19/07/2017

Cynocéphales - Tome 1 - La bande des Dogues

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesCynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesScénario : Gris de Payne / Stefano Tamiazzo
Dessin : Stefano Tamiazzo
Éditeur : EP Editions
48 pages
Date de sortie : 24 mai 2017
Genre : Aventures / Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les cynocéphales, un peuple à visage canin, a depuis toujours été caché au sommet des montagnes et utilisé par le gouvernement français pour des affaires secrètes et dangereuses. Mais un jour, l'un d'eux décide que c'en est assez. Il refuse que les membres de sa famille grandissante vivent exclus comme des monstres, malgré leur différence.

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Mon avis

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesUne société secrète perdue (protégée) en haut des montagnes, quelques trahisons par-ci par-là, des combats, du mystère… Surtout du mystère d’ailleurs… Parfois même un peu trop. L’histoire de ces hommes à tête de chien œuvrant en secret pour le compte de la France à travers l’Histoire et les champs de bataille a tout pour être intéressante. Néanmoins, je dois vous avouer que, parfois, on perd un peu le fil de la narration. Ce qui est peut-être évident pour les auteurs qui ont le nez (le museau) dedans ne l’est pas forcément toujours pour nous autres lecteurs, surtout en première lecture (que quelqu’un m’explique la page 18 s'il vous plaît…). C’est d’autant plus dommage que pour le reste, il n’y a rien à redire. Le flashback de 20 ans en arrière parvient assez bien à nous présenter la situation (sauf à 2 ou 3 moments un peu flous, donc…) et met en place l’intrigue pour un deuxième et dernier tome qui aura pas mal de choses à nous expliquer.

 

 

En effet, ce premier opus débute par une attaque de banque réalisée par « La bande des Dogues » et puis… plus rien (8 pages seulement sont consacrées à la Bande des Dogues qui donne pourtant son titre à l’album). On enquille directement avec le flashback. Il faudra donc nous expliquer le lien entre cette attaque et ce qui s’est passé 20 ans plus tôt car, au bout de ces 48 pages, on n’en a absolument aucune idée. En même temps, c’est un bon moyen d’attiser la curiosité du lecteur. En tout cas, avec moi, ça marche plutôt bien.

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Si l’on ajoute à ça que le dessin, de très belle facture, est particulièrement soigné, on n’est pas surpris que cela renforce la crédibilité de l’ensemble. Stefano Tamiazzo possède son propre style et semble maîtriser la plupart des techniques nécessaires à l’élaboration d’une bande dessinée de grande classe : ses décors sont très beaux, l’attention portée aux détails et aux expressions des visages est manifeste, les perspectives, les mouvements, les cadrages, les couleurs, la matière… vraiment, tout est agréable à l’œil dans son dessin.

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En bref, une BD intrigante, parfois un poil (de chien) décousue, mais très belle à regarder et dont la suite et fin sera attendue.

 

 

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Odradek.

17/07/2017

Le choix du Roi - Tome 1 - Première trahison

couv.jpgle choix du roi,première trahison,glénat,histoire,wwii,aurélien morinière,jean-claude bartollScénario : Jean-Claude Bartoll
Dessin : Aurélien Morinière
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie : 10 mai 2017
Genre : Histoire / Espionnage

 

 

 

Présentation de l'éditeur

le choix du roi,première trahison,glénat,histoire,wwii,aurélien morinière,jean-claude bartollJanvier 1936. Alors que Georges V vient de mourir, son fils Édouard, prince de Galles, s’apprête à devenir le prochain roi d’Angleterre. Le premier réflexe, inattendu, du futur souverain est d’appeler sa maîtresse : Wallis Simpson, une nord-américaine à la réputation sulfureuse qui ne cache pas sa sympathie pour le régime nazi en Allemagne... Après seulement 8 mois, Édouard abdiquera pour épouser Wallis, laissant derrière lui le règne le plus court et le plus controversé de l’histoire du trône d’Angleterre.

Wallis Simpson était-elle une espionne à la solde des Allemands ? Édouard VIII a-t-il trahi des secrets d’état ? Que cache cette abdication soudaine ? À travers les yeux de la jeune Nadège, domestique au service de Wallis Simpson, Jean-Claude Bartoll et Aurélien Morinière nous plongent dans les coulisses du pouvoir, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. Un thriller d’espionnage, historique et politique, qui nous fait découvrir un pan méconnu de l’histoire et révèle l’intimité du roi Édouard VIII, oncle de l’actuelle reine d’Angleterre.

 

 

Mon avis

Je me souviens, il y a quelques années, de bandes annonces à la télé pour des documentaires sur Edouard VIII et même quelques unes de journaux people, évoquant ce roi qui avait « abdiqué par amour » en donnant ainsi l'image d'un personnage romantique forcément positif. Récemment, on peut dire que le vent a quelque peu tourné… Entre des documentaires radios ou télés et cette BD (plus, j’imagine, quelques ouvrages d’historiens), la vérité historique sur ce personnage pas spécialement sympathique remonte à la surface. Car il a beau avoir été le tonton de la Queen d’Angleterre, le bonhomme était tout de même un admirateur du régime Nazi et, sur le plan des idées rétrogrades du moins, un homme en phase avec son temps : les années 30.  

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Tout ceci pour vous dire que le sujet est plutôt intéressant et que ce premier tome me paraît bien le traiter. Ça commence à la fin de la 2ème Guerre Mondiale pour enchaîner aussitôt par un flash-back d’une dizaine d’année jusqu'à l’accession au trône d’Edward… Le reste suit son court tranquillement et se poursuivra au tome 2.

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Non, le seul souci, pour moi en tout cas, vient du dessin. Les couleurs sont léchées et les décors extérieurs (des photos joliment retravaillées à la palette graphique) posent l’ambiance nécessaire au cadre historique du récit, mais… Mais les personnages sont parfois dessinés de manière… comment dire… euh… disproportionnée, au vrai sens du terme… Des épaules tombantes pour des carrures trop fines et des têtes trop grosses. Je comprends d’autant moins qu’en vérifiant dans d’autres BDs de Morinière je n’ai rien vu d’aussi flagrant. Certaines perspectives, certains angles, anatomiques ou non, laissent également un peu songeur… C’est d’autant plus dommage que, je me répète, les couleurs, tout comme les décors sont vraiment réussis. Malheureusement, le problème du dessin, c’est que lorsque l'on remarque quelques imperfections, après, on ne voit plus qu’elles…

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Odradek

12/07/2017

Les miroirs du crime – Tome 1 – Les tueurs de Pigalle

Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50Scénario : Noël Simsolo
Dessin : Dominique Hé
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie : 26 avril 2017
Genre : Polar

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Pigalle, novembre 1954. Le quartier entier est un repère de malfrats et maquereaux de la pire espèce. Guy, patron ambitieux et relativement intègre du club La Perle noire, s’apprête à acheter un nouveau cabaret. Sauf que la vente ne se conclut pas vraiment comme prévue... Lors d’une fusillade, Guy perd son frère, ne devant la vie sauve qu’à un clochard qui s’interpose entre lui et les balles. En homme d’honneur, il a maintenant une dette à payer. Mais d’abord, il doit trouver celui qui a essayé de l’assassiner...

Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50

Mon avis

Voici un polar efficace servi par une ligne claire très agréable. Les auteurs nous entraînent dans les années 50, à une époque où il neigeait encore au mois de novembre sur Paris et sa banlieue, pour une histoire se déroulant dans l’arrière-cours du divertissement à la parisienne, des clubs de jazz et autres boites de nuit en vue de Pigalle et ses alentours. On y croise des flics un peu limite, des malfrats plutôt racistes (enfin, de ce qui se faisait à l’époque…), des gros bonnets intraitables et cruels, des gros bonnets avec un peu plus d’éthique, Jean-Pierre Melville, un clochard aussi héroïque que mystérieux, des mitrailleuses et des grosses voitures chromées. Le tout sous une pluie quasi incessante.

Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50On rentre assez facilement dans l’histoire avec un assassinat de flic dès la troisième page et un mitraillage en règle du personnage principal 3 ou 4 pages plus tard… Bref, ça dépote dès le départ ! L’intrigue se développe petit à petit avec quelques rebondissements (assassinats) par-ci par-là, mais sans incohérence, ce qui est toujours appréciable.

Le dessin, tout de même assez détaillé pour une ligne claire, accorde une importance particulière à la couleur et à son traitement, ce qui rend le tout très abouti d’un point de vue esthétique. Certes, quelques perspectives (notamment des intérieurs chez le médecin – intérieurs qui font penser au Cercle Rouge) peuvent poser question, mais l’ambiance générale qui se dégage de ces planches colle parfaitement au scénario. Il faut dire que depuis Tardi, on s’est habitué à ce style de dessin pour des polars.

Personnellement, j’attends le tome 2 (fin du diptyque) avec impatience.

 

Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50

 

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Les miroirs du crime, Les tueurs de Pigalle, Glénat, Polar, Ligne Claire, Noël Simsolo, Dominique Hé, Années 50

 

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Odradek

06/07/2017

Le Schpountz

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIXLe Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIXScénario : Serge Scotto, Eric Stoffel (et un peu... beaucoup Marcel Pagnol)
Dessin : EFIX
Éditeur : Grand Angle
96 pages
Date de sortie : 31 mai 2017
Genre : Humour

 

 

 

Présentation de l'éditeur

le schpountz,grand angle,marcel pagnol,serge scotto,eric stoffel,efixIrénée, brave garçon un peu naïf, rêve de faire du cinéma. La chance lui sourit enfin quand une équipe de cinéma fait des repérages dans la région. Il leur propose de leur faire découvrir le pays. Tout se déroule comme dans un rêve : les techniciens semblent l’avoir adopté. On lui propose même un contrat mirifique pour aller tourner un film à Paris. Ivre de joie et de vanité, celui qui se voit déjà en haut de l’affiche n’est en réalité qu’un schpountz, c’est-à-dire le dindon d’une farce pas très fine. Pourtant il a plus de ressources qu’on semble le croire, peut-être même un certain génie… comique.

 

Mon avis

Je crois que j’ai fait une bêtise… Sachant que j’allais chroniquer Le Schpountz, je me suis dit que ce serait bien d’avoir au moins vu l’original. Non, non, la bêtise n’est pas là mais juste après. Oui, en effet, car juste après avoir terminé le visionnage du film je me suis embarqué dans la lecture de la BD. Résultat : impossible de lire les répliques d’Irénée sans entendre la virevoltante voix de Fernandel chanter son accent marseillais du fond de sa gorge rauque, du moins sur une bonne moitié du bouquin. En outre, ayant encore le film dans les yeux et les oreilles, ce fut difficile de se concentrer sur ce qui fait l’intérêt de cette BD.

Voici malgré tout ma conclusion : elle en a ! Quoi ? eh bien, de l’intérêt peuchère !

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIXD’abord, niveau scénario, les auteurs ont bien fait quelques petites coupes ET quelques rajouts (ils sont partis du script du film et non du film lui-même) par rapport au film, mais tout ce qu’on lit est de Pagnol. Sa plume et sa verve font mouche, dans les dialogues plus que tout. Un esprit chagrin autre que le mien pourrait relever, voire regretter, des différences de plus en plus marquées entre la BD et le film au fil de la lecture. Comme si les auteurs avaient eu dans l'idée de coller au film au début du projet pour ensuite s'apercevoir que ce n'était peut-être pas si nécessaire que cela. Mais bon, rien de bien méchant non plus...

Mais c’est surtout au niveau du dessin que cette BD m’a séduit. Efix commence par remercier Gotlib « pour… tout ». Le ton est donné. S’il possède bien son propre style, l’influence de Monsieur Fluide est omniprésente, et c’est plutôt un avantage quand on s’attaque à une œuvre cinématographique. Les cadrages, certains détails, les regards, les mouvements… On est clairement dans un univers gotlibien. D’ailleurs, ce dernier est également appelé à la rescousse quand il s’agit de traiter la fameuse scène où Fernandel déclame sur le ton d’émotions aussi diverses que variées l’article du Code Civil indiquant (on est en 1937…) que « Tout condamné à mort aura la tête tranchée ». Efix s’en sort ainsi par une double page que n’aurait pas reniée le père de Gai Luron. Une autre double page abordant un dialogue essentiel du film (sur les bienfait du "comique") utilise les montagnes russes, toujours à la sauce Gotlib.

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

Deux derniers détails concernant le dessin. D’abord, la BD est en couleur quand le film est en noir et blanc. Je ne suis pas fan du traitement chromatique mais le travail est soigné et il fait parfois intervenir un noir et blanc opportun, notamment en couverture. Enfin, l’accent de Marseille. Je ne sais pas qui a eu l’idée, le dessinateur ou l’un des scénaristes, mais le fait d’utiliser du gras sur la police de caractère dans les phylactères pour faire ressortir l’accent du Sud et une solution très efficace.

Pour finir, je n’ai pas encore eu l’occasion de lire d’autres adaptations de Pagnol (ils adaptent TOUT Pagnol) chez Grand Angle, mais je trouve celle-ci plutôt réussie.

 

 

 

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Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

 

Le Schpountz, Grand angle, Marcel PAgnol, Serge Scotto, Eric Stoffel, EFIX

 

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Odradek

 

Et, tout de même, voici la scène culte du film : Tout condamné à mort aura la tête tranchée.