11/05/2017

Adieu monde cruel !

Adieu Monde cruel !,  Grand Angle, Nicolas Delestret, Stéphane MAssard, Jean Rousselot, Suicide collectif, Adieu Monde cruel !,  Grand Angle, Nicolas Delestret, Stéphane MAssard, Jean Rousselot, Suicide collectif, Scénario : Stéphane Massard / Jean Rousselot
Dessin : Nicolas Delestret

Éditeur : Grand Angle
88 pages
Date de sortie : 29 mars 2017 
Genre : Humour (même pas noir)

 

 

 

Présentation de l'éditeur

À la faveur d’une rencontre anonyme sur internet, trois hommes et une femme se donnent rendez-vous à l’aube sur la place d’une grande ville. Sans échanger noms ni prénoms, ils entrent dans une voiture, abandonnent leurs téléphones et quittent la ville.  Le mode opératoire de leur funeste projet, décidé d’un commun accord, semble bien en place : L’endroit, l’ambiance, les derniers mots.  Bref, il y a plus qu’à…Seulement rien ne va se passer comme prévu. Car si vivre seul n’est pas toujours facile, vouloir en finir en groupe est loin d’être simple et peut vous réserver quelques surprises…

Adieu Monde cruel !,  Grand Angle, Nicolas Delestret, Stéphane MAssard, Jean Rousselot, Suicide collectif,

 

Mon avis

Bon, je ne pensais pas que chroniquer une BD avec une histoire aussi simple serait aussi ardu, voire délicat. J’ai, à vrai dire, beaucoup de difficultés à dire du mal d’une BD. Pas par lâcheté, non, mais tout simplement parce que, quoique je puisse en penser, Les auteurs ont investi du temps, de leur personne et beaucoup de travail pour arriver à produire leur œuvre. Mais bon, je dois bien admettre que « Adieu monde cruel » ne m’a pas vraiment retourné. Le pitch est sympa et possède un bon potentiel mais l’histoire ne décolle pas plus que ça. Une bluette, en quelque sorte…

Adieu Monde cruel !,  Grand Angle, Nicolas Delestret, Stéphane MAssard, Jean Rousselot, Suicide collectif, Les personnages sont un peu caricaturaux et manquent de profondeur. Il y a là le vieux re-lou typique (japonophile, intello et glacial), le jeune prétentieux fêtard et inconséquent, le double quota : black ET handicapé (il est muet, sportif, affublé en permanence d'un casque audio, porte un jogging à capuche et enchaîne les bédos… J’invente rien…), et, last but not least, la fille désargentée, timide mais bien roulé (un peu un côté voisine idéale…). Contrairement à leur arrangement de départ, on va découvrir, un par un, qui ils sont vraiment et pourquoi ils veulent en finir avec la vie. Evidemment, les apparences vont être contredites par les faits et les actes, et la morale sera qu’il ne faut pas juger les gens au premier abord et que c’est toujours mieux d’être à plusieurs plutôt que tout seul (ce que je ne contredis pas, mais bon, je ne sais pas si je lis une BD pour qu’elle me fasse, de manière plus ou moins subtile, la morale). 

L'humour noir annoncé pourrait sauver un peu tout ça, mais lui non plus ne me convainc pas vraiment. Les gags comme le rythme général ne font pas mouche et l'on ne rit ni ne s'esclaffe quasiment jamais.

Mais sinon, je trouve le dessin plutôt sympa et adapté au récit. Les couleurs sont jolies, les cadrages assez dynamiques et le tout est bien agréable à l’œil.

Adieu Monde cruel !,  Grand Angle, Nicolas Delestret, Stéphane MAssard, Jean Rousselot, Suicide collectif,

Pour conclure, je n’aurais qu’un mot : Adieu !

 

 

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Adieu Monde cruel !,  Grand Angle, Nicolas Delestret, Stéphane MAssard, Jean Rousselot, Suicide collectif,

 

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Odradek

09/05/2017

BREIZH - Histoire de la Bretagne - 1 - Le Peuple indomptable

breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sbreizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sScénario : Nicolas Jarry / Thierry Jigourel
Dessin : Daniel Brecht
Éditeur : Soleil
60 pages
Date de sortie : 22 mars 2017
Genre : Histoire

 

 

 

Présentation de l'éditeur

breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sIl y a 2500 ans, les peuples celtiques occupaient les deux tiers de l’Europe. Certains d’entre eux passèrent du continent à la grande île à qui ils donnèrent leur nom : la Bretagne. Les Bretons y vécurent libres jusqu’à l’arrivée des Romains. Malgré la résistance de grandes figures, telles Boudicca, la reine des Icènes, tout le sud de l’île fut assujetti à Rome. Mais à la faveur du morcellement de l’Empire, les Bretons reprennent leur indépendance. Certains d’entre eux sont alors appelés en Armorique pour combattre les pirates saxons. C’est le début des grandes migrations...

 

 

 

Mon avis

breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; sJe vous préviens, je ne suis pas très porté sur les régionalismes. Ce serait même plutôt le contraire. Cette petite précision faites, je vais essayer de vous parler de ce premier tome de la Série Breizh – Histoire de la Bretagne avec le plus d’objectivité possible.

L’impression générale est globalement positive, avec pourtant quelques bémols. Deux choses sont néanmoins certaines : d’une part les auteurs ont bossé dur, et, d’autre part, ils maîtrisent leur sujet.

Cet ouvrage est donc une narration illustrée de type chronologique et événementiel sur une période d’environ un demi millénaire entre JC (Jules César) et le Vème siècle après JC (l’autre…). C’est d’ailleurs parfaitement assumé et précisé par Thierry Jigourel dans le texte d’introduction. En quelque sorte, on retourne en classe pour réapprendre l’histoire de France… Oups, my (jacobine) mistake… L’histoire de la Bretagne.

L’on y apprend que le fier et courageux peuple Breton s’est globalement toujours fait agressé par les autres, notamment les romains (puis les saxons), mais que eux, pacifistes et sympas comme tout, bien que vaillants guerriers, se sont régulièrement fait battre et n’ont jamais commencé la bagarre. On apprend également qu’ils ne formaient originellement qu’un seul peuple avec nos voisins d’Outre-Manche et qu’ils se sont réunis et retrouvés plusieurs fois au fil de l’Histoire (cette partie est d’ailleurs très intéressante).

breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; s

Sans être extraordinaire, le dessin est plutôt pas mal, même si je ne suis pas un fan absolu des ciels « photos » sur lesquels sont « collés » les dessins. Que ce soit pour le scénario comme pour le graphisme, c’est très dense. Beaucoup de cases se superposent mais ce n’est pas gênant. En même temps, on ne raconte pas 5 siècles en 60 pages comme çaLe recours à des cases allongées, panoramiques, est peut-être un peu trop systématique mais correspond au type de récit (narratif et chronologique) utilisé par les auteurs.

Concernant la forme, on peut dire que les éditions Soleil se sont appliqués avec une belle charte graphique, un vernis sélectif pour la couverture et un très beau dos toilé. Une intro et un lexique très fourni encadrent également le récit. Un dernier point : je trouve vraiment dommage que la couverture soit réalisée par un autre dessinateur que celui qui œuvre à l’intérieur, ça fait un peu publicité mensongère, surtout quand on a un superbe visuel à la Rosinski en couverture et un dessin à la « pas Rosinski » à l’intérieur... Accessoirement, la jolie guerrière rousse représentée en couverture (Boudicca) est un personnage d’une importance relative qui n’apparait que sur trois pages et demi quand la BD en compte 60… Une illustration de Conan Meriadeg eût été, à mon sens, plus logique… Moins sexy, certes, mais plus logique… Bref…

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Au final, si vous aviez piscine le jour où votre prof a fait un cours d’histoire sur la Bretagne, si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur cette belle région ou encore parfaire votre argumentaire autonomiste cette série est probablement pour vous.

 

 

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breizh - histoire de la bretagne - 1 - le peuple indomptable ; s

 

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Odradek

04/05/2017

Le vétéran - Tome 1

Le Vétéran ; Glénat ; Franck Giroud ; Gilles Mezzomo ; Histoire ; Napoléon ; Martin Guerre ; Amnésie ; schizophrénieLe Vétéran ; Glénat ; Franck Giroud ; Gilles Mezzomo ; Histoire ; Napoléon ; Martin Guerre ; Amnésie ; schizophrénieScénario : Franck Giroud
Dessin : Gilles Mezzomo
Éditeur : Glénat
64 pages
Date de sortie : 15 mars 2017
Genre : Historique, Fiction 

 

 

 

Présentation de l'éditeur

Le Vétéran ; Glénat ; Franck Giroud ; Gilles Mezzomo ; Histoire ; Napoléon ; Martin Guerre ; Amnésie ; schizophrénieParis, 1815. Quelques mois après la tragique bataille de Waterloo, le capitaine du 7e Hussards Maxime Danjou, surnommé « Sang de bœuf », termine sa convalescence à l’Hôpital du Val de Grâce. Pris dans une rixe à sa sortie de l’établissement, il se réveille dans un poste de police où une femme vient le chercher. Il ne la reconnait pas mais elle lui assure être sa femme : Maxime s’appellerait en réalité Théodore Brunoy, et serait un ancien colonel de l’armée napoléonienne ! Cette vie serait la sienne et il n’en a pourtant aucun souvenir. Maxime croit devenir fou. Est-il victime d’une manipulation ? D’une forme d’amnésie extrême ? Ou ne s’agit-il que d’un atroce cauchemar ?

Frank Giroud et Gilles Mezzomo se retrouvent pour un thriller psychologique en pleine période napoléonienne. Le parcours d’un homme en quête d’identité, entre paranoïa et désillusions, dans la lignée du Retour de Martin Guerre.

 

 

Mon avis

 

Le Vétéran ; Glénat ; Franck Giroud ; Gilles Mezzomo ; Histoire ; Napoléon ; Martin Guerre ; Amnésie ; schizophrénieWouah la claque ! La bonne claque. De celles qui réveillent et qui font du bien après des lendemains électoraux qui font du (beaucoup) moins bien.

Un excellent scénario de Giroud qui nous entraîne dans une enquête passionnante menée par un homme à qui tout indique qu’il n’est pas celui qu’il croit être. Les indices sont distillés au fur et à mesure du récit avec subtilité et (probablement) une certaine malice. En plus, on termine ce tome 1 sur un cliffhanger totalement inattendu. Vraiment, niveau scénar, c’est du béton !

Le dessin est très bon également. Le trait, un peu grossier (volontairement, j’imagine), colle bien au personnage un peu brut de Maxime/Théodore ainsi qu’à l’époque plutôt trouble de la restauration. Les extérieurs, les scènes d’actions, les cadrages assez ciné, ainsi que les couleurs, tout se tient, et pas qu’un peu.

En bref, une excellente BD dont j’attends la suite et fin (diptyque) avec une impatience non mesurée, mais à qui je ne pardonnerais pas de me décevoir avec un deuxième tome qui ne serait pas à la hauteur côté dénouement de l'intrigue.

 

 

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Le Vétéran ; Glénat ; Franck Giroud ; Gilles Mezzomo ; Histoire ; Napoléon ; Martin Guerre ; Amnésie ; schizophrénie

 

Le Vétéran ; Glénat ; Franck Giroud ; Gilles Mezzomo ; Histoire ; Napoléon ; Martin Guerre ; Amnésie ; schizophrénie

 

Le Vétéran ; Glénat ; Franck Giroud ; Gilles Mezzomo ; Histoire ; Napoléon ; Martin Guerre ; Amnésie ; schizophrénie

 

Odradek.

 

 

06/04/2017

L'amour est une haine comme les autres

l'amour est une haine comme les autres ; grand angle ; racisme ;l'amour est une haine comme les autres ; grand angle ; racisme ;Scénario : Stéphane Louis
Dessin : Lionel Marty
Éditeur : Grand Angle
72 pages
Date de sortie :  1er février 2017
Genre : Roman graphique

 

 

 

Présentation de l'éditeur

l'amour est une haine comme les autres ; grand angle ; racisme ;William est un enfant peu doué. À l’inverse, Abelard a des capacités intellectuelles hors normes. Mais il ne peut aller à l’école : les Noirs n’y sont pas acceptés. Entre les deux enfants, un pacte est scellé. Abe aidera William pour ses devoirs, et ce dernier lui trouvera toujours du travail. William gravit ainsi tous les échelons de la société locale, fondant sa propre entreprise dans laquelle Abe, l’homme à tout faire, prend les décisions dans l’ombre. William se décidera-t-il à donner à Abe la place qui lui revient, à placer un « nègre » dans son fauteuil ? Une amitié d’enfant, si forte soit elle, peut-elle survivre à de telles tensions ?

 

Mon avis

C’est un joli numéro d’équilibristes auquel se prêtent les auteurs de cette jolie BD. En effet, comment parler d’un sujet aussi grave et sérieux que le racisme sans tomber dans les clichés et une forme de bons sentiments ? C’est pourtant ce que font assez brillamment Stéphane Louis et Lionel Marty à travers cette histoire d’amitié pas comme les autres.

l'amour est une haine comme les autres ; grand angle ; racisme ;Bien sûr, ne nous y trompons pas, le contexte social et politique de cette Amérique de l'entre-deux-guerres est très, mais alors très défavorable aux afro-américains (c’est un euphémisme !). Mais, pour le reste, rien n’est tout blanc ou tout noir… Le père de Will, s’il est bien une horrible brute raciste, membre du Ku Klux Klan (avec du sang sur les mains), ne porte pas moins un amour paternel très fort à son fils, ce qui tendrait presque (j’ai dit « presque ») à l’humaniser. La mère d’Abe, si elle fait bien partie de la communauté noire maltraitée avec une violence extrême (disparitions, lynchages…) dans cette société américaine dominée par les blancs (on est en Louisiane), n’en est pas moins également raciste, par réaction, certes (et on peut la comprendre), mais raciste tout de même. Je ne vous parlerai pas de la mère de Will qui, durant les quelques cases où elle apparaît, ne donne aucune prise pour la raccrocher au genre humain…

Il s’agit bien là du numéro d’équilibristes dont je parlais un peu plus haut : arriver à raconter cette histoire d’amitié aux allures impossibles entre deux enfants, un blanc et un noir, en gardant le contexte social bien présent, tout en montrant les difficultés de coexister, y compris et surtout pour ceux qui le souhaitent par-dessus tout, mais sans non plus renvoyer dos à dos les deux communautés ce qui serait un mensonge historique. Bref, ce n’est vraiment pas évident. Au risque de me répéter, Louis et Marty semblent y parvenir dans cet ouvrage.

l'amour est une haine comme les autres ; grand angle ; racisme ;

L’histoire d’Abe et Will est servie par le joli dessin de Lionel Marty appuyé par les couleurs de Vera Daviet. Le tout est très agréable à l’œil. Les cadrages sont bien travaillés et la lisibilité est très bonne. Du très bon boulot de ce côté-là également.

l'amour est une haine comme les autres ; grand angle ; racisme ;

En bref, Une BD très sympa sur un sujet pas facile. Un grand bravo aux auteurs.

 

 

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 Odradek

 

Et pour pousser un peu plus loin dans cette thématique du racisme aux Etats-Unis d'Amérique, vous pouvez jeter un œil à cette petite vidéo.