15/08/2012

Le grande interview de Dobbs.

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Olivier Dobremel alias Dobbs fait parler de lui avec 3 nouveaux titres qui viennent de sortir.
C’est l’occasion pour SambaBD  d'en savoir plus sur ses récentes sorties.
Focus donc avec Olivier sur ces 3 albums.

Scotland Yard
Scotland Yard1.jpgLondres, 1890. L’inspecteur Tobias Gregson est une des valeurs montantes du Yard. Mais sa carrière serait accélérée s’il n’était pas considéré comme un humaniste trop sensible et avant-gardiste, et surtout s’il n’avait pas pour fonction principale d’être le défouloir quotidien de son supérieur Lestrade.
Alors lorsqu’un transfert de prisonniers ne se passe pas comme prévu, Gregson se retrouve au placard. Un blâme qui va vite se transformer en opportunité afin de démontrer sa vraie valeur aux yeux du patron des patrons, le commissionner Fix. À la tête d’une équipe atypique réunissant un gamin des rues, ancien informateur de Sherlock Holmes, un médecin psychiatre aux méthodes atypiques ainsi que son étrange assistante, Gregson va faire alliance avec le diable : coopérer avec la pègre londonienne pour traquer deux fous extrêmement dangereux qui ont profité du fiasco de l’opération de transfert pour se volatiliser. Deux aliénés mentaux qui vont apprendre aux citoyens de Londres la signification du mot terreur.
À leurs côtés, plongez à votre tour au cœur des ténèbres…



1- J’aimerais connaitre tes impressions quand tu as vu les premières planches de Stéphane Perger ?

J’étais heureux et comblé… Bon je ne vais pas trop jeter de fleurs à Stéphane, il va y prendre goût et ce n’est pas le genre de la maison hehehe. Dés les story-boards, j’ai pu voir que l’album serait vraiment bien. On a travaillé tous les deux sur un découpage laissant la plus grand place possible à l’atmosphère et à une approche très cinématographique. En fait, on retrouve dans les planches couleurs l’atmosphère que j’avais en tête (cet aspect tout aussi poisseux et ténébreux que magique dans la gestion de l’obscurité et de la lumière).

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2- Il me semble que tu as pris un abonnement à la collection 1800. C’est une époque qui  t’inspire ?

En effet, c’est une époque qui me plait énormément. Tant dans ses événements majeurs, les découvertes techniques et scientifiques qui ont fait avancer bon nombre de domaines, et donc l’ensemble de son rayonnement culturel.
Par le fantastique, le romantisme, l’exotisme de ses romans, le 19eme siècle m’a souvent fait voyager durant mon adolescence quand je découvrais ses auteurs. C’était l’heure de la grande Aventure et du mystère, ce qui dopait mon imaginaire et m’a profondément marqué …

3- Faustine Clerval semble être un personnage fil rouge. Aimerais-tu les puzzles « scénaristiques » ?

Faustine est un mystère à part entière, une intrigue dans l’intrigue … un personnage que beaucoup de lecteurs (et lectrices) avaient apprécié dans Mister Hyde contre Frankenstein (l’action de Scotland Yard se situe 7 ans auparavant). C’est un hommage à ma fille et à toutes ces héroïnes incroyables d’un 19eme siècle, aventureuses, spirituelles, romantiques et déterminées.
Quant aux « puzzles » et autres jeux scénaristiques , c’est un challenge technique complémentaire qui fonctionne comme une marque de fabrique, une sorte de parti pris personnel que j’adore. Ceci va de pair avec le découpage que je fais au départ et qui va jouer sur un certain nombre de registres et de lectures possibles avec quelques pièges et un montage qui joue souvent avec le lecteur. Il y a des clins d’œil et des références oui, mais c’est parfois la surface émergée de l’iceberg.

4- Aurais-tu un compte à rendre avec l’inspecteur Lestrade ?

dobbs.jpgC’est un personnage que je n’ai jamais aimé dans toutes mes lectures Holmesiennes. Bon, ensuite il faut bien admettre qu’il fait un très bon ennemi interne pour l’inspecteur Gregson au sein même du Yard.
J’ai souvent entendu qu’une bonne histoire doit avoir de bons méchants : c’est parfaitement vrai. De plus, j’aime les méchants de services, les bad guys et les antihéros donc … Dans Scotland Yard, vous trouverez des monstres humains, des criminels endurcis, des gens qui souffrent mais aussi de belles personnes, ou des gens qui apprendront et changeront (Lestrade en fait partie pour le tome 2 mais chut !…).

5- Un univers aussi riche ne mériterait-il pas plus qu’un diptyque ?
Ma foi, si les lecteurs sont au rendez-vous, pourquoi pas une saison 2 oui… Il y a effectivement matière sans que le fantastique pointe son nez, j’ai déjà pas mal d’idées à développer ultérieurement si le succès et la demande étaient là. Je pense que Stéphane n’a pas assez souffert avec moi, donc l’équipe pourrait reprendre du service, qui sait…

Les questions de Revedefer.


 Alamo


Alamo2.jpgEn une vingtaine de minutes d’une boucherie intense, les troupes texanes massacrent un grand nombre de soldats de l’armée mexicaine en criant distinctement « Souvenez-vous d’Alamo ! ». Ces soldats se montrent impitoyables en ne laissant aucun survivant, achevant même les blessés. Nous sommes alors au tournant de l’indépendance du Texas, car l’avant-garde mexicaine n’existe plus … Mais une question demeure : que s’est-il réellement passé à Alamo pour que les hommes fassent preuve d’une telle folie guerrière ? Le mois précédent, Louis Rose, un tueur à la solde du futur Président de la jeune République du Texas prend contact avec le célèbre Davy Crockett et ses volontaires. La troupe se rend à Bexar pour prêter main forte à la garnison de fort Alamo, et renforcer ainsi les hommes de James Bowie et du jeune officier William Travis pour tenir face à d’éventuelles attaques des Mexicains … Les choses s’enveniment sur place, car les différents leaders s’affrontent pour le pouvoir local. Tout ceci arrange les affaires de Rose qui veut bénéficier de cette atmosphère lourde pour mener à bien sa mission : faire que Travis et Crockett ne reviennent pas de cette mission … Pas de soldats, juste des maris, des hommes de loi, des rêveurs et une légende, ensemble pour défendre le fort le plus célèbre de l’histoire des Etats-Unis !

Pourquoi t'être frotté au mythe d'Alamo ? 

Justement parce que c’est un mythe et que j’ai horreur des choses par trop idéalisées.Alamo1pjk.jpg C’est un symbole fort de la lutte et de la résistance entre forces texanes et mexicaines, qui deviendra un enjeu et une force incroyable dans l’histoire future de l’Amérique.


Cet épisode devenu célèbre va être traité de façon peu réaliste dans beaucoup de livres, BD et de films à l’instar de celui de John Wayne (qui reste très beau dans ses compositions et son côté épique). Les « héros » d’Alamo seront eux-mêmes sacralisés par Disney et consort…

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Pourquoi mettre en avant Louis Rose et non pas les purs héros américains que sont  Davy Crockett ou Jim Bowie ?

Parce que cela a été trop fait et trop vu dans le passé dans les illustrés, les « témoignages », les films et la littérature… Crockett a tellement eu cette image d’Epinal de trappeur-chasseur alors que c’était un tireur d’élite et un homme politique aguerri, et Bowie n’était pas que le créateur du Bowie Knife mais était si sauvage, si insaisissable, si imprévisible dans la réalité avec ses activités d’esclavagiste et autres encore… j’ai abordé cette face réaliste et sombre de leurs histoires, mais je voulais un personnage plus neutre qui pouvait vivre sa propre aventure au sein du fort.


Rose était apparemment le seul Français du fort, celui que l’Histoire a retenu comme le «lâche » d’Alamo alors que les autres sont rentrés au panthéon des héros américains. Le choix m’est apparu comme évident, c’était lui et personne d’autre.

Comment as-tu procédé pour ton travail de recherches sur Alamo ?

Alamo1ph.jpgPetit à petit, dés le feu vert donné par Jean-Luc Istin, le directeur de collection 1800. J’ai commencé par des recherches sur les témoignages avec la volonté de m’éloigner du travail de producteur/réalisateur de John Wayne. J’ai analysé le film de Hancock, plus récent et plus réaliste, et j’ai repris mes notes sur le western (de l’époque classique au western crépusculaire).


Je voulais me focaliser sur l’antihéros Louis Rose, tout en respectant les faits historiques par tri et défrichage des documents iconographiques, des schémas de bataille, des plans des bâtiments, des uniformes, des dates précises etc ...


La voix off présente tout au long du récit permet de  présenter des données importantes didactiques, tout en plongeant au cœur du récit pour participer au siège et à la chute du fort avec les protagonistes. Tout ceci du point de vue d’un mercenaire envoyé sur place pour assassiner des gens, parce qu’ils menaçaient les ambitions politiques d’autres personnes … voici tout l’enjeu de ce diptyque …

Loki


Loki1.jpgUn moinillon habile et perspicace, un vieux poète facétieux et un guerrier sans passé. Trois prisonniers d'une société de femmes conquérantes, promis à l'esclavagisme sexuel ou au sacrifice… Trois rescapés, opposés dans leurs convictions, bien décidés à survivre dans ces terres hostiles et primitives. Trois compagnons malgré eux, réunis par le destin pour s'approprier une ancienne relique tombée du ciel dans un déluge de feu… Alors que les dieux s'égarent en quêtes futiles et que leurs guerres intestines s'enlisent, celles que l'on nomme les Nornes, les Soeurs du Destin, décident de prendre en main le futur de tous. Dieux, géants, monstres et mortels entreront dans l'ère de l'Épée et de la Hache lorsque Loki, le dieu malin, s'éveillera. Tous s'avanceront alors sur la voie du Ragnarok, le commencement de la fin.

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1) Es-tu un fan de Comics et plus particulièrement de l'univers Marvel ?

Oui depuis mon enfance et les traductions de Lug avec Strange et autres publications de l’époque. Je connais bien l’univers Marvel, DC comics, Dark Horse et les autres tels que 2000AD pour les britanniques. J’ai toujours eu une affection particulière pour les XMen chez Marvel et pour certains méchants de Spider Man, Kraven en tête par exemple.

2) Qu'est-ce qui t'a donné envie de conter ton histoire de Loki ?

Loki1pfds.jpgLoki est certainement ma divinité favorite. Il n’est pas manichéen, il défend juste son propre camp avec une vision des choses malicieuse qui créera la base nécessaire au chaos absolu que représente l’ascension des géants contre les Ases, et le Tabula Rasa du Ragnarok.


Il est l’archétype du trickster, du personnage trompeur qui manipule les autres, qui change les règles du jeu. C’est mon passé d’anthropologue qui parle en fait, en se focalisant ainsi sur le Dieu fourbe, le décepteur, le fripon individualiste qui bouscule l’univers connu et figé.


Loki a toujours été présenté avec un caractère atypique, contre les autres, contres les Ases, contre le dieu Heimdall et Odin le Père de toute chose  (et pas spécifiquement Thor comme le montre souvent Marvel)

3) Pourquoi avoir donné si peu "d'épaisseur" aux personnages,  Brand et Ambrosius, dans ce premier tome ? Dans le résumé de l'éditeur, ils ont l'air d'avoir autant d'importance pour l'histoire que Loki. A la lecture de Le feu sous la glace ils semblent insignifiants et ne rien apporter à l'histoire.

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C’est une critique régulière, ce qui prouve que ce que j’ai fait a marché (lecture du tome 2 oblige). Si ils sont insignifiants à ce point, c’est que cela doit faire sens effectivement : Ils ne sont là que pour accompagner, mais sans le caractère des faire-valoir traditionnels, ils sont à part (et amènent un peu d’humour et de candeur) et je ne peux en dire plus pour le moment.

4) Loki sera une série en combien de tomes ?

C’est une mini série en 2 tomes pour aller à l’essentiel, avec un tome 2 crescendo doté de plus de pages pour amener la lutte irrémédiable contre ses « pairs » et le chemin vers Ragnarok. L’important, c’était de donner un caractère sympathique à Loki, et lui faire perdre ses repères en le rendant amnésique sans pouvoir, en occultant aussi par la même occasion le panthéon traditionnel.


La suite et la fin répondront aux questions sur Brand et Ambrosius, sur Silke et Angrboda, Loki et les géants ainsi que sur Niddhog et les Nornes…


Mais vous en savez déjà trop… hehehehe

Si tu es d'accord des questions d'ordre plus général.

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Olivier tes derniers coups de cœurs BD, cinéma et musicaux ?

Alors en BD : le End de Canépa et Merli (Métamorphoses), et le tome 3 de Holmes de Cecil et Brunschwig


Au cinéma : Rebelle des Studio Disney-Pixar et Amazing Spider-Man de Webb


Pour la musique : du Shakapunk, du Undred Waters, du Gotye et du Skip the Use…

Quels sont tes projets BD pour les mois à venir ?

Le tome 2 d’Alamo sort fin août, ce qui m’occupe un peu l’esprit après la sortie le mois dernier du tome 1 de Scotland Yard. On travaille en ce moment aux tomes 2 de Loki et de Scotland Yard, tandis que plusieurs projets sont en cours de développement à l’heure actuelle.


J’écris en ce moment pour Ankama un manga de 132 pages en noir et blanc dans l’univers Dofus Monster (cela s’appelle Bworker et c’est dessiné par Ricardo Tercio), tout ceci dans un emploi du temps un petit peu chargé de formateur en histoire du cinéma dans une école d’effets Spéciaux (ArtFX à Montpellier).

Si tu ne devais conseiller qu'une de tes Bds à nos lecteurs laquelle ? Et pourquoi ?

C’est extrêmement difficile comme exercice… Mais s’il faut jouer le jeu, je dirai Scotland Yard parce que c’est un récit qui me tient beaucoup à cœur et dont l’atmosphère ressemble beaucoup à mon imaginaire : du gothique proche de l’esprit des productions de la Hammer, de l’ambiance à couper au couteau parce que le thriller/suspense permet de mettre les lecteurs rapidement dans l’univers et des personnages attachants.


Mais j’aime tellement ce que j’ai fait sur les autres albums de la collection 1800 et sur Loki (avec tous mes co-auteurs) que c’est quand même un peu vicieux comme question hehehe.

Un grand merci à Olivier pour cette grande interview. Vous pouvez aussi le retrouver sur son blog.

02/08/2012

Interview d'Arno Monin(L'enfant maudit).

Enfant maudit (L')2.jpgl'enafant maudit.JPGL'ENFANT MAUDIT

Tome 2 : La marque o
Cycle 1 [Épisode 2 / 2]
Scénariste : Laurent GALANDON
Dessinateur : Arno MONIN
Paru le 06 Juin 2012


Mai 68. Quand la France perd son identité, Gabriel cherche la sienne...

De toute sa vie Gabriel ne s'est jamais plaint. Il n'a jamais osé se poser de questions non plus. Qui étaient ses vrais parents, par exemple ? Pourquoi en 1945 a-t-il été adopté par un couple de paysans de la Creuse ? Pourquoi un flic le traite-t-il un jour de "rejeton de Boche" ? Pour Gabriel, il est temps d'explorer ses origines.
En fouillant son histoire, l'"enfant maudit" va fouiller des épisodes obscurs de l'Histoire de France. Et d'ailleurs, en même temps que Gabriel, le pays entier se remet en question. Car ce moment, c'est mai 68…

Et maintenant place à l’interview d’Arno Monin

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1- J’aimerais connaitre ton état émotionnel une fois bouclé ton album. Anxieux, détendu, satisfait ?
Après un bouclage je ressens un grand soulagement car ces périodes sont souvent une sorte de sprint de fin de course. En général je ne sais plus ce que je pense de mon travail, je me contente de l’aboutir. Très rapidement il me sort totalement de l’esprit après l’avoir remis à l’éditeur. J’ai souvent très envie de commencer quelque chose de nouveau. De remplir un carnet de croquis.

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2-As-tu constaté une évolution ou une méthodologie différente dans ton dessin par rapport à l’envolée sauvage par exemple ?

envol-e.jpgOui les quatre tomes de ces deux histoires ont été l’occasion de tester des méthodes différentes d’encrage, de colorisation, de narration. Je ne suis pas très attaché aux règles posées en début de livre, je laisse le personnage évoluer. Je me laisse l’occasion de découvrir des choses aussi.




3-Ce tome 2 est plein de rebondissements avec un enchainement assez rapide. Cette densité t’a-t-elle posé des soucis ?
Oui en effet. J’ai essayé au travers d’un découpage plus dense de pallier ça, mais sans y parvenir. Cette histoire aurait dû s’épanouir en trois tomes plutôt que deux me semble-t-il.
J’ai regretté de survoler certains aspects et certains moments.

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4- Si j’affirme qu’Arno Monin carbure à l’émotion, d’accord ou pas ?

Je suis émotif de nature, d’une façon très intérieure mais puissante. C’est un frein comme un carburant, il faut l’apprivoiser.

5-Maintenant que l’enfant maudit est bouclé, sur quel projet travailles-tu ?

l'anfant.JPGJe suis en recherche d’un scénario sur lequel je flasherai vraiment. Je vis un peu de l’illustration en attendant d’être emballé par un projet. J’en suis à un stade peu évident pour une collaboration car mes envies sont précises sur la manière de raconter une histoire, plus que sur l’univers à représenter. Je fais des essais d’écriture, c’est un autre boulot. Je ne sais pas encore ce qui va émerger de cette période instructive.


6. Et enfin, tu écoutes quoi comme musique( cfr la préfaceClin d'œil) ?

Je suis féru de Thomas Fersen, au milieu d’un brassage très varié, j’écoute des choses très différentes. Mais j’ai une résonnance particulière  à son univers, son usage de la langue et les personnages qu’il évoque. Pour les siestes j’ai un rituel avec Lisa Ekdhal  album « when did you leave heaven », et Danyel Waro. J’aime les hamacs pour la sieste. Au possible

Un grand merci à Arno pour ses réponses.

Samba.

30/07/2012

SUR LES BORDS DU MONDE

Sur les bords du monde 1.jpgsur les bords du monde 12.JPGTome 1 : L'Odyssée de Sir Ernest Shackleton
Cycle 1 [Épisode 1 / 2]
Scénaristes : Jean-François HENRY, Jacques MALATERRE, Hervé RICHEZ
Dessinateur : Olivier FRASIER
Paru le 30 Mai 2012 chez Grand Angle.
Vingt-huit hommes prisonniers des glaces...


 
Le 5 décembre 1914, Géorgie du Sud, dernière terre habitée avant l’hostile Pôle Sud. Un navire, nommé L’Endurance, quitte le quai avec à son bord vingt-sept hommes sous le commandement de l’explorateur Sir Ernest Shackleton. C’est le cœur chevillé au ventre et l’appel du blanc au fond de leur âme qu’ils partent rejoindre l’Antarctique et traverser pour la première fois le continent glacé ! Mais un froid exceptionnel les rend prisonniers des glaces. Isolés du monde, sans moyen de communication et avec des ressources limitées, ils devront se serrer les coudes pour survivre.




Et maintenant, la parole est à Olivier Frasier , dessinateur de « sur les bords du monde ».

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Peux-tu nous expliquer comment est né ce projet "sur les bords du monde" ?

J’avais  un projet de série que j’ai adressé à divers éditeurs notamment chez Grand Angle, Hervé Richez suivait mon travail via mon blog et mes diverses publications,  ce projet a retenu son attention et nous nous sommes rencontrés à ST Malo pour en parler…Sur place il m’a expliqué qu’il ne savait pas comment placer mon nouveau projet dans son catalogue , mais il pouvait me proposer un scénario qui lui tenait à cœur, ce scénario c’était Sur les Bords du monde.

Olivier Sulpice l’éditeur, les Scénaristes Jacques Malaterre, Jean François Henry, et Hervé Richez ont trouvé mes essais concluant, l’aventure Shackleton débutait…

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Quelles ont été tes sources de documentation pour retranscrire cette épopée de sir Ernest Shackleton ?

J’ai rencontré Jacques Malaterre lors d’une réunion de travail sur ce projet…On était chez lui et il m’a prêté divers livres et dvd sur Shackleton et son expédition… J’ai regardé ces documents plus pour m’inspirer de l’ambiance que pour en faire une source didactique. Je voulais m’approprier l’histoire sans en faire une BD documentaire…Retranscrire l’esprit d’aventure de ses hommes m’importait plus que de dessiner les divers objets et vêtements d’époque avec exactitude.

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L’univers SF de ta précédente série(Les passeurs des étoiles) est aux antipodes de «Sur les bords du monde » .Je suppose que ta façon d’aborder cet album a changé pour respecter l’authenticité du récit ?

passeurs.jpgPas du tout, même si l’univers est différent le travail est identique. Ma période d’adaptation a été assez courte. Je m’efforce à chaque fois de donner de l’énergie dans le dessin à travers les cadrages et le découpage, que ce soit en dessinant un trois mats dans la tempête, qu’en dessinant un vaisseau décollant d’une station orbitale. La difficulté pour moi était de rendre vivant les huit clos dans le bateau et les tensions entre les marins…Tout l’univers se constitue entre un extérieur gigantesque, la banquise et un intérieur confiné le bateau.
Le fait d’avoir  travaillé pour le jeu vidéo, pour des couvertures de roman et aussi beaucoup pour divers médias me permet de m’adapter rapidement.

Quel regard portes-tu sur cette expédition qu’on qualifierait d’insensée de nos jours ?

Ce qui m’a le plus frappé c’est d’une part l’incroyable volonté de ces hommes face à un monde1041482.jpg hostile et d’autre part le charisme de Shackleton. C’est un homme qui a toujours su faire face à la difficulté des situations. Shackleton transcende sa fonction, il dépasse ce que l’on attend d’un être humain dans ces circonstances, il prend en charge son équipage avec une force et une volonté qui suscite le respect. Sa ténacité et sa réflexion aussi étaient extraordinaires. Face aux évènements et aux imprévus, il a su prendre les bonnes décisions. Tous ces hommes étaient hors normes, j’admire leur caractère et leur courage.

Partant pour un voyage en antarctique ?

Rires…pourquoi pas mais pas dans les mêmes conditions.

Et une dernière, qui pourrait un peu fâcher, j’ai vu qu’il existait déjà une BD sur le sujet, Endurance chez Delcourt en 2009. En quoi ton diptyque se démarque il de ce titre ?

album-cover-large-6796.jpgJe ne saurais répondre puisque je ne l’ai ni lu ni feuilleté. C’est surement une bonne BD puisque l’histoire de sir Shackleton est un récit d’aventure exceptionnel






Et enfin la question traditionnelle, on pourra voir raisonnablement le tome 2 pour ?

Le Printemps 2013 après la fonte des neiges de l’hiver.(rires)...

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Un grand merci à Olivier pour avoir répondu à mes questions. Les amateurs d’aventures savent maintenant ce qui leur reste à faire. Lire « sur les bords du monde ».

Bon n’oubliez pas votre doudoune pendant la lecture. Clin d'œil

Samba.

22/07/2012

Interview d'A.Dan.

Pour un peu de bonheur1.jpgalbum-page-large-15522.jpgIl y a eu la chronique de William  et maintenant vous avez une petite interview de A.Dan  par Samba pour un peu de bonheur ... en plus.
Allez, on commence.

1 –Au départ, en apprenant le sujet des gueules cassées, t’es-tu demandé comment aborder ce thème ?
D'un point de vue graphique oui, un peu : faire un personnage dont on ne voit qu'une surface réduite de visage pour exprimer des sentiments, ce n'est pas si facile. Mais maintenant que l'"exercice" est terminé cela me semble naturel. Sinon au départ, une référence s'est imposée à moi, en terme d'images et de ressenti : le film "La chambre des Officiers". Ca m'a aidé.

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2- Les "silences" sont impressionnants dans ce 1er tome, peux-tu nous dire leur secret de fabrication ?
Oui, les gens nous le disent souvent. Je dois souligner que le scénario, tout comme cette "ambiance" de silence, c'est Laurent Galandon qui en a la paternité. Ceci dit j'ai eu plaisir à organiser ces silences, appuyés ou soulignés par des plans plus rapprochés, exercice que j'aime assez. Tout passe aussi par la mise en scène, croiser les regards avec des champs/contre-champs, le zoom d'une caméra ... cela participe à plonger le lecteur au plus près donc à le gêner un peu puisqu'il rentre frontalement dans l'intimité des personnages.

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3- Situer l’histoire dans tes Pyrénées, un cadeau de Laurent Galandon ? 
LaurentGalandonAlger2010-parManuelPicaud (1).JPGTout à fait. Laurent n'avait aucune exigence si ce n'est qu'il fallait un lieu de type "garrigue" où le sniper/tueur de bêtes puisse vite se cacher. Les paysages de montagne, vallonnés, peuvent y contribuer. Je connais bien l'Ariège, les Pyrénées, l'occasion était belle.

4 Que retiens-tu après tes recherches sur ces gueules cassées ?
Les rencontres avec les gens comme ceux du Val de Grâce, où le Capitaine Tabbagh me montra une documentation des plus fournies et des plus "crues", loin du dossier "épuré" édité dans la 1ère édition de ce 1er livre. Très enrichissant. Et le fait de balader ma fille dans des endroits qu'elle ne connaissait pas : à savoir le retour au pays de mon enfance estivale pas loin de Foix dans l'Ariège.


5-Le must pour Daniel Alexandre, ce serait de pouvoir dessiner quelle sorte d’histoire ?
J'attache énormément d'importance je crois aux rencontres et au feeling que je peux avoir avec mes partenaires de travail. Moi qui ne jurais un temps que par le fantastique et l'HF, je m'aperçois que la "sagesse de l'âge" m'oriente plus vers des choix où j'aurai de l'empathie pour l'histoire et le scénariste (si c'est du Médiéval avec une pointe de fantastique je signe tout de suite hein ;) ...). L'essentiel c'est que les personnages aient de l'épaisseur, que l'histoire ait un minimum de sens et que je puisse y prendre du plaisir à la lire. Sans ça, je crois que je ne rendrais que de mauvaises copies ... ceci dit je suis très critique sur mon propre travail ...

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6-Es tu un lecteur de BD et si oui pour quelle(s) BD as-tu eu un coup de cœur ?
wk à rome.jpgMoins lecteur depuis que j'en fais, mais ma bibliothèque prend de laphoto_1335784071876-1-0.jpg place ... Ces derniers temps, j'ai tendance à dire qu'il existe assez peu d'histoires avec des scénarii qui m'ont emballé. Je crois que j'ai retrouvé Schuiten et "la Douze" avec bonheur mais cela tient plus de la nostalgie que du cri au génie, par contre j'ai bien aimé "Un week-end à Rome" par ex. de Jim. 

7- Et enfin la question classique, pour quand le tome 2 ?
Au printemps 2013, mars-avril au plus tard je pense. Je compte rendre ma copie pour Noël 2012.

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Un grand merci à Dan A pour avoir répondu si rapidement à mes questions. J’espère que ce questionnaire vous aura donné l’idée de jeter un œil dans ce très bon album.

Écrit par Samba dans Portrait. | Commentaires (1) |  Facebook | |