07/09/2017

Breizh - Tome 2 - Une nouvelle terre

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, Historiquebreizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueScénario : Nicolas Jarry et Thierry Jigourel
Dessin : Erwann Seure-Le-Bihan
Éditeur : Soleil Celtic
56 pages
Date de sortie : 7 juin 2017
Genre : Historique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

L’empire romain s’est effondré, les barbares venus de l’est déferlent sur les ruines de la maison Rémus et Romulus. Dans leur île, les Bretons, à nouveau indépendants, reculent devant la triple avancée des Saxons au sud-est, des Scots à l’ouest et des Pictes au nord. Une partie importante d’entre eux hissent les voiles vers les rivages de la Gaule du nord, de la péninsule hispanique et surtout de l’Armorique, à laquelle ils vont donner leur nom, leur langue, un encadrement religieux, une partie de leurs institutions et une empreinte durable....

 

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Mon avis

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueOn prend (presque) les mêmes et on recommence ! Enfin, le coloriste du tome 1 a tout de même été promu au rang de dessinateur du tome 2. Graphiquement, la collection garde ainsi une certaine unité tout en donnant une meilleure impression générale (ce n’est que mon humble avis). Le dessin reste dense, les pages bien remplies et les ciels un peu trop photographiques. Ceci dit, tout comme pour le tome 1 (et pour cause, c’était déjà lui qui s’en occupait) ça reste très bien fait et presque acceptable pour des gens comme moi généralement allergiques à ce genre d’hérésies chromatiques… Les physionomies des personnages (détails, angles, etc.) semblent également mieux travaillées que dans le tome précédent. Enfin, pour conclure sur la partie dessin, bonheur ultime, il semblerait que l’illustration de couverture soit l’œuvre du dessinateur de la BD (ce qui n’était pas le cas pour le tome 1 et que je regrettais d’ailleurs, naguère, ici même, il y a au moins trois mois, dans la chronique du tome concerné !).

 

breizh histoire de la bretagne, Une nouvelle terre, Nicolas Jarry, Thierry Jigourel, Erwann Seure-Le-Bihan, Soleil Celtic, Bretagne, HistoriqueEn tout cas, pour ce qui est des scénaristes, il s’agit bien des deux mêmes. On y retrouve une grande maîtrise du sujet, une narration chronologique et événementielle rythmée et vivante, de nombreux passages issus de chroniques et de livres de références sur l’histoire de la Bretagne et, last but not least, cette pointe de fierté nationaliste bretonne qui fait le sel (et le poivre !!!) de mes conversations avec certains mes interlocuteurs bretons lorsque j’ai le plaisir de me rendre dans cette magnifique région FRANCAISE tongue-out

 

On continue donc sur la persécution du gentil peuple breton des deux côtés de la Manche avant de se focaliser sur les horribles Francs qui veulent à tout prix les soumettre en Armorique. Bon, c’est d’ailleurs là que je ne comprends pas trop le titre de ce second tome. En effet, il s’intitule « Une nouvelle terre » mais le vrai sujet semble en être l’héroïque Nominoë. Si le début de ce deuxième tome raconte bien la souffrance et l’exode du peuple breton de Grande-Bretagne vers l’Armorique, les vingt dernières pages sont consacrées à un seul personnage : Nominoë, et ceci, dans un ouvrage qui survole environ 3 siècles d’histoire en une cinquantaine de pages. Mon interrogation quant au découpage de cette collection de Soleil Celtic se fait encore plus grande quand je lis au dos de la BD : à paraître : Tome 3 – Nominoë, le père de la patrie, alors que – Spoiler Alert !!! – le Nominoë en question meurt à la dernière page du livre...

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En tout cas, ça me fait une raison de plus d’attendre avec envie le troisième tome de cette série sérieuse qui suit son court tranquillement, un peu comme la Villaine…

 

 

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Odradek. 

04/09/2017

Le Haut Palais – Tome 1 – Le pacte d’Obsidian

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueLe Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueScénario : Mike Carey
Dessin : Peter Gross
Éditeur : Glénat
64 pages
Date de sortie : 07 juin 2017
Genre : Conte Fantastique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueDans le pays d’Ossaniul, il existe une forteresse aussi démesurée qu’inaccessible : le Haut Palais. En maîtres des lieux, les membres de la noble famille d’Aldercrest y règnent sur une véritable armée d’esclaves. Au plus bas de l’échelle, le jeune Moth effectue les tâches les plus ingrates et a raisonnablement peu d’espoir de vivre longtemps. Jusqu’au jour où il fait la connaissance d’Obsidian, une mystérieuse entité prisonnière des lieux qui lui parle dans son sommeil. Si Moth fait ce qu’il lui demande, Obsidian lui promet fortune et gloire. Va-t-il accepter ce marché ?

 

À travers une subtile uchronie, Le Haut Palais nous transporte dans un pays fictif très proche des royaumes des Balkans au XVIe siècle. Mike Carrey et Peter Gross (Lucifer, The Unwritten) tirent de ce contexte un captivant récit fantastique qui porte une réflexion sur l’âme humaine, nous décrivant comment un jeune esclave va tout tenter pour se sortir de sa condition. 

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

 

Mon avis

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastiqueIl était une fois deux étranges personnages, Mike Carey, scénariste et Peter Gross, dessinateur, accompagnés de leur fidèle coloriste Fabien Alquier (en fait, ça fait trois, non ?). Ces sympathiques artistes s’étaient mis en tête d’offrir à leurs contemporains une œuvre aussi belle qu’originale. Pour ce faire ils durent créer un monde doté de sa propre topographie, son histoire, sa mythologie ou encore ses religions. Les personnages de leur récit évoluaient dans un monde proche de notre moyen-âge, empreint de magie et autres sorcelleries.

Pour illustrer cette histoire, ils utilisèrent des tons chauds et une matière rappelant les parchemins et autres cuirs très courant en ces temps reculés. La précision du trait renforcée par le travail impeccable des couleurs (et de la matière, j’insiste vraiment) appliquée à des faciès un peu caricaturaux (mais jamais trop), l’horrible cuisinier par exemple, donnaient une cohérence et une forte originalité à l’ensemble tout en servant parfaitement le propos du conte. Les visages, les détails architecturaux ou d’intérieurs, les angles de vue, les cadrages et tout le reste étaient un régal pour les papilles oculaires des lecteurs…

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

L’histoire à proprement parler, celle d’un enfant vendu comme esclave par sa mère et qui allait essayer, dans un premier temps, de survivre à sa nouvelle condition, suivait son cours sans être particulièrement haletante. Il faut dire que nos amis conteurs avaient beaucoup de choses à faire découvrir à leur public pour que tous pussent entrevoir et appréhender au mieux leur univers. Ils mirent donc en place peu à peu tous les éléments de leur création à coups de digressions mythologico-historiques pendant que leur héros, le jeune Moth, s’adaptait au mieux à son hostile environnement...

Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

Quant à savoir si nos trois ménestrels (si, si, un coloriste de cette qualité ça compte bien comme « un ») vécurent heureux et firent beaucoup de petits tomes, l’histoire ne le mentionne pas encore, mais, pour ma part, je l’espère sincèrement.

 

 

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Le Haut Palais, Le pacte d'Obsidian, Mike Carey, Peter Gross, Fabien Alquier, Glénat, Conte fantastique

 

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Odradek.

28/07/2017

Jacques Damour

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël Henrysarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryScénario : Vincent Henry
Dessin : Gaël Henry
Éditeur : Sarbacane
144 pages
Date de sortie : 03 mai 2017 
Genre : Adaptation / Historique

 

  

Présentation de l'éditeur

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryAlors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d’aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa.
Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie… Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu’elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu’est-elle devenue ?…

 

Mon avis

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryOn adapte, on adapte… La mode est clairement à l’adaptation d’œuvres littéraires plus ou moins classiques. En même temps, quand c’est si bien fait, on ne va pas s’en plaindre. Non seulement c’est bien fait, mais en plus le choix de la nouvelle de Zola est également très pertinent. En effet, la Guerre de 1870 et l’épisode de la Commune de Paris sont un peu les parents pauvres des programmes scolaires du Lycée, régulièrement relégués en fin d’année quand il n’y plus ni temps ni motivation. Résultat, nous autres Français, si collectivement passionnés d’Histoire, avons de grosses lacunes en ce qui concerne cette période pourtant si importante de notre passé récent. Bien sûr, la nouvelle de Zola s’attarde bien plus sur les implications humaines et individuelles de cette période trouble que sur ses ressorts politiques, mais cela reste toujours très instructif de se replonger dans le Paris de la Commune et des années qui s’ensuivirent.

Pour ce qui est de l’adaptation elle-même, les auteurs s’y sont pris de belle manière, collant au plus près du récit, reprenant un maximum de dialogues du texte, mot pour mot, et, surtout, introduisant le personnage de Monsieur Emile (avec un Z comme Zola…). L’astuce narrative qui voit l’auteur de Germinal devenir lui-même un personnage de sa nouvelle me paraît très bien vue car elle permet une narration non linéaire et mieux rythmée, en particulier grâce aux différents points de vue des personnages qui lui racontent tour à tour cette histoire dans l'optique d'une publication ultérieure.

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryLe ton choisi par les Vincent et Gaël Heny pour traiter un sujet aussi lourd que celui de La perte (au sens large : son fils, mort au combat, sa femme, remariée, son identité, envolée dans une mort supposée, sa maison, la fortune, aussitôt acquise aussitôt envolée…), est celui de l’humour. Le dessin au trait simplifié et onduleux fait parfaitement ressortir les caractères des personnages par des expressions et mouvements un peu caricaturaux. Certaines situations et les divers épisodes d’alcoolisation des protagonistes font le reste. Cet humour assumé permet de faire passer la pilule d’une histoire qui, sans cela, serait absolument et totalement déprimante.

Alors, question subsidiaire : les auteurs ont-ils trahis l’esprit que Zola a voulu donner à cette nouvelle ? Personnellement, je ne le crois pas. Je vous invite cependant à vous faire votre propre idée en lisant vous-mêmes cette fort sympathique BD.

 

 

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Odradek

27/07/2017

Quand le cirque est venu

quandLeCirqueEstVenu.jpgquandLeCirqueEstVenu-1.jpgScénario : Wilfried Lupano
Dessin : Stéphane Fert
Éditeur : Delcourt
24 pages
Date de sortie : 17 mai 2017
Genre : Conte

 

 

 

Présentation de l'éditeur

quandLeCirqueEstVenu-3.jpgLe général George Poutche, ce qu’il aime, c’est L’ORDRE ! L’ordre ET les médailles !!! Alors quand, un beau jour, un cirque débarque en ville, avec ses saltimbanques, ses zozos de chapiteau, tous différents, tous bizarres, ça ne lui plaît pas du tout ! Le général est bien décidé à les avoir à l’oeil ! Et bientôt, c’est le défilé des arrestations. Le spectacle tourne vinaigre… Jusqu’à l’arrivée d’un clown muni d’une tarte à la crème…

 

Mon avis

Prenez le général Pinochet, Mussolini, Staline, Hitler, Kim Jong Un, les généraux tapioca et Alcazar, le grand Plekszy-Gladz, Kodo le Tyran, Basam Damdu et tant d’autres néfastes personnages à l’égo aussi démesuré que leur manque d’empathie pour leurs semblables, mettez-les dans des pots de peintures, mélangez très fort… très très fort, et vous obtiendrez, sous les pinceaux de Stéphane Fert et le scénario de Wilfried Lupano une caricature… un modèle de dictateur dont le nom rappel un autre sinistre individu qui, s’il ne fut pas techniquement un dictateur, avait tout de même très probablement piétiné le vote des électeurs, et donc la démocratie, pour accéder au pouvoir, j’ai nommé : Georges Poutche (Jr… ?). Tout y est, le complexe d’infériorité (il est tout petit) qui a dû déraper quelque part au cours de sa vie, une obsession maladive pour l’ordre et, of course (que seraient les tyrans sans elle ?), une sacrée hypertrophie de la paranoïa.

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Que ce soit au travers d’un dessin volontairement caricatural et coloré (très belle utilisation des couleurs froides et chaudes selon les personnages), ou d’un scénario aussi simple que délirant, mais tellement efficace, les auteurs s’en donnent à cœur joie pour tourner en ridicule l’absurdité des régimes politiques basés sur les volontés d’un seul homme (en général) ou d’une seule femme (en Dame de Fer, à la limite…). Le tout est très rafraîchissant et, s’il s’agit bien d’un conte destiné à un jeune public, les adultes y trouveront également du plaisir grâce, notamment, à quelques bonnes bouffées de rire.

N’hésitez pas une seconde, c’est vraiment très drôle et intelligent. Merci les auteurs.

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Odradek