouvé un modèle pour ses cours de nu et il semble que le journal Moustique soit devenu un catalogue pour couches culottes…


Bref, un arrière-goût amer quoi…

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Odradek.