21/12/2016

Le guide du moutard

le guide du moutard.jpgle guide du moutard planche.jpgDessin : Jul
Scénario : Jul
Editeur : Glénat
Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé :

La compagne de Jul est enceinte en plein pendant une campagne présidentielle (celle de 2007). Le dessinateur de presse (L’Huma, Le Point, Charlie Hebdo, Marianne, etc.) empoigne ses plus beaux crayons afin de nous faire vivre avec lui ce moment unique dans une vie de couple… Dans une vie tout court !

 

Mon avis :

Les journaux de bord par des dessinateurs de BD sont à la mode (Carnet de santé foireuse, de Pozla, La lune est blanche, d’Emmanuel Lepage), Jul est un auteur de BD à la mode DONC Glénat ressort Le guide du moutard. Ce syllogisme un peu bancal justifie-t-il la réédition de cette BD de 2007 ? Je n’en suis pas certain.


Attendez, je n’ai rien contre Jul, bien au contraire. J’aime son humour, ses jeux de mots surtout, mais son guide du moutard me laisse un peu sur ma faim. Bien sûr, quelques perles et autres drôlissimes trouvailles se sont glissées à l’intérieur de cet ouvrage, mais le tout est un peu trop inégal et ne parvient pas vraiment à décoller. On se surprend au fil du livre à regarder combien de pages il reste… Ce n’est jamais très bon signe.


Après, vous avez sans doute des amis qui vont avoir ou qui viennent d’avoir un enfant, et qui apprécieront peut-être de retrouver, en lisant ce « guide », des situations familières et souvent cocasses.

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a06-3e788fc.gifDessin 


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Odradek.

30/11/2016

Le Signe de la Lune

signe de la lune.jpgSigneDeLaLune_PL.jpgDessin : José-Luis Munuera
Scénario : Enrique Bonet
Éditeur : Dargaud
Sortie : 2009

 

 

 

 

Résumé :

bonet,munuera,le signe de la lune,dargaudIl était une fois, il y a (plus ou moins) longtemps, dans un village espagnol, une petite fille du nom d’Artémis. Elle n’avait d’yeux que pour son petit frère et la Lune. Il y avait bien Rufo, insupportable chef de bande violent, et Brindille, le rêveur solitaire, pour tenter de la détourner de l’astre sélène et gagner son amitié, voire plus, mais rien n’y faisait… jusqu’au jour, ou plutôt, jusqu’à la nuit du drame…

 

Mon avis :

Lorsque José-Luis Munuera m’a gentiment dédicacé son album Le Signe de la Lune au Salon International de la BD de Liège en septembre dernier, il m’a confié qu’il était très content de cet ouvrage, et, franchement, on peut le comprendre.


bonet,munuera,le signe de la lune,dargaudBonet et lui signent à eux deux un superbe conte fantastique, à la fois sombre et lumineux. Sombre par le sujet : la perte d’un être très cher et le sentiment de culpabilité qui ronge, et lumineux par le dessin de Munuera. Un trait nerveux, aux accents manga pour les personnages, les attitudes, le mouvement et les expressions, et des décors sublimes, tout en nuances de gris, teintés d’une brume omniprésente (la forêt et la nuit sont au cœur de l’histoire) qui ne manqueront pas de faire penser à Loisel. Sublimes, je vous dis !

 

 

 


Le scénario ne déçoit pas non plus. Le récit se divise en deux parties. La première se déroule dans l’enfance et la deuxième, à l’âge adulte. Les répercussions de l’une sur l’autre sont au centre du récit et accompagnent le lecteur tout au long de la narration. Enfin, même s’il s’agit bien d’un conte, et peut-être parce qu’il s’agit bien d’un conte, une critique sociale apparaît en toile de fond. Rufo est devenu le Seigneur d’Aldéa, protecteur et bienfaiteur de ses habitants. En vérité, c’est une espèce de tyran dont se passerait bien le village.

 

bonet,munuera,le signe de la lune,dargaud


Quant à la lune, les rivalités amoureuses et le drame d’Artémis, je vous encourage vivement à les découvrir au fil de ces 135 superbes pages.

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Odradek.

19/11/2016

MAGRITTE, Ceci n’est pas une biographie

 

magritte, ceci n'est pas une biographie.jpgmagritte.jpgDessin : Thomas Campi

Scénario : Vincent Zabus

Éditeur : Le Lombard

Sortie : novembre 2016

 

 

 

 

Résumé



campi,zabus,le lombard,magritte ceci n'est pas une biographie,magritteC’est une bien étrange histoire qui arrive à Charles Singullier (avec deux « L », comme les colombes de Magritte…). En effet, il vient d’acheter un chapeau melon qui reste vissé sur sa tête. Apparemment, c’est celui de René Magritte. S’il veut pouvoir l’enlever, il devra percer les mystères du peintre…

 

Mon avis

Tout comme au cinéma, en ce moment, la mode est à la biographie de (plus ou moins) grands personnages. Les auteurs de cette BD s’attaquent cependant à un peintre dont l’œuvre, jouant sur les mystères de l’image et de ses représentations, a donné lieu à d’innombrables analyses, commentaires et autres explications. Il s’agit donc d’un défi de taille qu’ils relèvent de fort belle manière.

 

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D’abord, puisque l’image est primordiale dans Magritte : le dessin. La jolie couverture nous plonge immédiatement dans le monde du peintre belge à coup de petits clins d’œil : Il y a là le personnage au melon, les nuages (inimitables) sur ciel bleu ainsi qu’un personnage derrière un rideau. Le titre même de l’ouvrage : « Ceci n’est pas une biographie » emprunte la célébrissime formule au tableau « La trahison des images ». Bref, question références, on va être servi.

campi,zabus,le lombard,magritte ceci n'est pas une biographie,magritteLe style graphique utilisé (à dessein, je suppose) par Thomas Campi, très « peinture », nous entraîne facilement dans l’univers surréaliste de Magritte et cela devient presque un jeu d’essayer de repérer les détails renvoyant son oeuvre et qui parsèment le récit.

Le récit, tiens, parlons-en ! L’intrigue, assez simple, relève du genre fantastique (au sens littéraire du terme). Un événement anodin, l’achat d’un chapeau melon, fait basculer notre personnage principal dans une histoire irréelle. Un peu comme un tableau de Magritte… C’est d’ailleurs le point faible de cette BD. L’histoire ne décolle pas vraiment et notre Charlie est baladé d’un lieu Magrittien à un autre. On s’aperçoit au final que l’aventure de Singullier n’est qu’un prétexte à nous faire découvrir (d’une très agréable manière, tout de même) ou re-découvrir, l’œuvre ET la vie de René Magritte.


En bref, une bio qui n’en est pas une, tout en l’étant mais sans l’être. Mais, si ça peut vous rassurer, il n’est pas besoin d’aimer ou de connaître Magritte pour l’apprécier.

 

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05-3e731b2.gifDessin 


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Odradek.

 

25/10/2016

Les aventures de Spirou et Fantasio T10 La lumière de Bornéo

Spirou Zidrou Pé.jpgspirou t10.jpgDessin : Franck Pé
Scénario : Zidrou
Editeur : DUPUIS
Sortie : 7 octobre 2016
84 planches

 

 

 

Résumé :


Tandis qu’un mystérieux peintre anonyme alimente une galerie d’art bruxelloise en toiles animalières d’une qualité exceptionnelle, Spirou, qui s’est fait virer de chez Moustique, tombe sur un vieil ami, Noé, l’homme qui parlait à l’oreille des animaux. Celui-ci est en pleines retrouvailles avec sa fille, une ado mal dans sa peau. Afin d’apaiser la situation et aider Noé, c’est Spirou qui va récupérer « l’animal » chez lui…

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Mon avis :


Toute la difficulté que je viens d’avoir à résumer cette BD vous montre à elle seule ce que j’en pense… 
Malgré un dessin très au point (non exempt de tout reproche, mais de très grande qualité tout de même), ce nouveau tome de la série Le Spirou de m’a quelque peu déçu. Un peu comme une boisson aux édulcorants. En le lisant, je me disais que c’était plutôt bon (notamment grâce au dessin), mais, une fois le livre refermé et la potion avalée, il me reste un goût amer dans la bouche de mon cerveau.

Je m’explique. Comme je l’ai déjà dit deux fois en quelques lignes, le dessin est superbe. Le livre, l’objet lui-même est très beau. Le papier (recyclé, of course) est d’un blanc assez chaud et d’un grammage pas dégueu. En plus, il sent bon la BD neuve. En outre, on se rend compte rapidement que si l’on a payé un poil plus cher qu’une BD grand format classique, on a du rabe de pages : 82 en tout. Bref, ça part bien. Le dessin est superbe (vous l'ai-je déjà dit ?). Les couleurs sont à tomber, le découpage, les mouvements, tout est très dynamique mais sans tomber dans la caricature. Non, vraiment, graphiquement, c’est au top. Le seul petit bémol (et encore, je ne l’ai remarqué qu’en deuxième lecture) ce serait l’utilisation presque systématique de dégradés qui trahissent un traitement numérique du dessin. Sur du papier glacé et dans d’autres circonstances, je trouve que ça pique les yeux. Mais là, avec le joli grain et les autres éléments du dessin, ça passe plutôt bien… Il fallait tout de même que je le mentionne.


Enivré par une telle qualité graphique, on se laisse facilement prendre par le récit. Mais c’est malgré tout au niveau du scénario que le bât semble blesser. J’ai comme l’impression que l’auteur a voulu trop en mettre dans un seul et même tome. Voyez vous-mêmes. D’abord, Spirou se fait virer de son journal pour des raisons déontologiques alors que Fantasio décide d’y rester, avec les embrouilles qui vont forcément en découler. Ensuite, Noé fait son retour dans l'univers de Spirou avec tous ses animaux et le monde du cirque. Puis, la fille de Noé réintègre la vie de ce dernier avec tous les chamboulements que l’on peut imaginer et les conflits entre un père maladroit avec les humains (imaginez avec une ADO !) et une fille renfermée sur elle-même et manifestement en manque d’affection parentale. Il y a également Spirou qui prend des cours de peinture auprès d’une jolie jeune fille avec une romance potentielle à la clé. Enfin, vous avez une trame à base de tableaux animaliers, de spéculation dans le monde de l’Art, le tout, en parallèle avec une invasion mondiale de champignons noirs dont personne à part Champignac et sa bande ne semble se soucier.


A croire que pour faire un bon Spirou il faille absolument s’accrocher à des références du passé de la série. Je ne suis pas certain que Franquin se prenait la tête à relire les précédentes histoires où apparaissait Spirou pour y gaver de références ses albums… Fournier non plus d’ailleurs… Comme si on ne pouvait pas faire un album de Spirou sans y mettre un peu de Champignac, un peu de Palombie, et beaucoup de Franquin. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : Gros respect pour Franquin, Champignac et même la Palombie où je pars souvent en vacances… Mais c’est juste que des fois, à trop vouloir en faire on gâche tout. Pour La lumière de Bornéo, en l’occurrence, l’histoire des champignons noirs n’a l’air de servir à rien d’autre qu’un prétexte à quelques cases avec ce bon Pacôme... Peut-être eut-il mieux valu se concentrer sur l’histoire principale.


Quoi qu’il en soit, à la fin, je ne sais toujours pas quoi en penser… Un drôle d’ orang-outan est malheureusement mort, une ado anorexique semble s’être libérée et a retrouvé son père, deux magnats ridicules offrent une superbe expo à la ville de Bruxelles (et au monde !!!), Spirou semble avoir trouvé un modèle pour ses cours de nu et il semble que le journal Moustique soit devenu un catalogue pour couches culottes…


Bref, un arrière-goût amer quoi…

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Odradek.