28/07/2017

Jacques Damour

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël Henrysarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryScénario : Vincent Henry
Dessin : Gaël Henry
Éditeur : Sarbacane
144 pages
Date de sortie : 03 mai 2017 
Genre : Adaptation / Historique

 

  

Présentation de l'éditeur

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryAlors qu’il arpente les boulevards d’un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant… ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens. C’est le début de la Commune, Béru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l’égalité et convainc le père et le fils d’aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa.
Berru, lui, a filé trois jours avant l’arrivée des troupes… C’est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s’est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie… Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu’elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu’est-elle devenue ?…

 

Mon avis

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryOn adapte, on adapte… La mode est clairement à l’adaptation d’œuvres littéraires plus ou moins classiques. En même temps, quand c’est si bien fait, on ne va pas s’en plaindre. Non seulement c’est bien fait, mais en plus le choix de la nouvelle de Zola est également très pertinent. En effet, la Guerre de 1870 et l’épisode de la Commune de Paris sont un peu les parents pauvres des programmes scolaires du Lycée, régulièrement relégués en fin d’année quand il n’y plus ni temps ni motivation. Résultat, nous autres Français, si collectivement passionnés d’Histoire, avons de grosses lacunes en ce qui concerne cette période pourtant si importante de notre passé récent. Bien sûr, la nouvelle de Zola s’attarde bien plus sur les implications humaines et individuelles de cette période trouble que sur ses ressorts politiques, mais cela reste toujours très instructif de se replonger dans le Paris de la Commune et des années qui s’ensuivirent.

Pour ce qui est de l’adaptation elle-même, les auteurs s’y sont pris de belle manière, collant au plus près du récit, reprenant un maximum de dialogues du texte, mot pour mot, et, surtout, introduisant le personnage de Monsieur Emile (avec un Z comme Zola…). L’astuce narrative qui voit l’auteur de Germinal devenir lui-même un personnage de sa nouvelle me paraît très bien vue car elle permet une narration non linéaire et mieux rythmée, en particulier grâce aux différents points de vue des personnages qui lui racontent tour à tour cette histoire dans l'optique d'une publication ultérieure.

sarbacane, Jacques Damour, Emile Zola, Nouvelle, Commune de Paris, Vincent Henry, Gaël HenryLe ton choisi par les Vincent et Gaël Heny pour traiter un sujet aussi lourd que celui de La perte (au sens large : son fils, mort au combat, sa femme, remariée, son identité, envolée dans une mort supposée, sa maison, la fortune, aussitôt acquise aussitôt envolée…), est celui de l’humour. Le dessin au trait simplifié et onduleux fait parfaitement ressortir les caractères des personnages par des expressions et mouvements un peu caricaturaux. Certaines situations et les divers épisodes d’alcoolisation des protagonistes font le reste. Cet humour assumé permet de faire passer la pilule d’une histoire qui, sans cela, serait absolument et totalement déprimante.

Alors, question subsidiaire : les auteurs ont-ils trahis l’esprit que Zola a voulu donner à cette nouvelle ? Personnellement, je ne le crois pas. Je vous invite cependant à vous faire votre propre idée en lisant vous-mêmes cette fort sympathique BD.

 

 

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Odradek

27/07/2017

Quand le cirque est venu

quandLeCirqueEstVenu.jpgquandLeCirqueEstVenu-1.jpgScénario : Wilfried Lupano
Dessin : Stéphane Fert
Éditeur : Delcourt
24 pages
Date de sortie : 17 mai 2017
Genre : Conte

 

 

 

Présentation de l'éditeur

quandLeCirqueEstVenu-3.jpgLe général George Poutche, ce qu’il aime, c’est L’ORDRE ! L’ordre ET les médailles !!! Alors quand, un beau jour, un cirque débarque en ville, avec ses saltimbanques, ses zozos de chapiteau, tous différents, tous bizarres, ça ne lui plaît pas du tout ! Le général est bien décidé à les avoir à l’oeil ! Et bientôt, c’est le défilé des arrestations. Le spectacle tourne vinaigre… Jusqu’à l’arrivée d’un clown muni d’une tarte à la crème…

 

Mon avis

Prenez le général Pinochet, Mussolini, Staline, Hitler, Kim Jong Un, les généraux tapioca et Alcazar, le grand Plekszy-Gladz, Kodo le Tyran, Basam Damdu et tant d’autres néfastes personnages à l’égo aussi démesuré que leur manque d’empathie pour leurs semblables, mettez-les dans des pots de peintures, mélangez très fort… très très fort, et vous obtiendrez, sous les pinceaux de Stéphane Fert et le scénario de Wilfried Lupano une caricature… un modèle de dictateur dont le nom rappel un autre sinistre individu qui, s’il ne fut pas techniquement un dictateur, avait tout de même très probablement piétiné le vote des électeurs, et donc la démocratie, pour accéder au pouvoir, j’ai nommé : Georges Poutche (Jr… ?). Tout y est, le complexe d’infériorité (il est tout petit) qui a dû déraper quelque part au cours de sa vie, une obsession maladive pour l’ordre et, of course (que seraient les tyrans sans elle ?), une sacrée hypertrophie de la paranoïa.

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Que ce soit au travers d’un dessin volontairement caricatural et coloré (très belle utilisation des couleurs froides et chaudes selon les personnages), ou d’un scénario aussi simple que délirant, mais tellement efficace, les auteurs s’en donnent à cœur joie pour tourner en ridicule l’absurdité des régimes politiques basés sur les volontés d’un seul homme (en général) ou d’une seule femme (en Dame de Fer, à la limite…). Le tout est très rafraîchissant et, s’il s’agit bien d’un conte destiné à un jeune public, les adultes y trouveront également du plaisir grâce, notamment, à quelques bonnes bouffées de rire.

N’hésitez pas une seconde, c’est vraiment très drôle et intelligent. Merci les auteurs.

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Odradek

25/07/2017

Amber Blake - Tome 1 - La fille de Merton Castle

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceLa fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceScénario : Jade Lagardère
Dessin : Butch Guice
Éditeur : Glénat
48 pages
Date de sortie : 24 mai 2017
Genre : Aventure, Thriller/policier

 

 

 

Présentation de l'éditeur

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceAbandonnée à l’âge de 5 ans, passée par la case « orphelinat », Amber Blake grandit au sein du programme CLEVERLAND. Ce réseau d’écoles ultra-modernes créé par un richissime philanthrope indien a pour but de venir en aide à des enfants défavorisés du monde entier. Sauf que le directeur de la branche londonienne, Jeff Kavotz, est un diabolique pervers qui n’hésite pas à abuser d’élèves dont il a la charge. En fin d’études, témoin du meurtre de sa meilleure amie, Amber parvient à s’échapper de Cleverland. Elle est aussitôt récupérée par ARGON, une organisation secrète qui combat les crimes contre l’être humain comme la pédophilie, la prostitution ou l’esclavage. Jeune, brillante et déterminée, Amber forme une recrue de choix. Maintenant qu’elle a survécu à l’enfer, elle fera tout pour l’éviter aux autres. Mais elle voit surtout dans Argon et les outils futuristes mis à sa disposition le moyen de retrouver Kavotz. Ce dernier a disparu. Et Amber veut le faire payer.

 

 

Mon avis

Une bonne surprise !

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch GuiceCe n’est pas facile de passer après des Largo Winch et autre Lady S. C’est pourtant ce que se proposent de faire, et de commencer à réussir, les auteurs de cette BD au dessin nerveux et au scénario plutôt bien ficelé.

On y retrouve une héroïne « orpheline », un dessin très réaliste et un contexte très crédible. La volonté des auteurs, dans ce premier tome, est bien évidemment de poser le décor. Comme il faut en plus démarrer l’intrigue et accrocher le lecteur, ils ne prennent peut-être pas assez de temps pour développer le personnage d’Amber (notamment durant sa jeunesse et son temps dans l’institution de Cleverland qu'ils survolent un peu). Les exactions de Kavotz (mis à part l'assassinat de la meilleure amie d’Amber, et le(s) viol(s) de jeunes pensionnaires de l’école) ne sont pas vraiment précisées et semblent ne pas forcément justifier la haine tenace et l’obsession qu’Amber lui voue (à moins qu’on en apprenne plus avec un flash-back dans un tome ultérieur). C’est à peu près le seul vrai reproche que je pourrais faire à cette nouvelle série.

Car oui, pour le reste, le scénario tient carrément bien la route, les personnages sont bien travaillés, il y a de l’action, du suspense, des sentiments (a.k.a. scènes de cul) et un énorme cliffhanger sur la dernière page. Le dessin, précis et très réaliste est parfaitement adapté.

Déjà que la lecture plaisante de ce tome 1 me donnait bien envie de connaître la suite, mais là, avec la dernière page et les nouvelles perspectives qu’elle ouvre, l’attente de ce deuxième numéro va me paraître un peu longue…

 

 

 

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La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch Guice

 

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch Guice

 

La fille de Merton Castle, Amber Blake, Glénat, Thriller, Policier, espionnage, Jade Lagardère, Butch Guice

 

Odradek

19/07/2017

Cynocéphales - Tome 1 - La bande des Dogues

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesCynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesScénario : Gris de Payne / Stefano Tamiazzo
Dessin : Stefano Tamiazzo
Éditeur : EP Editions
48 pages
Date de sortie : 24 mai 2017
Genre : Aventures / Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Les cynocéphales, un peuple à visage canin, a depuis toujours été caché au sommet des montagnes et utilisé par le gouvernement français pour des affaires secrètes et dangereuses. Mais un jour, l'un d'eux décide que c'en est assez. Il refuse que les membres de sa famille grandissante vivent exclus comme des monstres, malgré leur différence.

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

 

Mon avis

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des DoguesUne société secrète perdue (protégée) en haut des montagnes, quelques trahisons par-ci par-là, des combats, du mystère… Surtout du mystère d’ailleurs… Parfois même un peu trop. L’histoire de ces hommes à tête de chien œuvrant en secret pour le compte de la France à travers l’Histoire et les champs de bataille a tout pour être intéressante. Néanmoins, je dois vous avouer que, parfois, on perd un peu le fil de la narration. Ce qui est peut-être évident pour les auteurs qui ont le nez (le museau) dedans ne l’est pas forcément toujours pour nous autres lecteurs, surtout en première lecture (que quelqu’un m’explique la page 18 s'il vous plaît…). C’est d’autant plus dommage que pour le reste, il n’y a rien à redire. Le flashback de 20 ans en arrière parvient assez bien à nous présenter la situation (sauf à 2 ou 3 moments un peu flous, donc…) et met en place l’intrigue pour un deuxième et dernier tome qui aura pas mal de choses à nous expliquer.

 

 

En effet, ce premier opus débute par une attaque de banque réalisée par « La bande des Dogues » et puis… plus rien (8 pages seulement sont consacrées à la Bande des Dogues qui donne pourtant son titre à l’album). On enquille directement avec le flashback. Il faudra donc nous expliquer le lien entre cette attaque et ce qui s’est passé 20 ans plus tôt car, au bout de ces 48 pages, on n’en a absolument aucune idée. En même temps, c’est un bon moyen d’attiser la curiosité du lecteur. En tout cas, avec moi, ça marche plutôt bien.

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

Si l’on ajoute à ça que le dessin, de très belle facture, est particulièrement soigné, on n’est pas surpris que cela renforce la crédibilité de l’ensemble. Stefano Tamiazzo possède son propre style et semble maîtriser la plupart des techniques nécessaires à l’élaboration d’une bande dessinée de grande classe : ses décors sont très beaux, l’attention portée aux détails et aux expressions des visages est manifeste, les perspectives, les mouvements, les cadrages, les couleurs, la matière… vraiment, tout est agréable à l’œil dans son dessin.

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

En bref, une BD intrigante, parfois un poil (de chien) décousue, mais très belle à regarder et dont la suite et fin sera attendue.

 

 

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Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

 

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

 

Cynocéphales, ep éditions, Stefano Tamiazzo, Gris de Payne, Histoire, Sociétés secrètes, La bande des Dogues

 

Odradek.