21/09/2017

Les mystères de la Troisième République – Tome 5 : Mort d’un collabo

philippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationphilippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationScénario : Philippe Richelle
Dessin : Pierre Wachs
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 14 juin 2017
Genre : Histoire, Policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

 

philippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationL’union fait la force. Londres, octobre 1943. Sous l’impulsion du général de Gaulle, le BCRA (Bureau Central de Renseignements et d'Actions clandestines de la France Libre) met une priorité à unifier la Résistance en France, pour le moment déchirée entre les gaullistes et les partisans de l’ancien général vichyste Henri Giraud. À Paris, le commissaire Peretti est chargé d’aller rencontrer le responsable du mouvement giraudiste Renaissance : un dénommé Féval. Mais il ignore que derrière ce nom de code se cache une vieille connaissance qu’il aurait préféré ne pas recroiser...

 

Mon avis

On va encore dire que je dis du bien… Mais bon, je n’y peux rien monsieur le juge, si des auteurs de BDs s’évertuent à nous pondre des séries de qualités. Ce qui est effectivement le cas de Philippe Richelle et Pierre Wachs.

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Le dessin de Wachs, d’abord. Le trait est fin, sobre et précis. Les décors tout comme les cadrages, les attitudes et proportions des personnages sont également de très bonne qualité et font preuve d’un travail très appliqué. Mais là où il excelle vraiment c’est au niveau des expressions faciales. Wachs est non seulement un très fin observateur mais il sait aussi parfaitement traduire le fond de la pensée de ses personnages en quelques traits du visage. Une mention particulière à l’inspecteur Lacaze (le chauve à mégot) dont les tronches sont excellentes. Une bonne mention enfin pour les couleurs (Claudia Boccato), à la fois lumineuses mais sans être flashy, discrètes mais toujours dans le bon ton.  

Malgré ces éloges, je dois dire que le scénario de Richelle me fait encore meilleure impression que le dessin de Wachs. En effet, ce cinquième et dernier tome vient clore cette série en répondant de fort belle manière à la question qui nous taraudait depuis la première planche du tome 1 : comment le commissaire Peretti en est-il arrivé au pied de l’échafaud et, surtout, va-t-il en réchapper ?

Je passerai sur l’enquête policière qui voit Peretti être obliger de trouver le coupable du meurtre qu’il a (selon toute vraisemblance) commis. Je passerai également sur la galerie de personnages qui, durant cette période trouble de la collaboration, ont adopté des attitudes plus ou moins dignes. Deux mentions, tout de même : la première pour le fameux Lacaze, flic un peu bourru qui ne porte pas spécialement l’occupant dans son cœur, qui ne crache pas non plus sur un peu de marché noir à l’occasion tout en étant efficace dans son travail et fidèle envers son supérieur le commissaire Peretti. La seconde pour l’inspecteur Cazeneuve, flic zélé aux sympathies germanophiles affichées et qui enquêtera en interne pour découvrir et dévoiler, non sans joie, la culpabilité de Peretti.

philippe richelle,pierre wachs,glénat,histoire,policier,résistance,collaborationNon, à mon sens, le véritable intérêt de ce tome (voire même de cette série) réside dans les quelques pages finales où l’on voit Peretti être jugé tour à tour par le pouvoir Vichyste pour l’assassinat d’un grand industriel proche des autorités et, forcément, grand serviteur de la nation, puis, par le nouveau pouvoir, issu de la Libération du pays, pour avoir assassiné un grand résistant (oui, il s’agit bien de la même personne !!!). Richelle met ainsi le doigt là où ça fait mal, à savoir sur ces résistant de la dernière heure qui ont senti le vent tourner un peu avant les autres alors que d’authentiques résistants avaient du mal à prouver leur intégrité suite au démantèlement de leur réseau décimé par la Gestapo ou l’occupant. Combien de Trezelles (c’est le nom de ce sinistre personnage) sont non seulement passé à travers les mailles du filet (assez radical, certes…) de l’Epuration qui a suivi la Libération mais ont en plus reçus les honneurs indus d’une toute jeune Quatrième République peu regardante ?

En conclusion : Un excellent album qui vient clore une excellente série, ni plus ni moins.

 

 

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Philippe Richelle, Pierre Wachs, Glénat, HIstoire, Policier, Résistance, Collaboration

 

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Philippe Richelle, Pierre Wachs, Glénat, HIstoire, Policier, Résistance, Collaboration

 

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15/09/2017

Sonora - Tome 1 – La Vengeance

Sonora, Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac, Delcourt, Aventure, Historique, western, vengeanceSonora, Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac, Delcourt, Aventure, Historique, western, vengeanceScénario : Jean-Pierre Pécau
Dessin : Benoît Dellac
Éditeur : Delcourt
56 pages
Date de sortie : 07 juin 2017 
Genre : Aventure, Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Sonora, Jean-Pierre Pécau, Benoît Dellac, Delcourt, Aventure, Historique, western, vengeanceRésumé de l’éditeur : À la fin du XIXe siècle, de nombreux Français s’exilent en Californie pour bâtir un nouvel idéal après la Révolution de 1848. Mais la réalité va vite les rattraper… Pécau et Dellac nous entraînent aux côtés d’un héros en quête d’or et de vengeance.

1851.Maximilien Bonnot débarque, avec d’autres aventuriers attirés par la fièvre du métal jaune, à San Juan del Sur, port de la côte pacifique, dernière étape avant San Francisco. Voilà 3 ans que la ruée vers les champs aurifères a commencé, mais Max lui ne cherche pas d’or. Héros torturé par son passé, et notamment par ce qu’il a vécu pendant la Révolution de 1848, il n’a plus qu’un seul but : se venger.

 

Mon avis

Pan ! Pan ! Le nouveau Pécau est arrivé !

Objectivement, cette nouvelle série semble avoir tout pour plaire. Le pitch, un homme qui va au bout du monde pour accomplir sa vengeance et tuer les responsables de l’assassinat de son frère, est d’une simplicité absolue mais toujours aussi efficace. Le scénario qui en découle est beaucoup plus subtil. Entre des flashbacks explicatifs, des personnages abjects, une franc-maçonnerie diasporisée (et un néoSambalogisme ! Un ! Euh, deux, en fait…), une prostituée de luxe, atomique mais prisonnière, des trahisons et une violence omniprésente, il y a de quoi faire.

Dans ce premier tome, Pécau met en place le cadre de la série tout en entrant dans le vif du sujet avec de l’action et des rebondissements. Il prend le temps de développer ses personnages, notamment son héros, Maximilien, mais également l’horrible général, tout en ouvrant quelques portes avec d’autres (Miss Lola et Tortillard) pour les tomes à venir. Et ça marche. Malgré la simplicité du sujet, on accroche facilement et on veut savoir ce qui va arriver leur arriver. Pari réussi pour les auteurs.

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Côté graphique, le dessin possède également les qualités requises pour illustrer cette histoire. Les tons choisis, les cadrages (Dellac aime le « penché ») et, d’une manière plus générale, la plupart des détails sont très bien travaillés, participant ainsi à la mise en place d’une ambiance western glauque et violente à souhait. Bon, vous allez dire que je cherche la petite bête, mais, malgré ses qualités, je tique un peu sur certaines cases. Des proportions, des positions, des mouvements, certains détails, me semblent parfois un peu légers comparés au reste. D’autant que l’impression générale reste très bonne. Autre point négatif, mais c’est pareil, c’est une question de principe chez moi, je ne comprends pas et je trouve ça toujours un peu limite quand la couverture est illustrée par un autre dessinateur que celui qui officie sur la BD elle-même, ce qui est malheureusement le cas ici… Je dois être vieux jeu…

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Quoiqu’il en soit, nous sommes en présence du très bon premier tome d’une série pleine d’avenir. On attend le deuxième avec gourmandise.

 

 

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14/09/2017

Les mystères de la Quatrième République – Tome 5 : Opération Résurrection

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaiseLes mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaiseScénario : Philippe Richelle
Dessin : Alfo Buscaglia
Éditeur : Glénat
56 pages
Date de sortie : 14 juin 2017
Genre : Policier / Historique

 

 

 

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaisePrésentation de l'éditeur

1958. Après la Bataille d’Alger et le démantèlement des principaux réseaux FLN, l’Algérie semble avoir retrouvé un semblant de paix. Sauf que les grands colons, hostiles à toute forme de changement, voient d’un mauvais œil les réformes que le gouverneur général Lacoste s’apprête à faire passer, faisant des Musulmans des citoyens à part entière. À vrai dire, les tensions sont loin d’avoir quitté la capitale algérienne. Une triste réalité que va amèrement découvrir le commissaire Coste, profitant de quelques jours de congés pour rendre visite à son ancien collègue Hautcoeur, désormais en poste à Alger...

 

Mon avis

Une bonne série qui se termine bien.

Je vous avoue que je n’ai pas eu trop de mal à être convaincu par Les Mystères de la Quatrième République. Le personnage principal est peut-être un peu froid mais il est diablement efficace. J’ai apprécié, tout au long de la série de voir non pas un super-héros, mais un policier (Monsieur est « commissaire » !) en proie aux doutes, aux erreurs, et pas du tout insensible aux coups qu’il reçoit. Bref, un être humain quoi…

 

Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie françaiseEnsuite, le contexte. Cette période de l’Histoire de France récente est assez méconnue. Elle regorge pourtant d'évènements marquants du fait des circonstances historiques d’un après-guerre écrasé par le poids du conflit idéologique qui s’ensuivit. L’opposition tentaculaire entre les deux Grands de l’époque, USA et Union Soviétique, eut entre autres, pour conséquence une accélération des processus de décolonisation en Afrique et en Asie. Il y avait des espions partout et les coups bas étaient la règle. C’est bien dans ce contexte explosif que ce situe ce cinquième tome des aventures du commissaire Coste.

 

L’imprégnation historique du (très bon) scénario (une affaire de meurtre d’un ultra de l’Algérie Française) est particulièrement poussée, réussie et riche d’enseignements sur ce qui pouvait se passer en Algérie dans ces années troubles de fin de règne. Les auteurs ont également eu la bonne idée de ne pas tomber dans la caricature en imaginant leurs personnages. Ils ont d’autant plus de mérite que c’est un écueil souvent difficile lorsque l’on traite de sujets aussi sensibles qu’une guerre « civile », la torture ou encore la politique.

 

Le dessin précis et très réaliste de Buscaglia, quant à lui, est parfaitement adapté. A défaut d’être particulièrement beau, c’est propre, sobre et les cadrages sont carrément bien sentis.

 

En bref, un bon petit polar au soleil d’un Alger en ébullition.

 

 

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Les mystères de la Quatrième République, Opération Résurrection, Philippe Richelle, Alfo Buscaglia, Glénat, Histoire, Décolonisation, Algérie française

 

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07/09/2017

Breizh - Tome 2 - Une nouvelle terre

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historiquebreizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueScénario : Nicolas Jarry et Thierry Jigourel
Dessin : Erwann Seure-Le-Bihan
Éditeur : Soleil Celtic
56 pages
Date de sortie : 7 juin 2017
Genre : Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

L’empire romain s’est effondré, les barbares venus de l’est déferlent sur les ruines de la maison Rémus et Romulus. Dans leur île, les Bretons, à nouveau indépendants, reculent devant la triple avancée des Saxons au sud-est, des Scots à l’ouest et des Pictes au nord. Une partie importante d’entre eux hissent les voiles vers les rivages de la Gaule du nord, de la péninsule hispanique et surtout de l’Armorique, à laquelle ils vont donner leur nom, leur langue, un encadrement religieux, une partie de leurs institutions et une empreinte durable....

 

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Mon avis

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueOn prend (presque) les mêmes et on recommence ! Enfin, le coloriste du tome 1 a tout de même été promu au rang de dessinateur du tome 2. Graphiquement, la collection garde ainsi une certaine unité tout en donnant une meilleure impression générale (ce n’est que mon humble avis). Le dessin reste dense, les pages bien remplies et les ciels un peu trop photographiques. Ceci dit, tout comme pour le tome 1 (et pour cause, c’était déjà lui qui s’en occupait) ça reste très bien fait et presque acceptable pour des gens comme moi généralement allergiques à ce genre d’hérésies chromatiques… Les physionomies des personnages (détails, angles, etc.) semblent également mieux travaillées que dans le tome précédent. Enfin, pour conclure sur la partie dessin, bonheur ultime, il semblerait que l’illustration de couverture soit l’œuvre du dessinateur de la BD (ce qui n’était pas le cas pour le tome 1 et que je regrettais d’ailleurs, naguère, ici même, il y a au moins trois mois, dans la chronique du tome concerné !).

 

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueEn tout cas, pour ce qui est des scénaristes, il s’agit bien des deux mêmes. On y retrouve une grande maîtrise du sujet, une narration chronologique et événementielle rythmée et vivante, de nombreux passages issus de chroniques et de livres de références sur l’histoire de la Bretagne et, last but not least, cette pointe de fierté nationaliste bretonne qui fait le sel (et le poivre !!!) de mes conversations avec certains mes interlocuteurs bretons lorsque j’ai le plaisir de me rendre dans cette magnifique région FRANCAISE tongue-out

 

On continue donc sur la persécution du gentil peuple breton des deux côtés de la Manche avant de se focaliser sur les horribles Francs qui veulent à tout prix les soumettre en Armorique. Bon, c’est d’ailleurs là que je ne comprends pas trop le titre de ce second tome. En effet, il s’intitule « Une nouvelle terre » mais le vrai sujet semble en être l’héroïque Nominoë. Si le début de ce deuxième tome raconte bien la souffrance et l’exode du peuple breton de Grande-Bretagne vers l’Armorique, les vingt dernières pages sont consacrées à un seul personnage : Nominoë, et ceci, dans un ouvrage qui survole environ 3 siècles d’histoire en une cinquantaine de pages. Mon interrogation quant au découpage de cette collection de Soleil Celtic se fait encore plus grande quand je lis au dos de la BD : à paraître : Tome 3 – Nominoë, le père de la patrie, alors que – Spoiler Alert !!! – le Nominoë en question meurt à la dernière page du livre...

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En tout cas, ça me fait une raison de plus d’attendre avec envie le troisième tome de cette série sérieuse qui suit son court tranquillement, un peu comme la Villaine…

 

 

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Odradek.