13/11/2013

Interview de Benoit Blary pour Sigurd et Vigdis.

Je vous propose une interview du jeune et prometteur dessinateur Benoit Blary pour la sortie du tome 2 de Sigurd et Vigdis au Lombard.

 

9782803633234-couv-I325x456.jpgSigurd et Vigdis se sont rencontrés et enfuis à la tête d'une petite troupe. A présent qu'ils ont conquis leur liberté, à condition d'exercer cette dernière en direction de l'Est, il leur faut affronter le plus terrible des adversaires : l'hiver. Ils ignorent encore que certains n'ont pas digéré leur idylle. Mais qu'importe : les amants maudits sont prêts à écrire leur légende en lettres de sang !

Et maintenant place à l’itw !

 

 

1-SambaBD-Avant de parler de Sigurd et Vigdis, peux-tu nous parler de ton parcours professionnel jusqu’ici ?

AVT_Benoit-Blary_3750.jpegBenoit Blary-Suite à mes études à l’Institut St-Luc à Bruxelles, j’ai travaillé en tant qu’illustrateur et ai réalisé du storyboard pour des courts et moyens métrages, des clips et documentaires. Parallèlement à ceci, je montais divers projets de bande-dessinée et les membres de l’Atelier 510ttc, à Reims, à qui je venais montrer mon travail régulièrement m’ont gentiment proposé d’intégrer leurs rangs. J’ai signé mon premier album au Lombard, avec Hervé Loiselet, quelques-temps après. 

2-Ton trait que je qualifierais de « crayonné à l’aquarelle » est très caractéristique, comment procèdes tu pour réaliser une planche ? As-tu constaté une évolution dans ton style par exemple par rapport à 20 ans de guerre ?

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Je commence par un storyboard en format proche du A5 que j’agrandi ensuite aux dimensions de la planche pour le reprendre à la table lumineuse, pour la préparation de la page. Je précise ensuite le dessin, sans le finaliser, pour essayer de garder un peu de vie et de dynamisme lors de l’étape suivante de « l’encrage » au stylo-bille noir. Puis je termine en appliquant l’aquarelle. Le tout étant sur la même feuille comme il se doit pour une technique à la couleur directe classique.

J’espère avoir évolué depuis mon premier album qu’est « 20 ans de guerre ». La technique en elle-même n’a pas changée, pour l’instant, stylo-bille et aquarelle, mais je m’efforce d’être plus efficace dans le dessin et l’application de la couleur, en synthétisant, en jouant sur les ambiances, etc.

 

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3- Comment se passe une rencontre entre Benoît Blary et Hervé Loiselet ? Te mêles tu aussi du scénario ?

Hervé et moi ne nous rencontrons physiquement que très rarement. L’essentiel du travailsigurd-et-vigdis-portfolio-benoit-blary-3481-l215-h315-c.jpg se fait par email. Nous avons une passion commune pour l’Histoire et divers sujets qui rend notre collaboration agréable. 
 
Je n’interviens pas sur le scénario. Hervé me le transmet sous forme de découpage écrit, à partir duquel je fais le storyboard. Je ne modifie pas les dialogues et le découpage d’ensemble de l’album, des séquences, bien entendu, mais j’ai la chance d’avoir une certaine liberté pour la mise en scène dans les pages, les cases. Je peux ajouter ou retirer une case si je l’estime nécessaire, choisir les angles de vues, etc,. Cette étape du storyboard me plaît beaucoup, me permet de m’immerger dans l’histoire. Je procède ainsi sur mon autre série, « Virginia », avec Séverine Gauthier.

4-Qui est le plus passionné de la période viking  toi au Hervé? Quelle est la partie « véridique » dans Sigurd et Vigdis ?


sigurd et vigdis,blary,loiselet,vikings,aventures,le lombard,interviewNous n’avons jamais fait de concours pour savoir qui est le plus passionné par le sujet… Je lui demanderai combien il possède livres traitant des vikings. Si il en a plus que moi on pourra dire que c’est lui le plus passionné ! En tout cas c’est un sujet qui nous intéressait tout les deux depuis de nombreuses années. Et nous intéresse encore.

Hormis le fond (vêtements, armes, architecture, coutumes, etc. Sans prétendre être parfait non plus) il n’y a pas de volonté d’être véridique, au sens historique du terme, dans cette BD. C’est avant tout un récit d’aventures ancré dans un environnement passé. Il y a des bouts de « vérité » ici ou là pour rendre l’univers crédible (du moins l’espérons-nous) mais c’est tout.  Hervé va peut-être bondir en lisant cela mais c’est ainsi que je le vois !

  

5-Il me semble que les aventures de Sigurd et Vigdis vont nous mener bien loin, des grands explorateurs ces vikings ? En combien de tome S & V ?

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Le projet fut signé en deux tomes, mais Hervé à effectivement pensé son récit dès le départ comme une grande saga pouvant conduire nos personnages dans des contrées (très) lointaines. Sait-on jamais, les dieux leur permettront peut-être de poursuivre leurs aventures.

 

 

6-Il me semble que tu as particulièrement fait attention aux habits et aux apparats portés  par tes personnages.

 

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Oui, c’est un point qui m’intéresse, qui permet de parfaire sa culture, qui donne du corps aux images, et qui aide (je l’espère) à se plonger dans l’univers décrit. Hervé aussi accorde de l’importance à ceci et me fournit parfois de la doc sur certains points. Mais ce n’est pas pour autant historiquement juste à chaque fois même si j’essaie de le faire avec sérieux, n’ayant ni le temps ni les connaissances historiques approfondies permettant d’être infaillible. Et comme je l’ai dit plus haut, c’est un récit d’aventures et non un traité d’historien.

7- Ça ne doit pas être évident de se documenter sur cette période assez obscure? 

Il  y a de nombreux livres sérieux traitant des vikings et on peut accéder à des photos de pièces de musées sur le net. En recoupant les sources on obtient pas mal de choses.

8- Quittons Sigurd et Vigdis , es-tu aussi un lecteur de BD ? Tes coups cœurs ?

BigFootDumontheuil3_09062008_224343.jpgOui, je lis de la BD bien que je sois plus souvent plongé dans des Couv_198620.jpgromans, des livres sur les musiciens, etc. En BD, j’ai découvert dernièrement « Big Foot » de Nicolas Dumontheuil que j’ai beaucoup aimé, tant au niveau graphique que du scénario. Il faudra d’ailleurs que je lise le roman dont c’est adapté. Sinon, dans les réelles nouveautés je citerai « Battling Boy » de Paul Pope, qui est un auteur que j’apprécie depuis longtemps.

9-Tes ambitions pour le futur ? Déjà d’autres projets en tête ?

Pouvoir continuer à raconter en bande-dessinée  des histoires me plaisant. 

9782203047808.jpgConcernant les projets, je travaille actuellement sur le tome 02 de « Virginia » chez Casterman et scénarisé par Séverine Gauthier ainsi que sur des dessins pour la seconde saison de la série documentaire « Sur nos traces » diffusée sur Arte. Et j’ai d’autres projets en préparation mais rien dont je puisse parler pour l’instant.

10-le bonheur pour Benoit Blary , c’est ….

 Vaste question… Le fait que mon entourage, famille et amis, se porte bien y est pour beaucoup, en règle générale.

Voilà, c’est fini.

 

Un grand merci à Benoit  pour sa disponibilité et sa rapidité.

On lui souhaite que du bon pour le futur.

 

Samba.


Vous voulez gagner cette série ?

 SambaBD lance un concours pour gagner un lot des 2 tomes de cette série et un autre tome 1. Comment faire ? Laissez simplement  un commentaire en dessous de cette interview et s’inscrire à la newsletter.

Le concours court jusqu’au 31 novembre.

Bonne chance à tous.

20/09/2013

Interview de Gabriel Lopez (Dessinateur de Isabellae).

Mais avant quelques mots sur Isabellae dont le tome 2 vient de sortir chez le Lombard récemment .

isabellae.jpgSa chevelure rousse tranche avec le Japon médiéval au sein duquel elle évolue... mais pas autant que ses sabres affûtés  Fille d'une sorcière irlandaise et d'un grand samouraï, Isabellae voyage à la recherche de sa sœur disparue. A ses côtés, le fantôme de son père, et quelques compagnons d'infortune. Cherchant à retrouver son passé pour mieux l'exorciser, elle fait pleuvoir une pluie de sang dans son sillage...

 

Premier cycle en trois tome

Place à l’interview de l’espagnol Gabriel Lopez dit Gabor 

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J’ai lu qu’avant « Greenworld » (ta première BD), tu avais travaillé dans l’animation (Cédric-Agrippine-Astérix). Peux-tu nous expliquer ce changement et ce que l’animation t’a apporté dans la réalisation d'une BD ? 

Depuis toujours, je lis et dessine des BD. Cela peut sembler étrange, mais depuis l'enfance, mon rêve, mon objectif a consisté à devenir un auteur de BD. 

Mon passage dans l'animation a été la conséquence d'un heureux accident. J'y ai appris la plupart des choses qui me sont utiles aujourd'hui, notamment en côtoyant de grands artistes qui m'ont énormément apporté. 

Le moment où tout a basculé coïncide avec l'essor de l'animation en images de synthèse. Cela signifiait dessiner moins et devoir travailler avec des logiciels de 3D, ce qui me séduisait nettement moins. 

À cette époque, j'étais en relation avec François Debois, et l'opportunité de pouvoirGreenWorld1_29092007_185942.jpg publier Greenworld chez Soleil s'est heureusement présentée. 

Je conserve de l'animation un certain sens des responsabilités lors de l’élaboration d'un projet artistique, une meilleure aptitude à raconter une histoire, et une fluidité dans la narration. 

L'animation et la bande dessinée ont beau être deux médias distincts, il existe un lien fort entre eux. 

 

Comment est née Isabellae ? 

Gabor-raule.jpegIsabellae est née de mois d'échanges avec Raule. Après quelques idées qui n'ont finalement pas été retenues, nous sommes arrivés au personnage actuel et à ses aventures. 

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Dans Isabellae, on retrouve de nombreux genres : l’aventure, le combat au sabre, du fantastique, du dépaysement, du gore, de l’amour… c’est ce mélange qui t’a attiré dans cette série ? 

C'est une combinaison de tout ce que nous apprécions. Je veux dire qu'Isabellae est née au fur et à mesure de discussions sur les histoires que nous aimions voir ou lire. Et l'aventure, les combats au sabre, le fantastique, le type de décors, le gore, l'amour... tous ces ingrédients en faisaient partie. 

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Il y a une scène dans ce tome 2 qui m’a marquée : celle où l’on voit la jonque naviguer entre des noyés. Peux-tu nous expliquer comment tu as créé cette scène ? 

Et bien, il s'agit d'un type de scène couramment utilisé par le cinéma, dans le but de choquer ou d'impressionner le spectateur, dans notre cas le lecteur. La séquence m'a pris quasiment une semaine complète, mais nous étions très satisfaits du résultat, et je suis heureux de constater qu'elle remplit son office auprès des lecteurs ! 

 

Toi qui es dans le secret des dieux, comment séduire Isabellae ? 

Il ne vaut mieux pas, du moins si tu apprécies la vie… Méfie-toi d'elle. Elle est aux commandes ! :) 

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Les couleurs jouent un grand rôle surtout pour bien situer les époques. Tu peux nous en dire plus sur la manière dont tu procèdes ? 

Le contraste entre les différentes couleurs de l'album est traité avec beaucoup d’attention, en fonction de ce qui se produit sur chaque planche. C’est presque de la musique. Et, dans la mesure où la BD ne dispose pas de piste son pour accompagner le déroulement de l’histoire, l’idée consiste à utiliser des palettes de couleurs afin d’accentuer les différents sentiments des personnages, l’action, la violence… C’est un peu compliqué à expliquer, mais c’est ce qui m’aide à choisir les couleurs. 

 

Deux questions plus générales. Comment expliques-tu qu’il y ait tant de « bons » dessinateurs espagnols ? 

Je ne sais pas ! Haha ! Peut-être est-ce dû à la qualité de l'eau qu'ils consomment ? Plus sérieusement, depuis des siècles, l’Espagne entretient une tradition de grands artistes. Je crois que cet amour de l'art perdure, et qu'il s'exprime particulièrement dans cette génération d'auteurs - issue des années 80 à 2000 - aujourd'hui à l'œuvre dans la bande dessinée, avec un certain succès, je pense. 

 

Comment se porte le marché espagnol de la BD ? 

On y trouve beaucoup d'auteurs talentueux, beaucoup de rééditions, moins de productions locales destinées au seul marché espagnol et moins de lecteurs que nous le souhaiterions, mais, petit à petit, la situation commence à changer. Je suis plutôt optimiste. 

 

Et enfin, Gabor (Madrid) et Raule (Barcelone), ça doit être chaud lors d’un « classico » ? 

Désolé, mais je n'aime pas le football, alors il ne se passe rien. J'ai d'autres centres d'intérêt.

 

Voilà, un grand merci à Gabriel pour avoir répondu à mes questions et à JMC pour la traduction.

 

A bientôt pour le tome 3 d’Isabellae.
Samba. 

 

Écrit par Samba dans Actualité, Portrait. | Commentaires (1) | Tags : gabor, isabellae, le lombard, interview |  Facebook | |

13/09/2013

Interview de Martin Jamar pour Double Masque.

BM.JPGA l’occasion du dernier tome de Double Masque « l’hermine », SambaBD avait envie de réparer un impardonnable oubli .Samba BD n’avait en effet pas encore interviewé  le talentueux dessinateur belge du charmant  village de Limbourg, Martin Jamar . Une interview à son image, conviviale et détendue avec quelques petites révélations.

Samba-Avec ce tome 6 de Double Masque, on clôture les aventures de la Torpille, de  son écureuil, de l’abeille et de la fourmi. Pas trop difficile de quitter ces personnages après 9 ans de   « cohabitation » ?

Martin Jamar-Bien sûr, c'est chaque fois un peu particulier, le moment où l'on arrive au 57278733_p.jpgbout d'une histoire, cela fait un petit pincement au cœur, en se disant qu'on les " abandonne " à leur destin de papier. C'est peut-être idiot, mais on s'y attache, avec le temps qu'on passe en leur compagnie. Parce que dans ma tête, ils existent vraiment ... !

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Samba-Depuis que je vous suis, je remarque que vous dessinez toujours la même époque (François Julien, Les voleurs d’Empire, Double Masque.) Pourquoi cet attrait particulier pour cette époque Napoléonienne ?

Martin Jamar-Oui, je dois paraître quelque peu monomaniaque ... De fait, le 19e siècle fut jusqu'à présent ma période de prédilection. Pourquoi cet attrait pour l'époque napoléonienne ? Il faut sans doute remonter à mes 10-12 ans, les jeux et lectures que j'avais alors - petits soldats, aventures de grognards et autres généraux -, la variété, le panache de ces uniformes me fascinaient ( mais je suis très loin d'être militariste ... ) , le destin de certains  personnages de ce temps étaient assez incroyables ,  un cabaretier pouvait devenir en quelques années maréchal de France puis roi de Naples ! Sans parler de l'ascension fulgurante d'un petit Corse ( qui a dit, je crois : " Ah, ma vie, quel roman ! " )

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La plupart des périodes historiques ont des éléments intéressants à raconter, mais il faut bien faire des choix et se plonger dans celles qui nous attirent davantage, pour des raisons parfois mystérieuses.

 

- Samba- Pendant la lecture du tome 6, j’ai presque eu pitié de vous avec le couronnement de Napoléon qui fourmille de personnages et de détails architecturaux incroyables. Un morceau de bravoure ?

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Martin Jamar-Houlà oui, Mais c'était incontournable, lorsqu'on aborde Bonaparte devenant Napoléon. Ces planches montrant le Sacre m'ont pris un temps fou, même si j'avais une bonne documentation, ce fut assez fastidieux, tous ces figurants, ces costumes tarabiscotés... Mais, finalement, sur l'ensemble de l'album, cela ne représente qu'une petite partie. J'imaginais, en commençant l'album (dont je n'avais pas encore l'entièreté du scénario), que ce serait peut-être la moitié de l'histoire qui se passerait à l'intérieur de Notre-Dame. Le scénariste aurait-il, lui aussi, eu pitié de son pauvre dessinateur ... ? 

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souris.jpg- Samba- Un peu à la façon d’une petite souris, j’aimerais connaitre comment se passe une rencontre avec Jean Dufaux pour élaborer un album ?

Martin Jamar-Si vous étiez une petite souris, vous pourriez nous suivre dans un Mainblanche.jpgrestaurant (plutôt chinois ou italien), à Bruxelles ou à Liège, nos lieux de rencontres habituels. Vous nous verriez commencer souvent par une coupe de champagne (on trouve toujours bien quelque chose à fêter ! ) et , autour d'une bonne table, discuter par exemple d'un prochain album : en fait , Jean Dufaux me raconte d'abord les très grandes lignes de l'histoire qu'il aimerait raconter, et, miracle, il se fait que , jusqu'à présent,  j'ai toujours été emballé par les projets , les idées qu'il m'a proposés ( après échanges sur mes envies, mes goûts ) 

A partir de là, ... Il n'y a plus qu'à, comme on dit ...! Chacun rentre chez soi plutôt guilleret, et on se remet au travail.

Jean m'écrit les premières planches, me donne quelques indications nécessaires pour la suite, et nous nous revoyons lorsque j'ai crayonné plusieurs planches, nous discutons mise en scène, lisibilité, efficacité / force des images. C'est un moment important, parce que j'ai toujours besoin d'un regard extérieur et neuf sur mes dessins, Jean sait mettre le doigt là où quelque chose est à améliorer. Et, bien souvent, nous sommes les derniers à quitter le resto, dans l'après-midi (avec la petite souris, sans doute ... !)

 

Samba-Est-ce que Martin Jamar utilise la nouvelle technologie pour la confection d’un album ou est il plutôt traditionnel ? (une question pour savoir comment vous travaillez, à quel rythme, vos habitudes et votre univers adéquat).

mJ1.jpgMartin Jamar-Je suis encore très traditionnel - papier, crayon, encre, aquarelles -, mais ponctuellement, je commence à utiliser (en tous cas, j’essaie) PhotoShop pour faire certaines retouches, par exemple sur une illustration de couverture. Cet été, grande première, j'ai suivi un stage d'infographie : ce ne fut pas simple, mais j'ai appris quelques trucs ... 

Info pour la petite souris ...  : mon bureau est à la maison, 2 belles pièces bien tranquilles, où je travaille autant que possible ( surtout quand les enfants sont au collège ! ), et surtout en journée, je ne suis pas un " nocturne", sauf quand les échéances l'imposent... Ce qui arrive à chaque fin d'album, bien sûr ! Mon rythme n'est pas super-rapide, les lecteurs auront pu le constater, depuis le temps ... Et pas aussi régulier que je le souhaiterais (pour x raisons), mais c'est ainsi. Je pense que certains ont plus de facilités que d'autres, il faut nous accepter tels que nous " fonctionnons ".

 

 

Samba- Pouvez-vous nous dévoiler une petite parcelle de votre prochain projet ?

Martin Jamar-Je préfère ne pas encore en dire trop, d'abord parce que le contrat n'est pas encore signé, ensuite parce que j'avais annoncé ces derniers mois un autre projet qui ne pourra finalement pas aboutir... 

Quelques indices quand même : scénario de Jean Dufaux, one shot , hors 19e siècle, autour d'un personnage ayant réellement existé et auquel vous ne vous attendez probablement pas ... !

Je démarre là-dessus (Jean Dufaux  a déjà écrit les 10 premières planches)  dès que j'ai achevé un autre beau projet, un album collectif - 10 dessinateurs -, et un point commun: la 1ère Guerre, 1914, en Wallonie. J'ai, pour la première fois, écrit un tout petit scénario : 5 planches ... !

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Samba-Une question à 1 euro, comment voyez vous l’avenir de la BD (la surproduction, les nouveaux supports de lecture,…)?

Martin Jamar-Vaste question, je n'ai pas d'opinion bien originale là-dessus. J'imagine que La BD continuera d’exister, mais sous diverses formes et sur divers supports, qui évoluent beaucoup et vite. L'essentiel est que les jeunes continuent à avoir envie de LIRE !! - BD, romans, nouvelles, biographies, mémoires, peut importe - . On verra petit à petit où l'offre et la demande se rencontreront le mieux ... Le tout est que les parents donnent à leurs enfants le goût de la lecture et l'envie de découvertes. 

 

 

Samba-Lisez-vous d’autres BD, des conseils de lecture ?

Martin Jamar-Oui, je lis d'autres BD, pas des dizaines, mais j'essaie de suivre en priorité les albums des amis et autres copains, et puis des albums sur lesquels je " flashe" - un bon dessin, une bonne histoire -, le miracle est lorsque cela coïncide, bien sûr ! Mes préférences vont plutôt vers la BD dite classique, l'école franco-belge, il y a quelques auteurs que j'achète " les yeux fermés " : Gibrat, Juillard, Pellerin, Prugne, Jusseaume,images.jpg Cosey, Griffo, Larcenet, par exemple .... Ce que j'ai beaucoup aimé, ces derniers temps : "Abymes", de Mangin et Griffo, " Grand Prix " de Marvano, pour ne citer qu'eux, il y en a d'autres ...  L'un ou l'autre conseil de lecture : Bruno Marchand " Quelques pas vers la lumière ", ou Stéphane Pêtre, " Marbot " - qui n'est malheureusement visible maintenant que via le Net... ou Céline Liégeois  avec son blog "dans la famille" ICI.

 

Samba-Pour terminer, le bonheur pour Martin Jamar c’est …….

1981858-2733024.jpgMartin Jamar-Le bonheur, c'est .... Quand j'étais jeune et insouciant, en vacances avec mes cousins dans un chalet au bord d'un lac !  Blague à part (quoique...), mon bonheur, c'est un bon équilibre entre mes très proches et mon travail : quand on le trouve, c'est formidable !

Samba-Votre album BD ultime : 

Martin Jamar-si c'est dans le sens " celui que j'emporterais sur une île déserte «, je pourrais dire " A la recherche de Peter Pan " de Cosey, ou les " Idées noires " du génial  Franquin ! Choix difficile 

logofranquin.jpg

 

Je tiens à remercier Martin Jamar pour sa grande gentillesse et son implication dans cette interview. 

N’hésitez pas à mettre un commentaire si vous avez besoin de complément d’information. 

Samba.

Écrit par Samba dans Actualité, Portrait. | Commentaires (3) |  Facebook | |

08/04/2013

A l'ombre du convoi T2: L'espoir d'un lendemain.

a l'ombre du convoi.jpgÀ l'ombre du convoi2.jpgAuteurs : Beroy et Toussaint.
Editeur : Casterman.
Sortie :03/2013


Belgique, nuit du 12 au 13 novembre 1943, quelque part entre Malines et Louvain.
Un convoi de wagons plombés s’est immobilisé sur la voie ferrée, en pleine campagne. Il a quitté Bruxelles pour un voyage sans retour, direction Auschwitz.
À l’ombre du convoi retrace les destins croisés de trois personnages réunis cette nuit-là sur cette même voie ferrée : Olya la déportée, Wilhem, membre de la Schutzpolizei chargée de convoyer les captifs, et Théo, l’amant belge d’Olya, membre d’un très petit groupe de résistants qui, presque sans moyens, va attaquer le convoi et tenter de libérer les déportés.

Je vous invite au lieu de la chronique habituelle de parcourir ce tome avec les personnages réels, les lieux et les événements qu’on peut y trouver.

Les événements.

Le convoi numéro 20 : Le 19 avril 1943, le vingtième convoi (no 1233) quitte la caserne Dossin (Malines en Belgique) pour une "destination inconnue". Il s'agit en fait du vingtième convoi quittant la Belgique à destination d'Auschwitz emmenant à son bord, 1 631 déportés juifs. Il sera l'objet d'une action menée par des résistants en vue d'en libérer les passagers, 231 parvinrent à s'échapper. De toute la Seconde Guerre mondiale, c'est l'unique épisode de ce type en Europe de l'Ouest. Un épisode similaire s'est déroulé en Pologne dans la nuit du 19 au 20 mai 1943, il conduira à la libération de 49 déportés.
Plus d'info ICI.




Les personnages.

Trois partisans armés d'un seul revolver, de sept cartouches et d'une lampe tempête recouverte d'un papier rouge parviennent à immobiliser le train. Il s'agissait de:
Youra_Livchitz_(1917-1944).jpgUn_juste_Franklemon.jpgUn_juste_Maistriau.jpg








Youra Livchitz, "Georges" de son nom de guerre, né à Kiev, le 30 septembre 1917, exécuté par les Allemands à Schaerbeek, le 17 février 1944 est un héros de la résistance belge durant la Seconde Guerre mondiale c'est lui qui recruta le "commando".

 Jean Franklemon, surnommé "Pamplemousse", né en 1917 et décédé en République démocratique allemande, en 1977.

 Robert Maistriau, né à Ixelles, le 13 mars 1921 et décédé à Woluwé-Saint-Lambert, le 26 septembre 2008  En 1994, il a été reconnu Juste parmi les nations par l'Institut Yad Vashem.
Plus d'info ICI.




Jean De Selys..jpgJean de Selys. Le 20 janvier 1943, un avion de la Royal Air Force canonnait un immeuble de l’avenue Louise. Le chasseur-bombardier Hawker Typhoon 1B était piloté par un Belge qui « en avait ! »
 


Les lieux.

Fort de Breendonk : Durant l’année 1940, ce sont principalement des juifs qui y sont Breendonk.JPGdétenus, avant d’être libérés ou transférés vers d’autres camps. À partir de 1942, les juifs déportés de Belgique sont regroupés à Malines, à la caserne Dossin, centre de transit vers Auschwitz, le fort de Breendonk servant de camp de transit… pour un transfert vers le « Samellager Dossin » (librement traduit par « camp de rassemblement Dossin »).


Binnenplaats_kazerne_dossin.jpgLa caserne Dossin.











Le stade Joseph Marien accueille les rencontres de la Royale Union Saint-Gilloise depuis 1926..

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Bruxelles sous l’occupation. ICI ou Là.

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La brasserie de l’union, café bruxellois.brasserie.jpg

Le fort d'Ében-Émael, réputé imprenable, fut pris par une action combinée de planeurs et parachutistes allemands le 11 mai 1940, soit au lendemain de l'attaque allemande du 10 mai.

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Le Whist :le jeu de carte que tout bon joueur devrait connaitre.


SAMBA.