18/12/2012

L'interview de Francis Porcel pour les folies Bergère.

 

folies bergere.jpgfolie bergere 1.jpgJe vous propose aujourd’hui une interview de Francis Porcel, dessinateur d’un album percutant sur la guerre 14-18.
Sachez aussi que la qualité de cet album est confirmée par la nomination de ce titre dans la sélection officielle à Angoulême. Pour ma part, j’en fais même mon favori.
Voilà déjà le résumé de Dargaud.

La guerre 14-18. Les tranchées. Des soldats sont confrontés à la souffrance et à la mort. Considérés comme de la chair à canon par leurs chefs, ils tentent de survivre.

La guerre 14-18. Pour défier la mort, les soldats appellent leur compagnie "Les Folies Bergère" et se donnent à chacun un surnom. Dans les tranchées, ils se serrent les coudes. Plaisantent. Dessinent. Gardent espoir. Et se battent. Meurent dans d'atroces souffrances. Se suicident ou perdent la raison. L'un d'eux est condamné au peloton d'exécution et... en réchappe. C'est un miracle. Jusqu'à ce qu'on lui amène sa fillette égarée sur les terres de personne. Le propos est désespéré et les personnages sont tragiques, attachants. Les dialogues vont à l'os et le dessin, réaliste, est très éloquent.

folies bergère.JPG



Maintenant l’interview traduite par l’ami JR .Vous remarquez qu’on devient de plus en plus international chez SambaBD.



Francis-Porcel.jpg



SambabBD-Peux tu déjà nous dire comment toi et Zidrou êtes-vous venus à faire les folies bergère ? 

Francis Porcel-Es el destino! Jordi Lafebre, autor de Lydie, me aconsejó de trabajar con el, pues sus guiones, me aseguró, estan llenos de sesibilidad y poesia, y nosotros, Jordi y yo, nos consideramos un poco poetas del dibujo. 
Dargaud estaba encantado con Benoit y pensaron que la unión Porcel-Zidrou podia marchar bien. 
Despues de una serie de ciencia ficcion me apetecia algo retro y la primera guerra mundial es un tema que siempre me ha atraido, asi que decidimos irnos a las trincheras por un tiempo. 


C'est le destin ! Jordi Lafebre, auteur de Lydie, me conseilla de travailler avec lui car ses scénarii étaient très poétiques et pleins de tendresse, et comme, Jordi et moi nous nous considérons un peu des poètes du dessin........
Dargaud était très satisfait de Benoit et ils ont pensé que l'union Porcel/Zidrou pouvait bien fonctionner.
Après une série SF je voulais quelque chose de "rétro" et la première guerre mondiale est un thème qui m'a toujours attiré, alors nous nous sommes plongés dans les tranchées pour un temps.

SambaBD- Francis Porcel, c’est plutôt reality Show ou les folies bergère ? (ce qui te représente le mieux) 

francis porcel.jpgFP-Francis porcel es un adolescente aun. No estoy terminado, asi que mi estilo final esta por llegar. 
En el Reality show intenté parecerme a lo que se suponia gustaba en la BD de ci-fi, con referencias a anteriores dibujantes de Jean David morvan. En les folies bergere la intención era ir mas alla del dibujo para que lo importante fuese el conjundo, el todo. 

Francis Porcel est toujours adolescent, je n'ai pas terminé ma maturité artistique donc mon style n'est pas encore défini. Dans le Reality show j'ai essayé de me rapprocher de ce qui fait la SF en BD avec des références aux dessinateurs précédents comme David Morvan. Dans Les folies Bergère mon idée était d'aller au-dèla du dessin afin que l'ensemble soit plus profond.

SambaBD-Ce qui frappe en premier , c’est la couverture, comment a-t-elle été choisie ? 

FP-Despues de unos cincuenta bocetos todos diferentes y ningunos sin gustarme, me encontraba en Angouleme, en el stand de Dargaud, con un petit caier haciendo bocetos y croquis para la reunion con Yves y Christel (dargaud). Gracias a mi amigo Lafebre, que me aconsejó apostar siempre por lo sencillo, ideamos la portada actual y a todos nos gustó. Las portadas son muy importantes y no son mi punto fuerte, solo hay que ver lo malas que son las portadas del "reality show" 

Après une cinquantaine d'essais, tous diffèrents mais ne me plaisant pas, je me trouvais à Angoulème, dans le stand de Dargaud en train de faire des croquis sur un petit cahier, en préparation de la reunion avec Yves et Christel ( Dargaud ). Ce jour là, avec mon ami Lafebre, qui me dit toujours d'aller au plus simple, nous avons imaginé la couverture actuelle qui nous plaisait! Les couvertures sont très importantes mais ce n'est pas mon point fort; il n'y a qu'à voir les couvertures du Réality show que je trouve très mauvaises.

fb.JPG


SambaBD- Parle-nous  un peu des touches de couleur dans cet album, Que représentent-elles pour toi ? 

FP-Mi idea era pensar en el libro como un todo, y me di cuenta de que no podia utilizar Les-folies-bergere-6.JPGcolores intensos. 
Tras ver una prueva de color a grises lo vi claro. Los toques de color anuncian la vida y la muerte, como si entrasemos en una nueva dimensión. Las artes son la vida, la sangre, vida y muerte. tiene el color una intencion dramatica y narrativa muy clara. 

J'avais dans l'idée de penser à l'album comme un tout ! et je me suis rendu compte que je ne pouvais utiliser des couleurs vives. Après avoir vu une épreuve où le gris dominait, ce fut clair dans ma tête ! Les touches de couleur annoncent la vie et la mort comme si nous entrions dans une nouvelle dimension. Les arts sont la vie, le sang, la vie et la mort. La couleur donne une intensité dramatique et narrative très claire.

SambaBD- Visiblement, vous avez fait plus que de décrire l’horreur de la guerre, vous êtes rentrés dans les âmes des personnages.

FP-Bueno, pienso que podia haberlo hecho mejor, pero si, era la intención mia y de Benoit. 


Eh bien,je pense que j'aurai pu faire mieux mais, oui, c'était notre idée à Benoit et moi.

folies_1.jpg


SambaBD-Comment sort  un dessinateur moralement  après avoir dessiné autant de folies « guerrière » ? 

FP-Bueno. No es facil porque he vivido un poco a pequeña escala, por supuesto, el aislamiento y la locura, rodeado de imagenes de horror y esa pena a la que te acostumbras. Al terminar el album y retomar conciencia con la realidad he visto un mundo que cae hacia la guerra y he pensado en las dos páginas de prologo. Mierda, no aprendemos nunca. 
Ahora quiero dibujar flores y conejitos tiernos y adorables. jajaja 


Eh bien,ce n'est pas facile car j'ai vécu, à petite échelle bien sûr, l'isolement et la folie, entouré d'images d'horreur et de cette douleur à laquelle tu t'habitues. Lorsque, à la fin de l'album, j'ai repris contact avec la réalité, j'ai vu un monde qui bascule vers la guerre et c'est ainsi que j'ai écrit les deux pages du prologue. "Merde", nous n'apprendrons jamais ! 
Maintenant je veux dessiner des fleurs et d'adorables petits lapins ( rires )

SambaBD- Que signifie pour toi la partie avec Monet ? 

FP-Adoro la incursion de personajes históricos en los relatos. Fue idea de Benoit y la verdad es que se ha hecho uno de mis personajes preferidos. El arte es inmortal y es creación, lo contrario que la guerra, que es destruccion. 


J'adore insérer des personnages historiques dans les récits; ce fut l'idée de Benoit et, il est vrai que c'est devenu l'un de mes personnages favoris. L'art est immortel et représente la création, contrairement à la guerre qui n'est que destruction. 

folies2.jpg


SambaBD-Que dirais-tu pour inciter un futur lecteur à lire les folies bergère ? 

FP-Veras que está muy bien escrito y muy bien dibujado. Te gustará tenerlo, querras prestarlo. 


Tu verras, c'est très bien écrit et très bien dessiné; tu aimeras le possèder, tu voudras le prêter à tes amis........
 

SambaBD- Bientôt un nouveau projet avec Zidrou ? 

FP-Si . Pensamos que al conocernos mejor, la pareja funcionará fenomenal. 


Je pense que, maintenant que nous nous connaissons bien, notre couple fera des merveilles.


SambaBD-Merci  pour ce très bel album, c’est un immense choc qu’on prend en pleine face. 
Et que d’émotions, bravo.

FP-Gracias a todos los lectores que hacen tan digna esta industria y este arte de contar historias con viñetas. 


Merci à tous les lecteurs qui donnent une reconnaissance à cette industrie et cet art qui conte des histoires dans des petites vignettes.


Merci à Francis pour sa gentillesse et sa disponibilité. Merci à JR pour sa traduction.
J’espère que cette interview vous aura donné l’idée d’aller jeter un œil à ce titre assez remarquable.


30/11/2012

L'interview écourtée d'Olivier Speltens.

Une bien belle série vient de sortir chez Paquet.
L’armée de l’ombre et pas l’armée des ombres  comme je le dis à chaque fois.

Armée de l'ombre (L')1.jpg


Voilà le pitch de l’éditeur pour l’histoire.

Fin 1942, Ernst Kessler ayant terminé sa formation de soldat au sein de la Wehrmacht est envoyé sur le front russe.  La réalité de cette guerre qu'il ne percevait qu'à travers les journaux se révèle brutalement toute autre.  Ernst Kessler doit affronter non pas un ennemi, celui auquel il s'attendait, mais deux ! En effet, l'hiver Russe s'avère un adversaire aussi redoutable que les Russes eux-mêmes.
Ce premier tome retrace le périple de Kessler traversant la Russie d'Ukraine jusqu'à Stalingrad.  Lui et ses nombreux camarades devront lutter tant contre l'ennemi, contre les partisans attaquant les colonnes de ravitaillement Allemande et contre un climat hostile et complice de la victoire Russe.
Ces multiples facettes d'un même combat ôteront la jeunesse et les illusions du jeune soldat Kessler lui révélant impitoyablement les pires horreurs que peut générer la nature humaine

Je vous invite maintenant à suivre un entretien que j’ai eu par téléphone avec son auteur, le bruxellois Olivier Speltens…..avant que la technologie ne me lâche après 9 min d’’interview…..Made in China a encore frappé.

Bonjour Olivier, avant de commencer, peux-tu nous faire une petite présentation de ton parcours avant l’armée de l’ombre ?

olivier s.jpgJ’ai fait un  parcours relativement classique après avoir suivi des études à St Luc .Je me suis lancé dans un projet qui a intéressé les éditions Joker, les larmes de pourpre mais qui n’a malheureusement pas donné suite et qui s’est arrêté au numéro 3 au lieu des 6 tomes  de prévus.
Et ensuite  M99 qui est arrivé à son terme mais sans arriver non plus au résultat escompté.

Avec l’armée de l’ombre, ça devrait marcher non ?

Mais écoutez, on croise les doigts. L’éditeur a beaucoup d’espoir en tout cas. Ce qui est  clair aussi, c’est que j’ai bien progressé.

Comment est né d’ailleurs ce projet et comment es tu arrivé chez Paquet ?
 
Ca, c’est très simple, c’est un sujet qui m’a toujours fort attiré. Déjà tout petit, j’ai commencé avec des maquettes d’avion puis après je me suis intéressé au contexte dans lequel évoluait ces appareils. Je me suis renseigné sur toutes les armées, américaines, anglaises et allemandes etc.et puis j’avais remarqué que le coté « allemand » était relativement peu traité, peut être encore un sujet un peu tabou. J’avais donc envie de me lancer, il fallait le bon moment et après avoir lu le Grand Duc de Romain Hugault, c’est tout à fait les éditions qui me convenaient.

armée 2.JPG


D’ailleurs quand j’ai ouvert l’album, j’ai trouvé pas mal de similitude avec le trait de Romain Hugault et notamment au niveau des couleurs ?
Effectivement, je n’avais non plus pas trente mille solutions pour rendre l’hiver  du tome 1. C’était soit le blanc ou le bleu pour rendre cette impression de froid et de grand espace.
Sinon, c’est vrai que cela se passe au même moment, la même armée.
J’ai quand même essayé de m’en éloigner  un peu et pour le moment, je n’ai pas eu des reflexions à ce niveau là mais c’est clair qu’on me compare beaucoup à Romain.
Ceci dit, je le prends très bien.

armée 3.JPG


C’est  une belle  référence non ?
Exactement, j’adore son dessin donc voilà.

armée.JPG


Maintenant, une fois le projet initialisé, vous avez du faire de fameuse recherche documentaire?

armée4.JPGAbsolument, déjà comme c’est une passion, je connaissais déjà  pas mal le sujet  mais il m’a fallu énormément de documentation, une partie via les moyens modernes mais aussi chez les passionnés qui collectionnent les uniformes allemands, les insignes et autres matériels de guerre. Certainsi recréent même des batailles qui sont l’air de rien une bonne source de renseignement.

J’aurais aussi voulu savoir la part de réalité dans l’armée de l’ombre ?

L’héros est purement fictif mais tous les lieux et les batailles sont authentiques .Il n’y a presque aucune place à l’invention même les journées  des soldats sont tirées de récits véridiques.

C’est là que l’appareil made in China a stoppé net pour d’obscure raison l’enregistrement.
Mais avec ce bout d’interview et les illustrations, vous savez maintenant que le sérieux est de mise dans cette nouvelle série chez Paquet. Les amateurs du genre savent maintenant pourquoi ils doivent l’acquérir.

26/10/2012

Interview de Morgann Tanco (Siorn).

Siorn1.jpgSiorn1p.jpgSIORN T.1 - Le Parfum de la Dryade Rouge
Editeur:Soleil.
Sortie le 17 octobre.

Siorn est un homme venu des steppes glacées, un Nosvar. Alors qu’il tente de voler la perfide comtesse Ysbel, il est fait prisonnier. Ysbel et Siorn passent un marché : en échange de sa liberté, le guerrier devra ramener la tête d’Olshorn, suzerain de la comtesse. Afin de s’assurer qu’il ne s’enfuira pas à la première occasion, Ysbel empoisonne Siorn, lui promettant l’antidote en échange du fameux “trophée”.
Commence alors pour le barbare des steppes une quête des plus ardues: ramener la tête d’un puissant chef de guerre adulé par son clan, actuellement en plein conflit avec le clan voisin dirigé par Giarthen, son propre frère.
Siorn n’a de toute façon plus rien à perdre : dans quelques jours, le poison d’Ysbel lui aura dévoré les entrailles !

A la place de la chronique, je vous invite à suivre l’interview du dessinateur de Siorn (Morgann Tanco). Je pense que vous y trouverez si cette BD est faite pour vous.

Mais d’abords, peux tu nous retracer ton parcours de dessinateur pour ceux qui te ne te connaissent pas encore (saint milliard, pas bien !) ?

Je te donne la version moyenne longue en exclu !

tanco.jpgJ'ai toujours baigné dans le milieu de l'art en général. Mais c'est en lisant un Strange et un Rahan que mon père m'avait acheté, que j'ai eu le déclic. Je ne savais pas encore qu'on pouvait en vivre ou comment cela se confectionnait, mais c'est vraiment vers 9 ans que j'ai commencé à faire de la BD. Au début, pour ma gueule avec deux trois copains et mon cousin. Plus âgé, vers l'adolescence, j'en ai même fait avec mon père. Mais bien évidemment, toujours à titre amateur, et bien sûr jamais édité. De toute façon, je ne savais pas vraiment comment il fallait faire pour être édité !

Le collège terminé j'ai réussi à rentrer au Lycée professionnel d'art appliqué et communication graphique, St-Géraud à Aurillac. C'est là qu'on m'a appris le monde de l'édition et de l'impression, bref ce qu'on appelle la chaine graphique. Et ce, grâce à différents stages en maison d'édition, comme Milan par exemple et autres stages en imprimerie. Mine de rien, c'est très important d'avoir ces clefs pour le monde de la BD.

Là où ma vie pro a pris un tournant significatif, c'est vers mes 17/18 ans. Je rentre un week-end chez ma mère à Toulouse, à peine arrivé elle me dit qu'elle a un vieux pote qui vient d'ouvrir un bar, et il se trouve que son associé est scénariste de BD. Cet associé, tu t'en doutes, c'est Wilfrid Lupano, qui, à l'époque, n'avait encore rien sorti, puisque Little Big Joe (son premier album) était en bouclage pour sortir trois mois plus tard à Angoulême. Et il avait dans les cartons déjà, Alim le tanneur avec les tout premiers croquis de Virginie Augustin ! En plus, il s'est avéré qu'il était le voisin de ma mère, chez qui j'habitais encore. C'est pour te dire... Bref, je ne les pas lâché.

Trois mois plus tard à Angoulême, par son intermédiaire, je rencontre Thierry Joor (éditeur chez Delcourt). Il m'a défoncé intelligemment. Du coup j'ai pu avancer et m'améliorer.
Et c'est après bien 4 ans de relou-attitude, et un acharnement à mieux faire mes planches et mes dessins, que Wilfrid m'a proposé de travailler avec lui. On a présenté 6 mois plus tard L'ivresse des Fantôme à Thierry. Il a des doutes sur l'histoire mais le dessin lui plait. Wilfrid étoffe le scénar, je refais des planches et on signe.

Me voilà dans le monde impitoyable de la BD !

siorn.jpeg


Par rapport à L’ivresse des fantômes et le droit chemin (avec Lupano au scénario), as-tu remarqué une façon de travailler différente pour Siorn ?

Clairement !
Mais avec Wilfrid, j'étais débutant, c'est plutôt lui qui me drivait, j'apprenais ses "recettes" narratives. J'étais sont padawan. Et c'était une très bonne expérience et "école".
Du coup petit à petit je découvrais mes propres recettes, retrouvais certaines de Wilfrid chez d'autres auteurs. J'ai commencé à rencontrer d'autres auteurs en salon, à Nantes, on a partagé, j'ai appris d'autres "trucs". Et j'apprends encore.

Avec Sébastien Viozat (scénariste de Siorn), la grosse différence c'est que j'avais 5 albums derrière moi quand on a commencé Siorn. J’étais plus confiant et il avait entièrement confiance en moi.

Et d’ailleurs, comment est né Siorn ?

siorn 3.jpgAlors, Siorn est né tout d'abord d'une envie de revenir à mes premiers amours de gosse. D'ailleurs, petite parenthèse, un ami d'enfance, m'a dit il y quelques jours, que j'avais enfin sorti la BD qu'il attendait de moi !
Je voulais une Histoire avec un Héros, une mission/quête/voyage, un monde qui le dépassait avec ses problématiques politiques et surtout que mon héros soit bien viril et que le tout soit épique ! Bref... un univers salle bourrin, nerveux et épique avec le héros qui va avec. Je le conçois, rien de bien original. La seule différence, c'est que je ne voulais pas qu'il soit beau ! Conan, dans les récits d'Howard ou même dans les BD, est plutôt beau et musclé. Mon héros, je le voulais, musclé, oui, mais avec une vrai gueule à la Kurt Russell, Clint Eastwood, Mads Mikkelsen. Je ne sais pas trop si j'y suis arrivé mais c'était mon objectif.

En tout cas, j'ai démarché chez beaucoup d'éditeurs, Les seuls scénar qu'ils avaient à me proposer, étaient certes épiques mais toujours avec des héros gringalets. Ce qui ne correspondait pas du tout, pourtant les scénarios étaient de bonne facture.
Seul Jean-Luc Istin était vraiment à fond sur mon travail et a accepté que Sébastien Viozat m'écrive un scénario sur mesure. Après pas mal de séances de discussions et quelques semaines de recherches graphique, Siorn était né.


En lisant Siorn, le parallèle avec Conan le barbare me semble évident .C’est un univers que tu apprécies ?

siorn 4.jpg



C'est un univers que j'ai découvert tout petit, 8 ou 9 ans, avec le film de Milius. C'était un été, ça passait à la télé, j'ai regardé ça avec mon grand-père. Ce fut une grosse claque ! Je ne comprenais pas tout, mais je n’ai pas arrêté de le revoir après en VHS, DVD et récemment Bluray. J'ai vu/lu comme tout le monde les BD de Buscema et d'autres, puis les illustrations de Frazzetta, reste que j'adorais ça ! Ce n'est que plus tard, grâce à Thim Montaigne et Denis Béchu que j'ai découvert les origines de ce héros. Thim m'a prêté les vielles éditions de poche (plutôt mal traduites) de "J'ai lu", justement avec les illustrations de Frazzeta. Puis je me suis acheté les dernières éditions de Bragelonne (que Thim ne voulait pas me prêter ^^), où tout a été très bien retraduit et dans l'ordre d'apparition à l'époque du pulp, Weird Tales.
Ceci dit Siorn ressemble plus à Snake de Escape from New York (NY 1997) qu'a Conan... C'est Snake au pays de Conan ^^

Mais quel temps de merde dans ces contrées reculées, tu ne t’es pas simplifié la vie sur ce coup là ?

Tu parles de l'averse en fin d'album ? En fait, c'est plus un choix narratif, ce n'était pas écrit dans le scénario. Comme cette scène était plutôt conséquente niveau pages. Je me suis dit 13 pages en simple nuit éclairées au feu, ça va être redondant pour les yeux. Du coup j'ai décidé d'appuyer le moment fatidique de cet album en y faisant apparaître une grosse averse. En plus visuellement la pluie ça évoque plein de choses. Mais il faut lire l'album, car je vais en dévoiler trop sinon.

Plus c'est compliqué plus je m'éclate, je dois être maso !

siorn 0.jpg



Le moins que l’on puisse dire, c’est que ton personnage principal est brut de décoffrage qui ne fait pas dans la dentelle. Ca doit être plaisant de ne pas faire du politiquement correct non ?

Comme je te le disais, Siorn c'est un peu Snake de NY '97. 'Faut pas le faire chier. Et là on l'oblige à jouer ses billes, alors qu'il a rien demandé, lui il veut sauver son peuple d'une guerre de clan qui le gonfle passablement. Alors s'occuper des affaires politiques d'une tigresse avare de pouvoir...
Ça me parait normal de ne pas être jouasse quand on te force à faire quelque chose. Sauf que nous, dans "nos petites vies tranquilles" on ne va rien faire, on fait l'autruche. Comme tu dis, on va être politiquement correct.
Oui Siorn c'est un peu un exutoire ! Et puis c'est un barbare, hein. Mais en fait, si tu grattes un peu, il la joue fine quelque part.

T’es tu inspiré des vraies personnes pour tes héros ?
Non pas vraiment, même si on n'arrête pas de me dire que Ysbel ressemble énormément à ma compagne... Je me sers surtout d'acteur et d'actrice, mais je fais en sorte qu'on ne les reconnaisse pas au premier coup d'œil. Le but est de m'en inspirer pour en faire de vrais personnages à part entière. Perso, ça me sort complètement du récit si on reconnait l'acteur derrière le dessin. Je me dis : Tiens ! C’est Tom Cruise qui est entrain de se battre avec un monstre, par exemple. Déjà que dans les films il y a un peu ça...

siorn,tanco,viozat,soleil, conan,aventure,interview,


J’ai trouvé ton trait fort proche de celui d’Alex Alice. J’aimerais connaitre quels sont tes modèles comme « maîtres » dessinateur ?

Je le prends comme un compliment !
Concernant les "maîtres", j'en ai plein ! Alice en fait parti, mais il y a aussi en vrac Uderzo, Chéret, Loisel, Giraud, Vatine, Lauffray, Meyer, Mucha, Wendling, McFarlane, Coipel, Rosinski, Franquin, Miller, Bisley, Coyote, Maester, Wrightson, Recht, Frazzeta, ...... La liste est longue...

Tu travailles déjà sur le tome 2 ?
Oui, juste après cette interview 

As-tu un blog où on peut suivre tes travaux et tes rdv dédicaces ?
Oui, en plus il y a des N&B de Siorn et plein d'autres choses !

http://lesfantomesdemorgann2.blogspot.fr/

Voilà, un grand merci  à Morgann et Sébastien Viozat pour cette BD  qui déménage. Un vrai plaisir pour les amoureux de beaux dessins et d'aventure .



Venez nous rejoindre aussi sur le forum où Tanco attend vos réactions.

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (2) | Tags : siorn, tanco, viozat, soleil, conan, aventure, interview |  Facebook | |

04/10/2012

A l'ombre de la gloire :Interview.

Aude-Samama-2.jpgOMBRE_GLOIRE_3.jpgL’histoire.
Portrait croisé de deux personnalités des années trente en France, Mireille Balin et Young Perez ont tout deux connu la gloire avant de connaître un destin tragique. Une histoire authentique subtilement racontée par Denis Lapière et magnifié par les peintures d’Aude Samama, à découvrir en librairie depuis le 22 août!
Victor Younki dit Young Perez est né en Tunisie. Le petit gamin juif se passionne pour la boxe et de fil en aiguille, il deviendra champion du monde des poids lourds en 1931. Rattrapé par ses origines, il est dénoncé et arrêté par la milice en 1943. Il sera déporté à Auschwitz où étonnement, il participera à un dernier combat de boxe contre un champion nazi avant d’être abattu en 1945. Mireille Balin, l’actrice adulée des années 30, femme fatale à qui personne ne résiste, maîtresse de Jean Gabin, Tino Rossi et Young Perez connaîtra elle aussi un destin tragique à la fin de la guerre. 
Pour découvrir l’univers d’Aude Samama:http://www.audesamama.com/
Pour en savoir plus sur Denis Lapière: http://www.lapiere.be/

OMBRE_GLOIRE_5.jpg


L’interview d’Aude Samama et Denis Lapière..
C’est votre 2e collaboration après « Amato », « à l’ombre de la gloire » est avant tout une envie de retravailler ensemble ?
denis-lapiere-L-1.jpegDenis Lapière:Oui, bien entendu… Aude et moi sommes de plus en plus complices dans le travail.
Qui était le plus au courant de ces deux destins tragiques mais aussi tellement exceptionnels ?
DL : C’est Aude qui m'a fait connaitre Young Perez. Puis Mireille Balin s'est imposée d'elle même dans le récit.
La 1e chose que j’ai fait après ma lecture, c’est des recherches sur ces deux célébrités. Et j’ai été stupéfait de voir que tout est vrai, même le fameux match de boxe à Auschwitz  ….ça semble tellement improbable. C’était le but  de cette BD, un devoir de mémoire ?
DL :Pas vraiment un devoir de mémoire, le but premier n'était pas un récit historique ou documentaire, mais bien un instantané sur la réalité des relations amoureuses de deux personnes en quête de réussite sociale. Mireille et Victor ont vécu leur vie comme un jeu, où tout était possible, où seul le présent avait de l'importance. La guerre, qui rend tous les destins tragiques, les a évidemment broyés.

ombre.JPG



Pourquoi cet attrait pour la boxe de la part d’une  dessinatrice …ou plutôt d’une artiste peintre ?
Samama.jpgAude Samama : La boxe était un thème qui m'attirait, pour leyoung perez.jpg mouvement et les jeux de lumière entre autre. J'avais aussi vu des films sur des histoires de boxeurs qui m'avaient beaucoup plu "Raging Bull", "Nous avons gagné ce soir"...

C’était une volonté de votre part de montrer des corps dénudés, de mettre une touche de sensualité  dans cet album?
AS : C’est Denis qui a pris le parti de mettre Mireille en avant, presque autant que Young Perez, elle amène évidemment cette part de sensualité qu'elle représente à l'écran comme dans la vie. Il y a aussi une forme de sensualité dans la boxe.

Pas trop d’appréhension pour le partie « Auschwitz » ?
AS : Si, un peu, d'autant plus que je m'étais attachée à Victor... Et puis il y avait évidemment le problème de la représentation, comment montrer cela, et surtout ne pas être trop dans l'emphase lors du combat de boxe qui déjà semble plus grand que nature. L'arrivée au camp que Denis a choisi de mettre en scène sans aucun texte me semble être une bonne façon de montrer tout en gardant une certaine pudeur.
 

J’aimerais savoir comment vous avez perçu  Mireille Balin car pour moi, c’est un mystère cette femme ? 
mireille balin.jpgDL :Pour moi, Mireille est telle que je l'ai posée dans le livre : une jeune femme qui balin.jpgs'abandonne totalement au jeu de la séduction pour pouvoir trouver l'homme qui  saura rassurer, protéger, la petite fille tremblante qui se cache derrière les atours de la femme fatale qu'elle affiche avec mépris, mais surtout avec défi. Mireille était une femme fragile. Elle a eu la naïveté de croire qu'un homme, que l'amour d'un homme, parce qu'il était riche, fort, cultivé ou puissant, ou le tout à la fois, pouvait balayer ses angoisses. Elle l'a évidemment payé très cher…

Finalement, c’est très superficiel ce qu’on sait d’eux non ?
DL : Ce qu'on sait des gens est toujours superficiel, mais les actes qu'ils posent parlent pour eux et sont révélateurs d'une certaine vérité. C'est cette vérité que j'ai essayé de transmettre au travers du livre.

Que diriez-vous pour inviter à lire « A l’ombre de la gloire » aux lecteurs de SambaBD ?
DL : Qu’ils ouvrent le livre, ils seront happé par les splendides peintures/dessins de Aude…

Young-Blog.jpg


Une dernière pour la route, quelles seront vos actualités à venir ?
DL : Nous commençons, Aude et moi, un nouveau livre. Rendez-vous dans deux ans.

Un grand merci aux auteurs pour cette interview (un record de rapidité aussi) .Il ne vous reste  plus qu’à plonger dans ces deux destins incroyables  .Je peux vous dire que vous en sortirez tout petit.

Une preview ici sur le blog de Futuropolis.

Samba.